Menu
in ,

Sur LCI, la propagande d’un ancien officier israélien sèchement recadrée en plateau

Sur LCI, un échange récent a mis en lumière, de manière assez frappante, le contraste entre un discours de propagande assumé et une réponse journalistique lucide. D’un côté, Raphaël Jerusalmy, ancien membre du renseignement militaire israélien, déroule un argumentaire désormais bien connu : celui d’une guerre présentée comme nécessaire, presque vertueuse, où les « dommages collatéraux » seraient regrettables mais acceptables au nom d’un objectif supérieur. De l’autre, le journaliste Gallagher Fenwick lui répond, calmement mais fermement, en le remettant à sa place.

Une rhétorique qui banalise la mort des civils

Le propos de Jerusalmy repose sur une idée simple, mais profondément honteuse : les victimes civiles seraient en quelque sorte compensées par des vies « épargnées ». Une manière de relativiser la gravité des bombardements et de leurs conséquences, sans jamais apporter de preuve concrète. À cela s’ajoute une vision très binaire du monde. D’un côté « les forces du bien », de l’autre « les forces du mal ». Iran, Hezbollah, Hamas : tout est mis dans le même sac, sans distinction, sans nuance. Cette manière de penser efface toute complexité et surtout toute humanité. Ce type de discours n’est pas neutre. Il sert à justifier des guerres longues, des conflits d’usure, en faisant passer l’idée que les pertes civiles sont inévitables, voire acceptables. C’est une façon de préparer les esprits à l’escalade, en dédramatisant ses conséquences.

La réponse nette du journaliste

Face à cela, Gallagher Fenwick ne laisse pas passer. Sa réponse est directe, et elle touche juste. Quand il explique que « c’est avec ce genre de propos que vous finissez à la Cour pénale internationale », il rappelle une réalité simple : il existe des règles, même en temps de guerre. Et justifier à l’avance des pertes civiles peut avoir des conséquences juridiques.

Mais surtout, il s’attaque au cœur du problème. En invitant Jerusalmy à « penser contre lui-même », il pointe cette logique dangereuse qui consiste à se voir systématiquement comme le camp du bien face à un ennemi réduit au mal absolu. Et il ajoute une chose essentielle : les populations d’en face veulent elles aussi la paix et la sécurité. Cette évidence, souvent oubliée dans les discours de guerre, vient casser la logique de déshumanisation.

Ce moment sur LCI montre à quel point il est important que les journalistes ne se contentent pas de relayer des discours, mais les interrogent. Face à une parole qui banalise la guerre et ses effets, la réponse de Gallagher Fenwick fait du bien. Elle rappelle que la paix ne peut pas se construire en niant l’humanité de l’autre. Dans un contexte où les discours guerriers prennent de plus en plus de place, ce type de recadrage est non seulement utile, mais nécessaire.

Laissez un commentaire

Quitter la version mobile