Le gouvernement espagnol a officialisé ce mercredi la fin de mission de son ambassadrice en Israël, Ana Sálomon, rappelée à Madrid depuis septembre 2025 après un nouvel épisode de fortes tensions diplomatiques avec le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu. La décision, publiée au Bulletin officiel de l’État et entérinée par le roi Felipe VI sur proposition du ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares, met un terme au mandat de la diplomate, en poste à Tel-Aviv depuis juillet 2021.
Ana Sálomon avait été rappelée à Madrid le 8 septembre 2025 « pour consultations », une mesure diplomatique utilisée pour marquer une protestation officielle entre États. Madrid dénonçait alors des accusations jugées « calomnieuses » de la part d’Israël ainsi que des mesures prises contre les ministres espagnoles Yolanda Díaz et Sira Rego. Cette décision s’inscrit dans la ligne adoptée par le gouvernement de Pedro Sánchez, l’un des rares en Europe à dénoncer le génocide à Gaza, selon les mots employés par Madrid pour qualifier l’action militaire israélienne.
Avec cette décision, l’Espagne devra désormais désigner un nouveau chef de mission et obtenir l’agrément des autorités israéliennes si elle souhaite rétablir une représentation diplomatique au plus haut niveau. Israël, de son côté, ne dispose toujours pas d’ambassadeur à Madrid.
À l’heure où de nombreuses capitales européennes s’enferment dans une prudence diplomatique qui confine souvent au silence, la position de Madrid tranche par sa clarté. En dénonçant le génocide à Gaza et en assumant des gestes diplomatiques forts face au gouvernement de Benjamin Netanyahu, l’Espagne apparaît aujourd’hui comme l’une des rares voix en Europe à refuser la banalisation de la tragédie palestinienne. Pour beaucoup d’observateurs, cette prise de position contribue à préserver ce qu’il reste de crédibilité morale et politique au continent européen face au génocide qui se déroule à Gaza.



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