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La vie de château de Bachar Al-Assad et son épouse

Repliés dans leur tour d’ivoire, imperméables à la tragédie humaine qui se joue hors de leurs murs cossus, Bachar Al-Assad et son épouse Asma vivraient totalement déconnectés de la réalité, avec l’assurance de ceux qui sont animés par un cynisme effroyable. Ce sont quelque 3 000 mails piratés par un opposant syrien, entre juin 2011 et février 2012,  et transmis au journal britannique The Guardian, qui ont révélé les dessous dorés d'une vie de château, où la duplicité funeste semble le disputer à une rare insouciance.

Artisan du désastre, le président Syrien réprimerait la contestation sur les conseils de Téhéran, en s’amusant à endosser le rôle d’un réformateur d’opérette, tandis que sa chère et tendre, en plein délire de fièvre acheteuse, continuerait de mener grand train comme si de rien n’était.

Ainsi, un courriel de juillet dernier destiné à sa femme, apporterait un  nouvel éclairage sur la sincérité des promesses d’ouverture formulées par Bachar Al-Assad : " C'est la meilleure réforme dont pourrait rêver un pays. On va l'adopter au lieu de ces lois de pacotille sur les partis, les élections, la presse…" persifle-t-il.

Commandes électroniques à l’appui, les achats compulsifs de la Première dame dépassent l’entendement, sa frénésie de bijoux et autres produits de luxe étant insatiable. D’origine britannique, c’est à Londres, chez Harrods,  qu’Asma Al-Assad aurait tout naturellement trouvé la lampe Armani de ses rêves, tandis que Paris et la Place Vendôme s’imposaient pour s’offrir des fantaisies hors de prix, Damas étant son lieu de prédilection pour ses derniers caprices : des meubles.

Des mails de mots doux et d’encouragements adressés à son mari auraient aussi été retrouvés, signe d’une épouse qui a épousé pleinement la cause de la répression sanglante : "Si nous sommes forts ensemble, nous triompherons de cela ensemble", écrit-elle à son mari en décembre en concluant par un tendre "Je t'aime".

Sur le ton du conseil d’ami, mais à la nature éminemment politique, une fille de l’émir du Qatar aurait suggéré à Bachar Al-Assad de quitter la Syrie, toutes affaires cessantes, le 30 janvier dernier, en lui offrant l’hospitalité à Doha : « "Je pense honnêtement que c'est un bon moment pour partir et recommencer une vie normale. Je suis sûre que vous avez beaucoup d'endroits où aller, notamment Doha", pouvait-on lire dans ce message à l’adresse d’Asma Al-Assad.

Un autre message, censé provenir de Khaled Al-Ahmed,  le conseiller de Bachar Al-Assad pour les opérations dans les villes rebelles de Homs et Idlib, inciterait l’homme fort de Damas à "renforcer sa politique sécuritaire pour restaurer le contrôle et l'autorité de l'Etat", tout en le prévenant de l’arrivée de journalistes européens dans  "la zone en traversant la frontière libanaise illégalement".

A l’origine de ce scoop électronique détonant, dont la transparence n'est pas sans rappeler celle de Wikileaks,  The Guardian affirme avoir tout mis en œuvre pour  s’assurer de l’authenticité des emails publiés, tout en reconnaissant toutefois que la véracité de certains messages n’a pu être vérifiée à ce jour.

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