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Ces journalistes français qui ont bronzé à l’œil sous Ben Ali…

La déliquescence de la dictature tunisienne a sonné le glas des jours bénis de la sphère politico-médiatique française, quand certains ministres, à l’instar de Michèle Alliot-Marie qui a confondu voyages d’agrément aux frais de la princesse avec son sacerdoce de Chef de la diplomatie, ou certains responsables de médias et autres journalistes de renom se voyaient offrir de divines escapades au pays du Jasmin.

« Quand le gratin de la presse française bronzait aux frais de Ben Ali », c’est sous ce titre éloquent que le Canard Enchaîné a publié un document de l’agence de communication Image 7, révélant les transhumances estivales de la crème de l’aristocratie médiatique française vers la Tunisie, là où la tyrannie au soleil et dans l’enceinte dorée des palaces passait pour le plus doux des edens…

« Nous avons organisé de nombreux déplacements pour des dirigeants de médias et des journalistes français. Ceux qui ont participé à ces voyages ont spontanément reconnu avoir changé d’opinion sur le pays », cette note, rédigée le 23 avril 2008, émane de Marie-Luce Skraburski, en charge du dossier tunisien pour Image 7 et épouse de Michel Boyon, président du CSA. Elle était adressée au patron de l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), l’organe de propagande du régime de Ben Ali.

Qui furent ces privilégiés en villégiature, triés sur le volet, qui se sont empressés de mettre un mouchoir sur la parcelle d’éthique qui sommeillait en eux ?

« Bienveillants » à l’égard du pays et sensibilisés au souci de « promouvoir l’image de la Tunisie » dans leur média respectif, Etienne Mougeotte (Le Figaro) , Jean CLaude Dassier (LCI), Nicolas de Tavernost (M6) ou Dominique de Montvalon (Le Parisien) auraient bénéficié, en contrepartie de publi-rédactionnels laudateurs, de « séjours les pieds dans l’eau » payés par l’ATCE.

Gérard Gachet de Valeurs Actuelles aurait, pour sa part, séjourné “en vacances cinq jours à Touzeur, en juin 2004“, avant d’être « promu responsable de la communication d’Alliot-Marie aux ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères ». Quand la Tunisie servait de rampe de lancement…

Le nom de Françoise Laborde, membre du CSA, est aussi cité. Cette dernière aurait, fin 2004, alors qu’elle était présentatrice du journal de 20 heures de France 2, bénéficié des faveurs de l’ATCE pour faciliter son séjour en famille en Tunisie.

Selon le Canard enchaîné, Image 7 aurait tissé un « discret réseau d’influence » depuis la fin des années 1990. Un réseau chapeauté par la directrice de l’agence en personne, Anne Méaux, que celle-ci aurait monnayé « 150 000 euros par an d’abord, puis 200 000 en 1998 et davantage les années suivantes ». Quand la Tunisie représentait une manne providentielle…

Mirage démocratique, le havre de paix tunisien a acheté le silence coupable du parisianisme, aveuglé par les largesses d’une autocratie qui avait ainsi les coudées franches pour museler, emprisonner et spolier son peuple en toute tranquillité. Quand la Tunisie faisait triompher les deux vertus cardinales de notre époque : la soif de pouvoir et la vénalité…

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