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Bernie Sanders, le seul candidat juif de la présidentielle US, candidat préféré des musulmans américains ?

A défaut de pouvoir créer la surprise dans la course effrénée à la présidentielle américaine, Bernie Sanders, le sénateur démocrate du Vermont de confession juive, a réussi toutefois à surprendre son monde, notamment les électeurs musulmans et les militants pro-palestiniens d’Amérique, en faisant sauter le bâillon qui empêche de critiquer la politique colonialiste israélienne, tout en refusant de se prêter à l’exercice quasi imposé des ronds de jambes et des courbettes lors du fameux sommet de l’American Israël Public Affairs Committee (AIPAC), ce passage obligé pour tous les prétendants au bureau ovale.

Contrastant avec la rhétorique furieusement islamophobe et xénophobe, mais extraordinairement conciliante envers l’Etat hébreu de Donald Trump, son ennemi juré, le discours remarquablement apaisé de Bernie Sanders appelle, avec courage et constance, à la reconnaissance de la souveraineté de la Palestine et à la pacification, juste et équitable, du « conflit israélo-palestinien », insistant sur le fait que « La paix signifie aussi la sécurité pour chaque Palestinien. Elle signifie l’obtention de l’autodétermination, des droits civils et du bien-être économique pour le peuple palestinien. Il y a trop de souffrance à Gaza pour que l’on puisse l’ignorer ».

Redoutant plus que tout autre les terribles hoquets de l’histoire, le candidat démocrate, qui se dit « fier » de sa judaïté, a récemment exhumé les heures sombres du nazisme devant son auditoire captivé du Milwaukee, relatant avec émotion la fin tragique de sa famille qui a péri dans l’Holocauste, victime parmi des millions d’autres de la politique d’extermination systématique et industrialisée d’un « fou, attisant la haine raciale ». Ce récit autobiographique bouleversant visait à éveiller les consciences sur la haine de l’autre érigée en stratégie par le requin de l’immobilier new-yorkais, mué en piranha de la basse politique, qu’il n’a pas hésité à comparer à Hitler.

« Certains d'entre vous savent que je suis juif », a déclaré Bernie Sanders en préambule, avant de poursuivre : « Mon père a quitté la Pologne à 17 ans pour les Etats-Unis. Lui a pu venir,  d'autres personnes de sa famille n'ont pas pu le faire. Ces personnes sont mortes. Les enfants sont morts … Cela est gravé dans mon cœur, voilà ce qu'un fou peut faire en attisant la haine raciale », a-t-il condamné avec force, comme le rapporte le Washington Post, en espérant provoquer un électrochoc salutaire dans l’opinion.

Blâmant la démagogie sans limites de Trump, qui a poussé l’électoralisme sans foi ni loi jusqu’à exhorter à interdire l’entrée des Etats-Unis aux Musulmans, Bernie Sanders s’évertue à prendre l’exact contrepied du triste sire du populisme US, se faisant l’ardent avocat de ses concitoyens de confession musulmane, plaidant pour la protection de leurs droits civils, religieux et de leurs libertés fondamentales garanties par la Constitution.

C'est bien connu, les mirifiques promesses de campagne n’engagent que celles et ceux qui les reçoivent et les prennent pour argent comptant, mais le sénateur du Vermont assure que ses belles paroles ne s’évanouiront pas à l’air libre si jamais il accède au pouvoir suprême, clamant partout où il passe devant un large public conquis d’avance : « Croyez-moi, les Musulmans et les autres ne vivront pas dans la peur à cause de leur religion, de leur couleur de peau ou de leur origine ».

Ce qui fait dire à certains fins observateurs de la politique américaine que le seul candidat juif de la présidentielle serait en passe de s’imposer comme le candidat « coup de cœur » de l’électorat musulman… De quoi faire devenir vert de rage Donald Trump, le Républicain cramoisi qui se voit déjà roi !

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