Sollicitations douteuses

Cet article qui a été envoyé à la fois à Oumma.com et au Quotidien d’Oran, permet d’avoir un aperç

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samedi 18 octobre 2008

Cet article qui a été envoyé à la fois à Oumma.com et au Quotidien d’Oran, permet d’avoir un aperçu intéressant des débats sur la politique étrangère algérienne qui ont cours dans ce pays où auront lieu en 2009 les élections présidentielles.

ll n’échappe pas aux aux observateurs avertis ni aux algériens que l’Algérie est sollicitée avec insistance depuis des années pour adhérer ou au moins donner son aval à des projets qui influent, à moyen et long terme, sur sa politique extérieure, sa politique énergétique, sa sécurité et sa politique de défense. Ces projets visent à amener l’Algérie à établir des relations de plus en plus étroites avec l’OTAN, à « ouvrir » sa politique énergétique, à avaliser de manière indolore la version américaine de la paix au Moyen-Orient, d’adhérer à l’Organisation de la Francophonie et, tout récemment, à l’Union pour la Méditerranée. Pour beaucoup, il ne s’agit en l’espèce que d’un habile subterfuge pour proroger les décevants accords de Barcelone.

Ces projets divers se combinent et convergent vers une même objectif, programmé ou induit : détourner l’Algérie de sa vocation de développer une politique extérieure indépendante et enracinée dans sa propre expérience. Une expérience riche, profonde, et, parfois, douloureuse. L’enracinement de cette politique est le gage d’une adaptation nécessaire, lucide et courageuse, aux réalités du monde d’aujourd’hui. Certes, ces réalités sont marquées par des développements positifs dans les relations internationales, mais elles se caractérisent également par des tendances persistantes à la domination, aux manipulations et aux mensonges « décomplexés » ainsi que par le recours aux politiques de force.

Afin de faire plus facilement entériner ces projets, leurs promoteurs prennent grand soin de les revêtir d’apparences acceptables ou au moins inoffensives et consensuelles. Ils avancent prudemment, à pas mesurés, mais avec méthode et détermination. En la matière, l’axe central de la communication en direction de notre pays consiste à entretenir l’illusion que la signature de l’Algérie au bas de ces projets serait l’expression achevée de son retour sur la scène internationale et le signe indiscutable de sa grandeur.

Du coté algérien la gestion de ces grands dossiers est empreinte de tâtonnements, d’hésitations, d’absence de vision et de transparence. L’absence de débats, de concertations, l’effacement du rôle des institutions élues, marques inhérentes au système de gouvernement, est aggravé par une pratique sommaire qui consiste à classer ces grands dossiers dans la gestion courante des relations extérieures et les soumettre, par conséquence, à la même logique de prise de décisions.

La gestion du dossier de l’Union pour la Méditerranée en fournit un exemple édifiant. Alors que l’Union entre pays européens eux-mêmes, avance à partir d’études rigoureuses, de débats contradictoires, de concertations, d’interventions des institutions démocratiques représentatives et de consultations populaires, rien de semblable n’est proposé au peuple algérien. L’opinion publique nationale a tout juste eu droit à un discours fait de généralités et d’évidences et à la mise en exergue de quelques engagements théoriques, tout comme lors la souscription à la déclaration de Barcelone.

Le peuple algérien, meurtri et traumatisé par une longue et sanglante lutte pour sa liberté et son indépendance, est animé, néanmoins, par une volonté d’ouverture et de construction d’un avenir à la hauteur de ses sacrifices. Il est en droit d’être pleinement édifié sur des thèmes importants qui engagent son avenir et risquent de toucher les fondements mêmes de l’Etat démocratique.

L’appréciation globale de ces grands dossiers de la politique extérieure alégrienne appelle, dans l’immédiat, rigueur, prudence et lucidité. Pour l’avenir, si la refonte de la Constitution est sérieusement envisagée, il serait opportun d’encadrer, par des dispositions constitutionnelles claires, les modes de prise de décision sur toutes les questions qui engagent l’avenir de la nation et qui requièrent, par conséquent, un consensus social et politique large et organisé.

Les grands choix de la politique extérieure algérienne méritent la plus grande attention tant les enjeux sont cruciaux à une époque ou se redéfinissent les relations internationales sur la base d’intérêts politiques et économiques bien compris. L’implication du plus grand nombre aux choix stratégiques de politique étrangère est un impératif pour éviter les impasses préjudiciables, éluder les sollicitations douteuses et renforcer l’autonomie de l’expression internationale du pays.

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Auteur : Abdelhamid Mehri

Abdelhamid Mehri est un homme politique algérien. Il s’engage dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA) puis du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) dans lequel il est membre du comité central.Arrêté en novembre 1954, il reste en prison jusqu’en avril 1955. Quelques mois plus tard, il est désigné au sein de la délégation extérieure du Front de libération nationale et occupe le poste de membre du Conseil national de la révolution algérienne, puis celui de membre du Comité de coordination et d'exécution. À la constitution du Gouvernement provisoire, il occupe le poste de ministre des affaires nord-africaines dans la première formation et celui de ministre des affaires sociales et culturelles dans la deuxième. Il est connu pour le projet qui porte son nom, « le projet Mehri » qui constitue une réponse au projet de De Gaulle.

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