La Cour de cassation a confirmé, mardi 16 septembre, la condamnation d’Éric Zemmour pour provocation à la haine raciale et injures racistes. Le président de Reconquête contestait une décision de la Cour d’appel de Paris qui, en février 2024, l’avait condamné à 15 000 euros d’amende pour des propos tenus en 2019 lors d’une « convention de la droite ». Ce jour-là, Zemmour avait qualifié les immigrés de « colonisateurs » et décrit le voile et la djellaba comme les « uniformes d’une armée d’occupation ». La plus haute juridiction a jugé son pourvoi infondé, rendant la condamnation définitive.
Mais cette victoire judiciaire ne suffit pas à stopper une machine médiatique bien huilée. Malgré ses multiples condamnations, Éric Zemmour continue d’occuper une place centrale dans le débat public. De plateaux télé en studios de radio, il est reçu comme un acteur politique ordinaire, voire comme un polémiste « incontournable ». Ce multirécidiviste des tribunaux, véritable délinquant de la parole publique, bénéficie d’un traitement de faveur que bien des voix antiracistes ou issues des minorités ne connaissent pas.
Ce décalage entre la sévérité de la justice et l’indulgence des médias illustre une dérive plus profonde. Au nom de l’audience et du « clash », de nombreuses rédactions choisissent délibérément de lui donner la parole, banalisant ainsi un discours que les juges qualifient de haineux. La logique du spectacle l’emporte sur l’éthique journalistique : le scandale fait grimper l’audimat, peu importe qu’il mine le vivre-ensemble et la cohésion sociale. Au-delà du cas Zemmour, c’est toute une conception de l’espace public qui se trouve questionnée. Laisser autant de place à un récidiviste de la haine, c’est faire de l’extrémisme un produit médiatique comme un autre, et habituer l’opinion à l’inacceptable.



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