Mentir au nom de Dieu

La biologie de l’évolution est un domaine empli de bruit et de fureur. En effet, c’est un domaine qui tou

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jeudi 2 décembre 2010

Mentir au nom de Dieu

1. Savoir de quoi on parle

La biologie de l’évolution est un domaine empli de bruit et de fureur. En effet, c’est un domaine qui touche au cœur même du statut de l’humanité : sommes-nous de glorieux accidents de l’histoire ou notre existence s’inscrit-elle dans un processus, dans une logique quelconque ? Mais cette question absolument centrale pour toute personne voulant un tant soit peu comprendre le sens (ou le non-sens) de son existence est « polluée » par toute une série d’a priori philosophiques et idéologiques et par la dimension affective que prend rapidement le débat.

Plus encore que l’Astronomie, et ce malgré l’énorme impact culturel et historique de l’affaire Galilée, il s’agit du domaine principal dans lequel science et religion se sont affrontées (et dans certains pays, s’affrontent encore). Et cela depuis l’origine, depuis le célèbre débat du 30 juin 1860 (moins d’un an après la parution en novembre 1859 de l’ouvrage fondateur de Darwin, L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle – notez que l’on oublie souvent la deuxième partie du titre) qui a eu lieu à Oxford entre Samuel Wilberforce, l’évêque d’Oxford, et Thomas Huxley qui fut surnommé « Le bouledogue de Darwin » à cause de son énergie à défendre ce dernier.

Le fait que l’histoire des sciences ait plutôt retenu les attaques personnelles qu’échangèrent ces deux grands orateurs (Wilberforce demanda à Huxley s’il descendait du singe par son père ou par sa mère et Huxley lui répondit qu’il préférait descendre d’un singe que d’un évêque[1]) plutôt que leurs arguments montre à quel point le calme et l’objectivité sont difficiles à atteindre dans ce débat.

La distinction essentielle à opérer se situe entre « évolution » et « darwinisme ».

Combien de fois voyons-nous, surtout dans des ouvrages américains, une référence à « l’Évolution darwinienne » ? Il y a là une source sans fin de malentendus dont profitent tous les obscurantistes – qu’ils soient créationnistes ou scientistes.

L’évolution ne signifie rien d’autre que « tous les organismes sont unis par les liens de la descendance. Cette définition ne dit rien au sujet du mécanisme de changement évolutif ». Ces propos de Stephen Jay Gould[2], grand spécialiste à la fois de l’évolution et du darwinisme, ont le mérite de la clarté.

2. L’évolution n’est pas un long fleuve tranquille

Considérons donc comme acquis que la terre est âgée de plusieurs milliards d’années et que de très nombreuses espèces se sont succédées au cours des temps. Comment pouvons-nous prouver l’évolution, c’est-à-dire le fait que ces espèces dérivent les unes des autres au lieu d’avoir été créées séparément ? Peut-être pensez-vous qu’il suffit de montrer que la nageoire d’une baleine, l’aile d’une chauve-souris, le bras d’un homme ou la patte avant d’une souris ont exactement la même structure ?

Mais un créationniste vous fera remarquer que les moteurs des Renault et des Nissan sont les mêmes et que ce n’est pas pour cela que les Nissan ont été engendrées par les Renault vice-versa, mais qu’un concepteur intelligent a conçu ces moteurs et les a utilisés dans de nombreux véhicules différents. Cela a pu être la même chose pour la structure des vertébrés. Le même argument s’applique à l’ADN. Si on le retrouve chez tous les êtres vivants, c’est peut-être simplement parce que le créateur, après avoir inventé ce système déjà très perfectionné, n’a pas jugé nécessaire d’en inventer un autre.

Même l’histoire extraordinaire des gènes homéoboxes n’est pas susceptible de convaincre ceux qui sont réfractaires à l’évolution. Pourtant, il s’agit de quelque chose d’assez extraordinaire. La biologie moléculaire moderne a, en effet, montré que l’on pouvait prendre le gène responsable de la formation de l’œil chez la souris, l’insérer dans le génome d’une mouche, à la place du gène coordonnant la mise en place de l’œil de la mouche, et l’on constate alors que ce gène de la souris est parfaitement capable de coordonner la formation… d’un œil de mouche. Cela n’est-il pas une preuve que des êtres aussi différents que la mouche et la souris partagent un ancêtre commun ? Pas plus, nous diront les créationnistes, qu’une pièce de moteur d’avion puisse parfois servir à dépanner une tondeuse à gazon[3] !

Etant donné que nul ne peut prétendre avoir assisté à des événements qui se sont déroulés bien avant l’apparition de l’Homo Sapiens et que l’on ne constate autour de nous que des microévolutions, c’est-à-dire l’apparition de nouvelles espèces de mouches ou de bactéries mais pas de nouveaux plans d’organisation, on pourrait laisser là ce débat en considérant que les adversaires de l’évolution font preuve de ce que Ken Miller appelle[4] « l’argument d’incrédulité personnelle ». Cela signifie que les preuves selon lesquelles les espèces dérivent les unes des autres, ne sont pas suffisantes pour les convaincre, eux, même si elles paraissent bien plus convaincantes, comme Darwin l’avait déjà montré dans L’origine des espèces, que l’hypothèse selon laquelle les grands types d’êtres vivants auraient été créés séparément. Mais les créationnistes ne basent pas seulement leurs arguments sur leur incrédulité mais aussi sur un certain nombre d’affirmations.

La principale, que l’on retrouve chez tous les créationnistes, qu’ils acceptent ou non l’âge de la terre, est la suivante : « Aucune forme transitionnelle, pourtant soutenue par les Néodarwinistes pour démontrer l’évolution progressive des organismes vivants d’un état primitif à celui développé, n’a été découverte à aucun endroit du globe. » Cette phrase est extraite d’un livre qui a fait beaucoup parler de lui, L’Atlas de la création, énorme ouvrage de 6 kg, haut de 37 cm et comprenant près de 800 pages. Il a été élaboré par un écrivain turc (probablement aidé par toute une équipe), du nom d’Harun Yahya. Bien qu’il ne soit pas biologiste, il mène depuis des années une grande campagne contre l’évolution autour du thème « Les espèces n’ont jamais changé ».

Disposant de moyens très importants, il a envoyé en 2006 cet ouvrage à la plupart des lycées et collèges français ainsi qu’à de nombreux intellectuels, provoquant un remous considérable et une mobilisation contre le risque de désinformation de la jeunesse, surtout celle issue de l’immigration provenant de pays musulmans, susceptible d’être numériquement bien plus importante en Europe que les jeunes concernés par les propagandes évangéliques sur les mêmes thèmes. Le Ministère de l’Education demanda même à des scientifiques de faire une critique de cet ouvrage.

Pendant 580 pages, L’Atlas de la création nous présente de superbes photos, nous montrant que des espèces identiques ou proches des espèces actuelles, ont existé il y a 20, 30, 100 ou 200 millions d’années, et cela dans la plupart des grands domaines du vivant. On peut tout à fait lui accorder ceci. Cela montre simplement que certains espèces n’évoluent pas ou peu, au cours du temps. Ce n’est pas sur ce point que porte le débat.

Il s’agit de savoir si certaines espèces, elles, ont évolué et ont pu engendrer des espèces radicalement différentes. Harun Yahya affirme de façon forte et répétée qu’il n’existe aucune forme transitionnelle, et il cite Darwin : « Pourquoi, si les espèces descendaient d’autres espèces, par des graduations insensiblement fines, ne voyons-nous pas partout d’innombrables formes transitionnelles ? Pourquoi est-ce que la nature n’est pas en pleine confusion, au lieu de ce que les êtres vivants, tels que nous les voyons, soient bien définis ? … Mais, puisqu’avec cette théorie, d’innombrables formes transitionnelles ont dû exister, pourquoi ne les trouvons-nous pas enterrées en nombre considérable dans la croûte terrestre ? … Pourquoi, alors, chaque formation géologique et chaque strate, ne sont-elles pas remplies de ces liens intermédiaires ? La géologie ne révèle en aucun cas une telle chaîne organique finement graduée ; et cela, peut-être, est l’objection la plus évidente et la plus grave qui puisse être prononcée contre ma théorie[5]. »

C’est là que l’on touche du doigt toute la difficulté que les darwiniens peuvent avoir à se défendre contre les créationnistes. Car, en effet, comme nous l’a révélé Stephen J. Gould, un des plus grands paléontologistes du 20ème siècle, la structure des fossiles que l’on trouve dans le sol ne correspond absolument pas aux attentes des darwiniens et de Darwin lui-même. Cela constitue, selon lui, le « secret professionnel » de la paléontologie : « L’extrême rareté des formes fossiles transitoires reste le secret professionnel de la paléontologie.

Les arbres généalogiques des lignées de l’évolution qui ornent nos manuels n’ont de données qu’aux extrémités et aux nœuds de leurs branches ; le reste est constitué de déductions, certes
plausibles, mais aucun fossile ne vient les confirmer[6]. » Gould valide une affirmation qui fut centrale dans le discours de tous les opposants à l’évolution : la structure des fossiles déjà trouvés s’oppose au gradualisme postulé par Darwin. « L’histoire de la plupart des espèces fossiles présente deux caractéristiques particulièrement incompatibles avec le gradualisme :
La stabilité : la plupart des espèces ne présente aucun changement directionnel pendant toute la durée de leur présence sur Terre. Les premiers fossiles que l’on possède ressemblent beaucoup aux derniers ; les changements morphologiques sont généralement limités et sans direction. L’apparition soudaine : dans une zone donnée, une espèce n’apparaît pas
progressivement à la suite de la transformation régulière de ses ancêtres ; elle surgit d’un seul coup et « complètement formée »[7] ! »

Le grand argument des «  darwiniens classiques » ­ qui stipule que si les « chaînons manquants » ne se sont pas fossilisés, cela n’en empêche pas moins l’évolution d’être un phénomène graduel ­ ne tient plus. Le fait que les documents fossiles montrent une stabilité des espèces pendant de longues périodes et des changements brutaux pendant une courte période s’oppose
clairement à une conception gradualiste de l’évolution, comme Gould l’affirme avec force.
Est-ce à dire qu’il faille rejeter l’évolution et retourner à une conception créationniste dans laquelle les espèces sont déposées sur terre « complètement formées » par Dieu ? Les créationnistes n’ont pas manqué d’exploiter les propos de Gould pour aller dans ce sens.

Certes, le néodarwinisme s’est, au cours des dernières décennies, adapté à cet état de fait et prétend, entre autres grâce à l’idée que de macromutations peuvent survenir justement sur ces fameux gènes de régulation ou gènes homéoboxes, que le néodarwinisme peut expliquer une évolution par sauts aussi bien qu’une évolution graduelle. Il n’empêche, et c’est bien là le paradoxe, qu’il est plus facile pour un évolutionniste non-darwinien tel qu’un structuraliste, de défendre l’évolution que pour un darwinien. En effet, les arguments que peuvent présenter les darwiniens sont nettement moins convaincants, étant donné que la structure des fossiles existants ne correspond pas à ce que supposait Darwin. Les structuralistes qui, dans la lignée de Geoffroy Saint Hilaire, soutiennent que la sélection n’est pas le principal facteur de l’évolution, mais que le cours de celle-ci est contraint par l’existence de formes fondamentales ou d’archétypes, seront mieux armés pour expliquer l’apparition de telles formes dans des processus où le hasard est canalisé.

3. Des chaînons manquant qui ne manquent pas

Toute la question est, y a-t-il, oui ou non, des formes de transition, que celles-ci soient nombreuses ou peu nombreuses, qu’elles aient existé pendant peu de temps ou, au contraire, pendant de très longues durées ? Harun Yahya nous dit : « Le scénario évolutionniste va encore plus loin et affirme que les poissons, qui ont évolué à partir d’invertébrés, se sont transformés ensuite en amphibiens. Mais ce scénario ne tient pas non plus, car le moindre fossile prouvant l’existence d’une créature moitié poisson moitié amphibien, n’a jamais été trouvé[8]. » En fait, il n’en existe pas moins de trois.

Le premier fut l’Ichtyostéga qui fut trouvé dès 1932. S’il est déjà pourvu de quatre pattes terminées par des doigts, celles-ci ne sont pas encore assez développées pour lui permettre de porter la totalité du poids de son corps. Il devait donc se déplacer tel un phoque, et s’il n’est plus un poisson, il ne peut pas encore pleinement prétendre au titre d’amphibien. On estime qu’il vivait il y a près de 365 millions d’années. A la même époque, vivait l’Acanthostega, et, lui aussi, possède quatre membres qui ne sont pas encore suffisamment perfectionnés pour lui permettre de marcher correctement, tout en étant très éloigné des poissons.

Mais la preuve définitive vient avec le Tiktaalik découvert en 2004. Comme le montre la Figure 1, on pourrait le considérer, comme l’Ichtyostéga et l’Acanthostega qu’il précède de 10 millions d’années, comme un amphibien très primitif. Il possède des poumons, sa tête est plate comme celle des crocodiles avec des yeux disposés sur le dessus, alors que la tête des poissons est ovale avec les yeux disposés sur le côté, il possède un cou alors que les poissons n’en ont pas, et, néanmoins, … il est bel et bien considéré comme un poisson. Il présente des écailles sur le dos et des nageoires qui se terminent par des rayons. Mais le plus extraordinaire, c’est qu’à l’intérieur des nageoires, on trouve des os correspondant aux bras, à l’avant-bras, et même, à une ébauche de poignets. Ainsi, le Tiktaalik pouvait prendre appui sur ses « paumes » pour faire des « pompes », c’est-à-dire pour soulever son corps, même s’il n’était pas encore capable de marcher.

Neil Shubin, son découvreur, raconte dans un ouvrage qui présente un des meilleurs ensembles de preuves pouvant exister en faveur de l’évolution, que, quand il présenta une reconstitution du Tiktaalik dans une école, et demanda aux élèves ce que c’était, la moitié lui répondit qu’il s’agissait d’un poisson et l’autre moitié d’un crocodile, avant qu’un élève finisse par dire « c’est un peu des deux »[9]. Ainsi, le caractère intermédiaire entre les poissons et les amphibiens du Tiktaalik était si évident que même un enfant s’en rendre compte. C’est donc une profonde désinformation d’affirmer, comme le font l’ensemble des créationnistes, qu’il n’y a pas de formes de transition entre les poissons et les amphibiens. En effet, le Tiktaalik a exactement les caractéristiques qui ont été prévues de longue date par les évolutionnistes, et il n’a été trouvé qu’en 2004.

Mais il n’y a pas que le Tiktaalik. La figure 2 nous montre toute une série de structures intermédiaires entre la nageoire des poissons et un animal comme le Tulerpeton, pourvu de pattes très proche des vertébrés terrestres. Notons que l’Eurthenopteron est totalement un poisson alors que le Tiktaalik n’en est plus vraiment un, mais que néanmoins les structures de leurs membres sont proches. Cette figure est l’une des meilleurs illustrations qu’il a bien existé toute une série de formes de transition entre les êtres aquatiques et terrestres.

Le fait qu’une telle transition se soit produite ne devrait guère nous surprendre, car il existe sous nos yeux un être étrange, l’Axolotl. Cet amphibien pourvu de branchies a la capacité de se reproduire à l’état larvaire, un peu comme si le têtard ne devenait jamais grenouille et pouvait se reproduire. Comme on assistait à la reproduction de l’animal, on pensait qu’il s’agissait d’une forme particulièrement peu évoluée d’amphibien, jusqu’au jour où le professeur Dumezil, du Muséum National d’Histoire Naturelle, trouva dans son bassin un animal terrestre ressemblant à une salamandre. L’Axolotl avait ainsi la capacité, en fonction des conditions de son environnement, d’évoluer vers un animal capable de vivre sur terre ou de se reproduire en tant qu’animal aquatique. Du moment où cette transition peut s’observer sous nos yeux dans un seul et unique animal, il est difficile de prétendre qu’il est impossible qu’une telle transition puisse avoir eu lieu dans la nature.

 

Passons maintenant à l’étape suivante. La transition entre les reptiles et les mammifères. Là aussi, il existe, selon Harun Yahya, une barrière infranchissable : « Un exemple des barrières structurelles existant entre les reptiles et les mammifères concerne la structure de la mâchoire. Les mâchoires des mammifères consistent en un ossement mandibulaire qui contient les dents. Chez les reptiles, il y a trois petits os différents sur les deux côtés de la mandibule. Une autre différence élémentaire est la présence chez tous les mammifères des trois osselets de l’oreille moyenne, le marteau, l’enclume et l’étriller. Les reptiles ont un seul os dans l’oreille moyenne. Les évolutionnistes pensent que la mâchoire et l’oreille moyenne des reptiles sont devenus progressivement une mâchoire et une oreille de mammifère. Cependant, comment une oreille à un seul os a-t-elle évoluée en une oreille à trois os et comment l’ouïe est-elle demeurée intacte pendant le processus de changement ? Ces questions demeurent à jamais sans explications. De plus, aucun fossile n’a jamais été trouvé pour établir le lien entre les reptiles et les mammifères[10]. » Ceux qui ont lu mes ouvrages peuvent imaginer à quel point j’ai bondi en lisant cette phrase. En effet, j’y ai reproduit à deux reprises le dessin que vous trouverez ici dans la Figure 3. Il montre qu’il existe toute une classe de reptiles « à forme de mammifères », les reptiles Thériodontes, qui sont justement les intermédiaires parfaits nous montrant comment ces fameux trois os ont migré pour passer de la mâchoire à l’oreille, sans que cela handicape les animaux qui ont été la base de cette transition.

Quand on regarde la mâchoire d’un reptile (au bas de la Figure 3) et la mâchoire d’un mammifère, ainsi que la structure de son oreille interne (en haut de la Figure), on pourrait conclure, comme le fait Harun Yahya, qu’il n’y a pas de transition possible entre ces deux types de mâchoires. En effet, la migration des os de l’articulation de la mâchoire vers l’oreille empêcherait la mâchoire de fonctionner. Mais on a découvert depuis des décennies les reptiles Thériodontes qui sont représentés au milieu de la Figure 3 et qui possèdent une double articulation de la mâchoire. Ainsi, l’articulation ancienne peut se défaire sans que cela empêche l’animal de manger.

Le plus extraordinaire, c’est que si l’on suit le développement de l’embryon des mammifères, on voit, comme cela est montré en haut de la Figure 3, que ces os sont encore attachés à la mâchoire dans les premiers stades du développement de celles-ci, avant de migrer par la suite vers l’oreille interne. On peut ainsi voir aujourd’hui une évolution qui s’est produite il y a plus de 200 millions d’années. S’il faut se garder des proclamations enthousiastes de certains darwiniens qui disent que « l’embryogenèse (le développement de l’embryon) récapitule la phylogenèse (le chemin parcouru par l’évolution pour arriver jusqu’à une espèce) », car ce principe n’est pas toujours aussi vrai qu’ils le disent, il reçoit ici une confirmation éclatante.


[1] En fait, selon l’enquête de Stephen Jay Gould, il semblerait que l’échange ait été un peu plus subtil (cf. La foire aux dinosaures, Le Seuil, 1991, p. 353-368) mais il est symptomatique que ce soit cette version caricaturale qui ait été conservée.

[2] Stephen Jay Gould, La foire aux dinosaures, Le Seuil, 1993, p. 390.

[3] Ainsi, Pierre Rabischong, un des leaders français de l’intelligent design, nous dit-il à propos de ces fameux gènes : « On les retrouve dans toutes les espèces, sans que l’on n’ait besoin, comme Jean Chaline, de s’en étonner et d’en faire un argument en faveur de l’évolution, alors que c’est une marque évidente de l’unicité du constructeur », Revue Fidéliter, novembre/décembre 2009, p. 27

[4] Ken Miller, A la recherche du Dieu de Darwin, p.145

[5] Charles Darwin, L’origine des espèces, cité par Harun Yahya, L’Atlas de la création, Edition Globale, 2006, p. 607

[6] Stephen Jay Gould, Le pouce du panda, Grasset, 1980, p. 175

[7] Stephen Jay Gould, Le pouce du panda, Grasset, 1980, p. 176

[8] Ouvrage cité, p. 620

[9] Neil Shubin, Au commencement était le poisson, Robert Lafond, 2009, p. 37

[10] Ouvrage cité, p. 632

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Auteur : Jean Staune

Philosophe des sciences, Jean Staune a dirigé l’ouvrage collectif « Science et quête de Sens » aux éditions Presses de la Renaissance qui regroupe des scientifiques de haut niveau, dont plusieurs prix Nobel. Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Notre existence a-t-elle un sens » (Ed. Presses de la Renaissance) et Au-delà de Darwin. Pour une autre vision de la vie. (Ed Jacqueline Chambon, Actes Sud).

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