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Le rappeur Soprano sur Charlie Hebdo: “A chaque fois il faut qu’on dise que c’est pas nous”

Un extrait de l'entretien donné par le rappeur Soprano au site Public Ado
J'ai lu que ça t'avait saoulé qu'on te demande ton avis après les attentats de janvier dernier…
Soprano : Oui, quand je sors des disques on ne m'appelle pas. C'est étonnant parce-que, chaque fois, j'espère que ce sera le dernier, on m'appelle et je dis : "je suis muslim pour aimer, pas pour armer" et j'ai pas envie de me justifier. Ca me saoule. Une fois, ok, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, six fois.. à chaque fois qu'il y a un fou qui fait un truc et qu'il dit que c'est "au nom de la religion", merde ! Mais c'est un fou ! On le sait maintenant, depuis longtemps, on vous le dit "non, c'est pas nous!". Et c'est vrai que c'est fatiguant et chaque fois qu'il y avait une journaliste qui m'appelait je disais "non je ne le fais pas". Elle me dit : "C'est que tu t'en fous de Charlie ?" et je lui dis "non, c'est que je suis fatigué". A chaque fois il faut qu'on dise que c'est pas nous, mais normalement vous devriez le savoir, c'est vous les premiers qui devriez le dire, c'est vous les premiers qui devez propager le message anti-amalgame. Parce-que, à un moment donné, nous on en pâtit. Et plus on fait ces discours de division, plus ça créé des gens comme Coulibaly, parce-que eux, ils se disent : "on ne sent pas concerné, on sort de la société, de ce système". Moi ça m'avait un peu saoulé.
Public Ados : La communauté musulmane pourrait aussi propager ce message anti-amalgame ?
Soprano : Oui, mais la communauté musulmane, c'est tellement large. Je vais m'expliquer parce-qu'il y avait de grosses polémiques sur le sujet "Je suis Charlie" ou "Je ne suis pas Charlie". C'est parti dans tous les sens à cause des réseaux sociaux. Moi je comprends le sens de "Je suis Charlie". Tu valides les caricatures. Moi je ne valide pas les caricatures. Mais on ne tue pas les gens pour des dessins. Ca c'est impossible. On fait des procès, mais on ne tue pas les gens. C'est de la folie. Mais dans la communauté, pour beaucoup de musulmans, ils sont divisés. C'est  compliqué, c'est tellement large, plein de gens au sein même de la "communauté" voient la religion musulmane différemment. Mais comme dans les autres religions ou communautés. Même en bretagne, on ne parle pas forcément le même dialecte Donc c'est compliqué de dire "les musulmans". Moi, mon voisin, peut-être qu'il est musulman, mais peut-être qu'il n'est pas comme moi. J'avais même fait une chanson dans laquelle je disais : "Je n'ai pas le même islam que Ben Laden". Il y en oui, malheureusement. Moi, non.

 

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