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Une Britannique en hijab noir, traitée de “terroriste” par son employeur, porte plainte pour discrimination

Recrutée depuis plus d’un an au sein d’une agence immobilière ayant pignon sur rue à Bury, une localité située dans le comté du Grand Manchester, revêtue d’un voile noir qui n’avait pas été un frein à son embauche, quelle ne fut pas la stupeur d’une jeune femme musulmane d’être soudainement prise en grippe par sa hiérarchie, alors même que ses compétences, son adaptabilité et sa rigueur professionnelles n’étaient plus à prouver.

Sommée du jour au lendemain d’arborer un hijab d’une autre couleur que celle symbolisant désormais, dans l’inconscient collectif, les ténèbres du « terrorisme islamiste », cette employée modèle n’a pas supporté de faire subitement figure d’épouvantail sur son lieu de travail, s’entendant dire, effarée, par son directeur et l’un de ses collègues : « Vous ressemblez à une terroriste. La clientèle majoritairement blanche et non musulmane est intimidée et effrayée à votre vue ».

Elle qui se croyait parfaitement intégrée à l’entreprise, sans que son islamité visible n’ait jusqu’alors posé le moindre problème, a refusé de se plier à cette injonction jugée parfaitement discriminatoire et a présenté sa démission une semaine après une réunion particulièrement humiliante, au cours de laquelle le gérant de l’agence a cru bon de lui imposer le port de hijabs colorés choisis par ses soins.

« J’ai été extrêmement choquée par sa demande qui ne souffrait aucune discussion et plus encore par les raisons invoquées », a confié au journal The Independent cette négociatrice en immobilier voilée, passionnée par son métier, qui a immédiatement porté plainte auprès du tribunal administratif de Manchester pour avoir subi un traitement « intimidant, dégradant, hostile et offensant », se disant victime de « discrimination religieuse illégale ».

« Que je reçoive ou non une indemnité pour le préjudice moral et matériel qui résulte de cette triste affaire, ce n’est pas là l’essentiel à mes yeux », a-t-elle insisté, renchérissant : « Ce qui revêt une importance primordiale pour moi, c’est que mon cas serve d’avertissement aux employeurs, car une telle pression exercée sur un employé est absolument et catégoriquement inacceptable. Les jeunes femmes musulmanes, qu’elles soient écolières, lycéennes ou qu’elles essaient de se frayer un chemin dans la vie active ne doivent jamais sacrifier leurs croyances religieuses et leur identité musulmane sur l’autel d’une islamophobie banalisée ». Une islamophobie qui, en l’occurrence et comme cela se produit fréquemment, ne dit pas son nom…

Alors que la Cour européenne de justice, en mars dernier, a autorisé les employeurs à proscrire le port du voile dans l’entreprise, dans le cadre d’un règlement interne s’appliquant à tous les autres signes religieux et politiques, cette citoyenne britannique place tous ses espoirs dans le verdict qu’énoncera, le 20 juillet prochain, le tribunal administratif de Manchester.

Elle a en effet toutes les raisons de croire que son statut de victime d’une discrimination religieuse abusive sera reconnu par la justice, puisque pour plaider sa cause elle se réfère scrupuleusement aux règles d’or de son agence immobilière, gravées dans le marbre d’un petit manuel à usage interne, selon lesquelles « l’agence Harvey Dean s’engage à ne pas influer sur les choix individuels en ce qui concerne l’apparence extérieure de son personnel ». Une règle dont elle a constitué la flagrante exception…

 

2 commentaires

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  1. Je ne sais pas , les hommes détestent le noir, le noir attire les femmes.
    Entant qu’homme musulman, je n’ai jamais porté un vêtement noir.
    Il faut voir le problème du point de vue scientifique, quand on porte le noir , on a moins chaud.

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