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Irlande : les musulmans alertent sur la montée de la haine en ligne

Des musulmans vivant en Irlande dénoncent une forte progression des discours anti-musulmans sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, Instagram et X. Plusieurs membres du Centre islamique Al-Mustafa de Blanchardstown affirment que cette hostilité est devenue plus violente au cours des trois dernières années.Le cheikh Umar Al-Qadri, président du Conseil musulman irlandais, évoque une hausse des agressions et des incidents islamophobes. Par mesure de sécurité, il a même cessé de publier des photos de sa famille. Certains fidèles disent également craindre pour leurs enfants et se sentir de moins en moins en sécurité dans l’espace public.

Plusieurs musulmans interrogés estiment que les réseaux sociaux entretiennent un climat de division entre les communautés. Mohammed, né et élevé en Irlande, rappelle pourtant que les tensions sont souvent moins fortes dans la vie quotidienne. Selon lui, lorsque les habitants se rencontrent et discutent, ils découvrent qu’ils ont bien plus de points communs que de différences. Le collectif Hope and Courage affirme que cette haine en ligne peut parfois se transformer en violences réelles. Entre 2018 et 2025, l’organisation a recensé plusieurs dizaines d’incendies criminels ou de menaces liés à des mobilisations d’extrême droite, souvent accompagnées de discours hostiles aux musulmans et aux migrants.

L’association demande désormais des mesures plus strictes contre les plateformes qui laissent circuler ou recommandent ce type de contenu. Elle propose notamment de limiter le défilement infini, la lecture automatique et les systèmes de recommandation qui favorisent les publications provoquant la colère et l’indignation. Meta affirme de son côté interdire les discours visant des personnes en raison de leur religion ou de leur origine, et assure retirer les contenus qui enfreignent ses règles. Les associations considèrent toutefois que les signalements restent trop souvent sans réponse et réclament des sanctions lorsque les plateformes ne réagissent pas.

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La situation décrite en Irlande montre que l’islamophobie en ligne ne se limite plus à quelques messages isolés. Elle s’inscrit dans un climat plus large de défiance envers les migrants et les minorités, alimenté par des comptes très suivis et par des algorithmes qui donnent davantage de visibilité aux contenus les plus provocateurs. Le risque est que la répétition de ces discours finisse par les banaliser et par rendre acceptables des comportements qui ne l’étaient pas auparavant. La réponse ne peut donc pas reposer uniquement sur la modération des plateformes. Elle suppose aussi un travail politique, éducatif et médiatique pour favoriser les rencontres, rappeler les faits et éviter que les musulmans soient systématiquement présentés comme des boucs émissaires.

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