La biologie de l’évolution est un domaine empli de bruit et de fureur. En effet, c’est un domaine qui touche au cœur même du statut de l’humanité : sommes-nous de glorieux accidents de l’histoire ou notre existence s’inscrit-elle dans un processus, dans une logique quelconque ? Mais cette question absolument centrale pour toute personne voulant un tant soit peu comprendre le sens (ou le non-sens) de son existence est « polluée » par toute une série d’a priori philosophiques et idéologiques et par la dimension affective que prend rapidement le débat.
1.
Savoir de quoi on parle
La biologie de l’évolution
est un domaine empli de bruit et de fureur. En effet, c’est un domaine qui
touche au cœur même du statut de l’humanité : sommes-nous de glorieux
accidents de l’histoire ou notre existence s’inscrit-elle dans un processus,
dans une logique quelconque ? Mais cette question absolument centrale pour
toute personne voulant un tant soit peu comprendre le sens (ou le non-sens) de
son existence est « polluée » par toute une série d’a priori
philosophiques et idéologiques et par la dimension affective que prend
rapidement le débat.
Plus encore que
l’Astronomie, et ce malgré l’énorme impact culturel et historique de l’affaire
Galilée, il s’agit du domaine principal dans lequel science et
religion se sont affrontées (et dans certains pays, s’affrontent encore). Et
cela depuis l’origine, depuis le célèbre débat du 30 juin 1860 (moins d’un an
après la parution en novembre 1859 de l’ouvrage fondateur de Darwin, L’origine
des espèces au moyen de la sélection naturelle – notez que l’on oublie
souvent la deuxième partie du titre) qui a eu lieu à Oxford entre Samuel
Wilberforce, l’évêque d’Oxford, et Thomas Huxley qui fut surnommé « Le
bouledogue de Darwin » à cause de son énergie à défendre ce dernier.
Le fait que l’histoire des
sciences ait plutôt retenu les attaques personnelles qu’échangèrent ces deux
grands orateurs (Wilberforce demanda à Huxley s’il descendait du singe par son
père ou par sa mère et Huxley lui répondit qu’il préférait descendre d’un singe
que d’un évêque[1])
plutôt que leurs arguments montre à quel point le calme et l’objectivité sont
difficiles à atteindre dans ce débat.
La distinction essentielle
à opérer se situe entre « évolution » et « darwinisme ».
Combien de fois voyons-nous, surtout dans
des ouvrages américains, une référence à « l’Évolution
darwinienne » ? Il y a là une source sans fin de malentendus dont
profitent tous les obscurantistes – qu’ils soient créationnistes ou
scientistes.
L’évolution
ne signifie rien d’autre que « tous les organismes sont unis par
les liens de la descendance. Cette définition ne dit rien au sujet du mécanisme
de changement évolutif ». Ces propos de Stephen Jay Gould
name="_ftnref2" title="">[2], grand
spécialiste à la fois de l’évolution et du darwinisme, ont
le mérite de la clarté.
2. L’évolution n’est pas un long fleuve
tranquille
Considérons donc comme
acquis que la terre est âgée de plusieurs milliards d’années et que de très
nombreuses espèces se sont succédées au cours des temps. Comment pouvons-nous
prouver l’évolution, c’est-à-dire le fait que ces espèces dérivent les unes des
autres au lieu d’avoir été créées séparément ? Peut-être pensez-vous qu’il
suffit de montrer que la nageoire d’une baleine, l’aile d’une chauve-souris, le
bras d’un homme ou la patte avant d’une souris ont exactement la même
structure ?
Mais un créationniste vous
fera remarquer que les moteurs des Renault et des Nissan sont les mêmes et que
ce n’est pas pour cela que les Nissan ont été engendrées par les Renault
vice-versa, mais qu’un concepteur intelligent a conçu ces moteurs et les a
utilisés dans de nombreux véhicules différents. Cela a pu être la même chose
pour la structure des vertébrés. Le même argument s’applique à l’ADN. Si on le
retrouve chez tous les êtres vivants, c’est peut-être simplement parce que le
créateur, après avoir inventé ce système déjà très perfectionné, n’a pas jugé
nécessaire d’en inventer un autre.
Même l’histoire
extraordinaire des gènes homéoboxes n’est pas susceptible de convaincre ceux
qui sont réfractaires à l’évolution. Pourtant, il s’agit de quelque chose
d’assez extraordinaire. La biologie moléculaire moderne a, en effet, montré que
l’on pouvait prendre le gène responsable de la formation de l’œil chez la
souris, l’insérer dans le génome d’une mouche, à la place du gène coordonnant
la mise en place de l’œil de la mouche, et l’on constate alors que ce gène de
la souris est parfaitement capable de coordonner la formation… d’un œil de
mouche. Cela n’est-il pas une preuve que des êtres aussi différents que la
mouche et la souris partagent un ancêtre commun ? Pas plus, nous diront
les créationnistes, qu’une pièce de moteur d’avion puisse parfois servir à
dépanner une tondeuse à gazon[3] !
Etant donné que nul ne
peut prétendre avoir assisté à des événements qui se sont déroulés bien avant
l’apparition de l’Homo Sapiens et que l’on ne constate autour de nous que des
microévolutions, c’est-à-dire l’apparition de nouvelles espèces de mouches ou
de bactéries mais pas de nouveaux plans d’organisation, on pourrait laisser là
ce débat en considérant que les adversaires de l’évolution font preuve de ce
que Ken Miller appelle[4]
« l’argument d’incrédulité personnelle ». Cela signifie que les
preuves selon lesquelles les espèces dérivent les unes des autres, ne sont pas
suffisantes pour les convaincre, eux, même si elles paraissent bien plus
convaincantes, comme Darwin l’avait déjà montré dans L’origine des espèces,
que l’hypothèse selon laquelle les grands types d’êtres vivants auraient été
créés séparément. Mais les créationnistes ne basent pas seulement leurs
arguments sur leur incrédulité mais aussi sur un certain nombre d’affirmations.
La principale, que l’on
retrouve chez tous les créationnistes, qu’ils acceptent ou non l’âge de la
terre, est la suivante : « Aucune forme transitionnelle, pourtant
soutenue par les Néodarwinistes pour démontrer l’évolution progressive des
organismes vivants d’un état primitif à celui développé, n’a été découverte à
aucun endroit du globe. » Cette phrase est extraite d’un livre qui a fait
beaucoup parler de lui, L’Atlas de la création, énorme ouvrage de 6 kg,
haut de 37 cm et comprenant près de 800 pages. Il a été élaboré par un écrivain
turc (probablement aidé par toute une équipe), du nom d’Harun Yahya. Bien qu’il
ne soit pas biologiste, il mène depuis des années une grande campagne contre
l’évolution autour du thème « Les espèces n’ont jamais changé ».
Disposant de moyens très
importants, il a envoyé en 2006 cet ouvrage à la plupart des lycées et collèges
français ainsi qu’à de nombreux intellectuels, provoquant un remous
considérable et une mobilisation contre le risque de désinformation de la
jeunesse, surtout celle issue de l’immigration provenant de pays musulmans,
susceptible d’être numériquement bien plus importante en Europe que les jeunes
concernés par les propagandes évangéliques sur les mêmes thèmes. Le Ministère
de l’Education demanda même à des scientifiques de faire une critique de cet
ouvrage.
Pendant 580 pages, L’Atlas
de la création nous présente de superbes photos, nous montrant que des
espèces identiques ou proches des espèces actuelles, ont existé il y a 20, 30,
100 ou 200 millions d’années, et cela dans la plupart des grands domaines du
vivant. On peut tout à fait lui accorder ceci. Cela montre simplement que
certains espèces n’évoluent pas ou peu, au cours du temps. Ce n’est pas sur ce
point que porte le débat.
Il s’agit de savoir si
certaines espèces, elles, ont évolué et ont pu engendrer des espèces
radicalement différentes. Harun Yahya affirme de façon forte et répétée qu’il
n’existe aucune forme transitionnelle, et il cite Darwin :
« Pourquoi, si les espèces descendaient d’autres espèces, par des
graduations insensiblement fines, ne voyons-nous pas partout d’innombrables
formes transitionnelles ? Pourquoi est-ce que la nature n’est pas en
pleine confusion, au lieu de ce que les êtres vivants, tels que nous les
voyons, soient bien définis ? … Mais, puisqu’avec cette théorie,
d’innombrables formes transitionnelles ont dû exister, pourquoi ne les trouvons-nous
pas enterrées en nombre considérable dans la croûte terrestre ? …
Pourquoi, alors, chaque formation géologique et chaque strate, ne sont-elles
pas remplies de ces liens intermédiaires ? La géologie ne révèle en aucun
cas une telle chaîne organique finement graduée ; et cela, peut-être, est
l’objection la plus évidente et la plus grave qui puisse être prononcée contre
ma théorie[5]. »
C’est là que l’on touche
du doigt toute la difficulté que les darwiniens peuvent avoir à se défendre
contre les créationnistes. Car, en effet, comme nous l’a révélé Stephen J.
Gould, un des plus grands paléontologistes du 20ème siècle, la
structure des fossiles que l’on trouve dans le sol ne correspond absolument pas
aux attentes des darwiniens et de Darwin lui-même. Cela constitue, selon lui,
le « secret professionnel » de la paléontologie : « L’extrême
rareté des formes fossiles transitoires reste le secret professionnel de la
paléontologie.
Les arbres généalogiques
des lignées de l’évolution qui ornent nos manuels n’ont de données qu’aux
extrémités et aux nœuds de leurs branches ; le reste est constitué de
déductions, certes
plausibles, mais aucun fossile ne vient les confirmer
name="_ftnref6" title="">[6]. » Gould
valide une affirmation qui fut centrale dans le discours de tous les opposants
à l’évolution : la structure des fossiles déjà trouvés s’oppose au gradualisme
postulé par Darwin. « L’histoire de la plupart des espèces fossiles présente
deux caractéristiques particulièrement incompatibles avec le gradualisme :
La stabilité : la plupart des espèces ne présente aucun changement directionnel
pendant toute la durée de leur présence sur Terre. Les premiers fossiles que
l’on possède ressemblent beaucoup aux derniers ; les changements morphologiques
sont généralement limités et sans direction. L’apparition soudaine : dans une
zone donnée, une espèce n’apparaît pas
progressivement à la suite de la transformation régulière de ses ancêtres ;
elle surgit d’un seul coup et « complètement formée »
name="_ftnref7" title="">[7] ! »
Le grand argument des «
darwiniens classiques » qui stipule que si les « chaînons manquants » ne se
sont pas fossilisés, cela n’en empêche pas moins l’évolution d’être un
phénomène graduel ne tient plus. Le fait que les documents fossiles montrent
une stabilité des espèces pendant de longues périodes et des changements
brutaux pendant une courte période s’oppose
clairement à une conception gradualiste de l’évolution, comme Gould l’affirme
avec force.
Est-ce à dire qu’il faille rejeter l’évolution et retourner à une conception
créationniste dans laquelle les espèces sont déposées sur terre « complètement
formées » par Dieu ? Les créationnistes n’ont pas manqué d’exploiter les propos
de Gould pour aller dans ce sens.
Certes, le néodarwinisme
s’est, au cours des dernières décennies, adapté à cet état de fait et prétend,
entre autres grâce à l’idée que de macromutations peuvent survenir justement
sur ces fameux gènes de régulation ou gènes homéoboxes, que le néodarwinisme
peut expliquer une évolution par sauts aussi bien qu’une évolution graduelle.
Il n’empêche, et c’est bien là le paradoxe, qu’il est plus facile pour un
évolutionniste non-darwinien tel qu’un structuraliste, de défendre l’évolution
que pour un darwinien. En effet, les arguments que peuvent présenter les
darwiniens sont nettement moins convaincants, étant donné que la structure des
fossiles existants ne correspond pas à ce que supposait Darwin. Les
structuralistes qui, dans la lignée de Geoffroy Saint Hilaire, soutiennent que
la sélection n’est pas le principal facteur de l’évolution, mais que le cours
de celle-ci est contraint par l’existence de formes fondamentales ou
d’archétypes, seront mieux armés pour expliquer l’apparition de telles formes
dans des processus où le hasard est canalisé.
3. Des chaînons
manquant qui ne manquent pas
Toute la question est, y
a-t-il, oui ou non, des formes de transition, que celles-ci soient nombreuses
ou peu nombreuses, qu’elles aient existé pendant peu de temps ou, au contraire,
pendant de très longues durées ? Harun Yahya nous dit : « Le
scénario évolutionniste va encore plus loin et affirme que les poissons, qui
ont évolué à partir d’invertébrés, se sont transformés ensuite en amphibiens.
Mais ce scénario ne tient pas non plus, car le moindre fossile prouvant
l’existence d’une créature moitié poisson moitié amphibien, n’a jamais été
trouvé[8]. »
En fait, il n’en existe pas moins de trois.
Le premier fut
l’Ichtyostéga qui fut trouvé dès 1932. S’il est déjà pourvu de quatre pattes
terminées par des doigts, celles-ci ne sont pas encore assez développées pour
lui permettre de porter la totalité du poids de son corps. Il devait donc se
déplacer tel un phoque, et s’il n’est plus un poisson, il ne peut pas encore
pleinement prétendre au titre d’amphibien. On estime qu’il vivait il y a près
de 365 millions d’années. A la même époque, vivait l’Acanthostega, et, lui
aussi, possède quatre membres qui ne sont pas encore suffisamment perfectionnés
pour lui permettre de marcher correctement, tout en étant très éloigné des
poissons.
Mais la preuve définitive
vient avec le Tiktaalik découvert en 2004. Comme le montre la Figure 1, on
pourrait le considérer, comme l’Ichtyostéga et l’Acanthostega qu’il précède de
10 millions d’années, comme un amphibien très primitif. Il possède des poumons,
sa tête est plate comme celle des crocodiles avec des yeux disposés sur le
dessus, alors que la tête des poissons est ovale avec les yeux disposés sur le
côté, il possède un cou alors que les poissons n’en ont pas, et, néanmoins, …
il est bel et bien considéré comme un poisson. Il présente des écailles sur le
dos et des nageoires qui se terminent par des rayons. Mais le plus
extraordinaire, c’est qu’à l’intérieur des nageoires, on trouve des os correspondant
aux bras, à l’avant-bras, et même, à une ébauche de poignets. Ainsi, le
Tiktaalik pouvait prendre appui sur ses « paumes » pour faire des
« pompes », c’est-à-dire pour soulever son corps, même s’il n’était
pas encore capable de marcher.
Neil Shubin, son
découvreur, raconte dans un ouvrage qui présente un des meilleurs ensembles de
preuves pouvant exister en faveur de l’évolution, que, quand il présenta une
reconstitution du Tiktaalik dans une école, et demanda aux élèves ce que
c’était, la moitié lui répondit qu’il s’agissait d’un poisson et l’autre moitié
d’un crocodile, avant qu’un élève finisse par dire « c’est un peu des
deux »[9].
Ainsi, le caractère intermédiaire entre les poissons et les amphibiens du
Tiktaalik était si évident que même un enfant s’en rendre compte. C’est donc
une profonde désinformation d’affirmer, comme le font l’ensemble des
créationnistes, qu’il n’y a pas de formes de transition entre les poissons et
les amphibiens. En effet, le Tiktaalik a exactement les caractéristiques qui
ont été prévues de longue date par les évolutionnistes, et il n’a été trouvé
qu’en 2004.
Mais il n’y a pas que le
Tiktaalik. La figure 2 nous montre toute une série de structures intermédiaires
entre la nageoire des poissons et un animal comme le Tulerpeton, pourvu de
pattes très proche des vertébrés terrestres. Notons que l’Eurthenopteron est
totalement un poisson alors que le Tiktaalik n’en est plus vraiment un, mais
que néanmoins les structures de leurs membres sont proches. Cette figure est l’une
des meilleurs illustrations qu’il a bien existé toute une série de formes de
transition entre les êtres aquatiques et terrestres.
Le fait qu’une telle
transition se soit produite ne devrait guère nous surprendre, car il existe
sous nos yeux un être étrange, l’Axolotl. Cet amphibien pourvu de branchies a
la capacité de se reproduire à l’état larvaire, un peu comme si le têtard ne
devenait jamais grenouille et pouvait se reproduire. Comme on assistait à la
reproduction de l’animal, on pensait qu’il s’agissait d’une forme
particulièrement peu évoluée d’amphibien, jusqu’au jour où le professeur
Dumezil, du Muséum National d’Histoire Naturelle, trouva dans son bassin un
animal terrestre ressemblant à une salamandre. L’Axolotl avait ainsi la
capacité, en fonction des conditions de son environnement, d’évoluer vers un
animal capable de vivre sur terre ou de se reproduire en tant qu’animal
aquatique. Du moment où cette transition peut s’observer sous nos yeux dans un
seul et unique animal, il est difficile de prétendre qu’il est impossible
qu’une telle transition puisse avoir eu lieu dans la nature.
Passons maintenant à
l’étape suivante. La transition entre les reptiles et les mammifères. Là aussi,
il existe, selon Harun Yahya, une barrière infranchissable : « Un
exemple des barrières structurelles existant entre les reptiles et les
mammifères concerne la structure de la mâchoire. Les mâchoires des mammifères
consistent en un ossement mandibulaire qui contient les dents. Chez les
reptiles, il y a trois petits os différents sur les deux côtés de la mandibule.
Une autre différence élémentaire est la présence chez tous les mammifères des
trois osselets de l’oreille moyenne, le marteau, l’enclume et l’étriller. Les
reptiles ont un seul os dans l’oreille moyenne. Les évolutionnistes pensent que
la mâchoire et l’oreille moyenne des reptiles sont devenus progressivement une
mâchoire et une oreille de mammifère. Cependant, comment une oreille à un seul
os a-t-elle évoluée en une oreille à trois os et comment l’ouïe est-elle
demeurée intacte pendant le processus de changement ? Ces questions
demeurent à jamais sans explications. De plus, aucun fossile n’a jamais été
trouvé pour établir le lien entre les reptiles et les mammifères
href="#_ftn10" name="_ftnref10" title="">[10]. » Ceux
qui ont lu mes ouvrages peuvent imaginer à quel point j’ai bondi en lisant
cette phrase. En effet, j’y ai reproduit à deux reprises le dessin que vous
trouverez ici dans la Figure 3. Il montre qu’il existe toute une classe de
reptiles « à forme de mammifères », les reptiles Thériodontes, qui
sont justement les intermédiaires parfaits nous montrant comment ces fameux
trois os ont migré pour passer de la mâchoire à l’oreille, sans que cela
handicape les animaux qui ont été la base de cette transition.
Quand on regarde la
mâchoire d’un reptile (au bas de la Figure 3) et la mâchoire d’un mammifère,
ainsi que la structure de son oreille interne (en haut de la Figure), on
pourrait conclure, comme le fait Harun Yahya, qu’il n’y a pas de transition
possible entre ces deux types de mâchoires. En effet, la migration des os de
l’articulation de la mâchoire vers l’oreille empêcherait la mâchoire de
fonctionner. Mais on a découvert depuis des décennies les reptiles Thériodontes
qui sont représentés au milieu de la Figure 3 et qui possèdent une double
articulation de la mâchoire. Ainsi, l’articulation ancienne peut se défaire
sans que cela empêche l’animal de manger.
Le plus extraordinaire,
c’est que si l’on suit le développement de l’embryon des mammifères, on voit,
comme cela est montré en haut de la Figure 3, que ces os sont encore attachés à
la mâchoire dans les premiers stades du développement de celles-ci, avant de
migrer par la suite vers l’oreille interne. On peut ainsi voir aujourd’hui
une évolution qui s’est produite il y a plus de 200 millions d’années. S’il
faut se garder des proclamations enthousiastes de certains darwiniens qui
disent que « l’embryogenèse (le développement de l’embryon)
récapitule la phylogenèse (le chemin parcouru par l’évolution pour
arriver jusqu’à une espèce) », car ce principe n’est pas toujours aussi
vrai qu’ils le disent, il reçoit ici une confirmation éclatante.
name="_ftn1" title="">[1] En fait, selon
l’enquête de Stephen Jay Gould, il semblerait que l’échange ait été un peu plus
subtil (cf. La foire aux dinosaures, Le Seuil, 1991, p. 353-368) mais il
est symptomatique que ce soit cette version caricaturale qui ait été conservée.
[3] Ainsi, Pierre
Rabischong, un des leaders français de l’intelligent design, nous dit-il à
propos de ces fameux gènes : « On les retrouve dans toutes les
espèces, sans que l’on n’ait besoin, comme Jean Chaline, de s’en étonner et
d’en faire un argument en faveur de l’évolution, alors que c’est une marque
évidente de l’unicité du constructeur », Revue Fidéliter,
novembre/décembre 2009, p. 27
[4] Ken Miller, A la
recherche du Dieu de Darwin, p.145
[5] Charles Darwin, L’origine
des espèces, cité par Harun Yahya, L’Atlas de la création, Edition Globale,
2006, p. 607
[6] Stephen Jay Gould, Le
pouce du panda, Grasset, 1980, p. 175
[7] Stephen Jay Gould, Le
pouce du panda, Grasset, 1980, p. 176
[8] Ouvrage cité, p.
620
[9] Neil Shubin, Au
commencement était le poisson, Robert Lafond, 2009, p. 37
[10] Ouvrage cité, p.
632
Commentaires
C’est un grand plaisir de lire Jean Staune
Une méthodologie impeccable et une vulgarisation efficace qui permet aux profanes de comprendre
salâm `alaykum
Les ouvrages de Harun Yahya font plus de mal que bien aussi bien à la raison qu’à la foi.
Cela fait plusieurs années que l’on averti sur le coté dangereux pour l’âme des théories scientifiques, philosophiques ou religieuses propagées par Harun Yahya à la manière des créationnistes évangéliques.
Quand bien même pour un musulman il n’est pas possible de nier que Dieu est Le Créateur cela n’autorise pas pour autant sur cette base d’infirmer ou confirmer l’évolution de manière péremptoire car l’on ne sait que peu (pour ne pas dire quasiment rien) à travers le Coran et la Sunna (rarement citée par Harun Yahya) du processus de création...mais l’on a des pistes.
Il y’a un siècle déjà Muhammad Iqbal exploitait ces pistes dans une théorie de l’évolution inspirée par le Coran et la Sunna, et l’on connait aussi les remarques d’Ibn Khaldun dans ce sens.
Il y’a d’autres savants musulmans qui ont eu des inspirations intéressantes pour l’époque quand à certains passages du Coran.
Donc d’un côté comme de l’autre on peut trouver des arguments probants et intéressants..cependant tous avaient aussi en tête que leur théorie était dépendante des connaissances de leur époque.
Il faut laisser le domaine de la connaissance avancer, et même y participer tout en retenant que ce qui est valide aujourd’hui pourrait être invalidé dans le futur Allâhu a`lam.
Si la science peut aider à mieux comprendre le Coran et à augmenter notre foi il ne faut pas pour autant avoir une approche scientiste et ne faire du Coran qu’une exégèse scientifique alors que le Coran nous appele à bien plus que cela.
C’est d’ailleurs paradoxale de voir des musulmans proclamer les 1001 vérités scientifiques du Coran et dans un même temps soutenir les allégations d’Harun Yahya qui sont proprements réfutées par la connaissance moderne comme le montre Jean Staune.
J’espère encore que les libraires musulmans arrêteront la diffusion de ces théories fumeuses -je ne vous parle même pas de la théorie de Harun Yahya quand à l’effet Matrix, ou comment surfer sur le succès d’un film pour justifier un raisonnement théologique complètement déviant et erroné-.
Mais malheureusement on trouvera encore du faux at-Tabari, de la fausse science (et du faux halâl aussi d’ailleurs) parceque le public reste non averti de ces risques.
wa Allâhu a`lam
Prouver l’évolutionnisme par le détail et la précison de la transformation des structures physiologiques dans le temps est une chose difficile. Le prouver par l’avenement de grands types morphologiques à travers le temps est beaucoup plus aisé. Les créationnistes demandent des fossiles prouvant l’évolution progressive des formes. Que les évolutionnistes leur demande un seul fossile de mammifere datant d’une période où théoriquement les mammiferes n’existaient pas. D’un seul oiseau à l’époque où nous ne trouvions sur terre que créatures marines et insectes terrestres. D’une seul mammifere marin à l’époque où ils n’étaient que terrestres. D’une seule fleur à l’époque des dinosaures...Trouver les restes d’un avion de la seconde guerre mondiale ne prouve pas que l’intelligence qui l’a mise au point était alors capable de mettre au point une navette spatiale au meme moment, ou que l’internet existait deja. Est ce à dire que pour les créationnistes l’intelligence de Dieu évolue dans le temps ? Qu’il était hier moins intelligent qu’aujourd’hui ? L’analogie technologique en guise d’argumentation a ses limites. Pourquoi les hommes sont ils constitués de cellules différentes ? Pourquoi ces mêmes cellules sont elles constituées d’atomes différents ? Pourquoi ne sommes nous pas fait d’une matiere unique et répétitive puisque qu’Il est tout puissant, le Grand ingénieur comme disait les moines du 12eme siècle ? Leurs arguments ne tiennent pas la route tout simplement parce que le coran n’explique pas la science et la science pas le coran, que le coran n’est qu’un discours creux qui y accueille ce que l’on veux bien y voir ou y croire. À ce titre je trouve le "De rerum natura" de Lucrèce infiniment plus perspicace malgré le fait qu’il ai été écrit 500 ans plus tôt... L’évolution recèle encor bien des mystères...
Salam :o)
L’évolution est une supercherie d’ordre satanique afin de combattre Dieu !
Regarez cette vidéo de scientifiques qui en parlent : http://www.propagandes.info/product_info.php/evolution-science-ou-croyan...
Vous pouvez aussi lire le livre de Jean Phaure : Les cycles de l’Humanité Adamique. Livre magistral qui démonte la théorie de l’évolution en pièces détachées.
Je pourrai laisser d’autres liens très intéressants mais ces deux là sont amplement suffisant pour mettre à mal voire détruire cette supercherie qu’est l’évolution.
PS :
J’ai un DEA d’Anthropologie Biologique.
Des preuves en faveur de l’évolution ? La diversité des especes canines que l’on observe aujourd’hui : Le labri, le caniche, le pitbull n’existaient pas à l’état naturel, les chiens descendent du loup et c’est nous qui les avons fait prendre ces caractéristiques précises qu’ils ont conservés de génération en génération. Si l’homme disparaissait demain est ce que les chiens garderaient leur forme "de compagnie" ? Certainement pas, ils se mélangeraient, certaines caractéristiques disparaitraient et d’autres apparaitraient.
Merci pour cet article clair et très informatif. Les idées de Gould, encore peu connues du grand public, ont pourtant eu un influence révolutionnaire dans le domaine.
Le darwinisme est parti mais l’évolution est encore mieux comprise maintenant qu’à l’époque. Comme je l’ai souvent dit : l’évolution est un fait irréfutable. Les théories ne concernent que la façon dont elle s’est produite. A nous, musulmans, d’apporter notre contribution à sa compréhension.
Les créationnistes pensent selon une vision figée des choses, et une vision binaire du monde.
Par conséquent la compréhension de l’évolution leur est impossible, puisque dans le monde du vivant rien n’est figé, ni binaire.
La plasticité du vivant est inaccessible à la rigidité de leurs dogmes.
En tant que mauvais croyant (au niveau cognitif), ils confondent la carte et le territoire, le signifiant et le signifié, ne pouvant assimiler le fait que si l’on nomme des choses, ces choses n’ont que faire des noms qu’on leur donne. Décrire des catégories, ne signifie pas que chaque chose rentre parfaitement dans ces catégories artificielles créées par l’homme pour permettre de comprendre les choses en les nommant.
De même que la compréhension correcte de l’évolution nécessite la compréhension de la séparation de l’individu par rapport au groupe, un individu n’est pas forcément représentatif de son espèce, et ce qu’on catégorise comme espèce, ne représente pas forcément tous les individus de cette espèce. Par exemple les albinos sont une exception aux caractéristiques du pelage de nombreuses espèces. Une espèce c’est un concept statistique.
Les fossiles ne montrent que les os, ils ne disent rien des autres caractéristiques physique, ni sur la fécondité. Dans une espèce, la simple morphologie ne suffit pas, il y a aussi la notion de fécondité.
Si des ET venaient dans plusieurs millions d’années sur terre, et trouvaient les fossile d’un gros molosse au museau large, et celui d’un petit chien de compagnie au museau fin, seraient ils considérés comme de la même espèce par ces ET ?
D’un autre côté des mouches à la morphologie identiques ne sont pas capables de se reproduire ensembles, formant donc des espèces différentes ; ce qui fait que toute mutation dans un groupe n’appartiendra pas à l’autre, et sur le temps les descendants d’une souche ne ressembleront plus à ceux de l’autre souche, si la mutation n’est pas diluée dans la population.
En fait les transitions de fossiles ne montres que les changements au niveau des os, et non sur les espèces en elles même. Et surtout les espèces fossiles sont déterminées par rapport aux caractéristiques morphologiques, donc le raisonnement des créationnistes sur le problème est circulaire.
Les fossiles ne permettent pas de différentier une spéciation génétique, et on n’est pas capable d’identifier correctement les individus qui auraient une mutation morphologique des os comme étant de la même espèce de celle de leurs ancêtres, puisque à cause de leur différence ils seraient classés comme une espèce à part.
Car au cas où certains ne le sauraient pas il peut y avoir aussi des mutations pas graduelles à l’intérieur d’une espèce, par exemple, chez les humains il y a une mutation qui réduit le nombre de doigt, souvent au nombre de deux donnant à la main un aspect de pince, il n’y a pas de transition, pas de graduation de la morphologie des doigts entre le gène normal et ce gène muté.
Donc pour nombre de transitions morphologiques, le chainon manquant n’existe pas, c’est une création de l’esprit.
Par contre les fossiles décrivent quand même une histoire, où des caractéristiques qui n’existaient pas avant apparaissent dans une branche du vivant, et fondent une nouvelle branche.
Et c’est Lui qui de l’eau a créé une espèce humaine qu’Il unit par les liens de la parenté et de l’alliance.
[25:54] Le discernement (Al Furqane)
Ne serait il pas plus logique de penser que l’evolution s’appliquerait qu’aux animaux et plantes et non a l’homme ?
La théorie de l’évolution fait l’objet d’un débat orageux depuis la publication de l’ouvrage de Charles Darwin sur « L’origine des espèces », il y a un siècle et demi. Ce ne sont pas ses analyses savantes de l’évolution des êtres vivants qui attisent les foudres de ses critiques, mais les conclusions de la théorie de l’évolution qui, sur certains points importants du dogme religieux, sont incompatibles avec les récits des ouvrages religieux de référence tels que la Bible.
Mais, depuis le 13è siècle déjà, de grands penseurs des trois religions monothéïstes, comme Ibn Rushd, Maimonide et Thomas d’Aquin considéraient qu’il était déraisonnable de contester une vérité philosophique (ou scientifique), quand elle était parfaitement établie, au-delà de tout doute raisonnable, simplement parce qu’elle n’était pas conforme à une proposition religieuse. Après avoir minutieusement étudié tous les aspects de cette question épineuse, ils ont conclu que la religion, la philosophie (et la science), étant toutes issues de Dieu, il ne pouvait pas y avoir d’incompatibilité entre les vérités qu’elles énonçaient.
Par conséquent, lorsqu’une vérité philosophique ou scientifique était parfaitement établie, il fallait la retenir et se demander s’il n’y avait pas une autre interprétation à donner à la proposition religieuse avec laquelle elle était incompatible.
La théorie de l’évolution fait l’objet d’une réaction de rejet par de nombreux groupes religieux parce qu’elle affirme que les êtres vivants évoluent à la suite de mutations génétiques qui sont le produit du hasard, et que la sélection naturelle est un facteur essentiel d’évolution. Ces propositions semblent, a priori, ne laisser aucun rôle au Créateur. Mais, c’est bien mal comprendre ce que la théorie de l’évolution a réellement établi, au-delà de tout doute raisonnable, sur le plan scientifique.
Les êtres vivants de différents règnes, familles, genres et espèces sont apparus sur Terre à des époques différentes, comme en témoigne l’histoire de la vie sur Terre. L’âge des mammifères se compte en dizaines de millions d’années, celui des hommes en millions d’années, alors que l’âge d’autres espèces du monde végétal et animal se comptent en centaines de millions d’années, et dans certains cas en milliards d’années. L’apparition des êtres humains est donc extraordinairement tardive, par rapport aux débuts de la vie sur Terre.
A l’anonyme : "Ne serait il pas plus logique de penser que l’evolution s’appliquerait qu’aux animaux et plantes et non a l’homme ?" Ce serait bien commode pour les croyants désireux de croire, l’ennui c’est qu’on retrouve des squelettes d’hommes différents de nous, dont on arrive depuis longtemps à dater l’ancienneté, et dont certains comme Neanderthal et Homo Sapiens ont cohabité longtemps. La taille, la forme, le volume de la boîte crânienne de ces hommes sont différents de nos caractéristiques.
Et nous ne sommes peut-être pas la dernière évolution de l’espèce humaine, qui sait ? Il y a eu tellement de maillons.
J’aimerai bien savoir sur quelle base scripturaire on peut affirmer que l’homme a été créé dans sa forme actuelle. Question de néophyte.
L’apparition tardive des êtres humains par rapport aux premières cellules vivantes ne peut naturellement pas concorder avec le récit de la Création rapporté dans la Genèse, ni avec le récit d’Adam et Eve commettant le Péché Originel à l’instigation du Serpent, et chassés du Paradis. Il en est de même d’un âge de la Terre calculé par les géologues en milliards d’années, comparé à quelques milliers d’années seulement, déduit par certains experts des Ecritures bibliques sur la base des généalogies figurant dans les Livres Saints.
Mais, cela ne suffit pas pour expliquer la virulence de la confrontation entre les camps religieux et scientifique depuis 150 ans. Les domaines de la science et de la religion sont distincts, et les adeptes des deux camps auraient pu vivre dans le cadre d’une coexistence pacifique, sinon harmonieuse.
En effet, beaucoup de savants émérites n’ont eu aucun mal à conserver leur foi intacte, malgré les progrès considérables qu’ils ont fait faire à la science. Pasteur ne disait-il pas : « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ? »
Mais, ce régime de coexistence pacifique n’était du goût ni des religieux, ni des savants. Les fondamentalistes de l’époque de Darwin se sont dressés contre sa théorie parce qu’ils y voyaient une menace pour la stabilitié du sytème établi (où les autorités religieuses avaient la main mise sur la science).
Les adeptes de Darwin y voyaient, de leur côté, une occasion fabuleuse de se débarrasser du joug de l’Eglise sur les activtés scientifiques. La querelle ne concernait donc pas tant la substance de la théorie de l’évolution, que ses implications pour l’équilibre des forces en présence, et la redistribution des cartes à laquelle elle était capable de donner lieu.
En conséquence, les religieux se sont attachés à dénigrer la théorie de l’évolution sans nécessairement essayer de la comprendre ou d’en évaluer les mérites sur le plan scientifique. Les adeptes de la théorie se sont, de leur côté, attachés à secouer les structures religieuses auxquelles ils étaient confrontés, n’hésitant pas à prêter à la théorie des mérites qu’elle n’avait pas, et à lui attribuer des conclusions qu’elle était bien incapable de justifier.
Aujourd’hui encore, après 150 ans, le débat est aussi passionné, et les affirmations aussi subjectives, bien loin du cadre posé, objectif, raisonnable, dans lequel les discussions scientifiques sont supposées se tenir. Car, aucun des deux camps ne parle de science. Les deux ne parlent que de croyances et d’objectifs politiques et stratégiques à atteindre.
Un biologiste émérite comme Jacques Monod, prix Nobel de surcroît, n’affirme-t-il pas, ainsi, que le « dessein » apparent des êtres vivants (l’existence de structures, d’organes remplissant des fonctions vitales, etc. donnant l’illusion d’une conception préalable, d’un plan d’organisation) s’explique tout simplement par le caractère « téléonomique » des êtres vivants ?
D’après lui, ces derniers sont dotés d’une capacité interne d’évolution selon des formes de plus en plus complexes, à coups de mutations génétiques aveugles, régulées uniquement par le jeu de la Sélection Naturelle. « Dans leurs structures et performances, les êtres vivants réalisent et poursuivent un projet » (en l’absence de tout Auteur).
L’affirmation est gratuite, car nul scientifique n’a démontré le bien-fondé de la proposition téléonomique, qui ressemble plus à une explication à caractère magique.
La formule est pourtant très à la mode aujourd’hui, reprise par les biologistes de tous bords, comme un Sésame incantatoire, un Abracadabra capable d’expliquer l’inexplicable, même si elle ne témoigne que de peu de science et de beaucoup de croyance au Surnaturel.
Il reste donc un travail en profondeur à faire, pour réconcilier la science et la foi. Non pas que ces deux disciplines soient antagonistes, mais uniquement à cause des intérêts divergents défendus par les adeptes des deux camps, dont les objectifs sont plus politiques et stratégiques que religieux ou scientifiques.
Ne serait il pas plus logique de penser que l’evolution s’appliquerait qu’aux animaux et plantes et non a l’homme ?
Arbitraire, oui, donc logique non.
C’est un raisonnement arbitraire de vouloir sortir l’Humain de l’évolution, vu que du point de vu scientifique rien de distingue vraiment les êtres humains du reste du règne animal, sauf que comme d’autres animaux dans leurs domaines, l’Humain il a certaines capacités plus performantes que le reste du règne animal. Du point de vu génétique l’Humain est un singe parmi d’autres, proche du chimpanzé et du bonobo. Et du point de vu des caractéristiques morphologiques, l’Humain se pose comme un parent du chimpanzé aussi, donc il n’y a aucune raison logique de séparer l’Humain du reste du règne animal du point de vu de l’évolution, surtout que la présence humaine est récente, et que l’on trouve avant des espèces très proches de l’Humain.
Merci à Tariq pour la clarté de son exposé, exposé essentiel...
La caractéristique des scientifiques c’est de manquer d’humilité ! Cela rappelle, ces petits étres, dont Voltaire parle dans" Microméga", petit conte philosophique !
En réalité, les scientifiques, la science, ne peuvent absolument pas répondre a l’essentiel : Qui sommes-nous ? D’ou venons-nous ? Ou allons-nous ? Quel est le but final en somme !
Alors, quand la volaille se met a analyser froidement et stupidement la beauté et l’immensité du monde, on pouffe de rire !
Les imbéciles , les sceptiques, et ceux qui oublient de simplement s’émerveiller, faites-moi un soleil,
une lune, la mer !
Science sans conscience nous a mené là ou nous sommes ; nous avons pillé, détruit, exterminé tant d’étres vivants sans régler nos problémes les plus élémentaires !
La caractéristique des scientifiques c’est de manquer d’humilité !
Salam Lisa,
Ne pensez vous pas que la science peut au contraire amener à d’avantage d’humilité, à partir du moment où elle sert à prendre conscience de l’immensité de la création que nous ne cernerons jamais de toute façon ? Science, outil d’ouverture de la conscience..
@Adapa, vous dites que les humains ont des capacités et des performances supérieures a ceux de l’animal ! J’en doute ! Seriez-vous capable de voler et de vous orienter comme le font les oiseaux migrateurs ?
Etes-vous capable de nager et de vous orienter comme le font les animaux aquatiques ? Seriez- vous capable de battre un guépard a la course ? Etes-vous capable de déployer mille et une ruses de survie comme le font tant d’animaux ? Les exemples sont nombreux pour celui qui observe et respecte les étres vivants.
Les humains ont des capacités, les animaux aussi !
Mais l’humain se distingue par la civilisation, le langage, la religion, la conscience, la pensée, le libre arbitre, la capacité de faire des choix,l’écriture, etc...
@Hayat, "Science, outil d’ouverture de la conscience". Indirectement, peut-étre ! La science actuelle a emprunté une drole de tournure ! Regardez le sort fait aux animaux (expérimentations diverses, élevages intensifs, surbouffe de viande). Coté humains, ce n’est pas mieux vue la qualité de ce que nous avalons ou respirons majoré par le mal-étre urbain. Je passe sur les scientifiques qui inventent les armes et autres engins d’extermination(bombe atomique, virus,etc...) , qui posent le dangereux souci d’éthique en matiére de clonage,ou de big-pharma dont le karma est de nous entretenir dans la maladie, si bien qu’on ne guérit plus les maladies.
Alors, si nous pesons les bienfaits et les méfaits d’une telle science, pas de la science, qui l’emportent ? Les méfaits ? Les bienfaits ?
En matiére d’éveil de la conscience, la philosophie peut suffire, aussi je ne connais aucun scientifique de la pointure morale d’un Socrate.
De leur temps, les savants musulmans, a la fin de chaque affirmation théorique, ajoutaient : "Et seul dieu est savant". C’est cela que j’appelle "humilité" pour ne pas dépasser les limites, que connait les dérives de la science actuelle.
Salam Lisa,
Entièrement d’accord avec vous sur les effets néfastes de l’approches scientifique contemporaine. Mais c’est bien justement la coupure du monde scientifique d’avec les domaines de la philosophie et de la spiritualité qui engendre de telles déviances, n’est ce pas ?
Un peu facile que de ne considérer que les mauvais cotés de la science. Oui l’être humain est capable de voler et de s’orienter comme les oiseaux migrateurs, oui il est capable de respirer sous l’eau, de communiquer à distance, d’allonger l’esperence de vie et de s’expliquer les idoles que son esprit secrete. Il peut même faire plus : sauver tout le potentiel génétique et culturel de notre planète pour le transfuser sur une autre avant que tout ne soit perdu à jamais et à nous même. Dieu n’est pas savant, le savoir est un défi proprement humain.
@Lavartusprodeo, l’homme peut nager sous l’eau, peut voler dans les cieux, mais uniquement sous assistance technique, et encore, il connait des limites !
La supériorité des animaux se trouve aussi dans bien des domaines. Ainsi, l’animal ignore la guerre, l’esprit de vengeance, la rancune la torture,etc...
Pierre Desproges disait que ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est la cravatte et la torture !
Ce qui signifie que le "progrés" n’a pas forcément amélioré l’humain !
La religion a le mérite d’expliquer pourquoi et cherche a élever l’homme, a lui donner de l’espoir !
Que fait la science actuelle ? Des prouesses ? Pour qui ? Pourquoi ? Puisque nous n’avons rien réglé. Pire, on nous promet un retour en arriére avec épidémies, crises et famine en perspective, sans oublier le nucléaire pour raser tout ce qui bouge !
La science oui,mais quelle est sa finalité ? pour ou contre l’homme ?
@Lisa
Les animaux ignorent la guerre ? Vous n’avez jamais observé des colonies de fourmis qui se rencontrent ? C’est excessivement violent, sans pitié et cruel. Les chimpanzés sont aussi capables de s’acharner sur les membres d’un clan rival d’une façon aussi systématique qu’abominable. On n’a rien à leur apprendre de ce point de vue.
De plus, vous confondez les découvertes scientifiques et l’utilisation industrielle, économique ou militaire qui en est faite. Ce que la science découvre est neutre, ce qu’en font les hommes - parmi lesquels parfois des scientifiques, j’en conviens - c’est autre chose. Et comme il vous est facile d’oublier la multitude de bienfait apportés par la science (vaccins & médicaments entre autres).
Puis finalement, les critiques que vous formulez à l’égard de la science, vous pourriez tout aussi bien les émettre à l’encontre de toutes les activités humaines.
Assistance technique et après ? Ce sont ses outils, son pouvoir. L’homme peut prendre exemple sur tous les animaux de la planete, étudier leurs comportements, leurs mouvements, leurs tissus et les imiter. Il est donc l’animal supreme. Détrompe toi sur l’animalité, l’ethologie nous a fait découvrir bien des choses : oui l’animal est capable de faire la guerre (fourmis), oui il est capable de vengeance (chimpanzés). Le bien et le mal ont ils un sens à l’état de nature ? La science nous offre des sens inédits et amplifie ceux que nous possédons déja..
Quel est donc ce pourquoi que nous explique la religion d’après toi ?
Que penses tu de l’écologie qui est une science d’application globale ?
La finalité de la science : assurer la pérennité de la vie terrestre dans l’univers. Tu n’ignores pas que notre soleil a une durée de vie limité. Ni que la vie possède cette exigence en elle même qui est de s’étendre et de conquérir de nouveaux territoires. Donc la science c’est la vie. Et nous ne mériterons cette vie qu’à condition de bien utiliser la science sous peine de disparaitre plus tot que prévu ou de continuer l’aventure profondement mutilé. Par conséquent nous devons nous donner la peine de comprendre la science, elle doit nous appartenir individuellement et ce, bien d’avantage que les religions dans lesquelles nous nous abimons. Parce qu’il y a la religion nous pouvons décider de tout détruire avec la science, en effet qu’importe puisque le paradis nous attend. Sans la religion seule la responsabilité individuelle de la survie général compte. Et la science devient la perception de dieu tandis que la religion n’en était que la gestation.
Parce qu’il y a la religion nous pouvons décider de tout détruire avec la science, en effet qu’importe puisque le paradis nous attend.
Ce que vous dites est un contre sens total par rapport à l’islam où l’Homme est au contraire investi de la responsabilité de sauvegarder son environnement et de ne pas le corrompre en aucune manière.
Le "paradis" étant la conséquence directe de notre conduite dans la vie.
"Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : "Je vais établir sur la terre un vicaire "Khalifa". Ils dirent : "Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ?" - Il dit : "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas !"
[2:30] La vache (Al-Baqarah)
"Et recherche à travers ce que Dieu t’a donné, la Demeure dernière. Et n’oublie pas ta part en cette vie. Et sois bienfaisant comme Dieu a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur terre. Car Dieu n’aime point les corrupteurs".
[28:77] Le rècit (Al-Qasas)
@Merci Hayat pour ce qui est de notre responsabilité envers la nature !
@Larvatusprodeo, essayez plutot de convaincre les habitants de NAGASAKI et IROSHIMA sur les bienfaits de la science sans conscience !
Salam Lisa,
Oui,responsabilité envers la nature qui est si peu mise en avant par les divers "instances" religieuses musulmanes, si occupées qu’elles sont à légiférer sur des question subsidiaires.
toutes mes félicitations à LLP pour son DEA d’anthropologie biologique. Ascaso
Je suis heureux Hayat que vous me rassuriez sur ce point, néanmoins il ne s’agit là que d’une interpretation, pouvant elle meme changer avec l’évolution de la langue et du sens. En tant qu’il existe un arriere monde pour la religion, arriere monde accessible et véritable, celui dans lequel nous vivons peut être éventuellement sacrifié, s’il en va de sa pureté et de l’accession au paradis. Imaginons qu’une religion estime le monde si corrompu qu’il faille le détruire ou une religion qui se trouve si bien menacée dans son dogme qu’elle envisage de tout sacrifier avec elle.. Je suis désolé d’insister, mais je préfere les connaissances fiables de l’écologie et de l’astrophysique qui raisonnablement éveille notre sens de la responsabilité et du devoir aux mythes : aussi explicites peuvent ils nous sembler, ils ne contituent en rien un fondement.
Essayer de convaincre, Lisa, les Japonais de l’Empire du soleil levant que se rendre n’est pas un déshonneur pire que la mort et vous comprendrer pourquoi la reddition a été si difficile à obtenir de leur part...
il ne s’agit là que d’une interpretation,
Bien évidemment que les Textes religieux passeront toujours par le "filtre" de l’esprit humain. Esprit humain capable de concevoir le pire comme le meilleur. Néanmoins, il reste que l’essence du message religieux enjoint l’Homme à développer dans ce monde cette potentialité en lui de faire le meilleur. Or le meilleur n’est nullement une valeur arbitraire, fluctuante comme vous semblez le dire. Le meilleur de l’Homme c’est de cheminer vers des valeurs qui lient l’ensemble des être humains, quelle que soit leur croyance : le respect de l’autre, de soi, la paix, l’altérité, la solidarité, la liberté, l’harmonie avec son environnement..
Si vous et moi essayons de cultiver ces valeurs, la seule chose qui nous différencie est au nom de quoi nous les cultivons.. l’horizon vers lequel on tend.