Un candidat du parti britannique Reform UK, Ben Rowe, en lice pour les élections locales à Plymouth ( sud-ouest de l’Angleterre) le 7 mai, est accusé d’« extrémisme » après avoir partagé sur les réseaux sociaux une image montrant une bombe larguée sur La Mecque. Le Muslim Council of Britain (MCB), organisation qui représente une partie des musulmans au Royaume-Uni, dénonce des contenus qui déshumanisent les musulmans et pourraient légitimer la violence. Le parti affirme examiner l’affaire et souligne ses procédures de vérification, tandis que les publications incriminées ont été supprimées. Ben Rowe n’a pas souhaité commenter. Malgré le tollé, il reste candidat, le délai pour retirer sa nomination étant dépassé.
Reform UK est un parti politique britannique situé à droite, souvent classé comme populiste et anti-immigration. Fondé par Nigel Farage sous le nom de Brexit Party, il défend notamment la souveraineté nationale, la baisse des impôts et une ligne critique envers certaines politiques climatiques. Les propos et images attribués à Ben Rowe ont suscité de vives réactions. Dr Naomi Green, du MCB, estime qu’ils relèvent d’un discours extrémiste en ce qu’ils présentent les musulmans comme une cible légitime de violence, contribuant selon elle à banaliser la haine.
Le MCB rappelle qu’il agit pour défendre les droits des musulmans et lutter contre les discriminations. L’organisation souligne que ce type de rhétorique peut avoir des conséquences réelles, en renforçant les stéréotypes et en légitimant des violences contre des communautés. Reform UK indique de son côté que le candidat fait l’objet d’une enquête interne, sans donner davantage de précisions à ce stade. Cette affaire met en lumière une banalisation inquiétante de discours visant directement les musulmans, y compris dans le champ politique. La diffusion d’images violentes ou déshumanisantes dépasse le cadre de la provocation et s’inscrit dans une rhétorique qui légitime la haine et la violence.
Elle interroge également la responsabilité des partis politiques dans la sélection et le contrôle de leurs candidats. Le retrait tardif des contenus incriminés soulève des questions sur l’efficacité des procédures de vérification et sur la tolérance de certains discours. Enfin, cette affaire s’insère dans un contexte plus large de stigmatisation des musulmans en Europe. Pour plusieurs organisations, dont le MCB, ces dérives contribuent à normaliser des représentations dangereuses et à fragiliser la cohésion sociale.

