Dans un article publié sur The Conversation, média en ligne indépendant reconnu pour la rigueur de ses analyses rédigées par des universitaires, Anisah Bagasra, professeure associée de psychologie à la Kennesaw State University, affirme que la guerre avec l’Iran s’accompagne d’une forte augmentation des discours islamophobes aux États-Unis, y compris dans le champ politique. L’autrice souligne que plusieurs responsables politiques ont récemment tenu des propos ouvertement hostiles envers les musulmans sur les réseaux sociaux, contribuant à banaliser une rhétorique de stigmatisation. Selon une étude citée, le nombre de publications islamophobes sur la plateforme X est passé d’environ 2 000 à 6 000 par jour dans les premiers jours du conflit.
Anisah Bagasra explique que ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large : l’islamophobie tend à augmenter lors de crises internationales, de campagnes électorales ou d’attentats. Elle rappelle notamment les vagues observées après la crise des réfugiés syriens en 2015 ou durant la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, période durant laquelle les musulmans ont été fréquemment présentés comme une menace sécuritaire. L’autrice indique également que les réseaux sociaux et certains médias jouent un rôle important dans la diffusion de représentations négatives, souvent associées au terrorisme. Elle affirme que cette rhétorique s’accompagne d’une hausse des actes de haine, avec plusieurs centaines d’incidents recensés certaines années.
Sur le plan sanitaire, Anisah Bagasra souligne que l’islamophobie a des effets durables sur la santé mentale des musulmans américains. Elle explique que les discriminations répétées sont associées à des niveaux plus élevés de dépression et à un sentiment d’exclusion. Selon ses recherches, une partie des personnes concernées modifie son comportement en ligne ou se retire des réseaux sociaux pour éviter les attaques. L’universitaire ajoute que cette méfiance s’étend au système de santé. Elle indique que de nombreux musulmans craignent des biais de la part des professionnels, ce qui peut les dissuader de recourir aux soins, tant physiques que psychologiques.
Elle précise également que cette défiance s’est traduite, dans certains cas, par une baisse du recours aux soins courants et une hausse des passages aux urgences, notamment après des mesures politiques ciblant des pays majoritairement musulmans. Cette situation illustre, selon elle, les effets indirects mais concrets des politiques et du climat social sur les comportements de santé. Selon The Conversation, ces pressions ont également des conséquences psychologiques directes : anxiété accrue, stress chronique et sentiment d’insécurité sont fréquemment rapportés par les musulmans américains. L’article souligne que l’exposition répétée à des discours hostiles et déshumanisants peut fragiliser durablement le bien-être mental et renforcer un sentiment d’exclusion au sein de la société.
Enfin, Anisah Bagasra souligne que des initiatives se développent pour répondre à ces enjeux, notamment à travers la formation des professionnels de santé, le développement de ressources adaptées et une meilleure sensibilisation aux questions de santé mentale au sein des communautés concernées. Elle insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective pour réduire l’islamophobie et mieux accompagner une population qu’elle décrit comme particulièrement vulnérable.

