in

Apartheid : Israël veut se débarrasser de ses députés arabes

Le comité d’éthique de la Knesset a suspendu les députés palestiniens Hanin Zoabi (photo ci-dessous)  et Basel Ghattas des sessions plénières et des audiences du comité pour une période de quatre mois, et le député Jamal Zahalka pour deux mois, selon un communiqué de la Knesset.

Il a ajouté que les trois députés – tous membres de la liste arabe commune – seraient toujours en mesure de voter en session plénière et dans les comités.

Leur suspension survient après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait personnellement mené cette initiative pour les évincer.

Au cours de la réunion hebdomadaire du Cabinet, ce dimanche, Netanyahou a déclaré qu’il avait demandé au procureur général d’Israël de prendre des mesures judiciaires contre les membres de la Knesset pour « être allés réconforter les familles des meurtriers. »

Il avait aussi déclaré : « Je tiens à examiner de nouvelles et plus fortes modifications législatives pour faire en sorte que toute personne qui agit dans ce sens ne sera plus membre de la Knesset israélienne. »

Après son allocution, un projet de loi a été présenté lundi au comité juridique de la Knesset qui pourrait faire en sorte que les députés soient suspendus de leurs fonctions si cette loi était votée par 90 députés – les trois quarts des législateurs d’Israël.

Si ce projet est approuvé par le comité, il pourrait alors être adopté dès la semaine prochaine.

Mais le comité d’éthique de la Knesset a décidé de suspendre les trois députés dès à présent, après que Netanyahu, ainsi que le président de la Knesset Yuli-Yoel Edelstein, aient déposé des plaintes personnelles contre les députés [arabes] auprès du comité.

Le groupe israélien Gush Shalom (Le Bloc de la Paix) a condamné « la campagne démagogique [de Netanyahu] contre les membres arabes à la Knesset. »

Le groupe a déclaré que les députés Zoabi, Zahalka et Ghattas avaient visité les familles des attaquants palestiniens dans le but de contester la politique controversée d’Israël de retenir les corps de Palestiniens tués par balles après avoir tenté des attaques contre les Israéliens.

Il a déclaré que les visites ont été effectuées avec « un but très précis et ouvertement déclaré, pour résoudre un problème humanitaire difficile – à savoir, la politique du gouvernement de retenir les corps de Palestiniens tués et de refuser de les rendre à leur famille pour l’enterrement. »

La pression contre les députés palestiniens a mis à nu une faille profonde dans la société israélienne, à cause de la quelle des groupes de défense des droits de l’homme disent que les Palestiniens – qui constituent un cinquième de la population d’Israël – ont été confrontés à une exclusion systématique depuis des décennies.

La Liste arabe commune – dont les trois députés suspendus lundi étaient membres – a été formée l’an dernier lorsque quatre partis palestiniens se sont joints à la lutte pour les droits de la minorité palestinienne d’Israël. Mais cette liste a fait face à une résistance farouche de l’establishment politique d’Israël.

Gush Shalom a souligné qu’il y avait « une différence fondamentale d’attitude » entre la population juive et palestinienne d’Israël en ce qui concerne les attaques de ces derniers mois.

« La grande majorité des juifs israéliens sont pleinement convaincus que tous les Palestiniens qui ont été ’neutralisés’ et abattus par des soldats et des policiers, étaient de dangereux terroristes qui ’méritaient de mourir’ et qu’il n’y avait eu en aucun cas un usage excessif de la force », dit le groupe.

« Parmi le public arabe en Israël, les opinions sur ces questions sont tout à fait différentes. »

Depuis le début du mois d’octobre, près de 30 Israéliens ont été tués dans des attaques individuelles par des Palestiniens, la plupart d’entre eux étant armés seulement de couteaux.

Quelque 170 Palestiniens ont été abattus dans la même période, dont la plupart selon Israël auraient tenté des attaques, bien que les groupes de défense des droits de l’homme au niveau international ont contesté la version israélienne des fait dans un certain nombre de cas.

Alors qu’Israël a cherché à attribuer la violence à l’incitation religieuse à travers les médias sociaux, les Palestiniens [de Cisjordanie] subissent depuis 50 ans l’occupation militaire israélienne, sans perspective d’une solution politique, et avec un profond sentiment de frustration et de désespoir.

Source : Info-Palestine.eu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Une école publique de l’Hérault dénature la devise républicaine : la “laïcité” plutôt que la “fraternité”

Pour lutter contre le terrorisme, la Tunisie construit un mur de sable de 200 km sur sa frontière avec la Libye