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La Tunisie renoue avec l’élection de sa Miss nationale

Dans un monde où la consécration de la belle moralité est supplantée par la célébration du culte de la beauté, la Tunisie a décidé de renouer avec l’élection de sa Miss nationale et de ses dauphines, sur le podium scintillant de mille feux à la gloire de l’image de la femme tunisienne mais aussi du pays tout entier. Tout un programme !

Sur une scène nationale soumise à de forts tangages, où graver dans le marbre une nouvelle Constitution n’est pas une tache aisée, bien que si fondamentale, la scène dédiée au sacre de Miss Tunisie s’est montée sans encombres, ne subissant aucune pression de quelque nature que ce soit, sans même avoir besoin d’une quelconque autorisation pour planter à nouveau ses décors.

Aïda Antar, la grande prêtresse de l’événement, le premier du genre depuis la révolution, est intarissable sur les nobles objectifs de l’opération, se félicitant des marques de soutien témoignées par l’actuel gouvernement, qui furent même plus importantes que du temps de l’autocrate Ben Ali.

Rompue à l’organisation du concours depuis 1995, Aïda Antar en connaît tous les rouages et a attendu le moment opportun, à ses yeux, pour relancer la machine sous les feux des projecteurs, et ce pour la bonne cause ! Miss Tunisie 2013 incarne en effet, selon ses dires, la femme tunisienne libre, indépendante et intelligente, et à travers elle, c’est l’image du pays tout entier qui s’en trouvera embellie sous les objectifs de médias étrangers qui l’ont copieusement écornée.

Cette mise en beauté revitalisante de la Tunisie, censée faire mentir tous les oiseaux de mauvais augure, a été sponsorisée par la compagnie aérienne Tunisair qui table sur une relance impérieuse du tourisme, le poumon économique du pays. "Nous voulons aussi restaurer une certaine image de la Tunisie que les gens semblent avoir oublié depuis la révolution. C’est un moment difficile pour le pays mais nous sommes prêts à la démocratie",a déclaré Aîda Antar en conférence de presse.

Signe des temps, c’est sur le Net que l’appel à candidatures a été lancé, et si, sous Ben Ali, les jeunes filles voilées en étaient exclues ou marginalisées, elles étaient là les bienvenues : "Le concours était ouvert à toutes les femmes. Nous avons eu deux filles voilées qui se sont inscrites sur la page web mais elles ne sont pas allées jusqu’au casting", a assuré Aïda Antar.

Alors que l’effeuillage de nos Miss tricolores constitue le clou du spectacle, avec le passage obligé en maillot de bain, même sous le règne de Madame de Fontenay pourtant brocardé en France pour sa pudibonderie, l’élection de Miss Tunisie, diffusée sur la chaîne privée Tunesna, s’est fait fort de respecter la tradition inverse : "Il n’y a jamais eu de défilé en maillot depuis que j’organise cette élection. Cela n’a pas été par obligation mais par principe. Je ne voulais pas bloquer des filles à cause de la pudeur", a précisé la Madame de Fontenay tunisienne.

Entourée de ses dauphines natives de différentes régions, et dont, fait notable, certaines ont poursuivi leurs études à l’étranger, confiant leur désir de contribuer à véhiculer une image positive de leur pays, Hiba Telmoudi, Miss Gabès, a été intronisée reine de la soirée et nouvelle ambassadrice de charme de la Tunisie.

Cette championne de cyclisme et étudiante en sport, qui aspire à devenir professeur d’éducation sportive, est déterminée à faire honneur à sa couronne qu’elle dédie à toutes les femmes tunisiennes :  "Le travail que fait la femme en Tunisie est énorme mais nous pouvons avoir plus et nous devons encore nous battre",s’est-elle exclamée, avant de se jeter prochainement dans le grand bain bouillonnant de Miss Monde, là où l’on sacralise le « look » et l'on se prosterne devant le culte du corps.

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