Zia Yusuf est une figure importante de Reform UK, un parti d’extrême droite dirigé par Nigel Farage. Il pourrait devenir ministre de l’Intérieur si le parti arrive au pouvoir. Âgé de 39 ans, cet entrepreneur millionnaire est issu d’une famille immigrée du Sri Lanka. Il se présente comme un “musulman patriote britannique”. Zia Yusuf défend une ligne très dure sur l’immigration. Il parle d’une situation “catastrophique” au Royaume-Uni et évoque un risque de tensions entre communautés.
Son programme est radical. Il veut organiser des expulsions massives de migrants, remettre en cause des droits fondamentaux et sortir le pays de certains traités internationaux. Il cible aussi directement les musulmans. Il parle d’une “menace” liée à l’islam et veut limiter certaines pratiques religieuses. Il propose notamment d’empêcher la transformation d’églises en mosquées. Une idée très contestée, car ce phénomène reste marginal au Royaume-Uni.
Zia Yusuf défend aussi la mise en avant du christianisme dans la société. Une position qui s’inscrit dans une rhétorique identitaire de plus en plus présente à droite. Ses déclarations alarmistes sur un prétendu risque de “violence sectaire” sont critiquées. Pour ses opposants, elles attisent les peurs et divisent la population.
Dans son discours, il dénonce aussi les demandeurs d’asile vivant dans des logements financés par l’État. Il estime que le système est “abusé” et appelle à un durcissement immédiat des conditions d’accueil. Il veut également sortir le Royaume-Uni de certaines conventions internationales, notamment sur les droits humains. Une mesure qui inquiète de nombreuses organisations. Autre proposition : renforcer fortement les contrôles aux frontières et augmenter les pouvoirs de la police. Là encore, ses opposants dénoncent une dérive sécuritaire. Le gouvernement travailliste dénonce un projet dangereux. Il accuse Reform UK de s’attaquer aux migrants et de fragiliser la cohésion sociale.
Au sein même du parti, certaines tensions existent. Zia Yusuf a déjà quitté ses fonctions avant de revenir, après des désaccords internes et des attaques racistes en ligne. Malgré les polémiques, il reste un acteur central de ce parti d’extrême droite. Son profil est utilisé pour défendre une ligne dure, tout en tentant de désamorcer les accusations de racisme. Pour ses détracteurs, cette stratégie masque surtout un programme brutal contre les étrangers et les minorités, en particulier les musulmans.
Le cas de Zia Yusuf illustre une évolution de l’extrême droite européenne. Certains partis mettent en avant des figures issues de l’immigration pour porter des discours très durs sur l’islam et les migrants. Cette stratégie permet de légitimer des politiques radicales, tout en brouillant les critiques. Elle permet aussi de donner une image plus “acceptable” à des idées anciennes : rejet de l’immigration, hiérarchisation des cultures et mise en cause de certaines religions. Mais sur le fond, le projet reste le même : durcissement massif, remise en cause des droits et stigmatisation d’une partie de la population, dans un climat politique de plus en plus explosif en Europe.

