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 « Le capitalisme : Un génocide structurel », un livre du journaliste Garry Leech

Lorsque l’on évoque les génocides au nom d’idéologies diverses, il est facile de pointer du doigt le communisme avec des personnages comme Staline ou Pol Pot, le nazisme d’Hitler, le fascisme de Mussolini… Le polymorphisme du capitalisme rend cette personnification moins évidente. 
Voici donc un ouvrage aussi essentiel que révélateur sur ce sujet : « Le Capitalisme : Un génocide structurel » qui, de façon méthodique et empirique, décortique le système génocidaire  du capitalisme. Il remet en cause la mondialisation néolibérale, et montre aussi comment les révolutions d’Amérique Latine peuvent établir les fondations d’une alternative mondiale viable, plus égalitaire, plus démocratique.
Dans le sillage de la crise financière globale et des coupes sombres budgétaires appliquées par les gouvernements dans le monde entier, tous les « Indignés » de la Terre, qu’ils participent au Printemps arabe, au mouvement Occupy Wall Street, aux révolutions d’Amérique Latine ou aux manifestations contre l’austérité en Europe, trouveront sans nul doute dans ce livre un guide pour continuer le combat.
La logique intrinsèque du capital le pousse à exploiter le moindre recoin de la planète, et les inégalités et la privation des droits fondamentaux qui en résultent pour des milliards d’êtres humains sont donc des composantes immanentes du capitalisme. Les trois bras armés de ce rapport de domination sont : l’OMC, le FMI et la banque mondiale qui, contrairement aux idées reçues, ne sont pas là pour aider les pays « en développement » mais pour perpétuer ce système inhumain, protégeant les intérêts des pays occidentaux au détriment des autres.
Quatre études de cas seront examinées pour illustrer la manière dont le capitalisme constitue un génocide structurel qui assassine plus de dix millions de personnes chaque année.
La première montre comment la politique de « libre-échange » mise en œuvre par l’ALENA a dépossédé de force près de deux millions de paysans mexicains qui ont dû quitter leurs terres, se retrouvant ainsi privés de leurs moyens de subsistance. Délinquance, trafic de drogues, armes… sont la résultante de cet exode rural forcé.
La deuxième étude de cas examine les suicides des fermiers en Inde. Depuis 1997, plus de 16 000  paysans indiens mettent fin à leurs jours chaque année, car ils n’ont aucun moyen honorable d’échapper à leurs dettes exorbitantes. Des dettes qui avaient été contractées lors de leur intégration dans « l’économie mondiale ».
La troisième étude de cas démontre comment la violence structurelle ne rend pas seulement les gens de plus en plus vulnérables à la violence physique directe, mais les tue aussi, réellement et directement. Chaque année, plus de dix millions de personnes dans le monde meurent de faim et de maladies qui sont évitables ou soignables, telles que le paludisme, la dysenterie, la tuberculose et le sida, l’Afrique sub-saharienne étant la région la plus touchée. A titre d’exemple, 300 000 Africains sont, tous les ans, affectés par la maladie du sommeil (mouche tsé-tsé). Un seul traitement existe depuis …70 ans et n’a pas évolué depuis, car les entreprises pharmaceutiques l’estiment non rentable !!!
La quatrième et dernière étude de cas examine à quel point le capitalisme est non pérenne sur le plan écologique et révèle qu’il constitue, en l’espèce, une forme de génocide structurel contre les générations futures. […]
Mais il n’est pas suffisant de conclure que le capitalisme constitue un génocide structurel et qu’il devrait donc être considéré comme un système social illégitime ; il est essentiel d’imaginer une transformation sociale radicale de la société vers une alternative plus démocratique, égalitaire et viable.
Leech développe une brève réflexion sur l’émergence d’expériences socialistes en Amérique Latine contemporaine, en particulier au Venezuela et à Cuba, et sur la nécessité d’incorporer des approches « écosocialistes », afin de répondre efficacement à la crise écologique. Il ressort de son analyse qu’une transformation révolutionnaire est un passage obligé, si nous voulons mettre un terme au génocide structurel du monde moderne. Cet ouvrage se concentre sur le capitalisme, en tant que génocide structurel, et soutient qu’un système social alternatif plus humain pourrait mettre fin à ce crime contre l’humanité.
Garry Leech est un journaliste indépendant.  il dirige aujourd’hui  le Centre des Études Internationales de l’université de Cap-Breton au Canada, où il enseigne au Département de Sciences Politiques. Il est l’auteur de nombreux livres : “The Failure of Global Capitalism: From Cape Breton to Colombia and Beyond” (CBU Press, 2009), “Beyond Bogotá: Diary of a Drug War Journalist in Colombia” (Beacon Press, 2009) et “Crude Interventions: The United States, Oil and the New World Disorder” (Zed Books, 2006). 
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