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Des naufragés Rohingyas contraints de boire leur urine pour survivre

Affamés, déshydratés et abandonnés à leur effroyable sort par leurs passeurs au cœur sec, sur leur bateau de fortune naviguant à la dérive depuis deux longs mois, au large de la mer d’Andaman, près de 2 500 Rohingyas, ces damnés de la terre musulmans et apatrides que la Birmanie persécute sans trêve jusqu’à en faire l’une des communautés les plus martyrisées au monde selon l’ONU, ne doivent la vie sauve qu’à l’intervention salvatrice de pêcheurs indonésiens, mais pas seulement…

Alors que les appels de détresse lancés par l'ONU et différentes organisations humanitaires se sont heurtés à l’inertie coupable des autorités de Thaïlande, d’Indonésie et de Malaisie, dénonçant leur « ping-pong humain » des plus inhumains, ces malheureux migrants voués à une mort certaine, sur terre comme sur mer, parmi lesquels figuraient de nombreuses femmes et enfants, ont été contraints de boire leur propre urine pour survivre.

"La plupart n’avaient pas mangé et bu depuis plusieurs jours", a raconté un journaliste de la BBC, Jonathan Head, en découvrant l’horreur de leur embarcation et les dix cadavres qui gisaient sur le sol, accueilli par des cris désespérés qu’il gardera longtemps en mémoire. "S’il vous plaît, par pitié, donnez-nous de l’eau !", a-t-il entendu, tandis que son bateau arrivait à la hauteur du bateau de pêche des Rohingyas, en perdition.

"Il y avait beaucoup de femmes et d'enfants à bord. Le bateau de pêche, sur lequel ils étaient entassés, était vétuste. Nous avons pu constater que nombre de Rohingyas avaient bu leur urine, et  que des couvertures formaient un abri précaire contre la chaleur implacable du soleil", relate-t-il, en se souvenant précisément de la « vision d’effroi » qui le saisit en approchant de ces naufragés refoulés de toutes parts et réfugiés indésirables, à qui la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie n’ont jeté aucune bouée de sauvetage.

"Que voulez-vous que nous fassions ?", a botté en touche le vice-ministre malaisien de l’Intérieur, Wan Junaidi Jaafar, justifiant son refus d'intervenir en ces termes: "Nous avons été très gentils avec les gens qui ont fait irruption dans nos frontières. Nous les avons traités avec humanité, mais nos côtes ne peuvent pas être inondées de réfugiés comme cela."

A l’unisson, le Premier ministre thaïlandais, le général Prayuth Chan-ocha, lui a fait écho en déclarant : "Si nous acceptons de les prendre tous, alors c’est la porte ouverte à un flot ininterrompu d’autres. La Thaïlande est-elle en mesure de prendre soin d'eux, et avec quel budget ?", avant d’enfoncer le clou sans état d’âme : "Personne ne les veut. Tout le monde voudrait que nous soyons une terre de transit. Est-ce juste?".

Un unanimisme dans la non-assistance à Rohingyas en danger que condamne avec force Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie de Human Rights Watch, celui-ci n’ayant de cesse d’exhorter la communauté internationale à agir urgemment et conformément à ses idéaux qui, pour l’heure, restent à quai, amarrés à une passivité complice en tout point indigne.

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