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Le hooliganisme bulgare embrase une manifestation anti-mosquée

En l’espace de quelques mois, les agressions islamophobes ont grimpé en flèche en Bulgarie, et notamment sur les pavés de sa capitale, Sofia, qui en tremblent encore, à la consternation de la communauté musulmane qui redoute désormais la mauvaise rencontre ou une expédition punitive, jusqu’aux abords de ses mosquées.  Le souvenir de la ratonnade sauvage qui a laissé pour mort, en novembre dernier, un jeune homme de 28 ans, d'origine turque, devant Banya Bashi, la grande mosquée historique locale, hantera longtemps encore les nuits des fidèles, alors que la victime expiatoire d’une meute de hooligans a sombré dans le coma.

Seconde cité phare du pays, située au coeur des terres de la civilisation antique des Thraces, Plovdiv n’est pas épargnée par les assauts furieux de ces hooligans du terroir, figures patibulaires de l’extrême droite violente, qui font frémir les stades de football, quand ils n’infiltrent pas une manifestation anti-mosquée, certes facile à électriser, pour la faire tourner à l’émeute incontrôlable.

Semant le vent pour récolter la tempête, plus d’une centaine de nervis, gonflés à bloc, se sont mêlés, vendredi dernier, à un rassemblement de 2 000 personnes s’opposant à ce qu’une ancienne mosquée désaffectée des environs de Karlovo repasse dans le giron du grand Mufti de Bulgarie, conformément au souhait de ce dernier. En un rien de temps, leurs jets répétés de pierres et de fusées enflammées, lancés sur la mosquée de la ville, ont embrasé la manifestation, tandis qu’une partie d’entre eux lançait simultanément l’offensive contre le consulat de Turquie, appliquant un véritable plan de bataille en plein espace public.

Les musulmans bulgares auront eu à peine le temps de se réjouir de ce qui semblait être un joli coup de filet de la police, avec pas moins de 120 arrestations de hooligans, que l’annonce de leur relaxe a fait l’effet d’une douche froide, brisant leurs maigres espoirs de voir la justice passer. Ce n’est pas la garde à vue de deux d’entre eux pendant seulement 48h, avant d’être à nouveau à l’air libre, et les amendes de 200 euros infligées à deux autres, qui vont leur permettre de retrouver la paix intérieure et d’atténuer un sentiment d’insécurité des plus prégnants.

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