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L’ancien évêque d’Oxford fait polémique en proposant la lecture du Coran lors du couronnement du Prince Charles

Il y a vingt ans de cela, en juin 1994, lors d’un documentaire télévisé, le Prince Charles disait préférer incarner le « Défenseur des Fois » plutôt que « de la Foi », une prédilection pour un titre qui s’inscrivait, non sans faire trembler la Couronne britannique, dans la continuité de son allocution prononcée, un an plus tôt, dans la prestigieuse enceinte d’Oxford, au cours de laquelle il réhabilitait l’islam avec sincérité et sans mots couverts.

"Notre jugement sur l’Islam a été gravement déformé en prenant les extrêmes comme la norme. La vérité est, bien sûr, différente et toujours plus complexe. Ma propre compréhension est que les extrêmes, comme les amputations de mains, sont rarement pratiqués. Les principes moraux et l’esprit de la loi islamique, pris directement du Coran, devraient être ceux de l’équité et de la compassion. L’Islam peut nous enseigner aujourd’hui une compréhension de la vie et du monde dont le christianisme s’est appauvri pour l’avoir perdu",déclarait-il alors devant un auditoire trié sur le volet.

Deux décennies plus tard, la préparation du service religieux de son couronnement provoque un immense émoi parmi les chrétiens traditionnalistes du royaume, tous étant vent debout contre la proposition iconoclaste de Lord Harries de Pentregarth, l’ancien évêque d'Oxford et l’un des fers de lance du libéralisme, qui a suggéré que l’abbaye de Westminster puisse résonner de la récitation du Saint Coran à cette grande occasion.

Plaidant la tolérance et inspiré par l’expérience qualifiée de "brillante" de la cathédrale de Bristol dont les responsables ont accepté, l’an dernier, que des extraits du Coran soient récités en prélude à l’office rituel chrétien, ce dernier a indéniablement créé son petit effet, des plus houleux, au cours d’un débat à la Chambre des Lords. Le baron et évêque à la retraite, incompris de tous, s’est attiré les foudres de ses pairs de l’Eglise lorsqu’il a mis en avant un "principe d’hospitalité envers les minorités religieuses qui devrait être reflété dans de nombreuses cérémonies publiques, y compris le service de couronnement", avant de déclencher une levée de boucliers en décrivant un "acte créateur historique" qui permettrait aux Britanniques de confession musulmane de se sentir "adoptés" par la nation.

Farouchement hostiles à l’avant-gardisme de Lord Harries de Pentregarth, de hauts dignitaires chrétiens l'ont aussitôt accusé de vouloir sciemment saborder les valeurs britanniques laissées en héritage par le christianisme, tandis que d’autres jugent inconcevable l’idée même de psalmodier le Noble Coran dans une enceinte sacrée chrétienne, sauf à vouloir discréditer l’Eglise en laissant accroire qu'elle a "perdu confiance dans ses propres institutions et traditions."

Alors que Douglas Murray, le rédacteur en chef adjoint du Spectator,est allé plus loin encore en écrivant que si les musulmans sont inclus dans la bénédiction du sacre du Prince de Galles, il faudra alors qu’il en soit de même pour les hindous, les sikhs, et les athées, tous les regards se tournent à présent vers l’héritier du trône, dont l’intérêt certain pour l’islam ne s’est jamais démenti, les allées de la reine se demandant s’il sortira de sa souveraine réserve pour trancher en faveur ou non de la lecture du Saint Coran lors de son intronisation.

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