Au programme d’Oumma, un entretien exclusif avec Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et figure montante de la gauche populaire. Élu dès le premier tour des municipales, il revient sur son parcours, ses priorités pour la ville, les enjeux liés au logement, à la sécurité et à l’éducation, mais aussi sur les débats nationaux autour des discriminations, des médias, de la montée de l’extrême droite et des échéances politiques de 2027.
Une victoire municipale revendiquée comme politique
Dans cet entretien accordé à Oumma, Bally Bagayoko revient sur son élection à la mairie de Saint-Denis dès le premier tour, qu’il présente comme l’aboutissement d’un travail de terrain engagé depuis plusieurs années. Il insiste sur une stratégie tournée vers les quartiers populaires, les jeunes et les abstentionnistes, considérant l’abstention non comme un handicap mais comme une opportunité politique.
Un parcours ancré à Saint-Denis
Bally Bagayoko évoque son histoire personnelle : fils de parents maliens, issu d’une famille nombreuse, il grandit à Saint-Denis, ville qu’il revendique comme centrale dans sa construction. Il rappelle son engagement sportif, associatif, professionnel et politique, ainsi que son expérience d’élu local depuis 2001.
Racisme, médias et représentation
Le maire dénonce les formes de racisme qu’il dit avoir rencontrées dans sa vie personnelle, professionnelle et politique. Il critique aussi certains médias, notamment ceux qu’il associe à l’extrême droite, accusés de mépris, de caricature et de volonté de déstabilisation à son égard.
Logement, insalubrité et justice sociale
Une large partie de l’entretien porte sur la crise du logement à Saint-Denis. Bagayoko accuse l’État d’avoir insuffisamment investi dans le logement public et dénonce les situations d’insalubrité. Il défend l’organisation des locataires, la pression sur les bailleurs et une politique du logement pensée comme un bien commun.
Sécurité : une police municipale de proximité
Interrogé sur la sécurité, il distingue clairement police nationale et police municipale. Il défend une police municipale de proximité, non pensée comme une force de substitution à l’État. Il annonce notamment son opposition au renouvellement des LBD et plaide pour une doctrine locale discutée avec habitants et agents.
Éducation et prévention
Pour Bally Bagayoko, la réponse à la délinquance passe d’abord par l’éducation, la prévention et l’accompagnement des jeunes. Il critique les exclusions scolaires, qu’il voit comme une forme d’abandon, et insiste sur la nécessité d’éviter que des jeunes ne soient attirés par « l’industrie de la rue ».
Islamophobie, antisémitisme et Palestine
Le maire affirme son identité musulmane tout en rejetant les amalgames entre islam, islamisme et défense de la Palestine. Il réfute également les accusations d’antisémitisme visant La France insoumise, estimant que critiquer le gouvernement israélien relève d’une position humaniste et du droit international.
2027 et l’unité populaire
Enfin, Bally Bagayoko se projette vers 2027. Il défend une dynamique de gauche autour de Jean-Luc Mélenchon, centrée sur les quartiers populaires, les zones rurales et les abstentionnistes. Pour lui, la lutte contre l’extrême droite passe par une mobilisation populaire, l’éducation politique et la reconstruction d’un espoir collectif.

