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Etats-Unis: la candidate voilée aux sénatoriales confrontée à un déchaînement de haine sans précédent

Alors que les élections sénatoriales américaines, qui se profilent à l’horizon automnal de 2018, occupent déjà toutes ses pensées, Deedra Abboud, la candidate démocrate voilée de Phoenix, a toutefois l’esprit tourmenté par les réactions épidermiques, acrimonieuses, voire franchement islamophobes qui ont déferlé sur sa page Facebook en juillet dernier.

Cette avocate accomplie, spécialisée en droit de l’immigration, qui fut la première directrice de l’influent Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) en Arizona, l’Etat dont elle rêverait de défendre les intérêts et ceux de sa population si, par bonheur, les urnes parlaient en sa faveur d’ici à quelques mois, aurait certes préféré passer de l’ombre à la lumière de manière moins fracassante…

Mais comment aurait-elle pu imaginer que sa candidature qui, jusqu’alors, n’avait pas déchaîné les passions, allait soudainement embraser les réseaux sociaux après avoir publié un post en hommage aux héros des Etats-Unis d’Amérique ? « Je tiens à féliciter les Pères fondateurs pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat afin que les deux institutions puissent être protégées librement », avait-elle écrit, sans se douter un seul instant que ses propos allaient faire entrer le volcan Facebook en éruption…

De la lave en fusion qui en a jailli, parsemée de commentaires fielleux, injurieux, menaçants, allant jusqu’à lui dire qu’il n’y a « pas de place pour les musulmans au Congrès, et encore moins au gouvernement », et pire encore, qu’elle « devrait figurer dans la prochaine vidéo de Daesh, vêtue d’orange et à genoux », l’incitation au suicide formulée sans mots couverts sur son compte Instagram lui a littéralement glacé le sang.

Difficile de rester imperméable au torrent de haine qui s’est déversé en quelques heures seulement ! Mais Deedra Abboud n’a pas vacillé, ni fendu l’armure et encore moins capitulé, démontrant sa grande force de caractère au cours de la conférence de presse qu’elle a tenue dès le lendemain.

Bien que son islamité soit visible, cette défenseuse de l’environnement, des soins de santé accessibles à tous, notamment aux plus démunis, de l’augmentation du salaire minimum et des droits des LGBT, en a profité pour clarifier les choses devant la forêt de micros tendus vers elle : elle ne se présente pas aux sénatoriales en tant que candidate musulmane briguant un siège sous la coupole du Capitole, mais en tant que candidate démocrate, prônant une politique libérale, soucieuse de l’intérêt général, qui s’avère être de confession musulmane.

La nuance est de taille, mais sa subtilité a manifestement échappé à ceux, nombreux, qui continuent de la critiquer, de l’insulter ou de la renvoyer hargneusement à sa religion ou ses origines, derrière le clavier de leur ordinateur.

Dans un contexte aussi délétère, on comprend mieux combien il doit être ardu de faire abstraction de l’hostilité ambiante pour fixer toutes ses pensées sur un scrutin crucial, qui est encore loin et si proche à la fois.

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