Soufiane Djilali analyse les défis contemporains de l'Algérie dans un monde multipolaire, appelant à repenser son modèle de société.
Pourquoi lire cet article :
- Comprendre les enjeux géopolitiques et économiques de l'Algérie.
- Découvrir la vision de Soufiane Djilali sur la modernité et le développement.
Dans un contexte national et international en pleine mutation, la réflexion sur l’avenir de l’Algérie s’impose plus que jamais. C’est dans cette perspective que nous avons interrogé Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid (Nouvelle Génération), homme politique doublé d’un intellectuel engagé, et auteur du récent ouvrage La modernité : genèse et destin de la civilisation occidentale contemporaine (Editions Les presses du Chélif, Jil Jadid). Dans cet entretien, il revient sur les blocages structurels de la société algérienne, les enjeux géopolitiques contemporains, et esquisse les contours d’un projet de société fondé sur l’équilibre entre autonomie individuelle et cohésion collective. Dans cet entretien dense et sans détour, il revient sur les défis majeurs qui se posent à l’Algérie : la difficulté à penser son avenir, les impasses d’un développement sans vision, les enjeux de la mondialisation et de la démondialisation, mais aussi la place du pays dans un monde désormais multipolaire. Entre lucidité critique et propositions concrètes, Soufiane Djilali appelle à repenser en profondeur le modèle de société algérien et sa stratégie internationale. Une parole rare, à la croisée de la pensée et de l’action politique.
L’Algérie, au cœur du monde de demain
Dans un monde où les équilibres géopolitiques basculent, l’#Algérie se trouve à un carrefour décisif. Fatalisme ou volontarisme ? Repli ou ouverture ? Pour éclairer ces enjeux cruciaux, nous avons rencontré Soufiane Djilali, président du… pic.twitter.com/k1JSJmWmCM— Oumma.com (@oumma) May 17, 2025
Compte rendu de l’entretien avec Soufiane Djilali
Une critique du « fatalisme de l’avenir impensé »
Dans son nouvel ouvrage La modernité : genèse et destin de la civilisation occidentale contemporaine, Soufiane Djilali aborde la problématique de la transition de la société traditionnelle vers la modernité. Pour lui, l’Algérie souffre d’un « fatalisme de l’avenir impensé », c’est-à-dire d’une absence de réflexion réelle et structurée sur le futur du pays. Il précise cependant que ce n’est pas tant le développement économique qui est négligé, mais bien la conception même d’un projet de société moderne. La modernité, en tant que phénomène occidental, doit être analysée pour en tirer des enseignements adaptés au contexte algérien.
Repenser la modernité pour l’Algérie
Soufiane Djilali estime que la modernité occidentale repose sur l’autonomie de l’individu, parfois au détriment de la collectivité. À l’inverse, la société traditionnelle met l’individu au service du groupe. Il appelle donc à la construction d’un modèle équilibré : une société où l’individu est autonome et responsable, mais où cette autonomie ne nuit pas à l’intérêt collectif. Cette vision implique de concilier développement intellectuel, spirituel et matériel avec la cohésion sociale.
L’Algérie face à la mondialisation et à la démondialisation
Soufiane Djilali regrette que l’Algérie ait manqué l’opportunité historique qu’a représentée la mondialisation des années 1990-2000. Contrairement à d’autres pays comme la Chine ou le Vietnam, l’Algérie ne s’est pas ouverte aux investissements étrangers ni à la relocalisation industrielle. Il évoque aujourd’hui un nouveau tournant : la démondialisation. Selon lui, le monde entre dans une ère multipolaire, marquée par le retour des souverainetés économiques. L’Algérie, absente des grands blocs (BRICS, OTAN, UE), doit choisir comment s’insérer dans ce nouvel ordre mondial.
Quelle politique étrangère pour l’Algérie ?
Dans un contexte géopolitique instable, Soufiane Djilali plaide pour une politique étrangère pragmatique et équilibrée. Il suggère que l’Algérie noue des partenariats multiples – avec la Russie pour la défense, avec la Chine pour les infrastructures, mais aussi avec l’Europe, partenaire naturel du fait de la proximité géographique. Il insiste sur la nécessité pour l’Algérie de développer une diplomatie active, axée sur les intérêts mutuels, sans hostilité.
Une mise en garde contre l’instrumentalisation politique
Interrogé sur les tensions franco-algériennes, notamment les déclarations du ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau , Soufiane Djilali déplore une instrumentalisation électoraliste des relations bilatérales. Il rappelle les liens humains profonds entre les deux pays et avertit contre les risques sociaux que pose une rhétorique clivante, en particulier dans une France marquée par des fractures identitaires.
Conclusion
À travers cet entretien, Soufiane Djilali propose une vision nuancée et critique de l’avenir algérien. Il appelle à une refondation intellectuelle du projet national, fondée sur une compréhension lucide de la modernité et de la place de l’Algérie dans le monde. Entre ouverture internationale et cohésion interne, son message est celui d’un équilibre à construire.



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