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Jacob Rogozinski: “Le djihadisme a tout à voir avec l’islam, même s’il le trahit et le défigure”

Dans cet entretien accordé à Oumma, Jacob Rogozinski, philosophe, professeur à l’université de Strasbourg, auteur du livre Djihadisme : le retour du sacrifice aux éditions Desclée De Brouwer, propose une approche philosophique du phénomène djihadiste.

S’il affirme que le « djihadisme trahit la vérité de l’islam », bien qu’ayant « tout à voir avec l’islam » dont il se réclame pour semer le chaos, il n’exonère pas pour autant de leur lourde responsabilité dans la confusion des esprits et la montée en flèche de l’islamophobie les  « journalistes et idéologues haineux », dénonçant « les amalgames entre l’islam et le djihadisme » qu’ils alimentent continuellement pour mieux nourrir les peurs.

Jacob Rogozinski conclut son analyse étayée en invitant les musulmans du XXIème siècle à se « réapproprier les trésors perdus de l’islam » et à s’éclairer à la lueur de la richesse intellectuelle, de la sagesse et de la tolérance des grands mystiques et penseurs du Moyen-Âge que furent les illustres Rumi et Ibn Arabi, entre autres. Un livre à mettre entre toutes les mains !

Vous affirmez qu’aucun philosophe ne s’est réellement penché sur le djihadisme. Qu’est-ce qu’une approche philosophique pourrait-elle nous apprendre justement sur le phénomène djihadiste ? 

Beaucoup de livres sur le djihadisme sont parus récemment en France. Ils l’abordent de différents points de vue, mais ils essayent toujours de l’expliquer à partir d’une cause unique. Pour les psychiatres et les psychanalystes, un djihadiste est quelqu’un qui souffre d’une pathologie mentale. Pour les sociologues, ce phénomène s’explique pour des raisons sociales. Pour d’autres encore, c’est la conséquence d’une situation géopolitique… L’intérêt d’une approche philosophique, c’est qu’elle permet de décloisonner les savoirs, de dépasser le point de vue des spécialistes enfermés dans leur spécialité.

Le philosophe ne cherche pas la cause unique qui permettrait de tout expliquer. Il veut comprendre le sens des phénomènes, ce qui demande notamment de prendre au sérieux ce que les djihadistes disent eux-mêmes de leur engagement, c’est-à-dire de reconnaître sa dimension religieuse. Lorsque des hommes sont prêts à tuer et à se tuer au nom d’une croyance politique ou religieuse, c’est la signification de cette croyance qu’il faut essayer de comprendre, au lieu de l’écarter comme une simple illusion, une “idéologie” ou une “névrose”. Bien entendu, chercher à comprendre ne signifie en aucun cas justifier ou excuser. On ne peut combattre efficacement un ennemi que si l’on a compris qui il est et ce qui l’amène à agir comme il le fait.

Vous posez plusieurs questions dans votre introduction : “Qui est donc notre ennemi ?” Dirons-nous qu’il s’agit du “terrorisme islamiste” ? Faut-il incriminer “cette obscure malédiction, la radicalisation” ? Vous soulignez que ces mots que nous utilisons naïvement nous égarent et qu’il serait temps de les écarter.

Comme le disait Camus, “mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde”. Il y a des mots-écrans qui nous égarent et dissimulent la réalité des choses. “Terrorisme” et “radicalisation” en font partie. La notion de “terrorisme” est trop vague, trop statique, et elle amalgame des réalités très différentes. Après tout, les résistants qui luttaient contre l’occupation nazie ont été désignés comme “terroristes” par ceux qu’ils combattaient. Parmi les mouvements qui adoptent des stratégies de terreur – ce qui implique toujours des attentats, des assassinats ciblés, etc. – certains le font de manière provisoire, pour lutter contre un ennemi réel et bien délimité. Ils peuvent donc renoncer par la suite à la lutte armée, soit parce qu’ils ont atteint leurs objectifs (comme la Résistance en 1945 ou le FLN algérien en 1962), soit parce qu’ils ont changé de stratégie (comme l’IRA en Irlande, l’ETA basque ou l’OLP palestinienne).

Mais il y a en a d’autres qui ont adopté une stratégie de terreur totale, illimitée. C’est le cas des mouvements qui ont proclamé le “djihad global” contre l’Occident. Si on lit leurs idéologues, comme Abou Moussab al-Souri ou Abou-Bakr Naji, on s’aperçoit qu’ils veulent établir par la terreur et la guerre leur domination sur la Terre toute entière, en massacrant non seulement les “infidèles”, mais aussi tous les musulmans qui n’adhèrent pas à leur vision fanatique et mortifère de l’islam. Il est clair qu’ils ne déposeront jamais les armes, ce qui veut dire qu’aucun compromis n’est possible avec eux et qu’il faut les combattre jusqu’à ce qu’ils soient définitivement vaincus.

La notion de “radicalisation” pose d’autres problèmes. Dans le langage des médias, ce terme est devenu synonyme de “devenir-terroriste” et l’on oublie alors qu’il y a d’autres manières, plus authentiques, d’être radical. Ceux qui détournent la révolte des opprimés en cherchant à les entraîner dans une guerre de religion, ceux-là ne sont pas des “radicaux” : au contraire, ils dé-radicalisent cette révolte. “Être radical, c’est prendre les choses par la racine”, disait Marx. La véritable radicalité ne consiste pas à partir en guerre contre des “infidèles”, mais à lutter contre l’injustice sociale, contre les racines sociales du chômage et du racisme.

Selon vous, la thèse qui dénie tout rapport entre l’islam et le djihadisme, ainsi que la thèse inverse qui opère un amalgame participent toutes les deux du même aveuglement ?

L’une des principales cibles auxquelles je m’attaque dans mon livre, c’est la position anti-musulmane (ou “islamophobe”, si vous préférez) : tous ces journalistes et ces idéologues haineux qui font l’amalgame entre l’islam et le djihadisme, comme si chaque musulman était un “terroriste” en puissance. J’affirme au contraire que le djihadisme trahit la vérité de l’islam. Et pourtant, cela ne veut pas dire qu’il n’a “rien à voir avec l’islam”, comme on l’affirme trop souvent. Je comprends l’attitude des musulmans sincères qui sont horrifiés par les crimes que ces gens commettent au nom de l’islam.

Je comprends qu’ils veulent absolument s’en démarquer. Mais peut-on soutenir sérieusement que des mouvements comme Daech et Al-Qaida ne font pas partie de l’islam, alors qu’ils prétendent agir en son nom et se réfèrent sans cesse au Coran et aux hadiths pour justifier leur action ? Osons le dire : le djihadisme a tout à voir avec l’islam, même s’il le trahit et le défigure. C’est une tendance extrémiste et fanatique d’un courant beaucoup plus large que l’on peut appeler le fondamentalisme musulman. Il y a aussi des fondamentalistes dans le christianisme, le judaïsme, l’hindouisme, dans toutes les grandes religions. Ils prétendent tous revenir aux fondements originels de leur croyance et ces mouvements se développent aujourd’hui dans le monde entier sous des formes variées, pacifiques ou violentes, mais toujours intolérantes.

Je sais que, en disant cela, je vais choquer tous ceux qui pensent que les djihadistes ne sont pas vraiment des musulmans. Le problème, c’est que les djihadistes prétendent au contraire être les seuls vrais musulmans. Ils accusent tous les autres d’être des renégats, des apostats, et ils parviennent à en convaincre un grand nombre de gens dans de très nombreux pays. C’est cela que nous devons essayer de comprendre, si nous voulons leur résister. D’où proviennent le fondamentalisme et le djihadisme ?

Le philosophe Jacques Derrida nous aide à comprendre ce phénomène lorsqu’il parle d’une “affirmation auto-destructrice” du religieux qui serait à l’œuvre actuellement non seulement dans l’islam, mais aussi dans les autres religions. Abdelwahab Meddeb ne disait pas autre chose dans son beau livre sur La maladie de l’islam : pour lui, la régression fondamentaliste est “un islam qui refonde sa croyance sur la négation de la civilisation qu’il a engendrée”. L’enjeu, pour le monde musulman, consiste donc à réaffirmer la vérité de sa croyance sans que cette affirmation ne devienne auto-destructrice. C’est cette réaffirmation authentique qui ouvrira à l’Islam la voie du renouveau.

Vous soulignez que la notion d'”État islamique” ne fait pas partie de la tradition classique de l’islam, pas plus que celles de “République islamique”, de “Révolution islamique” ou de “Parti de Dieu” (Hezbollah). Et que tout se passe comme si l’islam avait été incapable de se réaffirmer politiquement sans avoir recours à la pensée occidentale.

Au temps des califes et des sultans, personne n’aurait employé la notion d'”État islamique” pour désigner leur pouvoir, car il était absolument évident que leurs États se réclamaient de l’islam. Cette notion d'”État islamique” est moderne : elle apparaît seulement au début du XX° siècle chez des idéologues fondamentalistes qui cherchaient à combattre l’influence croissante de la démocratie occidentale dans le monde musulman.

Les notions de “République”, de “Révolution” et de “Parti” sont des notions issues de la pensée politique occidentale. Il y a là un paradoxe étonnant : les fondamentalistes musulmans se disent farouchement opposés aux influences de l’Occident moderne ; mais, lorsqu’ils essayent d’élaborer une théorie politique (je pense par exemple aux idéologues des Frères Musulmans ou à ceux de la Révolution iranienne), ils reprennent des concepts de la pensée occidentale en leur accolant l’adjectif “islamique”. Ce qu’ils présentent faussement comme un retour aux fondements de l’islam, ce sont des constructions hybrides et incohérentes. Ce n’est pas de cette manière que l’Islam pourra se réaffirmer politiquement et se confronter aux défis de la modernité.

Vous écrivez qu’il n’y pas d’essence de l’islam, mais il y a un islam qui reste fidèle à son projet d’émancipation initial et un islam qui le trahit.

Les trois religions monothéistes sont toutes les trois orientées par un projet d’émancipation, par l’affirmation de l’égalité entre tous les fils d’Adam et l’espoir d’un monde plus juste. C’est vrai de l’islam comme du judaïsme et du christianisme. Ce projet d’émancipation a été à chaque fois trahi lorsque des dirigeants politiques – empereurs et rois chrétiens, califes et sultans de l’Islam – se sont servis de la religion pour légitimer leur pouvoir. Des autorités religieuses se sont mises à leur service et en sont venues ainsi à justifier l’inégalité, l’injustice, l’oppression.

Il y a aussi une autre manière de renier la vérité de l’islam. Je pense qu’un mouvement d’émancipation se renie lui-même lorsqu’il cède au fanatisme et à la haine. Car ces mouvements combattent pour un monde plus juste, et la haine n’est jamais juste : elle ne cherche qu’à anéantir ses objets de haine, quoi qu’ils aient pu faire, et même s’ils sont innocents de ce dont on les accuse. Rester fidèle au projet initial de l’islam, c’est à la fois rester fidèle à l’idéal d’égalité et de justice qui l’animait à l’origine et refuser de céder à la haine.

Dans le chapitre intitulé “La malédiction d’Omar” (second Calife), vous précisez que l’islam classique, contrairement aux monarchies occidentales, a tenté de désacraliser le pouvoir politique. 

Dans les médias occidentaux, on prétend souvent que l’Islam serait une “théocratie” où le politique et le religieux fusionneraient totalement, ce qui empêcherait les musulmans d’accepter la “sécularisation” de nos sociétés modernes et laïques, où ces deux sphères sont séparées. En étudiant l’histoire et les textes fondateurs, je me suis aperçu que c’était faux, que l’Islam classique avait au contraire amorcé une certaine séparation entre din et dawla, entre l’autorité religieuse et le pouvoir politique. Alors que les monarques chrétiens d’Occident voulaient être vénérés comme des “images de Dieu”, des “imitateurs du Christ”, c’est-à-dire des figures sacralisées, les califes de l’Islam se considéraient seulement comme les successeurs du Prophète, comme les héritiers humains d’un homme exceptionnel.

En effet, la tradition de l’Islam refuse toute sacralisation du pouvoir politique. Dans plusieurs sourates (par exemple Les poètes, v. 29), le Coran s’attaque à la prétention du Pharaon à être adoré comme un dieu par ses sujets. C’est un enseignement qui garde toute sa valeur à notre époque, où des dirigeants totalitaires comme Hitler, Staline et Mao ont été quasiment divinisés par leurs adeptes. Tout ceci montre que l’Islam et la laïcité ne sont pas incompatibles, comme on voudrait nous le faire croire.

Les références de Daech au messie et à l’apocalypse donnent selon vous leur sens à la soif de martyre, à l’affirmation auto-destructrice qui caractérisent ce mouvement. 

La croyance au messie est l’espoir en la venue d’un Sauveur envoyé par Dieu, qui établira sur la Terre un règne de justice. Elle apparaît dans le judaïsme antique et sera reprise ensuite par le christianisme et l’islam. Cette croyance a animé de puissantes révoltes contre l’oppression et l’injustice, aussi bien dans la chrétienté médiévale que dans le monde arabo-musulman. Elle s’est très souvent associée à une croyance différente : avec l’attente d’une apocalypse qui s’accompagnerait de cataclysmes et serait suivie de la résurrection des morts et du Jugement dernier.

Dans la tradition chrétienne et plus tard dans celle de l’islam, on prétend que, à la fin des temps, le Messie s’affrontera lors d’une grande bataille à un anti-Messie diabolique. Les chrétiens l’appellent l’Antéchrist et les musulmans le Dajjal, l’Imposteur. Sauf erreur, ce personnage n’est pas mentionné dans le Coran. C’est une tradition ultérieure, d’origine chrétienne, qui le met en scène. Lorsque cette croyance s’est formée, l’espérance qui s’attache à l’attente du Messie s’est nouée à un autre sentiment : à la haine envers l’anti-Messie et ceux que l’on désigne comme ses partisans. C’est cette déformation haineuse de la foi messianique qu’il faudrait essayer de surmonter. Aujourd’hui, la plupart des chrétiens ne croient plus en l’Antéchrist.

Je crains en revanche que de nombreux musulmans continuent de croire au Dajjal. C’est notamment le cas des djihadistes. D’ailleurs, l’une des revues de Daech s’appelle Dabiq, du nom de la ville de Syrie où, selon une tradition, le Mahdi – le Messie de l’islam – doit affronter victorieusement l’armée du Dajjal. Ces croyances apocalyptiques permettent de mieux comprendre la stratégie de Daech dans ce qu’elle peut avoir d’étrange et d’aberrant. Lorsque cette organisation s’est emparée de plusieurs grandes villes et d’une vaste région en Syrie et en Irak, elle aurait pu décider de consolider sa domination sur son territoire en y édifiant un État stable.

Au lieu de cela, elle s’est aussitôt attaquée à l’ensemble des forces présentes dans la région, tout en commettant une série d’attentats meurtriers en Occident. Ce qui a entraîné la formation d’une coalition internationale beaucoup plus puissante qu’elle qui a fini par l’anéantir. Je pense que Daech a agi ainsi, de cette manière auto-destructrice, quasiment suicidaire, parce que ses dirigeants voulaient provoquer l’apocalypse. Ils veulent hâter la venue du Mahdi et la bataille finale qui annonce le Jugement dernier.

Pouvez-vous développer ce que vous appelez le “complexe d’Ismaël” ?

Les récits bibliques mettent en scène plusieurs histoires de rivalités entre frères dont chacun veut être reconnu comme l’héritier légitime de son père : Jacob et Esaü, Joseph et ses frères… Selon la Bible, Ismaël est le fils aîné d’Abraham, mais il n’est pas son héritier légitime, car sa mère était une esclave. L’héritier légitime est Isaac. Leur rivalité a un sens très fort, puisque l’on considère traditionnellement qu’Ismaël est l’ancêtre légendaire des Arabes et Isaac, celui des Juifs. Je désigne comme le “complexe d’Ismaël” les sentiments d’envie, de jalousie, de haine qui naissent chez un fils qui croit que l’un de ses frères a usurpé la légitimité et l’héritage de leur père.

A mon avis, ce “complexe” affecte depuis longtemps la chrétienté et l’islam, et explique en grande partie l’hostilité qu’ils peuvent ressentir envers les Juifs. Ceux-ci leur apparaissent en effet comme les fils préférés du Père, le “peuple élu” de Dieu, car ils ont été les premiers à recevoir la Révélation du Dieu unique. Les deux autres religions monothéistes qui sont apparues ensuite ont affirmé toutes les deux qu’elles accomplissaient et dépassaient cette première Révélation ; mais elles ont continué à éprouver de l’envie et du ressentiment envers les Juifs, comme si elles continuaient de les considérer obscurément comme les fils favoris du Père.

C’est ce complexe qu’il s’agit de surmonter si l’on veut arriver à une véritable réconciliation entre les croyants des trois religions abrahamiques. Je pense que l’on commet un contresens sur l'”Élection” quand on se la représente comme le pouvoir de dominer le monde par la force, la ruse ou l’argent, alors qu’il s’agit simplement d’un appel à adorer le Dieu unique et à étudier les écrits de sa Révélation. C’est cette méprise qui alimente la haine envers les Juifs et ces absurdes fantasmes complotistes où on les accuse d’être les “maîtres secrets du monde”. De toute manière, on se trompe profondément lorsque l’on s’imagine que la Promesse faite à Abraham ne concernerait qu’une seule religion ; que cette Promesse ne pourrait pas être partagée ; qu’une seule religion serait donc légitime, à l’exclusion des autres. N’oublions pas ce qu’affirme le Coran : chaque communauté de croyants “aura eu son Envoyé” (Jonas, v. 47) et à chacune Dieu “a ouvert un accès” vers Lui (La table pourvue, v. 48).

Comment certains musulmans peuvent-ils redécouvrir “les trésors perdus de l’islam” selon votre expression, un héritage qui devrait leur permettre également de résister à l’attraction du djihadisme ? 

Je désigne ainsi la tentative de l’Islam classique, dont nous avons déjà parlé, pour séparer le pouvoir politique et la religion ; mais aussi l’admirable spiritualité soufie, qui s’est opposée depuis des siècles à toutes les dérives vers le fanatisme et l’intolérance. Ces grands mystiques et penseurs du Moyen-Âge qu’étaient Rumi et Ibn Arabi considéraient qu’il y a une part de vérité dans toutes les religions, que chacune d’elles adore à sa manière le Dieu unique. Ces “trésors” ont été oubliés depuis longtemps et ils restent méconnus par un grand nombre de musulmans, mais il est possible de les redécouvrir. Il faudrait pour cela que les musulmans ne se contentent pas des versions appauvries et dogmatiques de leur religion qu’on leur présente trop souvent, mais qu’ils partent à la recherche des sources vivantes de leur propre tradition. C’est en se réappropriant ses trésors perdus que l’islam pourra se re-fonder et surmonter ainsi l’attraction du fondamentalisme et du djihadisme.

Propos recueillis par la rédaction Oumma

12 commentaires

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  1. Le djihadisme n’a rien à voir avec l’Islam si ce n’est l’emprunt du mot djihad! Sinon c’est une invention des néocons américains aidés par les sionistes wahabites pour discréditer les musulmans pour mieux les réduire et les massacrer. Le fait que ce monsieur soit philosophe , penseur et un tas d’autres choses ne fait pas de lui un ami des musulmans. Au contraire c’est un sayan qui utilise son intelligence pour jeter l’opprobre sur eux avec habileté .Nos “trésors” comme il dit pour faire baisser la garde sont toujours là ! Qu’ils disent à ses semblables d’arrêter de déconstruire la civilisation arabo musulmane en divisant les ethnies , en déniant à l’Islam son apport à nul autre pareil et en disant justement que ce djihadisme inventé de toutes pièces n’est qu’une arme de destruction massive destinée aux musulmans. Je suis outrée qu’Oumma laisse cet hypocrite dérouler son discours haineux même s’il est enrobé de miel vénéneux !

    • Nanita, Soyez pas outrés ils font leurs travail de sape,vos étés Trot naïf.mais tt cela es la faute des musulmans eux même,il faut que les musulmans se ré éduqué et se réapproprie leur religion.si vos laissés la science aux ignorant ils rentrons les masses ignorante.

  2. mais le “djihadisme” a aussi à voir avec son esprit fondateur, le néo-protestantisme du “peuple élu” et de la “destinée manifeste” transplanté dans le christianisme, puis dans le judaïsme (sionisme), puis dans l’islam (wahhabisme). On ne peut pas dédouaner la bourgeoisie commerçante et usuraire WASP de son rôle fondateur dans la relecture ethniciste, littéraliste, matérialiste et égocentrique des textes sacrés selon des interprétations qui n’existaient pas auparavant dans les religions concernées.

    • Tout ça c’est bien joli dit en 2018. Mais savez-vous comment l’islam s’est répandu après 732, sinon par la douceur et la persuasion…
      Et son mode d’expansion fait partie de ses gènes.

  3. Une réflexion de fond intéressante. ça donne à réflechir
    Merci à l’équipe d’Oumma de ne pas verser dans le “c’est pas moi c’est l’autre” si prisé par la Oumma qui voit dans tous ces maux un complot Américano sioniste visant à nous détruire. Nous avons aussi notre part de responsabilité collective et individuelle.

  4. Cette analyse, comme présentée par l ‘auteur dans cette interview, n’est en réalité pas très différente de ce qu’on entend majoritairement dans la presse pour expliquer l’essor du “Jihadisme”, même si l’auteur prend certaines précautions oratoires . Ainsi, on retrouve la fameuse “maladie de l’Islam”, bien entendu, mais cette fois-ci adossée à un prétendu ” complexe d’Ismael”, comprenez un complexe d’infériorité vis-à-vis des Juifs toujours présentés comme des objets de haine ( non comme des possibles porteur de haine). Mais fort heureusement, toutes les parties de l’ Islam ne sont pas (encore) atteint par le virus du jihadisme, en particulier les adeptes du Soufisme.
    En revanche, les autres, qui n’ont pas eu encore accès aux ” trésors perdus de l’Islam”, sont contaminés par le fanatisme. Les autres ce sont bien sûr Daech, les Frères Musulmans, L’Iran, le Hezbollah. L’auteur ne s’embarrasse pas de nuances.Car qu’il y a t-il en commun entre ses organisations ? Mettre Daech et le Hezbollah par exemple dans le même sac, c’est précisément pratiquer l’amalgame qu’on prétend pourtant dénoncer. Et accessoirement, c’est ce que font un certain Netanyahou et ses partisans.

    De même que sont absentes les données immédiates de l’analyse géopolitique : dépossession des terres, colonisation, présence militaire américaine, embargo, confiscation des ressources. Tout cela est ignoré au profit de considérations théologiques sur le messianisme, qui est pourtant bien plus centrale dans la religion juive. Par exemple, tous les Juifs du monde étaient appelés à prier le 12 septembre 2012 pour la venue du Machia. De même quand le Rav Ron Chaya nous expliques que les Nations seront pris par la “tignasse de leurs cheveux” pour s’entretuer au profit d’Israel.
    Mais l’auteur évite soigneusement d’évoquer les racines religieuses de la violence lorsqu’elle émane du Sionisme ou de l’ Impérialisme occidental.

  5. Salam , oui effectivement , nous avons ici une analyse , géopolitique , voire un peu essentialiste de la lecture qui est faite sur l’islam et le monde MUSULMAN . c une vision “borgne” , de l’actualité , qui ne prend pas en compte d’autres paramètres comme l’élément ” non-humain ” des Evénements . La relation entre l’ Occident et l’ orient a été souvent une relation conflictuelle , les deux cultures ont des difficultés à trouver des bases sur lesquelles fonder un réel dialogue et à apaiser les tensions qui enveniment quotidiennement leurs rapports . Les islamistes et les soufis n’ont ni la même interprétation de l’islam , ni la même conception de son influence sur la ” Oumma ” . Le soufisme constitue le dernier rempart contre le dogmatisme et l’ injustice . Il faut avant tout commencer par tolérer et respecter les valeurs d’ autrui .Les centres de diffusion du savoir et de l’éducation religieuse doivent élaborer et échanger des plans en vue de promouvoir la tolérance , l’amitié et la compassion réciproques . En marge de l’éducation de base , l’enseignement devrait aussi se centrer sur l’apprentissage de la non-violence et des moyens de lutte privilégiant la résistance civile pacifique et la force spirituelle individuelle . De plus , l’enseignement soufie devrait reprendre la place privilégiée qu’il occuper durant l’âge d’or de la société musulmane ; en effet les ” cœurs” des disciples de Mohammed ( que la paix soit avec lui ) étaient emprunt de spiritualité et d’amour pour Allah uniquement . Jamais les ” Compagnons ” fidèles du Prophète ne remplacerait le secret de Dieu par les souillures et les futilités de ce bas-monde . L’ élévation spirituelle de la ” Oumma ” et de chacun ne viendra que par la pratique du don de soi et de l’amour .L’ Amour est notre viatique , et c là aussi que s’inscrit tout l’enseignement du soufisme ; Prions pour que la ” Oumma ” revienne à son Age d’Or , non pas dans la violence ni dans la division . Comment le soufisme sunnite peut-il contribuer à la compréhension de la crise identitaire du monde musulman ? Comment pouvons nous vivre tous ensemble dans une société postmoderne ? Voilà à quoi nous devons répondre . Qu’ Allah nous aide …..

  6. Le terme “jihadisme” et la définition qu’on lui donne, est un non sens et une insulte à l’islam, dans le coran il n’y a que les croyants et la révélation point.

      • Ne me dites pas de me taire et surtout pour qui vous prenez vous ? Je dis que dans le coran il n’y a que les croyants et la révélation, c’est la vérité, il n’y a ni “islamiste” et ni de “jihadiste” c’est une inventions des médias afin de porter atteinte directement à l’islam, les gens qui tuent même s’il se disent croyants devraient être appelés criminels.

  7. Le Jihad doit être vu au sens du coran, et non au sens de la passion.

    Si le terrain dit que ce n’est pas au sens du coran, c’est qu’il y a derrière ça black House

    Le Jihad combat Might is Right.

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