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La polygamie : tendance quand elle est américaine, décriée quand elle est saoudienne…

Archaïque, rétrograde, sexiste, ou encore inadmissible, voire moralement indéfendable, les épithètes peu flatteurs ne manquent pas en Occident pour décrier la polygamie, une pratique systématiquement associée à l’islam et à l’Arabie saoudite, alors que, comble de l’ironie, elle a fait son chemin sur le sol de la première puissance mondiale, jusqu’à moins choquer dans les chaumières et être même mieux tolérée qu’en 2001.

Selon la récente enquête publiée, le 26 mai dernier, par l’institut de sondage Gallup, la vision d’un homme entouré de ses épouses, ou plutôt de son harem, telle qu’elle est enracinée dans l’inconscient collectif, n’est plus jugée aussi repoussante, indigne, ou effrayante qu’elle ne l’était il y a quelques années encore, 16% des Américains la voyant aujourd’hui d’un bon œil, contre 7% qui la considéraient « moralement acceptable » en 2001.

Les mentalités, hier offusquées par cette pratique alors très marginale, ont à ce point évolué de l’autre côté de l’Atlantique qu’elles préfèrent la transparence de la polygamie à l’hypocrisie de l’adultère, une pratique réprouvée par l’écrasante majorité des personnes interrogées, bien que très répandue à Washington comme à Paris, et notamment en France, pays du marivaudage et du libertinage, ou encore du « troussage de domestique » quand on s’appelle DSK…

Dans sa hiérarchisation édifiante des thèmes controversés dont l’image a été revalorisée en l’espace d’une décennie, Gallup a classé la polygamie en cinquième position juste après les relations homosexuelles, le fait d’avoir un enfant et des relations sexuelles hors mariage, le divorce et la recherche médicale sur les cellules souches obtenues à partir d’embryons humains.

Longtemps vilipendée, la polygamie, qui fait encore couler de l’encre en dépit de sa popularité croissante, a été dépénalisée en décembre 2013 dans l’Utah, dont Salt Lake City, la ville phare, est le temple du mormonisme. Ce premier pas, que d’aucuns considèrent comme une avancée, est le signe avant-coureur de sa légalisation annoncée pour plusieurs observateurs américains, parmi lesquels l’éditorialiste du New York Times, la très critique Ross Douthat, est allée jusqu’à prédire la date « en 2040 », en dépeignant le climat ambiant « dans l’indifférence générale ».

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