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Il y a vingt ans déjà, 8 000 Bosniaques musulmans périssaient dans le massacre de Srebrenica

Près de vingt ans se sont écoulés depuis ce jour funeste du 11 juillet 1995, où, à nos portes, sur ce Vieux Continent qui croyait avoir éradiqué l’engeance du mal en son sein, la barbarie à visage humain ressurgissait pour perpétrer le massacre de Srebrenica, violant une enclave placée sous la protection des Nations unies, et scellant tragiquement le sort de 8 000 musulmans bosniasques, des hommes de 16 à 60 ans.

Près de vingt ans nous séparent de cette effroyable épuration ethnique inscrite dans les ténèbres de la grande Histoire, mais le souvenir des martyrs musulmans reste plus que jamais vivace, et les plaies béantes saignent encore chez des familles décimées qui pleurent, inconsolables, la perte d’êtres aimés, fils, maris, ou pères.

Plus de 1.000 enfants ont été tués“, a raconté, éplorée, à une délégation britannique multiconfessionnelle bouleversée, Hatidza Mehmedovic, dont le mari et les deux jeunes fils ont été fusillés dans les vertes collines qui surplombent la Bosnie-Herzégovine orientale, alors qu’ils étaient munis, non pas d’armes, mais de crayons de coloriage provenant de l’école où ils avaient été enlevés pour être abattus froidement. “Mes enfants, comme tous les autres, tenaient encore leurs crayons dans les mains quand ils ont été conduits, effrayés, devant un peloton d’exécution et fusillés. Ni mon mari, ni mes enfants n’étaient des criminels, ce sont des innocents qui ont été assassinés uniquement parce qu’ils étaient musulmans”, a-t-elle poursuivi devant les représentants du Forum musulman des forces armées venus se recueillir sur les lieux du génocide et manifester leur profonde empathie aux familles musulmanes si cruellement endeuillées.

Muhammed Naveed, très ému, dans le cimetière du Mémorial de Potocari-Srebrenica

C’est un séjour poignant, éprouvant et si nécessaire à la fois”, a déclaré le capitaine Muhammed Naveed en s’inclinant devant les sépultures des 6 000 victimes enterrées dans l’immense cimetière du Mémorial de Potocari-Srebrenica. Ce policier musulman d’une grande piété, qui connaissait déjà la région, son long cortège de victimes, et son climat de souffrances, pour y avoir servi en tant que soldat britannique il y a 19 ans de cela, ne peut s’empêcher d’avoir une pensée très émue pour les 8 000 hommes de toutes conditions, dans la fleur de l’âge ou ayant atteint l’âge de la maturité, aux jeunes adultes et adolescents qui ont été foudroyés par la fureur exterminatrice du boucher serbe, Ratko Mladic

Aux côtés de Muhammed Naveed, Ilknur Kahraman, une jeune maman de deux enfants, a également fait le voyage depuis Londres pour témoigner sa compassion aux musulmans bosniaques et saluer la mémoire des victimes, en n’ayant rien oublié de l’indignation qui fut la sienne lorsqu’elle découvrit les images de l’horreur à la télévision, au début des années 90. “Personne, et pas même moi, ne peut imaginer la souffrance endurée par cette population et le traumatisme subi”, a-t-elle insisté, très affectée.

 

Alors que le 20ème anniversaire du massacre de Srebrenica approche à grands pas et sera marqué par une cérémonie spéciale en juillet, les familles des milliers de victimes, bien qu’ayant pleuré toutes les larmes de leur corps, continuent de verser des larmes chaque jour que Dieu fait. “Je ne sais pas comment haïr, mais chaque jour je pleure. Je suis triste pour toutes les victimes, et depuis bientôt 20 ans, pas une journée ne s’est passée sans qu’une seule question ne me tourmente : pourquoi une telle tragédie est-elle arrivée ?”, a confié Hatidza Mehmodovic, la voix étranglée par l’émotion.

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