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Le calendrier lunaire basé sur le calcul astronomique

Le 9 mai 2013, le CFCM avait adopté à l’unanimité l’utilisation du calcul scientifique pour établir le calendrier lunaire et donc les dates des fêtes et des manifestations religieuses. Le président du CFCM, M. Mohammed MOUSSAOUI avait publié à cette époque plusieurs articles pour apporter des précisions et des éclairages sur les fondements de cette décision et sa mise en œuvre. Cette décision, s’appuie sur une méthode qui a été soutenue par de nombreux pays musulmans lors de la conférence internationale sur l’observation du Hilal qui s’est déroulée en novembre 1978.

Introduction 

L’objectif de cet article est d’apporter des précisions concernant la décision prise par le Conseil  Français du Culte Musulman (CFCM) pour établir le calendrier lunaire et donc les dates des  fêtes et des manifestations religieuses sur la base du calcul astronomique. Cette décision, nous  y reviendrons plus loin, s’appuie sur une méthode qui a été soutenue par de nombreux pays  musulmans lors de la conférence internationale sur l’observation du Hilal qui s’est déroulée en  novembre 1978. 

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En guise d’introduction, commençons par dire que le CFCM ne sous-estime pas la réticence,  voire l’incompréhension, de ceux qui se sont exprimés contre cette décision en la qualifiant  d’innovation introduite dans un acte d’adoration. Pour eux l’observation de la lune à l’oeil nu  fait partie de l’acte d’adoration lui-même et donc ne peut faire l’objet d’aucun effort intellectuel  en vue de lui substituer quoi que ce soit. 

De nombreux savants musulmans, qui ne sont pas de cet avis, considèrent que l’observation de  la Lune à l’oeil nu est un moyen pour déterminer le moment où l’acte d’adoration à savoir le  jeûne doit commencer. 

Curieusement, ceux qui s’opposent à l’usage du calcul astronomique pour déterminer le  premier jour de Ramadan, utilisent sans y voir de gêne, tout au long du mois de Ramadan le  calendrier basé sur le calcul pour déterminer les heures du début du jeûne à l’aube (Al Fadjr) et  l’heure de rupture du jeûne au coucher du soleil (Al Maghreb), ainsi que les heures de prières  rituelles. 

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La qualification d’innovation dans le rite (Bid’ah, en arabe), doit être traitée avec prudence,  pour éviter le risque d’entretenir des confusions et des amalgames contreproductifs.  L’innovation renvoie à tout acte rituel qui a été instauré sans équivalent antérieur. Du point de  vue terminologique, l’innovation est de deux sortes « La première, celle qui contredit (l’une  des sources du droit musulman) que sont : le Coran, la tradition prophétique ou le  consensus, celle-ci est l’innovation de l’égarement. La deuxième, c’est celle qui introduit  un bien et qui ne comporte aucune contradiction avec les sources précédentes, cette  innovation ne saurait être blâmable » (parole de l’imam Ach-chafi’i, rapportée par l’imam  Albayhaqi dans son livre Manaqib Ach-chafi’i). Cette parole ne fait que reprendre le hadith : «  Si quelqu’un introduit dans l’islam une bonne tradition (sunna hassana), il bénéficiera de  sa récompense et aura une récompense à chaque fois que d’autres la mettront en oeuvre.  Celui qui introduit en islam une mauvaise tradition (Sunna Sayyi’a), il sera tenu  responsable de ses méfaits et des méfaits de ceux qui la mettront en oeuvre » (Recueil de  Muslim). 

C’est la distinction entre ces deux sortes d’innovations qui a permis aux musulmans tout au  long de leur histoire de faire avancer de nombreux domaines de sciences religieuses et profanes 

en tirant profit de tous les savoirs que l’Humanité a pu développer tout en restant conformes  aux principes du droit musulman. 

Pour illustrer notre propos, contentons-nous de l’exemple de la transcription du Saint Coran  avec l’alphabet arabe dans sa forme actuelle. A l’époque du Prophète Muhammad (PBSL) les  lettres de l’alphabet arabe ne comportaient pas de points diacritiques : les lettres ي ن ث ت ب, sans les points, avaient la même calligraphie. Les points ont été introduits par Abu Al Aswad  Adduali (compagnon de l’imam Ali) en réponse aux difficultés que rencontraient les  musulmans non arabophones à lire le Coran. Plus tard, son élève Yahya ben Ya’mar puis  Ahmed Khalil Al Farahidi introduisirent les voyelles simples. Aujourd’hui aucune personne  sensée n’aurait l’idée de réécrire le Coran avec l’alphabet arabe tel qu’il était à l’époque du  Prophète (PBSL). 

Ce qui a guidé les savants musulmans dans leurs décisions, c’est la volonté de rendre accessible  aux musulmans les sources du savoir et leur faciliter l’accomplissement de leurs devoirs. 

Notre décision implique notre certitude que l’usage du calcul astronomique n’introduit rien de  mauvais dans l’islam. 

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Après cette introduction, nous nous proposons d’exposer quelques éléments du calendrier  lunaire en relation avec la décision prise par le CFCM. 

  1. Le Calendrier musulman est un calendrier lunaire 

Tous les musulmans s’accordent sur le fait qu’une année (musulmane) comporte douze mois en  vertu du verset : « Le nombre de mois, auprès d’Allah, est douze, dans la prescription  d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre… » [Coran 9.36]. Ces douze mois sont : 

  1. Mouharram -2. Safar- 3. Rabia al awal- 4. Rabia ath-thani- 5. Joumada al oula -6. Joumada  ath-thania- 7. Rajab- 8. Chaabane- 9. Ramadan- 10. Chawwal- 11. Dhul qi`da – 12. Dhul-hijja 

Les musulmans s’accordent également sur le rôle des phases lunaires dans la détermination des  débuts et des fins de ces douze mois en vertu des versets : « On t’interroge sur les nouvelles  lunes. Dis-leur : Ce sont des moyens pour les hommes de mesurer le temps et de  déterminer l’époque du pèlerinage. » [Coran 2.189], « C‘est Lui qui a fait du Soleil une  clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le  nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose  les signes pour les gens doués du savoir » [Coran 10.5]. 

La méthode pour déterminer les débuts des mois lunaires n’est pas explicitement exposée dans  le Coran. Le verset coranique instaurant la prescription du jeûne du mois de Ramadan (9e mois  lunaire) ne précise pas non plus cette méthode : « Le mois de Ramadan est celui au cours  duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes dans la bonne direction et leur  permettre de distinguer la vérité de l’erreur. Quiconque parmi vous aura pris  connaissance de ce mois devra commencer le jeûne… » [Coran 2.185]. Ici, l’expression «  aura pris connaissance » remplace le verbe arabe « Chahida » qui ne peut être assimilé au verbe  « voir » comme le signale Ragheb Al Isphahani dans son dictionnaire des mots coraniques ([1])  et l’imam Fakhr Eddine Arrazi dans son livre de Tafssir ([2]). Le verbe « chahida » pourrait  signifier également « être présent » en opposition à « être en voyage ».

Pour chercher la manière de déterminer les débuts et fins des mois lunaires, il faut regarder du  côté de la deuxième source du droit musulman : la tradition du Prophète Muhammad (PBSL).  Plusieurs hadiths (dont font partie les paroles prononcées par le Prophète Muhammad (PBSL),  indiquent la manière pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadan : « Jeûnez lorsque  vous le voyez (le premier croissant de lune) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez, et  s’il vous est caché par les nuages, déterminez-le. » (Hadith rapporté dans le recueil de  Muslim), ou selon une variante : « Et s’il vous est caché par les nuages, complétez cha’ban  (8e mois lunaire) en comptant trente jours.» (Hadith rapporté dans le recueil d’Al Bukhari). 

L’expression « lorsque vous le voyez » ne signifie pas forcément la vision à l’oeil nu. En effet,  le verbe « رأى = ra’a » a été utilisé dans plusieurs versets coraniques avec différents sens : voir,  savoir, prendre connaissance, donner un avis, etc…A titre d’exemple nous pourrons donner au  premier verset de la sourate 105 ce sens : « Ne sais-tu pas comment ton Seigneur a agi  envers les gens de l’Éléphant? » [Coran, 105.1]. Ici l’expression « Ne sais-tu pas » est la  traduction de « أ م ل ر ت « qui aurait pu être également « N’as-tu pas vu ». Le choix du verbe «  savoir » au lieu de « voir » s’explique par le fait que le prophète Muhammad (PBSL) est né  l’année où des troupes venues d’Abyssine se sont attaqués à La Mecque. 

Même si l’expression « lorsque vous le voyez » indique la vision, il n’est pas dit que cette  vision doit être réalisée à l’oeil nu. Elle peut se faire à l’aide de télescopes ou de satellites.  Nous pouvons comprendre aussi que la visibilité du premier croissant de la Lune de Ramadan  n’est qu’un moyen pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadan. Le Prophète  Muhammad (PBSL) a orienté les musulmans vers ce moyen sans pour autant leur interdire de  recourir à d’autres permettant d’aboutir à la même finalité. Recourir aux données  astronomiques concernant les astres (Terre, Lune, Soleil,..) pour établir les débuts et les fins des  mois par le calcul pourrait faire partie de ces moyens. 

Dès le XIVe siècle, le calcul astronomique a fait son entrée dans le droit musulman. En effet,  l’Imam Assoubki ([3]) (un des plus illustres imams de l’école chafi’ite) déclarait que toute  annonce de vision du premier croissant de la Lune considérée comme impossible par le calcul  astronomique ne peut être prise en compte. 

Un autre hadith est invoqué à la fois par les opposants et par les partisans du calcul  astronomique : « Nous sommes une nation illettrée. Nous n’écrivons pas et ne comptons  pas. Les mois sont comme ceci et comme cela, c’est-à-dire 29 jours ou 30 jours » (Recueils  de Muslim, et Al Bukhari ». 

Pour les opposants, il s’agit là d’un rejet du calcul astronomique. Les partisans y voient, au  contraire, une incitation à recourir au calcul lorsque ce dernier est maîtrisé. C’est la situation du  calcul et de l’écriture dans la péninsule arabique au VIIe siècle qui a conduit le Prophète  Muhammad (PBSL) à proposer une règle simple, à la portée de tous, pour déterminer le début  du mois. En vertu du principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus,  si le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du Prophète (PBSL) ne  s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à écrire et à compter » et ont  cessé d’être « illettrés » (voir Qadi Ahmad Chakir [4]). 

Comme nous l’avons indiqué en introduction, les musulmans débutent le jeûne de chaque jour  de Ramadan au lever de l’aube et le terminent au coucher du Soleil en se référant simplement  aux tables (Imsakiyates), basées sur le calcul. Aujourd’hui, personne ne demande aux  musulmans d’observer à l’oeil nu la venue de ces deux moments. Pourtant, on aurait pu  invoquer le verset coranique « …, mangez et buvez jusqu’à ce que l’aube vous permette de 

distinguer le fil blanc (du jour) du fil noir (de la nuit) puis accomplissez le jeûne jusqu’à  la nuit » [Coran 2.187]. 

De même, on aurait pu s’attendre au même débat autour du verset coranique : « La prière a été  prescrite pour les croyants dans des temps déterminés » [Coran 4.103] et du Hadith  rapporté par Ahmad, Nasày et Tirmidhy sur les heures de prières. 

Force est de constater que l’adoption des tables des heures des cinq prières rituelles, qui  (rappelons-le) sont basées sur le calcul, n’a jamais suscité de débat ou d’opposition. 

Aujourd’hui, il ne viendrait à personne l’idée d’appeler les musulmans à vérifier à l’oeil nu le  lever de l’aube pour accomplir la prière du matin (Al Fadjr), ou de vérifier le déclin du soleil à  partir du zénith pour la prière de midi (Dohr), ou de mesurer l’ombre des objets pour accomplir  la prière de l’après-midi (Al‘Asr), ou d’observer le coucher du soleil pour la prière d’(Al  Maghreb), ou encore de constater que le crépuscule a pris fin pour accomplir la prière de la nuit  (Al‘Icha). Les musulmans lorsqu’ils n’entendent pas l’appel à la prière du Muezzin, s’en  remettent à leurs calendriers basés sur le calcul et vérifient l’heure sur leurs montres. C’est ce  que fait également le Muezzin. 

  1. La règle adoptée par le CFCM 

Dans sa résolution du 9 mai 2013, le CFCM a décidé d’adopter le calcul astronomique comme  moyen de déterminer les débuts et les fins des mois lunaires. 

Constatant que les différentes méthodes proposées et utilisées à travers le monde (voir [5]),  convergeaient sur la quasi-totalité des dates, le CFCM a convenu de retenir le principe qui a  prévalu au sein de la Conférence Internationale sur l’Observation de la lune, dès sa première  réunion en novembre 1978. 

Cette règle soutenue à l’époque par de nombreux pays musulmans tient compte des conditions  de l’observation. Elle s’énonce ainsi : « Le mois lunaire est supposé commencer le soir, où  quelque part sur terre, le centre calculé du Hilal au coucher du soleil est plus de 5° (cinq  degrés) au-dessus de l’horizon et l’élongation est de plus de 8° (huit degrés)». 

Comme précisé, le CFCM a donc opté pour le principe de « transfert de visibilité » consistant  à entamer le mois lunaire partout dans le monde si le premier croissant de la Lune (Hilal) est  visible à n’importe quel endroit du globe. Nous reviendrons un peu plus loin sur les raisons de  ce choix. 

Les conditions portant sur l’angle de l’élongation (Soleil-Lune) qui doit être supérieur à 8° et  sur la position-par rapport à l’horizon- du centre calculé de la Lune qui doit être supérieur à 5°,  ont été imposées pour s’assurer que la Lune serait visible. Pour plus de détails concernant ce  point, nous renvoyons le lecteur à l’annexe ci-après. 

Dans ce paragraphe, nous allons surtout expliquer pourquoi le CFCM a opté pour le calcul  astronomique et le principe de transfert de visibilité consistant à entamer le mois lunaire partout  dans le monde si le premier croissant de la Lune est théoriquement visible quelque part sur  Terre. 

Néanmoins pour une meilleure compréhension de la suite, nous devons, en premier lieu, y  préciser la notion du « jour »:

En français le mot « jour » peut être utilisé à la fois par opposition à la « nuit » et pour désigner  également une durée de 24 heures allant de minuit à minuit suivant. 

En arabe, nous disposons de trois concepts : D’abord, le Yawm correspondant à une durée de  24 heures allant du coucher du soleil au coucher du soleil suivant. Ensuite le Layl , première  partie du Yawm qui s’étale entre le coucher du soleil jusqu’à l’aube, le Nahar , deuxième partie  du Yawm qui s’étale entre l’aube et le coucher du Soleil suivant. Par exemple, le premier  Yawm du mois de Ramadan 1434 H prochain démarre au coucher du soleil du 8 juillet 2013,  son Layl (nuit) s’étale du coucher du soleil du 8 juillet 2013 jusqu’à l’aube du 9 juillet 2013,  son Nahar (journée) démarre à partir de l’aube du 9 juillet 2013 au coucher du Soleil du 9  juillet 2013. Les musulmans jeûnent les Nahar du mois de Ramadan et rompent leur jeûne au  coucher du Soleil de chaque Nahar. 

Ce que nous entendons par l’aube (Fadjr en arabe) (à ne pas confondre avec le lever du Soleil)  est l’instant où l’intensité de l’obscurité a atteint son maximum et a commencé à décroitre pour  laisser place à la lumière du jour. Le lever du Soleil peut intervenir plusieurs heures après  l’aube. 

A présent, mettons-nous dans l’hypothèse où les Hadiths : « Jeûnez lorsque vous le voyez (le  premier croissant de lune) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez, et s’il vous est caché  par les nuages, déterminez-le. » (Recueil de Muslim), ou selon une variante : « Et s’il vous  est caché par les nuages, complétez cha’ban (8e mois lunaire) en comptant trente jours.»  (Recueil d’Al Bukhari), indiquent que les musulmans doivent jeûner tous les Nahar (journées)  du mois de Ramadan dès qu’ils auraient « vu » à l’oeil nu le Hilal ; et examinons les difficultés  posées par cette interprétation exclusive, notamment pour les minorités musulmanes vivant  dans des pays non musulmans. 

Première difficulté 

Le Prophète Muhammad (PBSL) a ordonné le début du jeûne après qu’il ait pris connaissance  de la visibilité du Hilal sans que lui-même l’ait vu. En d’autres termes l’expression « lorsque  vous le voyez » dans le Hadith précédent renvoie à une action collective et non individuelle. Se  pose alors la question : Qui est habilité à ordonner le début du jeûne ? 

Lorsque l’information ne peut être diffusée que sur un espace limité, si la décision de débuter le  mois a été prise dans un endroit donné, seuls ceux qui prennent connaissance de cette décision  s’en sentent concernés. Lorsque l’information peut parvenir d’un endroit du globe à un autre en  quelques fractions de secondes, la situation n’est plus la même et l’on peut se demander sur  quelle base doit s’opérer le transfert des décisions entre les personnes ? 

La solution qui a prévalu jusqu’à nos jours consiste à rattacher chaque individu à une autorité  religieuse ou gouvernementale à laquelle il doit se référer. Cette autorité est, en général, celle  qui intervient sur les autres actes de sa vie religieuse ou civile et renvoie aux notions de « Bay’a  » (allégeance), de « Imarat Almouminine » (commanderie des croyants) ou de la « Khilafa »  largement développées dans les livres de droit musulman. Cette autorité, pour l’essentiel du  monde musulman contemporain, pourrait être assimilée à l’Etat dont l’individu est citoyen ou à  l’autorité religieuse de cet Etat. Certains pourraient s’interroger sur le fondement du choix de  cette autorité, notamment pour les minorités musulmanes vivant dans des Etats laïques. En  France, le Conseil Français du Culte Musulman, en sa qualité d’instance représentative du culte  musulman s’appuyant sur les référents religieux de ses fédérations composantes, pourrait être  assimilé à une autorité religieuse pour les musulmans de France. Cependant, il faut bien noter que le CFCM ne dispose pas des mêmes moyens et des mêmes prérogatives que les autorités  indiquées plus haut. 

Deuxième difficulté 

Comment les différentes autorités prennent-elles leur décision ? Pourquoi la décision de  débuter le jeûne prise par une autorité n’engage pas toutes les autres autorités ? Quelle est la  responsabilité du musulman ayant pris connaissance d’une décision différente de celle de son  autorité de référence ? En France, le CFCM doit-il prendre en compte les décisions prises par  d’autres autorités musulmanes, lesquelles ? Que faire si plusieurs décisions contradictoires sont  prises ? 

Si le CFCM décide d’observer lui-même la Lune, sur quel territoire doit-il effectuer cette  observation ? Sur le territoire français, y compris les DOM-TOM ? Qu’est-ce qui justifierait la  délimitation de ce territoire ? 

Ce sont là des questions difficiles qui ont suscité et continuent de susciter de grands débats. Troisième difficulté 

Si une autorité choisit de baser sa décision de débuter le mois de Ramadan sur la visibilité du  premier croissant de la Lune au coucher du soleil, à quel moment doit- elle annoncer sa  décision aux concernés ? En théorie, si elle ne souhaite pas prendre en compte les décisions  d’autres autorités, elle peut prendre sa décision dès qu’elle aurait été assurée de la visibilité ou  non de la Lune sur le territoire qui relève de son autorité et dans tous les cas cette décision doit  intervenir entre le coucher du Soleil et l’aube. 

Maintenant, si une autorité A décide de prendre en compte les décisions d’une autorité B, le  coucher du Soleil de B doit intervenir avant l’aube de A ; et l’autorité A doit attendre le  coucher du Soleil de B. Or, là encore, force est de constater que les choses ne s’opèrent pas de  la sorte. Les différentes autorités musulmanes annoncent souvent leurs décisions très peu de  temps après le coucher du soleil sur les territoires qui relèvent de leur autorité. 

Par exemple, la date «1er chawal 1426 » à laquelle est associée la célébration de l’Aïd El  Fitr, lui correspond plusieurs jours : le mercredi 2 novembre 2005 dans 2 pays (Lybie,  Nigéria) ; le jeudi 3 novembre dans 30 pays ; le vendredi 4 novembre dans 13 pays et le  samedi 5 novembre dans 1 pays (Inde). Cette situation, loin d’être exceptionnelle, est plutôt  assez fréquente comme le montrent les travaux de Nidhal Guessoum et Karim Meziane ([ 8 ]),  Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane ([9]), Khalid Chraibi ([10 ],[11]) et  Mohammad Odeh ([ 12 ]). 

Le CFCM qui tenait compte des décisions des Etats musulmans se trouvait parfois dans  l’obligation de faire des arbitrages difficiles. 

Quatrième difficulté 

Les minorités musulmanes vivant dans des Etats laïques où le rythme de la vie ne tient pas  forcément compte du calendrier musulman, trouvent des difficultés à s’organiser lorsque la  décision de débuter le mois intervient au dernier moment. Ces difficultés ne sont probablement  pas ressenties de la même manière au sein des pays à majorité musulmane où souvent l’islam est la religion d’Etat et les décisions des autorités religieuses sont immédiatement prises en  compte par les administrations et tous les secteurs de la société. 

Cinquième difficulté 

Le calendrier lunaire fondé sur l’observation de la Lune est utilisé par les musulmans,  essentiellement, pour déterminer les dates associées à certaines célébrations religieuses (le  jeûne de Ramadan, les fêtes religieuses, le pèlerinage, etc..). Pour les autres activités de leur vie  c’est le calendrier grégorien qui s’est imposé, y compris dans les Etats musulmans. Est-ce bien  justifié ? Que faut-il comprendre des versets coraniques : « On t’interroge sur les nouvelles  lunes. Dis-leur : Ce sont des moyens pour les hommes de mesurer le temps et de  déterminer l’époque du pèlerinage. » (Coran 2.189), « C’est Lui qui a fait du Soleil une  clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le  nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose  les signes pour les gens doués du savoir » (Coran 10.5), « Le nombre de mois, auprès  d’Allah, est douze, dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre… »  (Coran 9.36). 

Qu’auraient fait les musulmans, pour la gestion de leurs activités quotidiennes, si le calendrier  grégorien n’avait pas existé ? 

Sur quelle base, les musulmans acceptent aujourd’hui de reléguer le rôle du calendrier  musulman à la détermination du début et de la fin de Ramadan et d’autres célébrations  religieuses et utiliser le calendrier grégorien pour la gestion des autres aspects de leur vie ? 

Il faut bien admettre que le « calendrier » basé sur l’observation de la Nouvelle Lune chaque  29e jour du mois lunaire au coucher du Soleil, ne peut permettre d’associer de date à des jours  déterminés au-delà du mois en cours. Cela empêche, évidemment, de planifier des actions  futures (même pour le mois suivant) en les datant par le calendrier lunaire. Qui pourrait  programmer, avec des dates du calendrier lunaire, une conférence ou une rencontre qui aurait  lieu en juillet 2013 » (nous sommes en mai 2013) ? 

Le calendrier lunaire basé sur le calcul, par définition même, associe à l’avance des dates à tous  les jours et ce pour de nombreuses années. Il pourrait donc servir de moyen de « compter le  temps » pour reprendre l’expression coranique et permettre aux musulmans de gérer toutes  leurs activités qu’elles soient religieuses, administratives ou commerciales. 

  1. Conclusion 

Les difficultés et les interrogations énumérées ci-dessus et d’autres ont amené le CFCM, à  l’issue d’un colloque organisé le 9 mai 2013, à annoncer sa décision d’élaborer le calendrier  lunaire en se basant sur le calcul astronomique. Le calendrier qui en résulte est déjà adopté par  de nombreux pays musulmans et communautés musulmanes dans le monde ([13]),([14]). Le  CFCM par ce choix ne prétend pas avoir tranché des débats complexes. Il a seulement proposé  une solution appropriée aux musulmans de France tout en restant conforme aux principes du  droit musulman et en tirant profit des données astronomiques.

Annexe (Eléments d’astronomie) 

Dans cette annexe, nous allons passer en revue quelques éléments d’astronomie portant sur le  système Terre-Soleil-Lune en lien avec le calendrier musulman. 

  1. La notion du jour et de la nuit dans le calendrier musulman. 

Pour mieux comprendre les fondements de ce calendrier, nous devons, en premier lieu, y préciser la notion du « jour ». 

En français le mot « jour » peut être utilisé à la fois par opposition à la « nuit » et pour désigner  également une durée de 24 heures allant de minuit à minuit suivant. 

En arabe, nous disposons de trois concepts : D’abord, le Yawm correspondant à une durée de 24 heures allant du coucher du soleil au coucher du soleil suivant. Ensuite le Layl , première  partie du Yawm qui s’étale entre le coucher du soleil jusqu’au lever de l’aube, le Nahar ,  deuxième partie du Yawm qui s’étale entre le lever de l’aube et le coucher du Soleil suivant.  Par exemple, le premier Yawm du mois de Ramadan 1434 H prochain démarre au coucher du  soleil du 8 juillet 2013, son Layl (nuit) s’étale du coucher du soleil du 8 juillet 2013 jusqu’à  l’aube du 9 juillet 2013, son Nahar (journée) démarre à partir de l’aube du 9 juillet 2013 au  coucher du Soleil du 9 juillet 2013. Les musulmans jeûnent les Nahar du mois de Ramadan et  rompent leur jeûne au coucher du Soleil de chaque Nahar. 

Ce que nous entendons par le lever de l’aube (Fadjr en arabe) (à ne pas confondre avec le lever  du Soleil) est l’instant où l’intensité de l’obscurité a atteint son maximum et a commencé à  décroitre pour laisser place à la lumière du jour. Le lever du Soleil peut intervenir plusieurs  heures après le lever de l’aube. 

Le Soleil et la Lune sont les deux objets les plus brillants du ciel, donc les plus faciles à repérer  (la Lune, qui n’est pas lumineuse en soi, se contente de réfléchir la lumière de Soleil). Le  phénomène de récurrence de jour et de la nuit, ainsi que le changement des saisons et tout ce  qui rythme la biologie de la plupart des espèces animales et végétales, est une conséquence de  la rotation de la Terre sur elle-même et par rapport au Soleil ainsi que la rotation de la Lune  autour de la Terre. Le reste de ce paragraphe s’appuie largement sur ([6]) et ([7]) 

  1. Le plan Ecliptique 

C’est le plan que constitue l’orbite de la terre autour du Soleil. Si nous nous positionnons à la  verticale du Soleil par rapport à ce plan, le trio Soleil-Terre-Lune apparaît comme sur la figure  1

Les proportions sont loin d’être respectées et ne le sont jamais. En effet, dans un dessin  comportant les trois corps, si la Terre est représentée par un cercle de 1cm de rayon, la Lune  doit être représentée par un cercle de 2,5 mm situé à une distance d’environ 60 cm de la Terre et  le Soleil aurait un rayon de 1,09 m et serait situé à 235 m de la Terre. 

Par ailleurs, dans la Figure 2, la trajectoire de la lune est une ellipse, mais là aussi, les  proportions ne sont pas respectées puisque cette ellipse est très proche d’un cercle. En effet, la  distance Terre-Lune varie entre environ 356 000 km et 407 000 km. 

Selon une loi due à l’astronome Kepler (1571-1630), la Lune va plus vite quand elle est proche  de la Terre et plus lentement quand elle en est loin. 

  1. La Nouvelle Lune : Conjonction 

Après la pleine lune, la partie éclairée de la lune commence à diminuer jour après jour, jusqu’à  ce qu’elle devienne un croissant « ( » et finir par complètement disparaitre. Le nouveau  croissant « ) » réapparaitra un ou quelques jours plus tard. Entre la disparition du croissant « ( »  et la réapparition du nouveau croissant « ) », à un instant précis se produit « la Nouvelle Lune  ». Les astronomes publient en général cet instant en temps universel coordonné (UTC). Bien  évidemment cet instant unique exprimé en heure légale d’un pays peut décaler le phénomène  d’un jour en avant ou en arrière en fonction du décalage horaire entre le pays et le temps  universel. Par exemple si la Nouvelle Lune a lieu à 23h 10m UTC, elle a lieu à 0h 10m le  lendemain en heure légale française si on est en période d’hiver et à 1h 10m si on est en période  d’été. 

Pour être précis, reprenons notre figure 1 à un autre instant (Figure 3) : 

La Nouvelle Lune, appelée également « Conjonction » correspond à l’instant où la projection  du centre de la Lune dans le plan de l’écliptique (voir figure 6 ci-après) se trouve sur une ligne fictive passant par le centre de la Terre et le centre du Soleil. Vue depuis la Terre, la face  éclairée de la surface lunaire se trouve dans la direction opposée à la direction de la Terre. La  Lune est donc complètement invisible pour un observateur terrien. Faisons une petite  expérience et tenons à bout de bras et en direction du Soleil une balle de tennis (Lune). La  partie de la balle de tennis que nous voyons est entièrement à l’ombre quelle que soit la hauteur  à laquelle la balle est maintenue. 

  1. Phases de la Lune 

4.1. Différence entre la conjonction et l’Eclipse du soleil 

Si au lieu de nous imaginer à la verticale du plan orbital terrestre comme dans la figure 1, nous  nous imaginons les pieds sur le plan de l’écliptique, nous allons découvrir (figure 5, tirée du [7]  ) 

On peut constater, même si les proportions et les angles ne sont pas respectés, que le plan orbital de la Lune n’est pas sur le plan de l’écliptique puisqu’il est incliné d’environ 5°. On  constate aussi que le plan équatorial terrestre est incliné de 23° environ par rapport au plan de  l’écliptique. 

C’est la raison pour laquelle nous avons parlé plus haut de  » projection de la Lune dans le plan  de l’écliptique « . Il est très rare que la Lune se trouve exactement sur la ligne centre du Soleil /  centre de la Terre. Ce qui ne change rien à l’apparence (du point de vue partie éclairée) de la  Lune. Élevons ou abaissons un peu notre balle de tennis par rapport à une ligne Yeux/Soleil et  nous constaterons que nous ne voyons toujours que la partie ombre de la balle. 

Comme on peut le voir sur la Figure 5, le plan équatorial et le plan écliptique se coupent sur  une ligne (nn’) (appelée ligne des noeuds). 

Et, pour simplifier, ce n’est que lorsque la Lune se trouve au voisinage de cette ligne au  moment de la Nouvelle Lune qu’il y aura éclipse de Soleil (d’où l’appellation du plan  écliptique).

Nous avons maintenant compris (Figure 6) qu’il y a nouvelle Lune chaque fois que la projection  de la Lune dans l’écliptique se trouve dans la direction Terre-Soleil. On dit alors que la Lune et  le Soleil sont en conjonction et la Lune se couche et se lève presque en même temps que le  Soleil. 

4.2. Combien de temps s’écoule-t-il entre deux Nouvelles Lunes ? 

Cette « révolution synodique moyenne » (ou lunaison moyenne) dure 29,530588 jours soient 29 j  12 h 44 mn 2,8 s. Bien que ce ne soit pas notre propos, notons que cette lunaison ne correspond  pas au temps moyen que met la Lune pour faire le tour de la Terre et revenir au même point  (par rapport à une étoile). Cette révolution, dite « sidérale moyenne » est de 27,321661 jours. Il  convient d’insister sur le fait que ces durées sont des durées moyennes et que les durées vraies  (celles qui nous concernent dans l’observation du premier croissant) peuvent varier de +/- 7h  par rapport à ces durées moyennes » ([6]) 

4.3. La Pleine Lune 

En revanche, si la Terre est entre le Soleil et la Lune, c’est alors la pleine Lune. On dit alors que  la Lune et le Soleil sont en opposition. La Lune se lève lorsque le Soleil se couche et elle se  couche lorsqu’il se lève. La face éclairée de la Lune est donc du côté Terre et elle est vue  quasiment sous la forme d’un disque entier. 

4.4. Que se passe-t-il entre la Nouvelle Lune et la Pleine Lune ? 

En fait, c’est toujours la moitié de la Lune qui fait face au Soleil qui est éclairée. Mais, de notre  position d’observateur, nous allons voir progressivement une plus grande partie de cette face éclairée et on passera par toutes les phases de la Lune (dites phases croissantes) comme le  montre la figure 9. On note aussi les phases dites décroissantes pour la période entre la pleine  Lune et la nouvelle Lune suivante. Pour résumer, c’est la position relative de l’observateur  terrestre par rapport à la Lune qui provoque les phases. Tournons sur nous-mêmes avec notre  balle de tennis, nous voyons de plus en plus de surface de la balle éclairée. La balle est  entièrement éclairé quand nous tournons le dos au Soleil… à condition de tenir la balle plus  haut ou plus bas que le Soleil. Sinon, on va droit… à l’éclipse. 

Ajoutons que les phases telles qu’elles sont dessinées sont schématiques et que la partie éclairée  ne se présente pas toujours de la même manière selon les lieux même si c’est bien toujours la  même partie. 

Imaginons un observateur placé sur un axe perpendiculaire au plan de l’écliptique. Comment  va-t-il voir la Lune à son premier quartier par exemple selon qu’il est aux alentours du point H  (qui n’est pas le pôle nord du fait de l’inclinaison de la Terre sur le plan de l’écliptique), du point  O et du point B ? (Figure 10)

Pour l’observateur placé au point H, la moitié droite de la Lune est visible et la Lune est  à l’horizon (Ph3). 

Pour l’observateur placé au point O, la moitié inférieure de la Lune est visible et la Lune  est au zénith (Ph2). 

Pour l’observateur placé au point B, la moitié gauche de la Lune est visible et la Lune  est à l’horizon (Ph1). 

Là aussi, comme pour les phases, nous avons toutes les possibilités de vision intermédiaire  selon l’endroit où nous sommes et nous voyons une portion de Lune plus ou moins inclinée.  Mais n’oublions pas que, quel que soit cet endroit, la surface éclairée est toujours la même. 

4.5. Peut-on calculer le moment de la nouvelle Lune avec précision ? 

La réponse est oui. Même si La Lune est fantasque dans sa trajectoire et ses déplacements les  raisons des perturbations de ces derniers sont parfaitement connues et calculables. 

4.6. Qu’est-ce que l’âge de la Lune ? 

C’est l’intervalle de temps compté en jours, heures et minutes depuis la Nouvelle Lune. Par  exemple, on dit que la Lune est âgée de presque 14 jours lors de la pleine Lune. 

4.7. A quel âge de la Lune son premier croissant pourrait-il être visible ? 

Avant et après la Nouvelle Lune (Conjonction), la Lune est invisible partout sur le globe  pendant un certain temps qui varie de 30 heures environ à 50 heures environ. 

C’est après cette période de « disparition » complète de la Lune quel que soit le lieu d’observation  (appelée en arabe Mahaq) que le croissant de la lune pourrait être visible. Cette période dépend  de la valeur d’un angle virtuel, appelé élongation, qui est formé entre le centre du Soleil, le  centre de la terre et le centre de la Lune (le centre de la terre étant au sommet de cet angle). 

On estime que cet angle (élongation) doit être de plus de 8° environ pour que la Lune soit assez  éloignée du Soleil et que le croissant soit suffisamment étendu. 

L’âge de la Lune lors de la visibilité du premier croissant fait l’objet d’un « livre des records », le  « Records of Young Moon Sightings, Quarterly Journal of Royal Astronomical Society » (1993). 

13 

On sait par exemple, qu’avec instrument, ce record est de 11 heures 40 minutes (7 septembre  2002) et qu’avec l’oeil nu, il est de 15 heures 32 minutes (24 mai 1990). 

4.8. Quels sont les phénomènes qui empêchent de voir le Hilal ? 

Ils sont nombreux et peuvent être dus : 

Au manque d’habitude de l’observateur et/ou à son manque d’acuité visuelle A l’environnement ambiant (trop de lumière dans une ville, pollution, température de  l’air au sol, horizon caché…) 

Au temps (ciel nuageux ou couvert…) 

A la position du la Lune au-dessus de l’horizon. On estime que le centre de la Lune doit  être de plus de 5° au-dessus de l’horizon pour que l’observateur ait le temps de voir le  croissant avant qu’il se couche. 

4.9. Où chercher à voir le Hilal ? 

Nous avons vu plus haut que lorsque la Lune et le Soleil sont en conjonction, la Lune se couche  presque en même temps que le Soleil. Pour voir le premier croissant de Lune, il nous suffira  donc, après avoir consulté un éphéméride donnant la date et l’heure de la Nouvelle Lune de  regarder chaque soir, une quinzaine de minutes après le coucher du Soleil, à droite et à gauche  de l’endroit où il s’est couché pour apercevoir le croissant qui marquera le début du mois. 

Remerciements : Je tiens à remercier chaleureusement les professeurs Khalid Chraibi et Smail  Mestafaoui pour leurs remarques et suggestions très utiles à la rédaction de cet article. 

Références 

[1] Ragheb Al Isphahani, Dictionnaire sur des mots coraniques (en arabe), publié en arabe, par  Almaymaniya, Egypte, 1324 H. 

[2] Fakhr Eddine Arrazi, Tafssir Alfakhr Arrazi (en arabe), dar Alfikr, Beyrouth, 1981, Vol3, 5,  P.95. 

[3] Taqui Eddine Assoubki : Fatawa Assoubki (en arabe), Dar Al ma’rifah, Beyrouth, Vol1,  P.209. 

[4] Ahmad Shakir: « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer sur la base du  calcul astronomique ? », (publié en arabe en 1939) reproduit par le quotidien «al-madina », 13  octobre 2006 (n° 15878). 

[5] Mohammed Moussaoui, Le calendrier lunaire à la lumière des données astronomiques, mai  2013, http://oumma.com/16685/calendrier-lunaire-a-lumiere-donnees-astronomiques. 

[6] Louis Goguillon, Le début des mois dans le calendrier musulman,  http://www.louisg.net/E_croissant_musulman.htm 

[7] Jean-Pierre Rivet, Introduction à l’astronomie, CNRS, Observatoire de la Côte d’Azur,  novembre 2011.

14 

[8] Karim Meziane et Nidhal Guessoum: La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La  Recherche n° 316, janvier 1999. 

[9] Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya wa  mouchkilate attawqiti alislami (en arabe), p.152, Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997. 

[10] Khalid Chraibi, http://oumma.com/15021/reforme-calendrier-musulman-33. [11] Khalid Chraibi, http://moonsighting.com/calendar.html 

[12] Ahmad Odeh, http://www.icoproject.org/. 

[13] http://www.diyanet.gov.tr/turkish/dy/default.aspx. 

[14] Conseil Européen de la Recherche et de la Fatwa, www.e-cfr.org/.

3 commentaires

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  1. L’aspect scientifique est correcte, les calculs sont importants.

    Je tiens à souligner une chose, le coran est en langue arabe ancien, langue de la tribu du prophète.
    L’aspect littéraire du mot dans le coran, ce n’est pas la religion, mais il y a les spécialistes de l’arabe ancien qui peuvent faire la part des choses.

    Le mot chahida dans le coran, veut dire avoir l’information, ce qui veut dire le contraire du doute.
    Le sens de la chahada dieu unique et son messager, est le contraire du doute. Personne n’a vu dieu, mais tout le monde a vu la signature de dieu

    Le mot raa dans le hadith, veut dire voir, une vision. L’astronomie est une science observationnelle depuis trés longtemps.

    – La vision, si possible, appuyée par les calculs.
    – Si on arrive pas à voir le début du mois sur toute la planète, cela veut dire que le problème c’est l’homme ce
    n ‘est pas le croissant.

    La différence avec la prière en temps que livre temporel, rater le début du temps, c’est possible, mais on se rend compte qu’on est dans le temps, avant la fin du temps de la prière. C’est l’heure biologique que possède tout musulman qui fait la prière.
    On arrive à répartir les 24 heures de la journée dans notre mental. Et vu que la vie est cyclique, cela devient un instinct.
    Cette façon de voir ne s’applique pas au ramadan, chose qu’on doit connaitre en temps réel.

  2. ‏‎وبما أن الأرض, كروية الشكل
    , وتدور حول نفسها
    رياضيا فلكيا
    يستحيل أن يُرى,
    هلال أول الشهر
    دائما
    في نفس (اليوم)
    لكل الأرض
    ( التـأريخ القمري هو الذي نعرف به أيام الله, و شهوره)
    ذو المنطقتين

  3. Salam,

    La décision du CFCM est une décision erronée, non pas a cause de l’usage des dernières connaissances scientifiques en la matière, mais parce que le paradigme n’est pas conforme à la vérité scientifique et viole le principe fondamental d’unicité cité dans la sourate des abeilles versets 51 et 52.

    Pour faire simple, le calendrier proposé par le CFCM (paradigme no 3 dans ma classification), et d’ailleurs comme tous les autres paradigmes basés sur la vision et/ou « yawm charii », n’est pas ce qu’on peut appeler un calendrier lunaire et encore moins islamique.

    La raison est simple: ce(s) calendrier(s) ne respecte(nt) pas le facteur le plus essentiel d’un mois lunaire, soit la période temporelle entre 2 conjonctions lunaires consécutives. Leurs mois sont toujours décalés, raccourcis ou allongés par rapport au mois naturel délimité par Dieu.

    Ces mois sont tout sauf lunaires. Il sont artificiels, dans le sens ou ils ne respectent pas les evenements naturels des conjonctions lunaires. Ces paradigmes créent des « conjonctions lunaires artificielles » qui ne sont meme pas définis.

    Alors Mr Moussaoui, demandez a vos scientifiques de vous dire combien de temps va durer le mois de ramadan 2021 sachant que le mois lunaire islamique défini par Dieu, va durer environ 712h indépendamment de la localisation géographique dans le monde. La seule réponse possible est : INDEFINIE.

    Je ne vais aps élaborer d’avantage, mais pour conclure, il faut que les musulmans comprennent que le problème qui se pose aujourd’hui n’est pas dans la science mais dans le dogme. Ce qui est en cause ce n’est pas ce qu’a dit le prophète (PBSL) mais ce que nous en avons compris. La vérité scientifique doit nous aider à corriger l’herméneutique pas à nous enfoncer dans la djahiliya.

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