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De l’antisémitisme à l’islamophobie

        « Il s’agit d’investir massivement ce qui est à notre portée, construit ou à construire. Comme Gramsci l’a théorisé, cela passe par une préparation de l’avènement politique dans le culturel, par un investissement qui ne tient pas compte de la lèpre médiatique et n’ait pas peur d’approcher des groupes dits ‘’’radicaux’’, par un investissement des syndicats et des partis. » Béatrice Bourges, conférence de 2013 (en présence de Robert Ménard et Renaud Camus), cité par L. Chatel, Civitas et les nouveaux fous de Dieu, Temps présent, 2014, p. 25, (in Juliette Grange, Les néoconservateurs, éd. Agora.

 

Depuis quelques temps, nombre d’intervenants qu’ils soient chroniqueurs, journalistes, sociologues, historiens, politiciens, font le parallèle entre la situation des juifs sous la IIIème République et celle des musulmans d’aujourd’hui, même si les termes antisémitisme et islamophobie ne décrivent pas les mêmes réalités historiques.

En effet, des similitudes mais aussi des différences notables quant aux contextes (liées aux crises du libéralisme déjà depuis le XIXème siècle, les guerres mondiales, la Shoah, la colonisation, les indépendances) et aujourd’hui la montée en puissance des pays émergeants avec la guerre économique quant à l’exploitation des ressources naturelles et la crise écologique qui expliquent les crispations identitaires et de retour des nationalismes et des populismes (Bertrand Badie, Le retour des populismes, éd. La Découverte ; et sous la dir. de Bertrand Badie et Dominique Vidal, Nouvelles guerres, Comprendre les conflits du XXIème siècle, éd. La Découverte).

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Bien entendu, toutes ces crises suscitent des revendications de changement de régime voire de séparatisme (ex, « Printemps arabes », revendications Kurdes, Kashmiris, Brexit, régionalisme catalan, etc.). De luttes pour les droits civiques, l’intégration, l’assimilation, et l’émancipation citoyenne, même si les nations sont en crise de représentativité et d’identité : ce qui est toujours d’actualité d’ailleurs partout dans le monde (Exemple, Ukraine et Hong Kong), et même aux Etats-Unis de Trump sur la question des noirs, des hispaniques et des musulmans, ou de Netanyahu avec les Falachas et les arabes en Israël (Piotr Smolar, Israël : La crise d’identité ?, in France Culture ; et son livre Mauvais juif, éd. Des équateurs).

Crise d’identité générale à travers le monde face aux effets bien plus complexes de la mondialisation, de la crise écologique et de la révolution numérique (sous la dir. de Bertrand Badie et Dominique Vidal, Qui gouverne le monde ?, éd. La Découverte). Où les explications ne seraient pas réduites simplement à un retour du religieux ou à une lecture exégétique littéraliste et simpliste du Coran comme en raffolent les Zemmour et consorts (Lire Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne, La controverse, dialogue sur l’islam, éd. Stock).

Tout ce climat nauséabond autour de l’actualité médiatique du G7 à Biarritz sur fond de réchauffement climatique (l’affaire Greta Thunberg) et le retour ou non du spectre des gilets jaunes et de la répression des CRS, en passant par l’affaire Tariq Ramadan (qui compare son cas à l’affaire Dreyfus, on y reviendra), les récurrents débats sur l’islamophobie et sur le racisme anti-blanc, et la sortie du dernier livre de Gérard Noiriel, à savoir La plume dans le venin (éd. La Découverte) faisant un parallèle entre Drumont et Zemmour, ou encore le dernier livre de Pierre-André Taguieff, L’émancipation promise, éd. Du Cerf, et enfin le discours du président Macron sur la question de l’immigration et le tragique attentat perpétré par un agent de la Préfecture de Police, montre que les thématiques si chères aux néo-conservateurs et identitaires ont le vent en poupe. Et que nous nous dirigeons vers un climat de plus en plus anxiogène, paranoïaque, voire inquisitorial : à l’instar du ministre de l’intérieur Castaner, Eric Ciotti sur France 2 (Télé Matin, le 07/10/19) demande ni plus ni moins la traque du moindre signe de supposée religiosité des citoyens de confession musulmane, les assimilant à des présumés radicalisés selon un critère de degrés de dangerosité assez flou. (Amine ajar, Face à la banalité du mal et de la haine aujourd’hui… la pensée d’Hannah Arendt, in Oumma.com).

Le Figaro et La Croix, ce même journal La Croix qui avait joué un rôle important dans la diffusion des idées antisémites de Drumont lors de l’affaire Dreyfus, parle même de « dénislamisation », mettant pour le coup l’islam et les musulmans en général au même rang que ces groupes terroristes ! Comme si les citoyens français et les immigrés de confession musulmane étaient tous rattachés à cette mouvance sectaire radicale et extrémiste qu’est le salafisme djihadiste. Au contraire, la majorité des réfugiés a fui les horreurs de ces groupes sectaires[1]. Et le président Macron a raison de dire que cette tuerie est issue d’un islam dévoyé, même si les Zemmour et consorts pensent le contraire, en affirmant que l’assaillant a agi en conformité de la geste du prophète. Interprétation dangereuse, et anachronique, ce qui est une spécialité de Zemmour : comment comparer un contexte tribal d’une Arabie du VIIème siècle en proie à des guerres de survie, et le cadre de nos états-nations reconnu par l’ONU et toutes les instances internationales ?

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Comme si en Norvège ou en Nouvelle-Zélande suite aux attentats d’Anders Breivik et de Brenton Tarrent, on avait décrété que tous les chrétiens ou revendiquant un quelconque lien avec le christianisme, pouvaient être suspectés de dangereux terroristes. Et que dire des américains à cause du Ku Klux Klan ou des israéliens à cause de colons illuminés. (Amine Ajar, L’assignation communautaire et identitaire ou la fabrique de l’ennemi intérieur ?, In Oumma.com).

Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est non pas l’arrestation, ou la possibilité d’avoir une voix, un visage, des revendications politiques comme les terroristes des années de plomb (Gilles Feragu, Histoire du terrorisme, éd. Perrin, coll. Tempus) ou encore Anders Breivik tendant fièrement le bras, mais l’exécution systématique de ces terroristes dès lors qu’ils sont rattachés à cet autre étrange et étranger islam (Amine Ajar, Allahou Akbar ! La langue arabe criminogène ?, In Oumma.com). Comme si la seule explication était d’ordre irrationnel, rattachée à une certaine lecture délirante du Coran (George Corm, La question religieuse au XXIème siècle, §Instrumentalisations et manipulations de l’islamisme, éd. La Découverte).

Alors que les explications via les travaux de Dounia Bouzar peuvent nous aider à déconstruire leur discours et leurs techniques d’embrigadement (Djihad, les contre-feux : lutter contre la radicalisation, documentaire Arte). Et que l’aspect sécuritaire et la dérive autoritaire ne nous y aidera pas (Vanessa Codaccioni, Répression, L’Etat face aux contestations politiques, éd. Textuel).

Et cela ne peut que nous rappeler ces images, ces affiches du juif représenté avec un nez crochu, les mains tentaculaires, ressemblant à tout sauf à un humain : symbolisant l’hydre de la « judaïsation de la France ». Cette déshumanisation de l’ennemi à abattre semble malheureusement être le point commun des indignés et des enragés qui renvoie dos à dos les terroristes et les identitaires d’extrême droite (La guerre civile et la Saint-Bathelemy contre les musulmans que réclame Zemmour, in Youtube). Tous ces appels à la violence, à la haine, et les précipitations médiatiques en conférences de presse des ministres et autres procureurs qui donnent une impression d’amateurisme, s’ils ne sont pas plutôt acculés par les enjeux électoraux des municipales, révèle une crise de l’intelligence et du débat démocratique et des limites du système de représentation démocratique. De là à se rabaisser pour encourager la suspicion et la délation entre citoyens, pour espérer rafler les voix du RN (ex, FN), c’est quand même lamentable.

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En effet, depuis l’émeute des banlieues de 2005, une certaine catégorie de la population n’est perçue qu’à travers le prisme de l’insécurité, de la délinquance, de la radicalisation, sans jamais poser la question de fond : Pourquoi ? (Amine Ajar, L’assignation communautaire et identitaire ou la fabrique de l’ennemi intérieur ?, in Oumma.com)

Car après tout, les noirs et les hispaniques aux Etats-Unis ne sont pas dans leur grande majorité musulmans ! Et si c’était avant tout le manque de reconnaissance et d’émancipation politique et citoyenne, à l’instar de la démocratie athénienne vis-à-vis des femmes, des étrangers et des esclaves ? (Amine Ajar, Je ne suis pas votre nègre ou la face cachée de nos démocraties ?, In Oumma.com).

Certes, les français et les immigrés de confession musulmane n’ont pas la culture des manifestations, de l’engagement politique, même si nos institutions et le mode de représentation sont en crise (l’élection de Macron). Et surtout lorsque celles-ci n’ont de cesse de les assimiler au pire à ces barbares, au mieux à des suspects… (Amine Ajar, Lettre ouverte aux prétendus djihadistes, in Oumma.com)

Pourtant, ces problématiques ont toutes un lien commun. Un mouvement de fond qui agit sur la société et banalise les idées de l’extrême droite en général, et du Rassemblement National (ex Front National) en particulier, et qui change en profondeur les perceptions de nos démocraties dont le talon d’Achille serait, selon ces détracteurs, ni plus ni moins que la Laïcité et les Droits de l’Homme qui donneraient des droits à ces ennemis de l’intérieur (Sic, Zemmour et tous les auteurs islamophobes et populistes). Même si l’émancipation et la conscience politique des français de confession musulmane, pour ne pas dire l’action politique, n’est pas encore arrivée au niveau des juifs contemporains de Dreyfus.

En effet, par un tour de passe-passe sécuritaire et populiste en retournant les acquis des droits et des libertés garantis par nos démocraties, pour en faire le talon d’Achille de notre civilisation, expliquant que le cheval de Troie comme le juif autrefois serait aujourd’hui le musulman, comme si ces derniers étaient arrivés au même degré d’assimilation et d’investitures ministérielles, parlementaires, ou autres corps d’Etat. Reproches que faisait les souverainistes et la droite catholique dans le contexte de l’affaire Dreyfus et de l’ignominieux pamphlet de Drumont, La France juive (Cf, Pierre Birnbaum, Les fous de la République). Il n’y a que l’écrivain Michel Houellebecq pour imaginer dans son roman Soumission, l’accession au plus haut sommet de l’Etat d’un président musulman. Je veux bien concéder que Barack Obama Hussein ait déjà été qualifié de musulman par Trump, mais il faut être réaliste.

Et Tariq Ramadan[2] a tort de se comparer à Dreyfus car il n’est ni un officier français accusé d’intelligence avec l’Allemagne (même si on lui reproche d’être le petit fils d’Hassan Al-Banna fondateur des frères musulmans), et les musulmans de France ne sont pas aussi assimilés et émancipés politiquement que ne l’étaient et le sont les juifs. Fruit d’une histoire longue et fascinante (Shmuel Trigano, L’idéal démocratique à l’épreuve de la Shoa, éd. Odile Jacob). Bien que la distinction entre antisémitisme et antisionisme relève de deux réalités différentes, l’une sur des considérations raciales voire religieuses (judéophobie) et l’autre sur une critique d’une idéologie et de ses conséquences politiques (à l’instar du salafisme), ce qui dans quelques rares émissions sur le Net a été soulevé. Notamment dans l’émission Interdit d’Interdire de Frédéric Taddeï, L’antisionisme est-il un antisémitisme comme un autre ?, sur RT, où l’on a peu voir et écouter Rony Brauman et Michèle Sibony, à l’instar de Zeev Sternhell (dans la même émission, Le fascisme est-il français ?), s’indigner du soutien et la joie que manifestaient Donald Trump et Benjamin Netanyahu à l’égard de la victoire de l’extrême droite au Brésil (Bolsonaro), et plus généralement en Europe avec la montée du populisme et des extrêmes (Bertrand Badie, Retour des populismes, éd. La Découverte). Pendant qu’Eric Zemmour sur d’autres chaines du service public parlait de tribunaux de la Sharia dans nos banlieues, confondant certainement la réalité des juifs Hassidiques de Jérusalem ou de New-York (voir le documentaire L’un des nôtres, sur Netflix).

Au-delà de la sémantique et de l’étymologie des termes antisémitisme et islamophobie qui posent problèmes[3] et reviennent souvent sur l’arène médiatique avec en toile de fond la question de l’immigration et du terrorisme, il sera plus pertinent d’en faire un parallèle selon les contextes historiques respectifs, afin de mieux comprendre l’enjeu et les problématiques qui en découlent.

En effet, l’antisémitisme s’inscrit dans un contexte post-révolution française et de crises politiques au XIXème siècle enchaînant des périodes de parlementarisme, de restauration, de monarchie (ex, de Juillet), d’impérialisme (second Empire), de guerres franco-prussiennes, qui permettront une longue et difficile gestation, en passant par la crise de Boulanger et ensuite l’affaire Dreyfus et à une sécularisation de la société, pour aboutir enfin à l’enracinement de la République et de la Laïcité.

Shmuel Trigano dans L’idéal démocratique à l’épreuve de la Shoa, a raison lorsqu’il explique : « Il faut être au fait de l’histoire de l’accession des Juifs à la citoyenneté française pour comprendre la nature profonde d’un tel impact à la fois sur la condition juive et sur la condition citoyenne. Les Juifs d’Europe avaient connu, avec leur émancipation par la Révolution française, une transformation identitaire totale : de « nation » _ au sens de l’Ancien Régime _ tolérée mais exclue de l’ordre social officiel, ils étaient devenus des citoyens abstraits à l’instar de tous les autres citoyens. Cette restructuration de leur identité était la condition d’accès à la citoyenneté. Leur émancipation s’inscrit, en effet, dans la suppression de tous les ordres, castes, corporations qui faisait l’ordinaire d’une société aristocratique profondément inégalitaire. »

Nous ne reviendrons pas sur le débat à propos de la question juive entre universalisme et particularisme (Cf, Marx versus Bauer, Sartre, Arendt, Morin, sur la condition juive dans le monde moderne), même si Pierre-André Taguieff dans son dernier livre L’émancipation promise, voit le progressisme et l’émancipation aujourd’hui comme une faiblesse ou un luxe qu’on ne peut plus se permettre. A l’instar de Zemmour qui avait décrété que la machine à intégrer était tombée en panne, et que de toute façon ils ne sont là que pour le Djihad, la Charia, assimilant tous les musulmans à ce projet d’islamisation de la France (Cf, son discours lors de la convention des droites).

Comme si nos institutions et les valeurs de la République n’étaient pas assez fortes et établies, et que la majorité des citoyens de confession musulmane ne vivaient pas dans notre Etat de droit et dans le respect des lois, malgré la délinquance qui frappe une certaine jeunesse plus pour des raisons socio-économiques et ce qu’un ancien ministre avait qualifié de problème de ghettoïsation. Bizarrement toujours le même réflexe qu’a le français fraichement naturalisé à l’égard des immigrés, alors que ses propres parents ou eux-mêmes ont fait l’expérience douloureuse de l’exil (Gérard Noiriel, Le creuset français, Histoire de l’immigration (XIXème XXème siècle), éd. La Découverte).

Quant à l’histoire des musulmans au lendemain de la chute de « l’Homme malade » (L’Empire ottoman) que les puissances anglaises et françaises ont réussi à partitionner et à coloniser (François Reynaert, La grande histoire du monde arabe, éd. Poche), malgré les efforts de Réformes politiques et sociales (Constance Armijon, Une brève histoire de la pensée politique en Islam contemporain, éd. Labor et Fides). Que dire des attentes déçues aux lendemains de la Nahda et des post-indépendances, et surtout suite à la chute du bloc communiste qui fournissait des oppositions de gauche souvent laïques et progressistes. (George Corm, Pensée et politique dans le monde arabe, contextes historiques et problématiques XIXème et XXème siècle, éd. La Découverte) ; Sous la dir. de Makhily Gassama, 50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique ?, éd. Philippe Rey).

En effet, comme je l’avais précisé en conclusion dans un précédent article (Amine Ajar, Sécularisation et démocratisation du monde musulman ou bonne (mauvaise) conscience occidentale § De la Nahda, trahisons et déceptions… amnésie et refoulement d’une histoire prometteuse, in Oumma.com) :

« Cependant, la réalité a toujours été plus riche et nuancée, et ce n’était pas sans compter le rôle important des intellectuels arabes chrétiens acquis aux idées des Lumières, qui furent les premiers annonciateurs de cette Nahda (Renaissance arabe). Dans les journaux et les revues qu’ils avaient créés à Beyrouth, à Damas, ou au Caire, ils incitaient les masses à se révolter contre l’injustice ou la corruption, à l’instar de Boutros Al-Boustani (1819-1883), qui appartenait à une famille libanaise d’obédience protestante et qui défendit parmi les premiers les idées de progrès et de liberté. Considérant l’éducation comme la base essentielle d’une réelle renaissance, il prêchait pour l’école obligatoire et avait lancé des établissements scolaires fréquentés par des chrétiens et des musulmans, où l’on enseignait les sciences et le français.

Le panarabisme était un concept voulu et crée par des arabes chrétiens, qui n’avaient aucun problème de légitimité, puisque le judaïsme et le christianisme étaient inscrits dans le paysage arabe bien avant l’avènement de l’islam (même si pour les musulmans l’islam commence depuis Adam). Beaucoup de figures telles que le syrien Francis Marrash (1836-1873), le libanais Chibli Chumayyel (1853-1917), militaient pour la séparation de toute activité politique du religieux. D’ailleurs, ce dernier, avec son ami copte l’égyptien Salama Moussa (1887-1958) avait lancé, en 1914, le journal Al-Mustaqbal (L’Avenir), qui sera censuré en raison de critiques virulentes à l’égard de la politique et de la religion.

Au début XXème siècle, beaucoup durent s’exiler suite à leurs affirmations audacieuses, à l’instar de ceux qui fondèrent à New-York en 1920 le club littéraire Arrabita Al Qalamyya, dont le président n’était ni plus ni moins que Khalil Gibran. L’apport de ce groupe dans la modernisation de la langue et de la littérature arabes fut fondamental. Et voilà, qu’à Beyrouth, au Caire, à Bagdad comme à Tunis, ou à Damas, de jeunes poètes et écrivains, découvrirent sous leur influence la littérature française, anglaise et allemande, et de nouvelles formes artistiques et littéraires, tel le poème en prose, la nouvelle, le roman, le théâtre, la peinture, le cinéma, et rêvant de devenir la future révélation de leur pays.

Les idées de Progrès et des Lumières lancées n’avaient donc pas tardé à toucher la sphère des intellectuels et des écrivains arabes musulmans. Cela n’était pas sans compter une résistance des autorités et des institutions religieuses qui tombaient en désuétude. Il s’en suivi des condamnations, voire des emprisonnements. Mais l’espoir était grand d’un changement et d’une meilleure vie.

Pourtant, il n’en restera pas grand-chose dans l’inconscient collectif, notamment depuis le matraquage médiatique de ces dernières décennies, si ce n’est des rêves de panarabisme déçu malgré l’héroïsme de Nasser se rêvant comme un nouveau Saladin, embarquant avec lui tous les arabes (musulmans, chrétiens ou juifs). Là encore n’avait pas encore émergé le panislamisme. Cela n’était qu’une question de temps.

Mais voyant la volonté de déstabiliser le Liban (Israël) entre communautés, de laisser les partis islamistes (Hamas) prendre le dessus jusqu’au point de délégitimer des figures historiques comme Yasser Arafat, et faire des alliances avec l’Arabie Saoudite entre autres, et de bombarder l’Irak, l’Afghanistan (après les avoir soutenus contre les soviétiques), c’était comme si l’Occident donnait son feu vert à la radicalisation du monde musulman, en remplaçant l’ancien rival communiste.

Nous avions démontré dans un précédent article (La question judéo-arabe, entre débat scientifique et enjeux politiques, in Oumma.com) que le révisionnisme suite aux instrumentalisations et aux pogroms qu’ont subi les minorités qu’elles soient juives ou chrétiennes, n’est pas le reflet de la réalité historique et sociale bien plus complexe et bien plus nuancée et apaisée que ne le voudraient les partisans du choc des civilisations. Cela est toujours vu sans l’interventionnisme occidental, comme s’il n’existait pas ou n’avait aucun impact politique, économique et social : fabriquer un futur ennemi intérieur et extérieur dont la haine est fondée sur l’irrationalité, on ne s’y serait pas mieux pris !

Les historiens n’auront pas fini d’analyser cet Orient compliqué et cet Afrique « mystérieuse et sauvage » où les marionnettes du pouvoir s’entredéchirent, mais dont les tireurs de ficelles se gardent bien de ne pas se montrer, faisant la pluie et le beau temps, et diffusant leur propagande sur les chaînes de grande écoute.

« D’ailleurs, comme le souligne Makram Abbès dans Islam et politique à l’âge classique (éd. PUF), il n’est pas étrange que cette idée de l’islam en tant que théocratie émerge précisément au XIXème siècle, au moment de la formation du concept de « sécularisation » et du discours sur la modernité politique occidentale, alors qu’un siècle avant, il incarnait le despotisme, l’arbitraire, l’excès de passions.

On pourrait se demander si ces approches ne relèvent pas finalement, pour reprendre l’expression d’H. Blumenberg, d’une « catégorie d’iniquité historique », et si, paradoxalement, il n’existe pas une circularité parfaite entre les élucubrations théoriques et l’islamisme, nourries pas l’ignorance de l’histoire de l’islam, et les discours qui tentent d’enfermer son identité politique dans un schéma que l’Occident aurait dépassé, depuis sa présécularisation.

(…) Ainsi, ces travaux sont fondés sur une sorte d’amnésie, celle de la longue tradition de théologie politique qui a déterminé la formulation de nombreux débats philosophiques jusqu’au cœur du XXème siècle, sans parler de la mise entre parenthèse de la théorie du droit divin ou de pans entiers de la culture politique occidentale. Il convient, à ce titre, de rappeler que plus de la moitié du Léviathan, qui est l’œuvre fondatrice de la philosophie politique moderne est consacrée aux problèmes théologiques, et dans une proportion qui dépasse de loin les traités politiques de philosophes comme al-Farabi, et même de juristes comme al-Mardawi ou d’auteurs de Miroirs des prince comme al-Assabi. »

Comment ne pas comprendre la crédulité des musulmans du monde entier, lorsque les USA soutiennent ouvertement Israël, sans omettre leurs communes aspirations messianiques au nom de la Bible. Même l’Europe, notamment la France, fille des Lumières, ne sait comment se positionner. Il suffit de se rappeler récemment la réélection du député de l’UDI franco-israélien Meyer Habib, demandant la bénédiction du rabbin et adressant ses remerciements au Tout Puissant sur une vidéo diffusée sur Facebook (L’express.fr, 19/06/2017). Sans parler des positions françaises à l’égard d’Israël, même si le mea-culpa ou l’implication de la France dans la déportation reste significative, il n’en demeure pas moins que cette double posture décrédibilise tout le discours laïciste et de démocratie égalitaire.

Nadine Picaudou dans L’islam entre religion et idéologie, essai sur la modernité musulmane, (éd. Gallimard) explique :

«  La querelle est vaine en réalité de la continuité ou de la rupture entre réformistes du XIXè siècle et l’islam politique d’aujourd’hui. Les modernistes positivistes d’hier ne sont pas les inspirateurs directs des salafistes contemporains. C’est parce que le tragique de l’histoire a eu raison du processus de rationalisation du religieux que l’aggiornamento de l’islam a tourné court et que l’on ne saurait établir une filiation directe entre le réformisme moderniste et les fondamentalistes contemporains. »

Là encore, l’auteur s’arrête à mi-chemin, sans évoquer les responsabilités, les hésitations, voire les instrumentalisations des puissances occidentales dans ces régions. Nous irons plus loin dans le raisonnement, pour comprendre que les responsabilités sont partagées, voire imputables aux décisionnels ou politiciens en poste. Et que l’esprit, pour reprendre Hegel, ne conquiert sa vérité qu’en se trouvant lui-même dans l’absolu déchirement. (…) Il n’est cette puissance qu’en regardant le négatif en face, séjournant auprès de lui.

Et l’on peut comprendre la confusion si ce n’est le quiproquo lorsqu’on évoque l’antisémitisme supposé des musulmans ou selon Zemmour du Coran même. Alors que comme l’a démontré si magistralement Michel Abitbol dans son incontournable livre, Le passé d’une discorde, Juifs et Arabes depuis le VIIème siècle, éd. Perrin, coll. Tempus, les différends entre juifs et musulmans étaient plutôt d’ordre théologico-politique, et non pas fondés sur la race. (Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, éd. Sindbad). Rappelons-nous que la majorité des récits du Coran portent sur les Banu Israël et leurs prophètes que les musulmans portent en grande estime. Quant au statut de Dhimmi il est antérieur aux révolutions et aux réformes donnant une constitution fondée sur les droits de l’Homme et du citoyen (Amine Ajar, Zemmour, un énième livre pour rien ou pour le pire ?, in Oumma.com). Ce que part ailleurs les ottomans et les perses tenteront de réformer afin de moderniser leurs institutions et leurs sociétés pour rattraper le retard pris sur l’Europe alors en pleine mutation (Constance Armijon, Une brève histoire de la pensée politique en Islam contemporain, éd. Labor et Fides).

D’ailleurs, c’est pour cela que j’expliquais : « En réalité, ce qu’il faudrait d’un point de vue épistémologique et pédagogique, c’est de faire prendre conscience la réalité historique dans laquelle s’inscrit la sécularisation en Europe. Car celle-ci est liée à un traumatisme qui a donné naissance à un anticléricalisme qu’on ne peut pas comprendre dans le monde musulman, si l’on ne connaît pas l’histoire de l’Inquisition et des guerres de Religion (Protestants versus catholiques). La neutralité de l’Etat a permis de pacifier tous les courants politiques autour de l’idéal démocratique.

Il faudrait aussi se rappeler le long processus qui a amené la France à la Révolution française, à la sécularisation, et à la République. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Imaginons aujourd’hui un Voltaire arabe (Adonis par exemple) qui demande aux siens de se réformer, alors que les puissances extérieures (Mahométanes) qui le promeuvent n’ont de cesse de bombarder son pays, ou d’envoyer des troupes militaires en Europe. Nous pouvons imaginer la position du Vatican qui serait la même que celle de Al Azhar ou autres institutions musulmanes aujourd’hui.

Je pense qu’à vouloir aller plus vite que la chanson cela risque de précipiter davantage de drames, et que la tournure qu’a pris l’histoire à cause des hésitations, des indécisions, des contradictions, des choix politiques de nos dirigeants quant à la gestion de la politique arabe, n’inspire rien de bon. Toutefois, espérons que ce malentendu sera dissipé par des esprits consciencieux et qui évaluent le risque que font peser les partisans du choc des civilisations (George Corm, Le monde arabe est dans un chaos mental absolu, Médiapart, 05 septembre 2017).

En somme, le rapport à la religion n’est pas vécu de la même façon, que l’on soit de cette rive ou de l’autre rive de la méditerranée. Ici en Europe, notamment en France, cela a été un long combat entre la République et l’Eglise catholique. Alors que dans le monde musulman, la religion a été vécu comme une Révolution et l’attachement à l’islam comme une résistance à la colonisation et aux Raïs ou despotes éclairés soutenus par nos dirigeants (Reza Aslan, Le Miséricordieux, éd. Les Arènes). C’est peut-être là l’origine du quiproquo. »

Et l’on peut comprendre dès lors le dialogue de sourds ou la cacophonie et l’hystérie médiatique face aux réactions des uns et des autres. Comme ceux d’un Eric Zemmour chantre du Grand Remplacement dénonçant une prétendue dissimulation (Taqya) ou infiltration politique des frères musulmans ou autres obédiences salafistes.  Et les Indigènes de la République, dont la porte-parole Houria Bouteldja s’inscrivant dans la lignée de Jean Genet ou de Franz Fanon, quant à la dénonciation d’un continuum impérialiste, ou néo-impérialiste, suite à l’interventionnisme américain et français en particulier que ce soit au Moyen-Orient ou en Afrique sub-saharienne, ou de nos dits « territoires perdus de la République » (Sadri Khiari, La contre-révolution coloniale en France, de De Gaulle à Sarkozy, éd. La Fabrique). (Sous la dir. Bertrand Badie et Dominique vidal, Nouvelles guerres, comprendre les conflits du XXIème siècle, éd. La Découverte)

Et la question demeure, qu’en est-il de la réalité des citoyens musulmans quant à leur émancipation politique et citoyenne, surtout suite à une histoire coloniale dont les stigmates et les conséquences sont encore prégnantes depuis les bidons-villes et les cités dortoirs ? (Un collectif d’élus et d’acteurs associatifs, Islamophobie à gauche : halte à l’aveuglement, au déni, à la complicité, in Libération, 04/10/19).

La question qui nous vient à l’esprit, existe-t-il une Nation dans la Nation, ce que nombre d’identitaires et de populistes laissent entendre ?

Pourtant Franck Fregosi depuis 2008, dans un remarquable ouvrage Penser l’islam dans la laïcité (éd. Fayard) avait démontré via une étude sociologique toute la mesure des mutations qui traversent les communautés musulmanes de France, œuvrant dans à la redéfinition des contours de l’islamité dans un environnement sécularisé et pluraliste, et qu’il fallait nuancer la réalité et surtout la diversité face à la question de l’équilibre entre la religion et l’Etat hérités du passé. Et l’on peut comprendre toute la mesure des interférences liées à l’actualité et aux interventionnismes militaires au Moyen-Orient et en Afrique sub-saharienne, qui ont des résonances médiatiques et agissent sur des représentations et des fantasmes dignes des affiches de l’époque Vichyste, à savoir la menace judéo-bolchévique remplacée aujourd’hui par l’islamogauchisme, toujours cette image d’un fou furieux serrant un poignard entre ses dents. Ce qui d’emblée place la question des citoyens de confession musulmane dans la case de ce qui est irrationnel, de ce qui n’a pas de conscience politique, pas d’avis, si ce n’est l’invisibilité quand tout se passe bien, et le drame, le pire quand tout se passe mal. Pas de nuance, pas d’intellect, des homo-islamicus primaires à l’instar d’une menace zombie. (François Burgat, Comprendre l’islam politique, une trajectoire de recherche sur l’altérité islamiste, 1973-2016, éd. La Découverte)

Or, des relents de mécontentements voire de haine pour ne pas dire toute une frange réactionnaire médiatique qui a pignon sur rue (Zemmour, Rioufol, Millet, Finkielkraut, Wauquiez, etc) surgissent sans qu’ils soient questionnés, et ce qui n’est pas une moindre chose : mais d’où parlent-ils ?

Rares sont ceux qui réagissent à ces relents médiatiques nourris par la politique américaine néoconservatrices de ces dernières années, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, et sur la question de l’immigration (Trump).

Juliette Grange dans son excellent et documenté ouvrage Les néoconservateurs, éd. Agora, explique et démontre comment ce travail idéologique et de sape est effectué via les think tanks, les réseaux d’influence, les universités, et les milieux médiatiques voire politiques : avec des connexions entre la droite classique, l’extrême droite, voire les mouvements identitaires, souverainistes, et catholiques fondamentalistes (d’ailleurs la manifestation contre le mariage pour tous et la dernière polémique autour du train affrété par la SNCF pour alimenter les manifestations anti-PMA et anti-GPA[4] en est une illustration).

De même pour réaliser l’ampleur du phénomène à une échelle internationale, il suffit de regarder le documentaire que propose Netflix intitulé The Family (The Fellowship), la menace fondamentaliste. On y voit la continuité de l’œuvre messianique d’un certain Doug Coe depuis Nixon jusqu’à Trump dans les National Prayer Breakfast et l’influence politique et le réseau que cette organisation a réussi à tisser à travers le monde (Trump qui lui-même dans le dernier épisode est appelé le Roi-loup, celui qui apportera le chaos ou l’Armageddon citée dans la Bible). Et que dire l’influence de l’AIPAC et la polémique qu’avait suscité le livre de John J-Mershaimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, éd. La Découverte. Dès lors, il n’est pas étonnant que le messianisme à connotation religieuse de Trump rejoigne celui de Netanyahu, sans parler de leur sens de l’éthique et du devoir d’exemplarité à l’égard de leurs contribuables (Cf, les affaires d’escroquerie et de corruption, notamment le documentaire L’escroc sur Netflix).

On peut déplorer que même la gauche qui était encore un rempart aux idées ultra-libérales et à la menace identitaire, cette gauche qui n’a plus de nom que le souvenir de sa couleur politique en ralliant la tendance du gouvernement LREM. (François Begaudeau, Histoire de ta bêtise, éd. Pauvert)

Sans verser dans le défaitisme, il est urgent, voire vital d’intégrer dans le débat démocratique ces angles morts des analyses médiatiques, qui souvent occultent, voire ignorent ces aspects politiques et idéologiques. Notamment l’influence des néoconservateurs et des identitaires néo-nationalistes, qui depuis quelques décennies ont vu leurs idées, leurs slogans se banaliser dans le débat politique. Signe inquiétant d’un retour des populismes, comme si le parti LREM avait de fait remplacé la droite et la gauche, Les Républicains et les socialistes (l’ex, UMPS), ce que Michel Onfray à juste titre qualifie de candidats Maastrichiens, en une réduction des possibilités démocratiques dont le seul horizon est une sorte de mimétisme de l’extrême droite. Comme si les idées de Jean Jaurès et l’héritage du CNR étaient morts (Conseil National de la Résistance, la sécurité sociale, les retraites, etc.) (Alain de Benoist, Droite-gauche c’est fini ! le moment populiste, éd. PGDR)

Malgré tous ces revirements démocratiques, ces convulsions et ces tentations autoritaires pour ne pas dire sécuritaires, voire répressives (crise des gilets jaunes), il ne faut pas perdre de vue le pouvoir du citoyen, même si les temps sont durs. En effet, la notion de citoyenneté renvoie à une réalité d’égalité de droits et de devoirs, au-delà de la question d’opinion politique et religieuse (affaire Callas). L’affaire Dreyfus avec tout le contexte d’antisémitisme de l’époque, mettait en exergue qu’un juif même assimilé était perçu comme un potentiel traitre et du coup renvoyé à une condition de paria (Hannah Arendt). Souvenons-nous aussi de la polémique qu’avait suscitée la destitution de la nationalité française à l’encontre des terroristes qui ont sévi sur notre territoire.

Et Zemmour aura beau dire qu’il faille changer les prénoms pour les franciser, un arabe ou un juif restera un arabe ou un juif surtout si les traits sémitiques de son visage restent prononcés, et que dire aujourd’hui du climat de délation à propos d’une prétendue pratique religieuse ? Retour à l’inquisition ou au port d’un croissant jaune comme il n’y a pas si longtemps de l’étoile jaune ? Même si Zemmour a réhabilité Pétain en affirmant qu’il n’avait envoyé aux camps de la mort, que les juifs qui n’étaient pas français. Ouf ! On est rassuré.

Trêve de plaisanterie. Hélas le diktat de l’émotion et de l’opinion publique instrumentalisée comme pour l’affaire Dreyfus range souvent les citoyens dans une forme de mise en veille de leur cerveau, pour ne laisser plus que l’expression de la colère et de la haine aveugle. Peut-être et sûrement par manque d’information et de compréhension des enjeux dans un cadre macro-systémique. Après tout, c’est le rôle de nos élites et de nos élus de gérer cela.

Déjà le débat entre Bauer et Marx mettait en exergue l’ampleur des enjeux qui étaient tels que le premier se posait la question de comment demander l’émancipation politique des juifs alors que celle des prussiens dans un état « chrétien » n’était pas encore effective, et le second réclamait l’émancipation « humaine » au sens large (Karl Marx, Sur la question juive, Présentation et commentaires de Daniel Bensaïd, éd. La fabrique). On pourrait élargir le champ de ce débat, à une échelle planétaire, au-delà de la préconisation de Stiglitz sur un Ordre Mondial qui donnerait à tous les mêmes règles économiques, à une dimension systémique global en adéquation avec les préoccupations écologiques, et climatiques, pour comprendre les mouvements de contestation, Nuit debout, Podemos, la crise des gilets jaunes entre autres, et s’inquiéter de la régression des droits et libertés des citoyens de partout à travers le monde (Vanessa Codaccioni, Répression, L’Etat face aux contestations politiques, éd. Textuel).

Car, pour reprendre Edgar Morin dans sa philosophie de la complexité, tout est lié, et personne ne peut nier l’effet papillon que peut avoir des actions inconsidérées sur l’autre bout de la planète. Et surtout cesser de considérer la citoyenneté comme un privilège électif (Carte Nationale, Passeport, Schengen), où les bénéficiaires fiers et heureux comme les élus de Zeus en seraient gratifiés, parce que représentants de cette civilisation « supérieure » et « juste » et « blanche » (qu’il le veuillent ou non), au détriment de ceux venant de pays pas assez développés, pour ne pas dire pas assez civilisés, et souvent basanés.

En réalité, nous sommes dans un tournant majeur. Et l’on peut dire que l’Occident a déjà failli, alors qu’il aurait pu donner le même statut de citoyen français aux algériens (lors de l’Algérie française), ou lorsque les mouvements démocratiques et laïcs suite aux indépendances et à la Nahda réclamaient du soutien, et ce n’est pas Bouallem Sensal ou Zineb El Rhazoui ou autres qui déploreront cette trahison et cette faillite. Surtout les liens incestueux qu’ont Trump et Netanyahu avec le roi Salman d’Arabie Saoudite. Cette même Arabie Saoudite qui accueillera le G20 chez elle en 2020 malgré les bombardements au Yémen sur des populations civiles et le découpage et l’élimination du journaliste et opposant Jamal Kachoggi dans une ambassade à Istanbul, digne d’une séquence du film Dexter ou d’American Psycho !

En somme, si les nationalismes, les populismes, les radicalisations de part et d’autres touchent tous les pays de la planète, il est à se demander si cela n’est pas lié à la réalité d’un monde multipolaire, et à la crise écologique irréversible et à la diminution des ressources naturelles, et à la concurrence effrénée, et à cette obsession de la croissance coûte que coûte. Et à terme à leur disparition. Le Darwinisme social je veux bien, mais là on se dirige vers Mad Max Fury Road. (Jean Ziegler, Le capitalisme expliqué à ma petite-fille, éd. Stock)

Qu’enfin, au lieu d’instrumentaliser la question de l’immigration et des musulmans, et de faire croire que cette terreur est basée sur des motivations irrationnelles et n’a pas de fondements politiques qui font en réalité face à une hégémonie néo-impérialiste occidentale qui ne dit pas son nom dans une guerre d’appropriation des ressources naturelles et économique féroces. George Corm dans La question religieuse au XXIème siècle, Géopolitique et crise de la post-modernité (éd. La Découverte), démontre comment ce « retour du religieux », devenu la principale clé de compréhension du monde, est issue de la pensée antirévolutionnaire et postmoderne, qui nourrit notamment l’action des néoconservateurs américains.

En somme, les crispations identitaires, néo-nationalistes, populistes, ne sont-elles pas les signes d’une peur générale quant à l’avenir de la planète, ou plutôt de la perte de l’hégémonie occidentale ? (Bertrand Badie et Michel Fouchet, Vers un monde néo-national ?, CNRS éditions). Et au lieu de tirer chacun la couverture de son côté, n’est-il pas temps qu’enfin et réellement les peuples du monde entier s’unissent pour un monde plus égalitaire et où le partage primerait sur l’intérêt particulier ? (Bertrand Badie, Quand l’Histoire commence, éd. CNRS)

 

 

 

[1] A ce propos, même si Bouallem Sensal ou Zineb El Rhazoui ont raison de dénoncer la radicalisation et les groupes salafistes djihadistes, il n’en demeure pas moins que leur propension à généraliser leur analyse à l’ensemble des banlieues, donne de l’eau au moulin des partisans de l’extrême droite. Et que loin d’avoir une approche scientifique et sociologique, ils devraient parler de leur expérience personnelle. Ce que Boualem Sensal à la rigueur a connu lors des années noires en Algérie et qu’il relate dans ses romans, mais Zineb El Rhazoui issue des quartiers chics de Casablanca peut prêter à sourire, même si son compagnon est tombé aux mains de ces Barbares qui ont exécuté les dessinateurs de Charlie.

[2] Toutefois les conditions de détention de Tariq Ramadan sont exceptionnelles (plusieurs mois alors qu’il n’est pas condamné et présumé coupable), puisque ni DSK, ni Polanski, ni Weinstein, ni aucune autre personnalité publique n’a connu un tel traitement. De plus aux vues des dépositions contradictoires, l’affaire serait une histoire de relations extraconjugales ou affaire de mœurs. Sans parler des contacts assez troublant qu’aurait Caroline Fourest avec les présumés victimes, qui on le sait a bâti sa carrière journalistique sur Tariq Ramadan. Ramadan qui représenterait selon ses détracteurs un islam politisé et qui serait bien plus dangereux que le méchant salafiste djihadiste qui n’agit que par la violence.

[3] Comme le rappelle Odon Vallet, les arabes sont aussi des sémites, et l’islamophobie est la peur et la critique d’une religion perçue comme système totalitaire.

[4] PMA, procréation médicalement assistée (In Vitro), et GPA ou gestation

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37 commentaires

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  1. Je m’adresse à l’auteur de l’article Amine Ajar.
    J’ai vu que vous citiez le livre d’Edgar Morin, Le monde moderne et la condition juive, éd. Points
    Il me semble que vous y auriez gagné en profondeur en faisant le parallèle avec le post-marranisme, ou la figure du judéo-gentil, ce qui aurait permis d’avantage de comprendre l’hybridation culturelle qui peut exister, lorsqu’on est citoyen français de confession ou de culture ou d’ascendance musulmane, à l’instar des citoyens français “juifs” qu’ils soient pratiquants ou non, assimilés, voire christianisés mais gardant un lien indéfectible avec leur judaïté (voire avec Israël, tout en étant critique)… cela aurait permis de dire que c’est possible, ce que le livre d’Edgar Morin développe à merveille, concernant Le monde moderne et la condition juive.

  2. Juste un bémol sur cet article à propos du fait que les musulmans ne seraient pas aussi assimilés que ne l’étaient ou le sont les juifs… Les français de souche convertis à l’islam le sont, de même que certains musulmans d’origine africaine selon les catégories sociales, les modes de vie et de pensée…. Je trouve cette question de l’assimilation très problématique…
    Certes, contrairement au rôle des juifs marranes et post marranes dont fait part Edgar Morin dans son excellent livre Le monde moderne et la condition juive, édition Points, où il revient sur tous les points de l’apport de ces juifs que ce soit au niveau culturel et économique, il est clair que l’influence des musulmans n’est pas aussi significative, même si dans le langage, dans le cinéma, dans la chanson, beaucoup d’expressions sont passés dans la culture française… et c’est peut-être cela qui inquiète les tenants du Grand Remplacement…

  3. Merci Croissant de Lune pour cet éclaircissement de votre pensée que je partage… sur le fait que l’on ne respecte que ceux qui se respectent et qui se battent pour leur émancipation et leur liberté, cessant avec la victimisation infructueuse.
    Au moins ma réaction, vous a permis d’aller au fond de votre pensée et de nous permettre de mieux comprendre vos propos.
    Encore merci.

  4. A mon frère Kalim, je trouve que tu vas loin quand tu suggères le paganisme des Chrétiens, enfin c’est ce que j’ai compris. Si les Chrétiens sont païens, alors ils ne seraient pas gens du Livre, c’est pas aller plus loin que ce que notre dine nous permet? Et s’il y a diversité de traditions parmi les Chrétiens, pourquoi nous permettrions-nous de désigner la plus fidèle ou les moins fidèles? On est d’accord, les conciles ont mis du temps, ils ont donné lieu et révélé beaucoup de tendances, il y a les Unionistes et les tenants de la Trinité et d’autres choses encore, enfin ça nous apparaît comme ça. Mais certains qui soutiennent la trinité assurent tenir pour l’unicité divine, je ne comprends pas, c’est dur à expliquer mais, en quoi suis-je concerné? Et en ce cas, où sont aujourd’hui les Unionistes, même pas dans les églises Orientales ou pas toutes, ni dans l’orthodoxie Russe et pourtant tu les prends pour Chrétiens et non pour païens. Ce sont des débats très longs et compliqués dans lesquels à mon avis, les Musulmans ne doivent pas rentrer, connaître le débat mais ne pas choisir au risque de l’erreur. Notre amie Sylvie-Anne est probablement, sauf erreur, catholique donc trinitaire et de tradition Vatican II, qui nous dit que ce n’est pas dupoint de vue Chrétien le plus proche de la vérité? Sachant que pour nous, la vérité est le Coran, et pourtant le Coran nomme les Chrétiens et d’autres gens, ils ne sont donc pas renvoyés à l’erreur totale. N’y a-t-il pas assez de conjectures pour ne pas endosser celles des Chrétiens qu’Allah reconnaît dans Sa parole? Je te conseille mon frère d’aller moins loin dans des conjectures où nous pourrions nous perdre. Allahou ahlem.

    Croissant de lune.

    • Bonjour,
      le but de Karim n’est pas de discuter, mais simplement d’affirmer sa propre supériorité, en affirmant la supériorité de l’Islam sur TOUT le reste. c’est le même discours lénifiant quel que soit le le sujet aborder : Je/JE/JE/JE….ad nosam aeternam

    • Salam Croissant de lune,
      Pour répondre à vos questions.
      1 – Où voyez-vous que j’ai dit qu’ils étaient païens? Merci de rester fidèle à la complexité sans m’imputer un raccourci hasardeux.
      2 – Je ne désigne personne comme plus ou moins fidèle, c’est vous qui déduisez cela. Je note simplement que ce qui est dans le Noble Coran correspond à des faits étudiés.
      3 – Je ne suis concerné en rien sur la trinité sauf dans le discours que je puis avoir avec un chrétien et pour ma culture personnelle ainsi que ma connaissance du christianisme. Votre argument de ne pas entrer dans un débat est abscons.
      Quelles conjectures? Admettons que je dise : Le rêve de la Russie orthodoxe est de reconstituer Byzance avec des sources de chrétiens orthodoxes influents. Le rêve d’un catholique est que tout le monde soit sauvé par Jésus avec sources cléricales.
      En quoi c’est mal ou bien? Vous me faites halluciner.

      Par ailleurs, cela m’est personnel vu que le mot n’existe pas mais le christianisme, dans son ensemble dirons-nous, est clairement un plurithéisme pour moi. Dans le sens d’un Dieu pluriel. C’est comme ça que je résume les innombrables expliquations de la trinité que j’ai pu découvrir. Ensuite, je suis désolé mais il n’y a aucune vision angélique des gens du Livre mais une vision juste dans le Noble Coran. Tout autant qu’il me paraît impossible de dire que (qui) sont réellement les gens du Livre sans étude fine du sujet.

      Quant à votre opinion, elle est tout à fait louable et je la respecte.

      Salam

      • Salam mon frère Kalim, pardon, j’ai relu, en efet tu ne qualifies pas les Chrétiens de païens, tu suggères l’influence païenne Romaine dans les conciles, c’est une piste éventuelle mais il faut un peu nuancer. Ce sont les empereurs qui ont convoqué ou suggérés ces nombreux conciles, dans un but politique d’unification religieuse de l’empire, et il y eut des empereurs un Théodose mais je ne sais plus lequel, le premier ou le second ou les deux, qui ont persécuté les dits païens dans le sens de l’anéantissement. Influence païenne, c’est possible, mais peut-être inconsciente ou peu consciente puisqu’un des objectifs était la christianisation éventuellement forcée des peuples de l’empire, enfin à en croire un ouvrage assez documenté me semble-t-il, “La religion des seigneurs”, d’Eric Stemmelen, sauf erreur pour l’ortographe du nom. Je crois qu’entre autres activités, il participe à Médiapart, je dirais que la lecture de ce livre est peu supportable à des chrétiens, vraiment radicalement critique, quant aux Musulmans et athés et autres, je ne conseillerais cette lecture qu’avec le recul et la distance suffisante, c’est do cumenté, rationel, c’est peut-être vrai, mais l’intention pamphlétaire n’est pas absente.

        Oui, le vocable pluri-théiste est une bonne trouvaille, mais des chrétiens te répondraient qu’il n’y a que pluralité de formes, bon, enfin j’en sais rien. Je désire pas trop moi-même ferrailler avec des chrétiens sur la trinité des formes ou la dualité des natures et tout ça, parce que d’une part ça peut blesser mais d’autre part, tu as toujours l’argument imparable des mystères.

        Mais quand tu affirmes que le Christianisme est né 400 ans après J-C, tu devrais dire, enfin c’est mon avis, qu’il y eut des évolutions importantes du Christianisme à cette époque. Le mot “chrétiens” apparaît dans les évangiles dans le récit de l’arrivée de Paul de Tarse, avant ses longues épîtres qui m’ont fatiguées, au moment où il était catif chez un gouverneur avec qui il eut certaines conversations. Mais enfin, c’est discutable. S’agissant de l’origine du nom “Youshoua” que tu apparentes à Yahavé, je serais un peu prudent, est-ce si différent de la dénomination Arabe “Issa”? Le nom pouvait dépendre des prononciations diverses parmi les Hébreux de ce temps, et si on élargit davantage, la prononciation variera encore plus.

        Alors certes, le Coran n’est pas angéliste s’agissant des chrétiens, des juifs et des gens du Livre, mais qui sont ainsi nommés, son-ils sans cesse les mêmes?

        Allahou ahlem.

        Croissant de lune.

        • Salam mon frère,
          Clairement non. Je ne suis pas sur la ligne des pourfendeurs du christianisme que je combat intellectuellement sans aucune compromission. Rassurez-vous donc. Par contre, là encore, clairement oui, il ne s’agit pas d’une influence mais d’une synthèse afin de pacifier le royaume. Le pape est le descendant de l’empereur (en Europe de l’ouest). Les romains face à leur déroute sur le pourvoir temporel ont pris d’assaut le pouvoir spirituel et tous ne furent pas très cathos si je puis dire.

          Oui j’entends bien que pour les chrétiens Dieu prend des formes. Vous ne faites que préciser le sens de mon mot plurithéisme. Il ne s’agit en tout cas pas d’un monothéisme “pur” et leur argument de mystère ne peut pas le masquer. Ils ne peuvent nier, je connais bien culturellement mon pays quand même, que des cultes païens perdurent au sein du christianisme. Aucun guide, parfois très religieux, ne la nié lors de mes sorties culturelles accompagnées d’amis chrétiens pratiquants ou pas.

          Pour Issa as, on est d’accord et en arabe on dit Massihin ou messianistes, ce qui signifie bien chrétien où christ = messie. Ce sont donc éthymologiquement des messianistes. En islam, on dit bien Massih Dajjal qui serait sorti ou était déjà sorti du temps du prophète sws. La plus grande tromperie vient de là et nulle part. Ne pas comprendre l’histoire du christianisme est retomber sans cesse dans l’erreur. Je ne donne pas le qualificatif de Gens du Livre à n’importe qui personnellement. Pour moi, cette tromperie perdure depuis des siècles et nous savons que les juifs tomberont en masse dans la tromperie ou piège tendu par le faux messie.
          Hors, je pose la question : Qui est ce faux messie? D’où vient cette tradition qui souhaite retirer la fitra par baptème et qui boit le sang du christ, mange sa chair devant sa représentation crucifiée, en associant Dieu à des statues qui représentent symboliquement des saints avec un contenu anciennement païen?

          Ce sont des questions difficiles, blessantes et outrageantes pour nos frères et soeurs chrétiens mais en quoi n’ai-je pas le droit de me les poser pour autant.

          Pour moi les plus proches en coeur sont les chrétiens et les plus proches en raison sont les juifs mais en même temps la plus grande tromperie en coeur vient du christianisme et la plus grande tromperie en raison vient du judaïsme. C’est justement cet équilibre que nos anciens avaient à mon sens compris et qui a fait qu’ils ont pu s’en prémunir tout en pouvant établir une société fraternelle comme Dieu le demande.

          Salam

  5. A l’auteur, vous écrivez,

    Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est non pas l’arrestation, ou la possibilité d’avoir une voix, un visage, des revendications politiques comme les terroristes des années de plomb (Gilles Feragu, Histoire du terrorisme, éd. Perrin, coll. Tempus) ou encore Anders Breivik tendant fièrement le bras, mais l’exécution systématique de ces terroristes dès lors qu’ils sont rattachés à cet autre étrange et étranger islam”… Fin de citation.

    Et vous ne vous posez pas davantage de question sur ce fait étrange et étrangement plutôt Français? Oui, posez-vous des questions sur ces faits étranges comme vous dites et essayez d’y répondre un peu rationellement.

    Vous avez commencé l’article en citant Béatrice Bourge en 2013 en bonne compagnie de Zemmour et Ménard, l’année où des Musulmans ont participé aux marches et manifs pour tous reprochant aux autres leur désertion voire les ont tancé pour cette raison, comme le fit tant et tant Farida Belghoul, comment s’étonner qu’on ne méprise pas des gens qui veulent bien manifester sous la bannière de ceux qui ne se cachent même pas de les haïr et en publient la haine? Si les Musulmans sont un troupeau de bêtes de somme, quel mal y a-t-il à les cravacher et bâtonner?

    Croissant de lune.

    • Si on comprend la tournure de vos propos, et les extraits sciemment choisis, on comprend que ce que vous dites, c’est que si on hait les musulmans et si on les méprise, on les bâtonne et on les cravache comme des bêtes de somme, c’est parce qu’ils le méritent, ou qu’ils sont assez bêtes…
      Cela n’engage que vous… Mais j’ai envie de vous posez plusieurs questions, qui n’en est qu’une répétée sous forme tautologique, jusqu’à l’absurde…
      Si on a fait la Révolution française et que l’on a fondé ensuite nos systèmes démocratiques et républicains sur les Droits de l’Homme et du citoyen, et qu’en réalité on ne s’est pas défait de ce complexe de supériorité impérialiste ou de Mission Civilisatrice??? Si l’Etat d’Israël a fondé sa nation sur un concept d’élection et de terre sainte et qu’il méprise et cravache les palestiniens, à quoi bon cette élection de soi-disant peuple élu??? (Question que pose Jean Daniel dans son livre La prison juive, éd. Odile Jacob) Si les salafistes de Daesh méprisent et tuent les non croyants, à quoi bon la Miséricorde et la bonté invoquée dans le Coran??
      Si les méchants, les salauds, les connards, méprisent ouvertement tout le monde, et font ce qu’ils font, à quoi bon mettre en avant les principes universels qui pourraient nous éveiller et nous faire réagir tous ensemble, malgré nos différences??? Très bonne question, mais ce n’est pas par le mépris ou la haine que vous y arriverez. C’est exactement ce que veulent les Zemmour, les Trump, les Netanyahu, les Le Pen, les djihadistes salafistes, les évangélistes intégristes, les néo-nazis, les sionistes intégristes, etc, etc. Qu’on se mettent sur la gueule, l’Apocalypse, le chaos, l’Armageddon, afin qu’advienne le Messie…. mais vous n’aurez pas ma haine, ni celle de ceux qui espèrent que les gens malgré les différences d’opinion, de religion, de culture, garderont leur part d’humanité, et d’espoir que les manipulateurs et les attiseurs de haine seront démasqués aux yeux de tous…. Croissant de lune je pense que vous êtes machiavélique, et que vous voulez allumer l’étincelle de la guerre et de la haine… un troll, ou un fake qui fout sa merde… comme Zemmour mais dans l’autre sens, lui réveille la fibre nationaliste et de l’extrême droite, et vous vous voulez réveiller la fibre des musulmans…. machiavélique mais classique…

      • @ Zen, ni troll ni Machiavéliste et je ne me range dans rien de ce que vous dites, en fait je me fous bien de votre réaction, sauf pour relever c’est vrai une erreur de ma part. Je devais qualifier les Musulmans de faibles, et intégrant mentalement leur état de faiblesse, donc le voulant ou pas, ils sont devenus souvent défaitistes. On n’a pas le droit de mépriser les faibles qui luttent pour ne pas rester faibles, mais tout le monde méprise à bon droit les défaitistes, vous saisissez la différence ou pas? Et ce fut ainsi de tout temps, on n’a publié la haine et agi selon la haine qu’envers malheureusement des gens faibles. Mais on éprouve plus de respect de ceux qui luttent pour devenir forts et libres, parce que la force et la liberté c’est la même chose dans le monde réel, c’est fou d’avoir à répéter des évidences. Donc on respecte ceux qui luttent pour devenir forts, exemple, je suis persuadé que Donald Trump et le monde entier méprise l’Arabie non pas pour ses lois intérieures, dont on ne s’occupait pas toujours, mais à cause de son défaitisme politique, vous comprenez mieux maintenant? Et donc quoi qu’on en dise, on respecte l’Iran et la Turquie plus désireux de force et de liberté.

        J’ai lu un texte poème de Henry de Montherlant, où il faisait parler les morts de Verdun, et selon lui, et j’en suis d’accord, les morts de Verdun réclament de la force, plus de force.

        En France, il y a un assortiment d’intellectuels Musulmans ou devrais-je dire de gens de l’intelligencia Française Musulmane, pour faire une différence avec les gens probes qui seuls méritent la qualité d’intellectuels, et ces Musulmans médiatiques passent leur temps à justifier et à comprendre certaines politiques Françaises, voilà ce que je voulais dire. Certains autres Musulmans ont fait passer les préoccupations sociétales avant toute considération au point de marcher dans les manifs pour tous avec des gens qui se moquaient d’eux, en ce temps-là, sans éprouver la moindre déférence envers ceux qu’ils appelaient pourtant à les rejoindre, ce coup-là était foireux pour nous, je l’ai deviné immédiatement. A ce moment-là, l’abbé de Tanoüarn, sur son blog, qualifiait Farida Belghoul et d’autres d’alliés de circonstance ou un truc comme ça, on peut retrouver tout ça sur son site, donc ces Musulmans-là ont au moins manqué de discernement, fait mauvaise confiance, par aveuglement.

        Votre démocratie et vos droits de l’homme datent de quand? Quand on lit ici certains correspondants Musulmans faire l’éloge de la loi 1905 qui serait mal comprise aujourd’hui, je rêve. Laïcité en métropole, confessionalisme dans les colonies puisque l’activité des missionnaires Jésuites encouragés par la gouvernance ne s’est pas rallentie du tout, De Foucault n’a je crois converti personne ou presque, en revanche, il renseignait l’armée, il n’était que vil indic et colonialiste bien obligé.

        Ne soyez pas zen tout le temps mais sortez parfois de vos méditations prolongées, le monde du réel n’est pas comme vous dites. Mon message aux Musulmans ici, c’est de lutter pour plus de force si c’est possible, sinon, de ne pas se résigner, et donc vivre les épreuves qui ne sont pas finies loin de là, avec lucidité, sans justement pas penser un instant qu’elles sont justes, ce n’est pas parce qu’on vous accuse et quon vous persécute que vous êtes vraiment intrinsèquement mauvais, mais il se peut que vous ayez raison et que vous rencontriez quand-même l’obstruction. C’est une des sentences de l’hexagrame Chinois, “tu es juste et tu rencontres l’obstruction”.

        Voilà en gros le message que je tente de faire passer ici, avec certes des erreurs. Vous pourriez maintenant relire mon commentaire précédent, vous l’entendrez différemment, vous auriez pu deviner, bien sûr que non, les Musulmans ne méritent pas la cravache ni le bâton, s’ils luttent pour plus de force et donc de liberté. Si mon équation force/liberté ne convient pas à Zen, je la maintiendrais pourtant fermement, parce que je suis rationel et lucide, je ne me fais pas d’illusions moi.

        Croissant de lune.

  6. Lorsque je lis certains commentaires, je trouve qu’il y a pas mal d’excitation pour rien… Comme l’article le dit, la séparation de l’Eglise et de l’Etat a une histoire en France, et le cadre laïc permet de ne pas avoir ce genre de débat, moi croyant, moi athée, blablabla…. Et cela nous évite les querelles apologétiques…
    Je pense qu’en effet le problème majeur est que depuis le début, hormis Mitterrand qui avait donné la nationalité à ceux qui sont nés sur le sol français et de parents immigrés, et ce à des fins d’instrumentalisation politique pour recueillir le vote “musulman”, en agitant le spectre de Jean Marie Le Pen. Et cela a marché quelques temps, puis il y a eu les soit disant ouvrier grévistes de Peugeot que les médias ont présenté comme des relais du régime iranien en 83 – 84, et puis les affaires du voile, dans un climat de tension économique et sociale, et une ghettoïsation à l’américaine… ce que d’aucuns voient comme une volonté politique de ressembler au modèle américain (culture gangsta rap sur Skyrock, dans le cinéma, etc).
    Et les quelques ministres Dati ou Fadela Amara affectée aux plan Marshall des banlieues qui a été inefficace ou le préfet musulman sous Sarkozy et la création du CFCM façon Napoléon avec le grand Sanhedrin, ou encore Belkacem, El Komry sous Hollande, ou Benalla avec Macron, montre à quel point les musulmans dans les gouvernements ont été cooptés mais jamais élus par une base électorale, cela à fin de se donner bonne conscience… C’est comme les listes électorales aux municipales, on met souvent un maghrébin ou une personne de la diversité (de couleur comme on dit) pour attirer des voix, et faire croire qu’on va oeuvrer pour les minorités invisibles, mais au final ce n’est qu’un faire-valoir pour dire qu’il y a de la diversité de la tolérance, comme cette histoire de parité hommes femmes, alors qu’au final ce sont les hommes qui sont à la tête de plus de 90% des postes ministériels ou autres… Ce problème de discrimination est structurel, et la radicalisation des banlieues ça fait plus de 30 ans que tout les monde tire la sonnette d’alarme, que des parents de première génération ont porté plainte ou alerté les autorité (gendarmerie, Police, préfet) à l’encontre de certains groupes salafistes qui ont fait des putsch aux seins de certaines mosquées, pour y placer l’un des leurs comme imam… des mosquées se sont en effet radicalisées et en connaissance de cause par les Renseignement Généraux, les services de renseignements en général qui ont des informateurs de partout, sans parler des meta données collectées par les réseaux sociaux, les SMS, les téléphones sous écoute….
    Et la question est plutôt pourquoi maintenant, comme par hasard à l’approche des élections municipales. Tout le monde sait que les LREM n’ont pas de relais sur le terrain, pas de réelle base électorale, et que si Macron est passé aux présidentielle c’était déjà pour faire barrage à Marine Le Pen…. et là, Macron, Castaner, en Charles Martel de la lutte contre la radicalisation pour séduire les électeurs du RN ou FN, technique de Laurent Wauquiez l’autre tapineuse qui fait du suce boule au RN ou FN…. Bref, c’est lamentable. Et cela est la conséquence d’élites rattachées à l’ordre ou oligarchie ultralibérale…. Et l’Histoire se répète, comme après la crash boursier de 1929 où l’antisémitisme battait son plein… sauf que là, les néoconservateurs via Renaud Camus, Zemmour, mettent de l’huile sur le feu comme Drumont avec sa France Juive… au final, l’Homme réitère les mêmes scénarios…. Finkielkraut dans la seule exactitude explique qu’on ne peut pas comparer la situation des juifs en 1930 et celle des musulmans aujourd’hui, en sous entendant que les juifs n’ont pas fait d’attaques terroristes, mais il oublie que les juifs ne possédaient pas de pétrole en Afrique et au Moyen Orient, et que tout le drame est en effet une instrumentalisation géostratégique afin de contrer les aspirations chinoises, russes…. la civilisation sur le modèle occidentale est énergivore, et pour exploiter les ressources de ces pays sans que les populations concernées puissent avoir leur mot à dire, à savoir si elles préfèrent se tourner vers la Chine ou multiplier les partenaires commerciaux, tout le problème est là…. Car en effet, la chute de Gbagbo ou de Kadhafi est lié à ce projet qu’ils avaient de mettre en place un Fonds Monétaire africain pour ne plus dépendre du Franc CFA…. Tout comme Maduro au Vénézuela, et tout le bordel qui existe en Amérique du Sud, ils ne sont pas musulmans, et pourtant les USA usent de la même stratégique qu’au Moyen Orient…. Bref, tout est politique et histoire de manipulation. Il ne sert à rien de s’exciter…. les choses sont claires comme de l’eau de roche…. On est tous dans la même galère, ou la maison (la terre) prend feu et s’y on ne s’entraide pas pour éteindre le feu y a tout qui va brûler…. en attendant, on va droit dans le mur, et concernant la politique occidentale, plus personne n’est dupe…. On sait qu’elle a toujours oeuvré pour ses intérêts, même quand c’est soit-disant pour de l’Humanitaire….

    • Votre lecture sociologique et économique est juste mais incomplète. Par contre, la laïcité c’est justement de pouvoir débattre, c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression. Le problème est quand cette liberté est muselée pour une bonne partie de la population qui n’a le droit à aucun droit de réponse. On appelle cela la discrimination.
      Je suis personnellement pour une laïcité ouverte et non fermée car quand elle est fermée, elle discrimine et ostracise en poussant au communautarisme.

  7. C’est surtout au niveau de la mise en place d’une campagne de dénigrement multi- strates que le parallèle prend tout son sens…

    Mais c’est vrai aussi, comme le rappellent certains, que les Chrétiens aussi en prennent pour leur grade…

    Alors, n’est-ce pas au final une kabbale contre les croyants alimentée par des amalgames imbéciles et des personnages grotesques montés en épingle ?

    La question serait alors toute autre, genre :

    “To be, or not to be” (croyant)
    Ou encore, quelle place pour un croyant dans la jungle d’un monde ultra-matérialiste ?
    « That is the question »…

    • Pas besoin d’une kabbale des vilains athées pour attaquer les chrétiens. C’est même le contraire ici. C’est moi un athée qui défend le christianisme contre les propos ineptes de votre coreligionnaire, kalim, que vous vous garderez bien de dénoncer. Ah l’hypocrisie communautariste ! Les athées seront toujours plus proches des chrétiens que les musulmans. Normal ils en descendent.

      • Vous n’en avez jamais marre de dire n’importe quoi que personne ni lit (ou de loin) et ni ne croit d’ailleurs…
        Passer son temps de retraite en mentant sans arrêt en passant ses temps de 4ième âge à tenter de casser des musulmans ! Quelle décrépitude !
        Quelle déchéance !
        Comme dirait Louis Aragon :
        « Au bout de mon âge. Qu’aurais-je trouvé. Vivre est village. Où j’ai mal rêvé… »
        Si vous pensez que Kalim, ou tout autre, a tort ou s’est mal exprimé …. Expliquez-le lui gentillement…
        Au lieu de sauter comme un cabri à tout propos…
        Au lieu de déverser votre venin et de rechercher sans arrêt la joute oratoire grotesque en sautant sur le moindre erratum…
        Cette régurgitation de haine totale est sans doute pour vous un exécutoire et peut-être même le seul moyen de survie pour déverser l’arsenic de tant de haine qui autrement vous étoufferez !
        Il s’agit d’une question de survie pour échapper à votre propre poison qui vous auto-contamine…
        Bien sûr que vous n’êtes « l’ami » de personne, ou seulement de ceux que vous croyez cacher car vos commentaires sont tout sauf amicaux et relèvent trait pour trait d’un Judas, d’un hypocrite, d’un sournois et d’un simulateur…

        Crachez donc le morceau pour qui roulez-vous ?
        NB : évitez vos mensonges pitoyables et vos faux laïus sur la Ré-pu-bli-que
        Ça prend pas !

  8. @kalim.
    Un produit arabomusulman sans parler arabe et sans croire en Dieu ? Savoureux ! Vous en revanche vous parlez français et vivez dans un pays façonné par le christianisme, où la laïcité s’est finalement imposé grâce aux athées . Mais bon à vous suivre, on pourrait alors même dire que la France est arabomusulmane. C’est bien d’ailleurs pour ça que les musulmans crient régulièrement à l’islamophobie et que certains comme vous, nous parlent de Vichy, en entendant Macron appeler à une société de vigilance ou Castaner nous donner le mode d’emploi pour traquer de potentiels terroristes. La bonne blague !
    Bon la vérité, en ce qui vous concerne, c’est que vous êtes incapable de vous intégrer véritablement. Il faudrait déjà faire sienne l’histoire de France et plus généralement celle de l’Europe comme la Reconquista, les croisades, la colonisation, … Bref tout ce qui s’est traduit par un échec cuisant et une humiliation mémorable pour le monde arabo musulman quand il a tenté de s’imposer face à la civilisation la plus puissante qui soit. Il en pleure encore aujourd’hui. Il devrait surtout se poser des questions au vu des résultats. D’un côté, le triomphe du monde occidental. De l’autre, des pays musulmans dans le marasme, dont des ressortissants ont fui en masse pour vivre en Occident même si certains sans fierté comme vous passent leur temps à gémir et à vitupérer contre leur pays d’accueil. Quelle extraordinaire réussite ! Comme quoi certaines civilisations sont mieux loties que d’autres. Espérons d’ailleurs que la Chine parvienne à redresser le tir en Afrique du Nord et plus généralement en Afrique. Les travaux sont herculéens, vu la situation. Mais la Chine possède la puissance financière en plus d’une civilisation puissante.
    En tout cas avec vous, tout ça n’est pas prêt de changer. Mais la France est heureuse de vous compter en son sein. Car au final, vous servez ses desseins de façon infinitésimale et en rechignant certes pour vous donner bonne conscience. Ce qui est clair c’est que vous n’apportez absolument rien en revanche aux pays musulmans. Pour ça, il faudrait en effet un peu plus de courage, un peu moins d’opportunisme et d’hypocrisie.

  9. Kalim ainsi le christianisme est né 400 ans avant la naissance de Jesus…..vous battez Onfray historien genial qui place la naissance du christianisme vers l’an 1000 apres Jesus( qui d’apres lui n’a jamais existé…)

    • @sylvie anne. Non il dit que le christianisme est né 400 ans APRES JC. Il confond avec l’élaboration progressive du dogme catholique qui a défini l’orthodoxie du christianisme en Occident le pauvre bougre, en particulier avec la doctrine de la sainte trinité qui s’est imposée suite au concile de Nicée puis au concile de Constantinople au IVeme siècle. Évidemment que le christianisme est né au Ier siècle au moyen orient du temps de Jésus et a d’ailleurs diffusé dès le IIeme siècle dans le sud de la Gaulle. La communauté de Lyon fut d’ailleurs persécutée en 177, comme l’atteste une lettre copiée dans L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée.

    • Le christianisme est né au 4ème siècle APRES Jésus-Christ (mélange des cultes païens (la plupart orientaux suite aux différentes campagnes des soldats qui les ont adoptés) de Rome : les dieux devenus saints avec le message de Jésus). Le symbole de la croix (dieu soleil égyptien) a été institué en même temps et a remplacé souvent par inquisition les autres doctrines et textes surtout au moyen-orient car la pénétration du christianisme en Europe a débuté en ce temps là également.
      Avant, on parlait d’adeptes de Jésus et la trinité n’était point leur doctrine. Le blasphème a permis de lutter contre les adeptes de Jésus et leurs textes en premier lieu (tous disparus de nos jours). Ils étaient unitariens avec Issa as en tant que prophète. En araméen, on dit Elah et Allah qui a la même prononciation que Allah : Le Dieu. Par exemple, chrétiens et musulmans disent Bismi(e)lah où Elah=Dieu se retrouve dans ce mot. Ainsi, nous prions bel et bien le même Dieu, Le Dieu, l’Unique. La différence tient en Jésus (du moins entre trinitaires et unitariens) et les saints (anciens dieux car le contenu est plus ou moins le même). Ainsi pour beaucoup dont je pense vous faites partie, Jésus vient de Yasu qui viendrait de Yéshua (signification en hébreu de “Yahvé sauve” d’où la subtile confusion). Le Coran dit que son nom est Issa et à l’instar de la découverte récente de la signification de Moussa (le nouveau né) (Moïse), l’archéologie a démontré qu’il n’est pas porteur de la signification et prononciation hébraïques mais égyptienne antique car c’est Pharaon qui l’a bien nommé Moussa. Concernant Marie, nous sommes d’accord sur Myriam. Alors, la question est pourquoi sommes-nous d’accord sur Allah, Myriam mais pas Issa Jésus-Yasu. Qui est Yavhé? Bref, la réponse est historique et les textes qui prouvent son véritable nom sont bien cachés sauf si vous connaissez une copie d’un Evangile d’avant le Coran (entre copies anciennes et réelles j’entends). Les juifs ont démontré leur erreur sur Moussa as, en quoi cela confirmerait que Jésus s’appelait Yéshoua? Pour l’instant, ils ont eu tort et les musulmans raison en comparant les textes respectifs.

      Onfray est un religieux athéenéen. Son traité d’athéologie le démontre car il dévoile les fondements ahurissants d’irrationalisme de sa croyance.
      S’il date cela à l’an mille ap J-C, c’est qu’Onfray parle de l’orthodoxie et du catholicisme ou grand schisme.

  10. Jolie fable kalim. En attendant vous vivez en Occident et vous en êtes un produit comme l’islam est un produit du christianisme et surtout du judaïsme. Il va falloir vous y faire. L’Occident est toujours au firmament sur absolument tous les plans (scientifique, économique, culturel, politique, …), alors que le monde arabo musulman ne produit rien de remarquable depuis des siècles. Pire les nations arabo musulmanes sont championnes de l’iniquité et s’enfoncent dans l’obscurantisme. Qui d’ailleurs a envie d’aller y vivre ? Pas vous à l’évidence …

    • Oui, vous êtes un produit arabomusulman, tout à fait, on prie tous ensemble dans une mosquée ou université, d’où mon amour effectivement pour l’occident junior en pleine crise de puberté. Dur à gérer. La science universitaire et doctorale mère est l’islam. Que de merveilles, elle produit n’est-ce pas. Bravo pour votre apprentissage ici même.

      • “l’occident junior en pleine crise de puberté”, heureusement que Kalim le grand est là pour nous ouvrir les yeux….c’est amusant, cette inversion de position.
        Mais mon chère Kalim, si c’est notre société qui est en pleine déconfiture, comment expliquer que vous choisissiez d’y vivre? comment expliquer les queux devant les consulats? Comment expliquer que JAMAIS au grand JAMAIS vous n’échangeriez votre place avec un habitant de vos paradis sur terre?
        Dans l’attente de vous lire, même si je sais bien que comme d’habitude vous ne répondrais pas.

  11. Tout d’abord excellent article. Merci encore à l’auteur de signifier que les intellectuels hors propagande sont encore raisonnés même si mis à l’écart du temps politique et idéologique dans notre pays. Oui, la France est un peu dans le désaroi depuis Chirac quant à son positionnement pour trouver un équilibre qui puisse servir nos intérêts.

    Il n’y a rien de nouveau pour tout bon lecteur de l’histoire complexe universitaire (jusqu’à nos jours) et non des livres de romans historiques. Quand on fait fonctionner un tant soit peu son esprit critique, on s’aperçoit que le messianisme est de tout temps responsable de toutes les guerres au proche et moyen-orient. La source du problème est biblique, judéo-chrétienne, judéo-sioniste, christiano-sioniste et ceci depuis que le christianisme est né (~400 ans ap J-C) ainsi que le judaïsme (~2 ans ap J-C même si il a débuté 2 ou 3 siècles avant en réalité sous une autre forme et que son germe se trouvait déjà agissant dans la partie du peuple de Moussa as).
    La distanciation du judaïsme et du christianisme par rapport aux textes musulmans (Thora, Evangile, Coran) est intéressante à étudier car elle permet de comprendre qui sont parmi eux les gens du Livre. Tout est dans le Noble Coran, il ne s’agit pas ici de faire de l’exégèse mais de signifier ce qui les perturbe au plus haut point dans leur projet massianique. A la différence de l’auteur, je ne pense pas qu’il y ait quiproquo mais bien au contraire, qu’ils sont tellement au fait que leur malaise est assourdissant tant il les assomme.

    “Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarche sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Égypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
    Professeur Ze’ev Herzog : chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

    La question qui commence à trouver des réponses est : Mais où donc David et Salomon ont-ils vécu? De leur vrai nom Daoud et Sulayman. Ni temple magnifique, ni royaume splendide, ils vécurent à l’instar de ce que le Noble Coran le dit. Pire (pour les sionistes bibliques), les preuves se multiplient dernièrement sur la région de plus en plus probable de l’endroit où ils vécurent, confirmant ainsi le Noble Coran et contredisant la Bible. Et là, ni hébreu, ni grec mais encore une fois l’arabe. Un territoire qui démontre l’origine arabomusulmane du judaïsme et du christianisme jusqu’à la démonstration de l’origine païenne arabe du … messianisme actuel.

    “Ceux qui n’y croient pas cherchent à la hâter; tandis que ceux qui croient en sont craintifs et savent qu’elle est la pure vérité. Et ceux qui discutent à propos de l’heure sont dans un égarement lointain.”
    s42v18

    Je suis en effet d’accord pour un constat : l’échec patent, historique, biblique de l’occident judéo-chrétien. Je suis également d’accord sur l’échec de la capacité à vivre avec l’autre de manière apaisée en Europe et en occident. Ils ont une certaine incapacité à accepter un juif ou un musulman même s’ils partagent plus d’un millénaire d’histoire commune. En France, si l’inquisition est une histoire complexe et douleureuse, si protestant vs catholique fut une bataille horrible, il ne faut pas oublier le génocide des vendéens non plus car de nos jours, les athées démontrent le même trait culturel que les catholiques ou protestants intégristes, à savoir, leur incapacité à vivre avec les autres sans que cela ne soit une copie conforme d’eux-même jusque dans le logiciel cérébral et physique. L’athéisme est devenu de fait une religion de moins en moins tolérante.

    De nos jours, nous subissons les tumultes des guerres messianistes et de leurs plans machiavéliques que la France est contraintes d’adopter malgré elle. De fille aînée de l’église, elle est devenue fille aînée du messianisme. L’empire messianiste avait cru que l’histoire était finie, que l’islam allait être démentelé, décortiqué et que les temps messianiques étaient arrivés. Il s’agissait dès lors de diviser juifs et musulmans d’orient (d’où le sionistan), chrétiens et musulmans d’orient (d’où l’attaque féroce contre la Russie), chiites vs sunnites afin de casser les fondements de cette zone civilisationnelle pour ne garder que des artéfacts dominés qui s’effaceraient avec le temps. Le constat évident est un échec sur tous les fronts et la fin de l’hégémonie messianiste qui risque de faire encore des remous pendant un certain temps. Ils n’apprennent rien de l’Histoire, on ne peut détruire la source de ce qui nous constitue sans finir chaos bien avant son peu probable épuisement. Mais l’occident judéo-chrétien est une zone civilisationnelle très jeune : 2100 ans à peine qu’ils possèdent l’écriture alors que le proche et moyen-orient, sage, ancien, c’est plus de 10 000 ans d’histoire au moins.

    Pour résumer le monde de nos jours, il y a une belle expression : c’est la fin de la domination de la périphérie sur le centre de La Civilisation.

    PS: quant à ces temps troubles de délation et de dénonciation où le juif est devenu musulman, c’est assez facile à résumer. Suite au massacre des juifs, l’Europe fut chaos s’il n’y avait le plan Marshall pour la redresser, bien que depuis dominée par les USA. Suite au massacre des musulmans, l’Europe a connu le moyen-âge, l’inquisition et les guerres intestines monstrueuses. Ces temps n’annoncent pas qu’une période sombre pour les musulmans ou les juifs. Très loin de là. Espérons que la raison reprenne le dessus sur l’idéologie politique dominante actuelle qui n’a ni couleur ni parti. L’oppression des faibles et des minorités indique l’autodéfaite des forts à cause de leur propre incapacité intolérante et leur folie aveugle et sourde, surtout au niveau international.

  12. Il y a bien sûr dans la société capitaliste en crise (cyclique) la réponse du « diviser pour régner » et la recherche du bouc-émissaire, ce qui se produit à un rythme accéléré à mesure que cette société s’achemine vers sa crise finale, globale. Mais il y a dans ce contexte la question du néopolytheisme consumériste de l’avoir lié au capitalisme auquel répond « par le haut » le monothéisme, l’Unicité, voire simplement la lutte pour le progrès social dans une vision se voulant matérialiste mais contribuant aussi à éradiquer et délégitimer les fausses idoles du marché. Cela explique pourquoi l’antisémitisme a visé les juifs qui étaient à la fois des bouc émissaires et aussi une population qui, en Europe, ne croyait pas au polythéisme, dans sa version soft chrétienne trinitaire+culte des images saintes+culte des saints ou dans sa version hard, matérialiste, consumériste, bourgeoise, injuste, capitaliste. D’où l’antisémitisme judéophobe. Mais, aujourd’hui, les porteurs d’Unicité en Occident, les dénonciateurs des fausses divinités et du système injuste, ce sont plus souvent, pour des raisons de position sociale, de classe, les musulmans, de par leur religion ou seulement de par leur culture du scepticisme envers les passions stériles et terre-à-terre, comme l’ont été autrefois en Europe les juifs dénoncés comme « judéo-bolcheviks”. L’islamophobie n’est donc en fait que la nouvelle forme prise par l’antisémitisme, la lutte des forces de régression « reptiliennes » néo-polythéistes contre les forces de l’Unicité. On devrait donc parler d’antisémitisme judéophobe puis d’antisémitisme islamophobe. Car le lien entre les deux est clair. Les juifs, à cause du fait qu’ils ont été souvent pris en otage par les sionistes, sont trop souvent devenus aujourd’hui des néo-polythéistes de fait, adorateurs d’une partie au dépens du tout, et ce sont donc souvent les musulmans qui les remplacent objectivement sur le terrain du refus des fausses idoles. D’où l’islamophobie qui n’est que de l’antisémitisme à une nouvelle étape, la lutte contre le « sémitisme », l’esprit sémitique, le souffle sémitique, le souffle de la trajectoire prophétique, messianique, progressiste.

    • Baraa ! Si la société capitaliste est en crise, alors que dire de la société arabo-musulmane en crise et décadente depuis des siècles ??
      Quand donc les musulmans comme vous vont-ils arrêter de se plaindre ? Ca devient fatigant.
      Je vous trouve un goût prononcé pour les théories fumeuses. Vous savez ou ne voulez pas savoir, ça ne change rien à la réalité : vous êtes en décadence depuis trop longtemps.

  13. les juifs ne sont pas sémites en grande majorité,donc le mot antisémitisme a leur égard est erroné,1 juif c’est quelqu’un qui pratique 1 religion le judaisme,et non 1 race,il n’y a pas de race juive,1 sémite c’est 1 arabe,il y a des arabes qui sont chretiens et musulmans,netanyahu est khazar donc turc,tout comme bhl est berbère,comme enrico macias de son vrai nom gaston ghrenassia,tout comme patrick bruel de son vrai nom maurice benguigui

  14. Leroy cohen

    Il n’y a que les colons comme toi pour venir oser sur un site musulman nous balancer ta propagande qui dit que l’islamophobie ne s’attaquent pas à ses croyants ??!?!!! Evidemment elle ne s’appliquent qu’aux martiens…

    • Il a raison: La peur de l’Islam et des idées qu’il véhicule n’est pas la même chose que d’avoir peur d’un musulman. Il y a un seul Islam, par contre plusieurs type de musulmans.

      L’islam est intransigeant avec les non musulmans, c’est écrit.

      Tous les musulmans ne sont pas intransigeant avec leur prochain non musulmans…

      Faudrait juste un jour que tous les musulmans se mettent d’accord sur ce qu’est le vrai Islam…

      • Et qu’on arrête d’insulter les contradicteurs en les faisant passer pour juifs, ce qui chez les racistes islamistes est une habitude. Combien de fois ai-je été traité de “Leroy Cohen” ?
        Et que, quand je proteste, la censure arrête de me censurer !!! Alors qu’elle laisse les racistes s’exprimer, lorsqu’ils sont musulmans.

  15. L’antisémitisme est un racisme qui s’attaque à un peuple, à des individus. A ne pas confondre avec l’islamophobie qui est la peur et la critique d’une religion, et non de ses croyants. Toutes les religions sont critiquables et le catholicisme en sait quelque chose. Aucune religion n’a droit à un statut de faveur.

  16. Désolé Mr Ajar, ma plume (mon clavier) a dépassé ma pensée. C’est évidemment “Cher Monsieur” qu’il fallait lire au début de ma note.
    En vous renouvelant mes excuses. M.O.

  17. Chère Madame,
    Il me semble qu’il y a confusion: ceux que l’on appelle “les Arabes” (est-ce vous ou Odon Vallet qui a oublié la majuscule ?), c’est à dire environ 370 millions de personnes vivant entre le Sénégal et l’ouest de l’Iran en passant par la côte somalienne, qui parlent la langue arabe, sont bien loin d’être tous des Sémites (majuscule). Il en est de même des 15 millions de Juifs éparpillés à travers le monde. Je pense qu’Odon Vallet parlait alors des langues, des origines sémites de l’arabe comme de l’hébreu.
    Enfin, et à titre personnel, je n’aime guère ces distinctions (islamophobie, antisémitisme, négrophobie, homophobie, romaphobie, asiatophobie…etc.) qui ne servent qu’à masquer ou justifier les différentes faces d’un même mal: le racisme. Chaque forme de racisme est unique mais ce qui est commun c’est la haine d’une partie de l’humanité. Il faudrait réécrire les paroles de Franz Fanon sous cette forme à l’adresse de tous les racisés (ou racisables): « Quand vous entendez dire du mal des …. prêtez l’oreille, on parle de vous »

  18. Aucun musulman n’est antisémite. Les arabes sont sémites.
    Il faut être un raciste pour être antisémite.
    Seule une réalité à deux visages est islamophobe.

    L’Iran est le berceau de l’islamophobie.
    Les Européens restent des enfants de cœur devant l’islamophobie du culte des morts.

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