Au Royaume-Uni, la communauté musulmane s’alarme d’une vague d’attaques et de vandalisme, alors que des mosquées sont vandalisées dans le cadre d’une campagne de promotion du drapeau anglais. Une campagne appelant à pavoiser le pays aux couleurs de l’Angleterre, baptisée « Operation Raise the Colours », suscite des tensions. Portée par d’anciens membres de groupes connus pour leurs positions islamophobes, elle coïncide avec une recrudescence de manifestations anti-immigrés.
Depuis son lancement, plusieurs mosquées et commerces tenus par des minorités ont été vandalisés, tagués de croix de Saint-Georges et de slogans hostiles. À Portsmouth, un homme a été arrêté après avoir agressé verbalement et physiquement des fidèles sortant de la prière, devant des enfants. Dans plusieurs villes, comme à Reading ou York, les symboles de cette campagne patriotique se sont transformés en actes d’intimidation. Des panneaux signalétiques et des façades de mosquées ont été recouverts de drapeaux ou de graffiti agressifs, alimentant un sentiment de malaise au sein des minorités. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène, devenant à la fois le vecteur de ces messages nationalistes et la caisse de résonance des inquiétudes des communautés ciblées.
Face à cette montée des tensions, certaines mosquées ont choisi une réponse pacifique et symbolique. Dans le Wirral, une communauté a décidé d’exposer en vitrage un Union Jack déposé devant son centre, perçu initialement comme une provocation, affirmant ainsi leur fierté d’être « des musulmans britanniques ». Alors que le Premier ministre Keir Starmer a publiquement encouragé cet affichage patriotique, beaucoup lui reprochent son silence face à ces actes racistes et son manque de leadership pour apaiser le climat de peur qui s’installe.
Cette situation révèle une fracture profonde autour des symboles nationaux et de leur réappropriation. D’un côté, une frange radicale instrumentalise le drapeau comme un étendard xénophobe, visant délibérément à exclure et intimider les minorités perçues comme “non-britanniques”. De l’autre, la réaction de certaines mosquées, qui choisissent de retourner le symbole pour affirmer leur appartenance à la nation, illustre une stratégie de résistance pacifique et d’intégration assertive. L’ambiguïté du gouvernement, entre encouragement du patriotisme et absence de condamnation ferme des dérives, laisse persister un flou dangereux qui légitime implicitement ces comportements et risque d’enkyster les tensions.



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