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Australie : la première femme musulmane Capitaine de la Marine est une femme en or

Femme d’exception qui a su s’imposer, sans jamais se dévoiler, au sein d’un univers militaire largement dominé par la gent masculine, l’Australienne Mona Shindy est la première femme musulmane Capitaine de la Marine à qui sied si bien la palme d’or de la « Femme d’affaires 2015 » décernée par Telstra, le fleuron national des télécommunications.

Riche d’un parcours sans faute qui lui a fait gravir, pas à pas, les échelons de la Royal Australian Navy, et prendre du galon, au fil de ses vingt-six ans de bons et loyaux services, en brisant un plafond de verre réputé incassable, Mona Shindy est un brillant ingénieur spécialisé dans l’armement, doublé d’une conseillère culturelle éprise de tolérance et d’un chef d’entreprise au flair aiguisé, qui s’est toujours fait l’ardente avocate de la diversité et de l’inclusion.

Passionnée et pugnace, cette véritable pionnière a fait ses classes sur des navires de guerre australiens alors qu’elle était tout juste âgée de 23 ans, voilée et l’une des rares femmes à avoir été autorisées à monter à bord pour tester des missiles dans le Pacifique, ne craignant pas d’être en butte au sexisme et aux discriminations, religieuse notamment.

Consciente d’être attendue au tournant, la jeune recrue très prometteuse qu’elle était alors a réussi le tour de force de rester fidèle à ses valeurs musulmanes, tout en apportant une touche féminine dans un corps de Marine, viril par excellence, où sa forte personnalité et l’étendue de ses compétences en ont estomaqué plus d’un. Sa plus belle victoire, parmi tous les combats qu’elle a livrés, étant celle qu’elle a remportée sur elle-même.

« Je veux que les gens soient fidèles à eux-mêmes, qu’ils ne renient rien ni de leurs racines, ni de leurs convictions profondes, et qu’ils puissent affirmer leurs points de vue et être fiers de leurs contributions sans craindre d’être stigmatisés, pointés du doigt, ou méprisés », clame haut et fort l’Officier multi-casquettes Mona Shindy qui, à 50 ans, est à l’apogée de sa carrière.

Une récompense prestigieuse ne venant jamais seule, elle a été récemment promue au poste de Conseiller stratégique de la Marine en charge des Affaires culturelles islamiques, après avoir été décorée de la Croix d’honneur pour son remarquable engagement en faveur de la réduction des fossés culturels, incitant constamment les jeunes musulmans à s’engager dans l’armée.

La célébration du Ramadan fut le premier défi de taille de ses nouvelles fonctions, devant lequel la femme de challenges qu’elle a toujours été s’est révélée à la hauteur de la confiance placée en elle, faisant preuve d’empathie, d’équité et de pragmatisme qui ont fait taire toutes les polémiques, vaines et bruyantes.

"Il y a beaucoup de musulmans australiens qui sont en proie à un malaise et mal-être…  par des campagnes militaires antérieures où nos forces de défense étaient impliquées, et tout cela est naturellement très perturbant pour mes coreligionnaires", observe-t-elle sans se voiler la face, en déplorant grandement que les attentats terroristes qui "violent les prescriptions coraniques, créent un climat anxiogène", de nature à creuser des fossés d’incompréhension et attiser la haine de l’altérité.

Elle a le pied marin et vit à cheval sur deux mondes dans une grande nation dont elle loue le havre de paix multiculturel, le Capitaine Mona Shindy est une prodigieuse source d’inspiration, à la fois pour la communauté musulmane et l'ensemble de  la collectivité australiennes, à l’heure où les violents coups de boutoir du nationalisme et la montée de l’islamophobie sont source de profonds dilemmes et tourments.

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