Adoubé par un Occident qui a les yeux de Chimène pour la droite dure, furieusement islamophobe et farouchement pro-israélienne dont il est l’incarnation, le despote Narendra Modi ne doit pas voir d’un bon oeil la vague d’indignation qui secoue actuellement, et depuis plusieurs jours, l’Etat du Karnataka.

Le Premier ministre indien, chantre d’un nationalisme hindou implacable, doit même voir rouge devant l’ampleur du mouvement de protestation populaire qui rassemble, en rangs serrés, des centaines de jeunes filles musulmanes scandalisées, mais pas seulement…
Des étudiantes voilées qui crient leur colère, sous le choc de l’interdiction inique du port du voile à l’école et l’université qui les frappe de plein fouet.
Déclenché par une décision de justice à l’effet coup de massue dans une Inde où le hijab n’a jamais été honni ou proscrit, et encore moins empoigné en épouvantail utile, le vent de la révolte souffle sans discontinuer sur l’Etat du sud-ouest qui est le premier à le mettre à l’index. Il traverse à présent tout le pays, emportant dans son tourbillon des enseignants indiens épris de justice et tous… vent debout !
A la fois hindous et musulmans, ces professeurs, dont certains sont des universitaires de renom officiant au sein d’établissements prestigieux, parmi lesquels figurent notamment Jamia Millia Islamia, Miranda House College, l’Université de Delhi, l’Université d’Ashoka et la National Law School of India University, ont exprimé leur solidarité avec les jeunes filles musulmanes voilées du Karnataka.
Faisant bloc derrière elles, ils soutiennent leur droit fondamental de porter le hijab dans un communiqué dont ils espèrent qu’il provoquera un sursaut salutaire des consciences, et non l’effrayant spectacle de contre-manifestations d’hindous chauffés à blanc, scandant des slogans islamophobes orduriers, comme cela s’est produit récemment sous les fenêtres de la Haute Cour de Karnataka.
« En tant qu’enseignants travaillant dans différentes écoles, collèges et universités, dans différentes régions de l’Inde, et en tant qu’enseignants indiens travaillant à l’étranger, nous sommes solidaires du droit des étudiantes musulmanes de porter un hijab en classe si elles le souhaitent. C’est une question d’autonomie des femmes et de leur libre arbitre, le hijab ne compromettant en aucune façon l’intégrité de l’éducation ».