Menaces de sanctions illégales sur des lycéennes musulmanes

Après les propos nauséabonds de Marine Le Pen sur les prières musulmanes, après l&

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mercredi 16 mars 2011

Après les propos nauséabonds de Marine Le Pen sur les prières musulmanes, après l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses avec le débat sur l’Islam, après la sortie scandaleuse du ministre de l’Education Nationale sur les mères musulmanes accompagnant les sorties scolaires, c’est au tour du Lycée Auguste Blanqui, à Saint Ouen (Seine Saint Denis), d’être le théâtre d’un nouveau scandale islamophobe. Depuis quelques jours, plusieurs lycéennes sont convoquées, l’une après l’autre, par la proviseure adjointe et la CPE, parce qu’elles portent…de longues robes unies !

Les jeunes filles, dont le CCIF a obtenu le témoignage, ont fait l’objet d’un rappel à l’ordre car leur tenue « ne peut être considérée que comme un vêtement ostentatoire, un signe religieux manifeste » d’après leurs « juges », qui leur ont demandé de porter des jeans et des T-shirts « comme tout le monde » sous peine d’être renvoyées de l’établissement, conformément au règlement intérieur et ce, afin de respecter le principe de laïcité.

L’une des jeunes filles a remarqué une feuille sur le bureau de la proviseure adjointe, comportant une liste sur laquelle figure le nom des jeunes filles convoquées avant elle, ainsi que le sien. L’ensemble de ces jeunes filles portent le voile en dehors de l’enceinte de l’établissement. Le groupe de jeunes filles a ensuite été réuni pour être une nouvelle fois menacé de sanctions. La plupart d’entre elles ne s’en tireront pas sans séquelles, à quelques mois de l’examen le plus important pour elles jusqu’à présent.

Il semblerait que le lycée ait décidé de surveiller de près ces lycéennes et de leur réserver un traitement particulier, humiliant comme si la loi liberticide sur le port du voile à l’école n’avait pas fait suffisamment de dégâts moraux. Au lieu de lutter pour que les jeunes filles puissent jouir du droit de disposer de leur corps comme elles le souhaitent, d’être traitées de la même façon que leurs camarades, les femmes responsables de cet établissement se sont évertuées à pourrir leurs vies scolaires.

Le Collectif Contre l’Islamophobie en France condamne fermement les méthodes qui bafouent les droits les plus élémentaires de la République. Ces faits sont bien entendu illégaux et ne sont que la conséquence de l’islamophobie actuelle, symptôme du climat délétère de notre pays.

Aujourd’hui, l’attitude de nombreux politiques donne à penser à certains agents de l’Etat qu’ils bénéficient d’une impunité, et qu’ils peuvent continuer à terroriser des citoyens du fait de leur religion ! Voilà une des innombrables situations où peuvent nous mener des débats stériles sur l’Islam, alors que les citoyens de confession musulmane n’ont qu’une seule revendication : L’Egalité - que les lois soient appliquées de la même façon pour tous !

Nous invitons tous les acteurs politiques, dont les discours sont à l’origine de ces violences islamophobes, à réagir face à cette injustice et à prendre les mesures qui s’imposent.

Collectif Contre l’Islamophobie en France

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Auteur : le CCIF

Collectif Contre l'Islamophobie en France

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