in

GB : un joueur musulman de l’équipe nationale de cricket en butte au racisme

Batteur gaucher hors pair, si la dextérité de Moeen Ali, un joueur de cricket britannique, d’origine pakistanaise, en fait une recrue de choix de l’équipe nationale, l’annonce de sa sélection officielle pour une tournée dans les Antilles et la prestigieuse compétition internationale le Twenty20, qui aura lieu au Bangladesh du 16 mars au 6 avril prochain, a en revanche fait sortir du bois tous les racistes en embuscade, au poil hérissé par une barbe jugée éliminatoire…

Inondé d’insultes islamophobes d’une rare férocité, l’étoile montante du sport le plus britannique qui soit, nommé à 26 ans « Joueur de l’Année » par l’Association des joueurs de cricket, est saisi d’effroi devant le raz-de-marée haineux qui déferle sur les réseaux sociaux, tandis que les responsables atterrés de la fédération de cricket ripostent en se réjouissant de compter dans leurs rangs un joueur d’exception, dont la pilosité n’a pas empêché l’éclosion du talent.

"Nous tenons à féliciter Moeen Ali pour sa sélection bien méritée dans l’équipe nationale. Sa contribution sera précieuse lors de la tournée aux Antilles puis de la compétition de l'ICC World Twenty20. C’est un joueur de grande valeur, qui n’a cessé de progresser et de s’affirmer au fil des années, et dont nous ne pouvions nous passer", a martelé James Whitaker, le sélectionneur national, à l’adresse de tous les anti-barbus de la Couronne britannique.

Alors que les commentaires les plus injurieux ont été censurés sur la page facebook de la BBC sport, contrebalancés par d’autres qui, fort heureusement, ont fait preuve d’une belle hauteur de vue, la teneur de certains posts, passés à travers les mailles du filet, en dit long sur le racisme latent qui menace de resurgir à tout instant de l'autre côté de la Manche : "Poils du visage méchant, Oussama Ben Laden a trouvé son successeur, Oussama est de retour !!", a écrit un internaute très remonté. "Pourquoi avoir sélectionné cet étranger ?", a interpellé un autre dans la même agora de tous les dérapages, niant incidemment la nationalité britannique de son compatriote Moeen Ali, avant d'enfoncer le clou: "L’Angleterre doit sérieusement développer ses propres talents et cesser de miser sur ces joueurs venus d’ailleurs." 

Reste à savoir si en cas de victoire de la Grande-Bretagne, dont ils se font les fervents porte-drapeaux, obtenue notamment grâce à la virtuosité des lancers de Moeen Ali, ces islamophobes déchaînés seront toujours aussi obsédés par une barbe qui les défrise…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Zahra Lari, la première patineuse voilée des JO d’hiver de Sotchi

Le basketteur tunisien Saleh Mejri ne voit “aucun inconvénient à jouer en Israël”