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Etat d’Israël ou la culture de la braise au Proche-Orient

Une tribune  d’ Eric Berlingen, porte- parole de l’UDMF – Union des Démocrates Musulmans Français

Habitué aux provocations afin de justifier des répressions démesurées envers les Palestiniens, l’Etat d’Israël ne manque jamais d’ingéniosité, en recourant à des politiques toujours plus répressives afin de saboter toute tentative de paix et se constituer  en “victime” aux yeux de l’opinion internationale.

Rappelons-nous du 28 septembre 2000. Une date marquée par la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées, provoquant près de 6.000 morts (à 90% palestiniens), altérant ainsi toute possibilité d’accord sur les 5 années supplémentaires, suivie d’une répression féroce de la population palestinienne.

Nous nous trouvons dans la crise actuelle dans la même configuration. Un remake de “l’oeuvre de Sharon” à la sauce Netanyahu, en portant atteinte cette fois-ci à ce qui reste de vital pour les Palestiniens, le sacré.

Après les avoir privés de leur indépendance, de leurs terres, de leurs droits les plus élémentaires, l’Etat d’Israël savait pertinemment qu’il allumait une nouvelle mèche en empêchant l’accès au plus grand nombre d’entre eux (les hommes de – 50 ans) à la mosquée Al Aqsa, coeur de l’identité palestinienne et l’un des lieux les plus sensibles du Proche et Moyen-Orient.

Une analyse partielle  et hors contexte des médias

Certains de nos médias, et particulièrement nos “fast-food” de l’info (qui  préfèrent se concentrer davantage sur la starisation de leurs présentateurs plutôt que sur la qualité du contenu), présentent comme à chaque fois les faits sans rappeler le contexte. Ils contribuent ainsi à donner l’image d’un peuple violent qui refuse un simple contrôle par l’installation de portiques détecteurs de métaux, censée être une réponse au meurtre de trois israéliens implantés dans les colonies. Une information partielle, qui induit aussitôt des sous-entendus dans l’esprit du téléspectateur lambda.

Ces médias ne rappellent pas (ou trop peu) le contexte historique et politique. Depuis 60 ans, les Palestiniens vivent en effet dans une prison à ciel ouvert, voient leurs terres confisquées et leur territoire se réduire par le développement incessant de colonies (200 familles juives de France se sont récemment installées avec fierté). Ils subissent des coupures d’eau et d’électricité de façon répétitives, notamment durant les mois de ramadan. Leurs “droits” civiques, espace aérien et l’unique terminal commercial sont sous contrôle israélien. Aucun pays, ni aucune instance internationale ne peut influer sur les décisions israéliennes et sa politique coloniale. Quant aux résolutions de l’ONU, quand elles ne subissent pas le veto américain, elles sont  tout simplement ignorées et même refusées en toute impunité.

Le refus de l’accès à la Mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, à la majorité des hommes palestiniens (les – de 50 ans), s’est traduit par des heures de files d’attente avec le risque de se voir refouler, une fois arrivé aux portiques. Une nouvelle humiliation qui caractérise cette  “dépendance” supplémentaire vis-à -vis de celui qui vous colonise méthodiquement depuis plus d’un demi siècle. Autant d’éléments à rappeler pour une saine compréhension de ces événements, plutôt que de les réduire à une réaction violente des Palestiniens, incapables de comprendre cette politique sécuritaire israélienne.

La perception d’une situation prend une toute autre dimension, si l’on intègre  tous les compartiments de ce contexte colonial. Une démarche intellectuelle dont nos  médias sont très éloignés, préoccupés qu’ils sont par orienter l’opinion et non l’informer.

Quel peut- être le rôle de la France?  

Notre président Emmanuel Macron pourra mesurer la portée de son message envoyé à  Benyamin Netanyahu lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv. Le président jupitérien lui a rappelé que la paix au Proche-Orient passe par l’arrêt des colonies, la reconnaissance de la Palestine comme Etat avec Jérusalem comme capitale conjointe… bref, une rhétorique classique qui vise à la reconnaissance légitime des droits d’un peuple, à sa liberté et à  son auto-détermination.

Voilà, M. Le Président comment vous répond cet état “ami” de la France, par l’intermédiaire de son Premier ministre, reçu avec tous les égard par le pays des Droits de l’homme, à la devise républicaine arborant les valeurs de “Liberté, Égalité et Fraternité “. La France a été historiquement très influente au proche-Orient, mais il convient de demeurer réaliste et reconnaître sa faiblesse diplomatique dans cette région du monde.

Cher président Macron, l’Etat d’Israël a surtout comme principal ami, les Etats-Unis, son traditionnel allié, garant de sa sécurité. Israël, qui oeuvre avant tout  pour la seule défense de ses intérêts, n’hésite pas à s’abriter derrière l’antisémitisme pour écarter toute critique de sa politique criminelle. Il pousse l’ignominie jusqu’à le pratiquer lui-même par ailleurs. Faut-il rappeler que les Arabes (et donc les Palestiniens) sont tout aussi sémites que les juifs ?

Sans effectuer de comparaison, ces discriminations nous rappellent celles dont sont victimes certains de nos citoyens français de confession musulmane, victimes d’une interprétation erronée de la laïcité, instrumentalisée comme moyen de combat contre les religions.

Eric Berlingen

Porte- parole de l’UDMF – Union des Démocrates Musulmans Français

2 commentaires

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  1. Après le retrait des portiques , il faut arrêter les colonies , l’occupation militaire de la Palestine ,réparer les spoliations et lever le blocus inhumain de Gaza .Une paix juste et honnête est possible si les droits de tous ceux qui vivent sur cette terre sont respectés et qu’on ne prépare pas une 3ème Nakba . Plutôt que la loi du plus fort surarmé et de la ruse , espérons que nous pourrons un jour dire comme Bibi à Paris: ” liberté,égalité et fraternité ” pour les humains du monde entier !

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/07/25/jerusalem-les-portiques-vont-etre-retires-de-l-esplanade-des-mosquees_5164543_3218.html#t7bYYJJt9u2kPF2i.99

  2. Cheikh Yassine mort en 2004 (raid de l’aviation sioniste) disait 40 ans est une génération et on mettra fin au mensonge du siècle passé, l’état sioniste, à la troisième génération.
    Je ne sais pas.

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