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En Ouzbékistan, un forum mondial rappelle l’héritage scientifique de l’islam

Plus de 450 universitaires, responsables religieux, diplomates et chercheurs, venus d’une cinquantaine de pays, sont réunis en Ouzbékistan à l’occasion du premier Forum international de la civilisation islamique. Organisé à Tachkent, Samarcande et Termez, l’événement met en avant la contribution du monde musulman à la science, à l’éducation, à la culture et à la pensée. Les participants souhaitent notamment combattre les discours qui associent l’islam à la violence et à l’extrémisme.

« Associer l’islam à la violence ou à l’extrémisme contredit sa véritable nature », a rappelé Rustam Jabborov, secrétaire scientifique du Centre de la civilisation islamique en Ouzbékistan. Les échanges portent également sur l’héritage de grands savants comme Al-Khwarizmi, Al-Biruni ou Ulugh Beg, dont les travaux ont marqué les mathématiques, l’astronomie, la médecine et la philosophie. Plusieurs intervenants ont rappelé que certaines avancées scientifiques modernes reposent encore sur les découvertes de ces figures majeures.

Le forum s’intéresse aussi à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour préserver, classer et étudier les manuscrits anciens. Près de 100 000 manuscrits produits par des savants de Transoxiane seraient aujourd’hui conservés dans des bibliothèques à travers le monde. Le choix de l’Ouzbékistan pour accueillir cette rencontre n’est pas anodin. Le pays a vu naître ou travailler plusieurs grandes figures de la pensée musulmane et cherche aujourd’hui à mieux faire connaître cet héritage, longtemps resté méconnu en dehors de l’Asie centrale. Les organisateurs veulent également donner une dimension concrète à cette rencontre. Universités, musées et centres de recherche sont invités à développer des programmes communs, à faciliter les échanges entre chercheurs et à numériser les manuscrits afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. Plus de 70 projets de coopération doivent être présentés dans les domaines de la recherche, de l’éducation, de la conservation du patrimoine et des technologies numériques. Le forum doit s’achever le 10 juillet avec l’adoption de la Déclaration de Tachkent.

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Au-delà des discours, cette rencontre montre la volonté de plusieurs pays musulmans de reprendre la parole sur leur propre histoire. Dans un contexte marqué par l’islamophobie et les amalgames, rappeler la place de la civilisation islamique dans la construction du savoir mondial permet de sortir d’une vision réductrice de l’islam, trop souvent limité aux questions de violence, de sécurité ou d’extrémisme.

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