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En Israël, une vaste campagne de marketing ne parvient pas à enrayer le déclin du tourisme

La coûteuse campagne d’Israël visant à attirer plus de touristes depuis l’Europe n’a pas donné de résultat.

Le tourisme vers Israël a de nouveau chuté en 2016, poursuivant sa tendance négative entamée avec l’agression de 2014 contre Gaza, où plus de de 2200 Palestiniens ont été tués, dont 550 enfants. Les chiffres du Bureau central des statistiques d’Israël montrent que les efforts coûteux engagés pour donner au pays l’image d’une destination amusante, insouciante, surtout aux yeux des Européens, sont en train d’échouer.

Globalement, le nombre de visiteurs en Israël a chuté l’année dernière de 1,2 %. Ceci après les baisses encore plus nettes des années précédentes : – 4,4 % en 2015, et – 8,2 % en 2014.

Un gros budget

En décembre, le quotidien de Tel Aviv, Haaretz, annonçait que le ministère du Tourisme d’Israël « s’était vu accorder l’année dernière son plus gros budget de marketing alors qu’il tentait de modifier l’image d’Israël pour en faire une destination de voyage et étendre l’offre touristique ». La campagne phare, « Deux villes, Un voyage », s’adressait aux touristes européens afin de les attirer à Tel Aviv et Jérusalem.

Elle a coûté plus de 23 millions de dollars, mais des sources au ministère ont révélé à Haaretz que la « campagne faisait un bide ».Israël a aussi fait venir des célébrités de deuxième ordre, aux frais de la princesse, dans l’espoir que leurs publications sur les médias sociaux attireraient des visiteurs. Mais le nombre de visiteurs depuis le plus gros marché d’Israël, à savoir l’Europe, a chuté de 6,5 % l’année dernière, par rapport à celui de 2015.

Pour leur majorité, les visiteurs vers Israël viennent de France – et ce nombre est tombé de 300 000 en 2015 à 293 000 l’année dernière. Il y a eu 18 000 visiteurs de moins venant d’Allemagne – une baisse de 9 %. Le nombre de visiteurs venant de Russie s’est effondré de 414 000 à 285 000.

Israël s’est rattrapé un peu avec l’Asie : il a accueilli 86 000 touristes venant de Chine, contre 52 000 en 2015. Ils étaient environ 37 000 de plus aussi à venir d’Amérique du Nord, pour la plupart, des États-Unis. Les malheurs d’Israël ne font pas exception : la Turquie, qui a connu une tentative de coup d’État militaire en juillet et subi d’atroces bombardements et attentats, a vu le nombre de ses touristes chuter de 21 % l’année dernière.

L’Égypte continue de constater une baisse à deux chiffres du nombre des visiteurs Mais le sentiment général de danger dû à la violence dans la région n’explique pas tout. La Jordanie a réussi à inverser la tendance, enregistrant une augmentation de ses arrivées touristiques de 2,6 % en 2016, selon son ministère du Tourisme. La Jordanie a attiré 3,8 millions de visiteurs, à comparer avec les un peu plus de 3 millions vers Israël.

Un message ambigu, une dure réalité

Israël essaie de se vendre comme un lieu différent du reste de la région – un avant-poste gai, amical de la civilisation « occidentale », et un agrément dans une région tumultueuse.

Mais cette image de marque est minée par le fait qu’Israël fait régulièrement les gros titres de la presse avec sa violente occupation et sa colonisation agressive de la terre palestinienne, la violence dans les rues des grandes villes où il espère attirer les touristes, les déclarations racistes de ses politiciens et ses tentatives sournoises pour saboter le mouvement non violent de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en faveur des droits des Palestiniens.

En effet, les dirigeants israéliens persistent à dire que le pays est assailli par des dangers qui pourraient « éliminer tous les Israéliens ». Alors que cette position cherche à gagner une sympathie politique, elle rend en fait l’endroit peu attrayant pour les gens qui voudraient venir y passer un bon moment. Et pendant ce temps, les destinations vers l’Europe du Sud, surtout vers l’Espagne, battent tous les records de tourisme.

À propos, il y a une autre tendance notable en Espagne : depuis l’agression de 2014 contre Gaza, plus de 50 villes espagnoles se sont déclarées « libérées de l’apartheid israélien ».

 Ali Abunimah 

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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