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Arabie saoudite: la jeunesse commence à bouger

Le Printemps arabe se fraie lentement un chemin en Arabie saoudite, où le mécontentement semble gagner de nouvelles franges de la société. Cette fois-ci, ce sont les étudiants qui ont manifesté leur désir de changement dans une pétition postée sur un blog (youthpetition.wordpress.com) et qui a déjà réuni plus de 2400 signatures. Cette forme de protestation intervient alors que les autorités font preuve de fermeté face aux manifestations de rue qui interviennent fréquemment dans certaines régions du royaume wahhabite, un des pays les plus fermés au monde.

Le texte posté sur Internet est d’une «audace sans précédent», écrit le quotidien As Safir dans son édition de mardi. Les jeunes expriment leur refus de la «tutelle» exercée par «les autorités religieuses sur la société», et dénoncent l’usage de «la force, du pouvoir et de l’influence» et «l’élimination de l’autre». Intitulé «Le manifeste de la jeunesse saoudienne pour la préservation des libertés et de la culture de la différence», la pétition rejette «la tutelle paternaliste», en allusion à la domination exercée sur la société par les pouvoirs politiques et religieux, qui forment une alliance depuis la fondation du royaume wahhabite.

«Nous connaissons nos droits et nos devoirs, indiquent les jeunes saoudiens dans la pétition. Nous ne permettons à qui que ce soit de mettre en doute notre islam ou notre patriotisme. Nous ne permettons pas, non plus, qu’un quelconque courant ou mouvement parle en notre nom, en prétendant détenir le monopole de nous représenter, de nous orienter, de nous conseiller, ou d’exercer sur nous une tutelle sous prétexte de vouloir nous protéger et nous immuniser contre les idées qui sont en contradiction avec son système de pensée». La pétition s’en prend violemment aux autorités religieuses, accusés de pratiquer la «politique de l’élimination de tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elles».

Cette pétition coïncide avec les déclarations d’un éminent juriste et théologien saoudien, Abdallah Oweilet, qui a vivement critiqué la fermeture de toutes les institutions et entreprises, y compris les boulangeries et les pharmacies, à l’heure de la prière pendant 30 à 40 minutes, ce qui paralyse le pays plusieurs fois par jour. Il y a quelques semaines, des étudiantes saoudiennes ont été violemment réprimées par la police après avoir manifesté dans les campus de plusieurs universités pour réclamer l’amélioration des conditions de la femme.

Pendant ce temps, la contestation de faible intensité se poursuit dans les régions Est, riches en pétrole et peuplées en majorité de chiites, qui dénoncent une «discrimination religieuse» à leur encontre. Des incidents entre les forces de l’ordre et les chiites dans les régions de Katif et Awamiya ont fait plusieurs morts et blessés ces 12 derniers mois.

Paru dans le quotidien libanais en langeu arabe As-Safir

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