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« Plan de génocide » à Gaza : le Guardian interpelle Trump sur sa responsabilité historique

Le Guardian appelle Trump à agir pour stopper l'escalade militaire à Gaza, dénonçant un projet de destruction totale des Palestiniens.

Pourquoi lire cet article :

  • Analyse de la situation catastrophique à Gaza et des accusations de génocide.
  • Appel à l'action des dirigeants mondiaux face à la crise humanitaire.

Dans un éditorial d’une rare sévérité, le quotidien britannique The Guardian appelle le président américain Donald Trump à user de son influence pour faire cesser l’escalade militaire israélienne à Gaza, dénonçant un « projet de destruction totale » qui, selon ses termes, s’apparente de plus en plus à une entreprise génocidaire. Alors que Trump entame une tournée au Moyen-Orient, le journal estime qu’il est « le seul dirigeant disposant du levier nécessaire » pour forcer Israël à accepter un cessez-le-feu durable en échange de la libération des otages. Ne pas agir reviendrait, selon The Guardian, à offrir un blanc-seing à l’« impensable ».

Une guerre d’écrasement assumée

Plus de 52 000 morts ont été recensés par les autorités sanitaires locales depuis le 7 octobre 2023, majoritairement des civils. Le journal décrit une situation catastrophique : infrastructures vitales détruites, aide humanitaire bloquée depuis deux mois, famine imminente. L’intention assumée de provoquer l’effondrement moral et physique de la population palestinienne ne fait plus de doute, au vu des déclarations glaçantes de responsables israéliens.

Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, a déclaré vouloir rendre Gaza « totalement désespérée », ajoutant que la libération des otages « n’est pas la priorité ». Ces mots, d’une violence politique rare, ont provoqué des réactions indignées à l’international. « Rarement ai-je entendu le dirigeant d’un État exposer aussi clairement un plan correspondant à la définition juridique du génocide », a réagi Josep Borrell, ancien chef de la diplomatie européenne, cité par The Guardian.

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Un génocide qui ne dit plus son nom

À ce constat, The Guardian ajoute les avertissements d’experts et d’instances internationales. En janvier 2024, rappelle le journal, la Cour internationale de justice a estimé qu’il existait un « risque plausible » de génocide à Gaza. Depuis, The Guardian souligne que des organisations comme Amnesty International, une commission spéciale des Nations unies, ainsi que de nombreux universitaires – y compris en Israël – ont conclu que des actes génocidaires sont bel et bien en cours.

Ces accusations, note le quotidien britannique, suscitent l’indignation au sein même d’Israël, y compris chez des voix critiques du gouvernement. Pourtant, comme le rappelle The Guardian, les critères posés par la Convention des Nations unies pour la prévention du génocide sont sans équivoque : il s’agit d’actes commis dans l’intention de « détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », notamment par des meurtres ou des conditions de vie rendant leur survie impossible. Dès lors, poursuit le journal, envisager ouvertement la destruction totale de Gaza, chercher à expulser sa population non comme une conséquence du conflit mais comme un objectif stratégique, et anéantir les moyens mêmes de sa subsistance, relèvent non pas d’une simple brutalité, mais d’un projet délibéré d’élimination.

L’Égypte et la Jordanie ont d’ailleurs explicitement refusé d’accueillir les réfugiés palestiniens, affirmant qu’elles ne participeraient pas à un déplacement de population qui s’apparenterait à un crime de guerre.

Le moment de vérité pour Trump

Le journal rappelle enfin que les États, en tant que signataires de la Convention pour la prévention du génocide, ont l’obligation non seulement de punir, mais surtout de prévenir ces crimes. Il accuse les puissances occidentales, États-Unis en tête, de permettre ce scénario par leur soutien militaire massif et leur silence diplomatique assourdissant. Critiquant le cynisme de Donald Trump, qui avait évoqué l’idée de déplacer les Palestiniens pour transformer Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », The Guardian estime que le président américain a aujourd’hui une opportunité unique d’infléchir le cours de l’Histoire. À défaut, il s’inscrira comme complice silencieux d’un désastre moral et humain sans précédent.

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