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#JusticeForNoura : la grande campagne en faveur d’une Soudanaise, violée par son mari, condamnée à la pendaison

Tombé comme un couperet en avril dernier, le verdict implacable de la justice soudanaise prononcé à l’encontre de la jeune Noura Hussein, 20 ans, accusée de « meurtre avec préméditation », dressant déjà l’échafaud en balayant d’un revers de main les circonstances atténuantes de la légitime défense, a provoqué une forte onde de choc à travers le monde.

L’ histoire insoutenable de cette jeune femme – mariée de force à un cousin par son père en 2014, alors qu’elle avait tout juste 16 ans, et qui, refusant d’accomplir son devoir conjugal, a subi les assauts de son époux lors d’un viol abominable, commis avec l’aide des deux frères et d’un cousin de ce dernier – contenait en soi tous les ingrédients pour susciter un immense émoi par-delà les frontières.

Aussi, sa fin tragique a-t-elle fait l’effet d’une véritable déflagration émotionnelle quand, prise au piège d’un enfer marital et poussée au désespoir, elle poignarda son mari à mort en 2017 pour échapper à un nouveau viol effroyable. Le pire dans ce récit d’un destin brisé qui nous replonge dans les ténèbres d’un autre âge, c’est sans doute d’apprendre que celui qui l’a dénoncée à la police n’est autre que son père.

« J’ai immédiatement dit à l’homme qu’il n’avait pas le droit de me toucher », a confié Noura Hussain à 7D News, derrière les barreaux de sa prison. « J’ai été terrifiée par l’irruption de trois autres hommes dans la maison, j’ai appris plus tard qu’ils étaient des parents de mon mari », a-t-elle expliqué, avant de relater péniblement une nuit d’horreur : « Ils ont d’abord voulu savoir pourquoi je me refusais à mon époux, et ensuite, ils m’ont rouée de coups. Ils m’ont attrapée et m’ont maintenue immobile, et ont regardé mon mari me violer avec une grande brutalité ».

Incarcérée depuis plus d’un an à Omdurman, dans le centre pénitentiaire pour femmes le plus important du Soudan, Noura Hussein, comme si elle n’avait pas suffisamment souffert, se heurte de plein fouet à l’archaïsme moyenâgeux des lois de son pays, qui ne reconnaissent pas le viol dans le mariage et autorisent les unions contre nature avec des fillettes de 10 ans.

Alors que sur sa tête de condamnée plane désormais l’épée de Damoclès de la pendaison, une clameur d’indignation s’est élevée, se propageant partout, traversant les océans et résonnant dans toutes les langues. Elle s’est traduite par le lancement d’une grande campagne internationale #JusticeForNoura, ainsi que d’une pétition intitulée « Ne pas exécuter Noura. Pour l’auto-défense contre l’homme qui l’a violée ! », qui a recueilli à ce jour plus de 341 000 signatures.

« Ce que nous réclamons, c’est l’annulation de la condamnation et un nouveau procès équitable qui tiendrait compte des circonstances atténuantes », plaide avec force Anne Denis d’Amnesty International, en alertant sur l’urgence absolue de la situation. Elle redoute en effet, comme tant d’autres, que la peine de mort qui lui a été infligée sans sourciller puisse être appliquée à tout moment.

 

2 commentaires

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  1. une militante Unef voilée fait l’objet de harcelement sur twiter ;
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    le 1er ministre canadien participe au début du Ramadan
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    Une actrice fait le buzz à Cannes, concernant la Palestine
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    l’horreur et l’injustice imposée à cette femme Soudanais
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    il y a des jours , ou l’on se sent assez seul !
    cordialement

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