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Samedi 20 Mars 2010
Articles
Les talibans grignotent vallée après vallée le nord-ouest du Pakistan
mardi 27 novembre 2007 - par Ian Hamel

Ian Hamel, de retour du Pakistan

Est-il possible qu’Al-Qaida et Oussama Ben Laden puissent se cacher au Pakistan depuis novembre 2001 ? Peut-être, dans la mesure où le pouvoir militaire du général Pervez Musharraf parvient de moins en moins à contrôler deux des quatre provinces du pays.

Le Pakistan, qui vient d’être désavoué par le Commonwealth, est une étrange dictature militaire. Du moins, elle ne correspond pas exactement à l’idée que l’on peut se faire d’un régime autoritaire. Dans l’une des principales librairies d’Islamabad, la capitale, trône en devanture « Military Inc, Inside Pakistan’s Military Economy », un ouvrage au vitriol montrant comment l’armée est devenue, depuis le coup d’Etat de 1999, un véritable Etat dans l’Etat. La chercheuse Ayesha Siddiqa raconte que des généraux et autres officiers supérieurs détiennent des participations dans plus de 700 grandes sociétés.

Quant à leurs collègues, ils ont été nommés à presque tous les postes clés de l’administration, dans les universités, les agences gouvernementales, les compagnies de télécommunications. « Dans les autres pays, l’Etat a une armée. Au Pakistan, en revanche, c’est l’armée qui a un Etat », ironise un journaliste de « The News », l’un des principaux quotidiens du pays. Les gradés sont gavés, ils n’envisagent plus d’aller se battre, et surtout pas contre les islamistes qui tiennent des régions entières du Balouchistan et de la North West Frontier Province (NWFP), deux des quatre provinces du pays.

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La vallée de Swat était jusqu’en 2006 une région touristique du Nord du Pakistan

Posters de Ben Laden

Résultat, l’armée pakistanaise, qui a avalé 9 des 10 milliards de dollars versés par les Etats-Unis au Pakistan depuis 2001 pour lutter contre le terrorisme, n’a rien fait contre les talibans afghans qui se replient sur son territoire. Pire, elle se montre impuissante face à une “talibanisation“ de son propre pays. L’armée est devenue une institution démoralisée, haïe par l’homme de la rue. « Les bidasses reçoivent comme conseil de ne plus se promener en ville en uniforme pour ne pas être la cible des kamikazes ! », constate Françoise Chipaux, la correspondante du quotidien « Le Monde » à Islamabad.

J’ai demandé à Malik, mon chauffeur de taxi, de chercher s’il pouvait me dénicher des posters d’Oussama Ben Laden à Rawalpindi, la citée jumelle d’Islamabad, et quartier général de l’armée pakistanaise. Il ne met pas un quart d’heure en voiture, après avoir zigzagué dans les dédales bruyants de la vieille ville, pour me trouver deux grandes images en couleur du leader d’Al Qaida.

Sur l’une d’entre elles, Oussama, l’air inspiré, lève un doigt en l’air. Derrière lui, des avions explosent en plein ciel ! Deux jours plus tard, dans le bazar de Peshawar, la capitale de la NWFP, aux portes de la frontière afghane, les vendeurs me proposeront pour 40 dollars des photos d’hommes atrocement suppliciés par les talibans.

La loi de Mahomet

« Après 2001, dans beaucoup de familles pakistanaises, on a prénommé les garçons Oussama. Ce n’est pas un choix forcément très religieux. Le prénom du président irakien, Saddam, était lui aussi très populaire. C’était surtout un moyen d’affirmer son hostilité aux Américains », raconte Malik. Il conduit son taxi depuis l’âge de 16 ans. Aujourd’hui, à 34 ans, il doit faire vivre ses parents âgés, ses quatre sœurs et deux frères. Pour une grosse poignée de dollars, il a accepté, malgré les risques, de me conduire dans la vallée de Swat, au nord-ouest du pays, une province autrefois touristique, passée sous le contrôle des talibans.

Après la ville de Mardan, les forces de l’ordre se sont faites de plus en plus discrètes. Il a suffi de quelques attentats meurtriers, depuis le mois de septembre, pour que les soldats abandonnent cette région peuplée essentiellement de montagnards pachtouns (c’est également l’ethnie la plus importante d’Afghanistan). La vallée est passée sous le contrôle du “Maulana“ Fazlullah. “Maulana“ signifie “notre maître“, un terme généralement utilisé dans les écoles religieuses pour désigner un érudit.

“Maulana“, âgé de 32 ans, n’est pas mollah, il n’aurait même jamais terminé ses études religieuses. Son pouvoir, il le tient de son beau-père, Sufi Mohammad, fondateur d’une organisation islamiste interdite, Tehreek-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi (mouvement pour l’application de la loi de Mahomet), qui impose son pouvoir absolu sur une grande partie de la vallée.

Contre les vaccinations

Le programme du Maulana Fazlullah peut se résumer ainsi : la charia, rien que la charia. Circulant sur un cheval blanc, il fait détruire les postes de télévision, les magasins de musique. Ses partisans incendient les écoles de filles. Les hommes n’ont plus le droit de se raser, et les femmes, couvertes de la tête aux pieds, ne peuvent plus sortir qu’accompagnées de leur mari, d’un père ou d’un frère. Plus grave encore, il interdit les vaccinations, notamment contre la polio. Pour le “seigneur“ de la vallée de Swat, il ne s’agit que d’un vaste complot, ourdi par les chrétiens et les juifs, pour stériliser les musulmans…

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Les extrémistes s’en prennent également aux écoles de filles.

« La charia interdit tout traitement d’une épidémie tant qu’elle n’est pas déclarée », affirme le Maulana Fazllulah. Et si une personne succombe à cette épidémie ? « Elle est considérée comme un martyr », répond tranquillement l’homme qui a pris comme modèle le Mollah Omar, l’ancien maître de l’Afghanistan. Imitant l’ancien dirigeant des talibans, qui a fait détruire les deux Bouddhas géants de Bâmiyân en 2001, Maulana Fazllulah s’en est pris à deux reprises au Bouddha de Jihan Abad, haut de 7 mètres, dans la vallée de Swat, datant du VIIe siècle.

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Le Bouddha de Swat, partiellement détruit par les Talibans.

Destruction d’un Bouddha

La première fois, c’était le 11 septembre 2007, jour anniversaire des attentats de 2001. Mais les islamistes, qui ont posé des charges explosives au-dessus de la tête, et en dessous des pieds de ce Bouddha, ne parviennent qu’à faire éclater des fragments de roches, et à noircir la falaise. Nouvelle tentative, trois semaines plus tard. Cette fois les talibans pakistanais sont parvenus à détruire le visage de cette “image taillée“, qui rappelle que du IIe siècle avant J-C au VIIe siècle de notre ère, la vallée de Swat a été l’un des grands centres religieux du Gandhara, zone partagée entre l’Afghanistan et le Pakistan. A son apogée, cette région encaissée comptait plus de 1400 monastères bouddhiques.

Il ne fait guère de doute que les fidèles du Maulana Fazlullah reviendront terminer leur triste besogne. Ils s’attaqueront ensuite, dans l’indifférence générale, aux trésors archéologiques des musées. « Pour les talibans, Dieu seul est créateur, tous ceux qui aspirent à la reproduction d’un être animé ne sont que des faussaires et des blasphémateurs », explique le Suisse Pierre centlivres, ancien conseiller au Musée national afghan à Kaboul, et auteur de « Revoir Kaboul » (*).

L’entrée de la vallée de Swat n’est qu’à trois heures de voiture d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Il me paraît intéressant de demander aux musulmans en Europe ce qu’ils pensent d’une telle attitude. Les personnes que j’ai pu interroger dans la vallée de Swat sont indignées, mais n’osent pas se plaindre, par crainte de représailles.

Non seulement la majorité de la population, vivant du tourisme (hôteliers, artisans, petits vendeurs, chauffeurs de taxi), est réduite au chômage. Mais elle ne comprend pas que l’on puisse s’en prendre à des statues de pierre. « Les pyramides d’Egypte ont été construites avant l’arrivée du Prophète. Et alors ? Les Egyptiens en sont fiers. Sont-ils pour autant de mauvais croyants », commente Malik, chauffeur de taxi, et farouche adversaire de Pervez Musharaf, le président du Pakistan.

Ian Hamel, de retour du Pakistan

(*) « Revoir Kaboul », Pierre Centlivres et Micheline Centlivres-Demont. Editions Zoé. 457 pages.

Mots clés

Ian Hamel

Journaliste, publie “L’énigme Oussama Ben Laden” aux Editions Payot le 5 novembre 2008, auteur également du livre « La vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie » aux éditions Favre, préface de Vincent Geisser.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

10 décembre 2007

"Le concept de paradoxe, avec la possibilité inédite à l’époque pour les savants Musulmans de considérer Dieu aussi bien strictement détaché que partie intégrante de Sa création, est un exemple des nombreux apports scientifiques de ces Bouddhistes convertis à l’Islam.."

Est-ce que la question de la substance de Dieu est scientifique ? Métaphysique plutot, non ?

30 novembre 2007
Neofit a dit :

Vous êtes incorrigible "François" ! Du reste je m’adressais moins à vous qu’à nos frères, et j’insiste bien à nos frères Bouddhistes qui partagent beaucoup de valeurs communes avec les Musulmans et notamment celles de la tolérance dont malheureusement vous semblez même avoir oublié l’existence.

Fraternellement

29 novembre 2007
François a dit :

Bonsoir Neofit,

Vous écrivez :

Votre message a le (seul) mérite d’être clair "François". Pour le reste, pour reprendre vos mots, "l’objet de culte païen" le plus "gigantesque" est bien la bêtise dont votre message est la plus criante illustration. A nos frères Bouddhistes qui passeraient par ce forum, qu’ils sachent que leurs objets de culte nous sont aussi chers que les nôtres. Si durant des siècles ces Bouddhas géants ont pu être préservés c’est parce qu’il y a toujours eu dans l’esprit des Musulmans un respect profond de la diversité des cultes et des cultures tant qu’ils respectaient le principe divin et la dignité humaine. Notre époque est sombre et seule La Miséricorde divine, qui est la nature même du Prophète Muhammad, et la compassion qui était si chère à Bouddha, peut nous y élever.

Je crois qu’il ne sert à rien de vous dire que rien n’est plus contraire à la foi musulmane que d’avoir un objet de culte, vous le savez parfaitement, et tout en confirmant votre liberté de chérir des idoles, d’être idolâtrie et de prôner ces pratiques, je félicite votre culot de proférer d’aussi gros mensonges sur l’Islam, chapeau ! Personne ne nie la pluralité des cultes, leur diversité, cependant il vous faudrait reposer les pieds sur terre. Ne mélangez pas tout, il y a en ce monde deux réalités fondamentales régissant l’existence humaine, le filial et le cultuel. Et lorsque vous prononcez le terme Musulman, sachez que ce nom désigne un être identifié fondamentalement sur deux plans distincts, en tant que Fils d’Adam [et non serviteur d’Adam] et en tant que serviteur de Dieu [et non fils de Dieu].

L’identité filiale ou le culte du père est la religion primitive de l’homme, le Père fait figure de Seigneur chez l’homo sapiens, mais ce pauvre Père s’est vu détrôner par la cohorte des Nations qui s’est érigée à sa place. Et bien qu’il pouvait être polygame en ayant un certain nombre de Mater, le Pater était un être unique, et son règne jouissait d’un certain ordre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec le veuvage de ces Nations endeuillées qui ne génèrent plus que des sauvageons. Enfin bref, toujours est-il que le monde est régi en principe par le droit international, et c’est cette réalité là, le droit international, qui défaille, et les conflits en ce monde résident principalement dans les relations internationales et non dans les rapports interreligieux. Et tout le problème de l’humanité aujourd’hui réside dans le fait de savoir si l’ordre qui règne sur terre est un ordre mondial ou international, c’est-à-dire s’il faut considérer que l’humanité est régie par un droit mondial ou international.

Cordialement, François.

29 novembre 2007
Ce sont ces dictatures corrompues, comme le Pakistan, qui sécrétent les extrémistes ,voire les créent pour les manipuler.Ces dictatures sont souvent soutenues par l’occident pour des tas de raisons.Ainsi les talibans furent utiles aux USA contre la Russie.
29 novembre 2007
Neofit a dit :

Et enfin, il faut arrêter de nous prendre pour des demeurés, il ne s’agit pas de création artistique, il s’agit d’objet de culte païen gigantesques en terre d’Islam.

Votre message à le (seul) mérite d’être clair "François". Pour le reste, pour reprendre vos mots, "l’objet de culte païen" le plus "gigantesque" est bien la bêtise dont votre message est la plus criante illustration. A nos frères Bouddhistes qui passeraient par ce forum, qu’ils sachent que leurs objets de culte nous sont aussi chers que les nôtres. Si durant des siècles ces Bouddhas géants ont put être préservés c’est parcequ’il y a toujours eu dans l’esprit des Musulmans un respect profond de la diversité des cultes et des cultures tant qu’ils respectaient le principe divin et la dignité humaine. Notre époque est sombre et seule La Miséricorde divine, qui est la nature même du Prophète Muhammad, et la compassion qui était si chère à Bouddha, peut nous y élever.

Fraternellement

28 novembre 2007
Lisa a dit :
Qui est le plus dangereux entre un groupe de talibans barbus, décalés de notre histoire et un groupe de gens "civilisés" et bien rasés qui larguent des tonnes de bombes en uranium appauvri ? Sachant que les talibans évolueront ou disparaitront dans un laps de temps court alors que l’uranium appauvri continuera à faire des ravages pour un siécle ! Bien confortablement assis devant nos écrans,le ventre plein,dans un pays en paix,nous dissertons de choses qui nous dépassent,oubliant que les afghans comme les talibans ne sont pas à la même heure de l’histoire que nous.Bon,mais c’est toujours l’histoire de la paille et de la poutre,du deux poids deux mesures.Ceci dit,cela n’excuse en rien l’ignorance des uns et des autres.
28 novembre 2007
Shâna a dit :
La destruction des bouddha est aussi regrettable que la destruction et le pillage du musée de Bagdad ou la colonisation israélienne pour effacer le caractére inter religieux d’Alquds.Personne ne posséde le monopole du fanatisme,mais les circonstances peuvent rendre les hommes fanatiques.
27 novembre 2007
François a dit :

Bonsoir tout le monde,

Ian Hamel écrit :

Il ne fait guère de doute que les fidèles du Maulana Fazlullah reviendront terminer leur triste besogne. Ils s’attaqueront ensuite, dans l’indifférence générale, aux trésors archéologiques des musées. « Pour les talibans, Dieu seul est créateur, tous ceux qui aspirent à la reproduction d’un être animé ne sont que des faussaires et des blasphémateurs », explique le Suisse Pierre cent livres, ancien conseiller au Musée national afghan à Kaboul, et auteur de « Revoir Kaboul ».

On est là tout prêt de dire que l’acte de destruction des statues de la Kaaba par le prophète Mohammad, prières et bénédictions d’Allah sur lui, fut une triste besogne et une perte archéologique malheureuse. Et si l’on rétorque à cela que, contrairement à la Kaaba qui est la maison d’Allah, ces statues ne le sont pas, la question est alors pourquoi cette sacralisation de simples statues que l’on considère par-dessus le marché comme faisant partie du patrimoine archéologique universel, foutaise de foutaise à côté de ces millions de pauvres gens qui crèvent de faim. Et enfin, il faut arrêter de nous prendre pour des demeurés, il ne s’agit pas de création artistique, il s’agit d’objet de culte païen gigantesques en terre d’Islam.

Cordialement, François.

27 novembre 2007
Urluberlu a dit :
Mr Ian Amel connait bien le monde musulman et a l’air de le comprendre, cependant j’ai juste une petite remarque à lui faire, notre prophete se nomme Mohammed et non Mahomet, merci de noter ce detail avec attention et de ne pas reprendre la terminologie orientaliste...
27 novembre 2007
mounya a dit :
Je ne pense pas pas que cet article résume la réalité telle qu’elle est dans ce pays.La poignée de talibans ne peut pas contrôler toute une population qui a des idées trés variées sur la religion.La loupe est cependant mise sur les talibans et leurs pratiques pour justfier la politique et les violences de la coalition occidentale qui a commis davantage de dégats et de massacres que tous les talibans réunis,parceque les bombes n’ont jamais rendu qui que ce soit modéré !Avant il n’y avait que les talibans qui étaient hostiles.Maintenant c’est toute une population.Pourquoi ?Parceque les gens ont compris que le but de la violence de la coalition occidentale n’est pas la démocratie mais le pétrole.Comme en Irak ce n’est pas une guerre qui oppose deux armées,mais des super-puissances contre des civils.L’absence de symétrie dans les rapports de force crée des groupes extrémistes.En réalité le peuple afghan comme le peuple irakien ne comprennent pas pourquoi ils doivent souffrir et mourir pour des politiques qu’ils ne comprennent même pas !
27 novembre 2007
analphabète a dit :

les Etats unis ont souvent joué le Vert contre le Rouge, l’Islam contre le communisme. Ainsi, pour déstabiliser l’URSS, la CIA a créé et financé les Talibans en Afghanistan.

Depuis des années, les Etats Unis soutiennent des régimes fondamentalistes, comme l’Arabie Saoudite ou le Pakistan, qui ont financé les organisations islamistes.

Cette guerre entre les islamistes radicaux (version taliban) et l’Empire américain annonce des jours sombres, avec de nouvelles victimes innocentes, et aussi probablement, de nouvelles réductions des libertés publiques en Occident.

27 novembre 2007
Dans de nombreuses langues il existe des expressions du genre "cachez ce sein (cette gorge, ce cou, cette cheville, cette jambe….) que je ne saurais voir", un taliban choqué par l’impudeur d’un visage masculin imberbe s’écrie-t-il "cachez cette absence de barbe que je ne saurais voir ?" ou bien, de façon plus expéditive, s’empresse-t-il de couper ladite tête ? La barbe à… papa est-elle tolérée ou interdite ? Est-il orthodoxe ou blasphématoire de parler dans sa barbe, de rire sans sa barbe, de faire quoi que ce soit à la barbe de quelqu’un, surtout si ce quelqu’un est imberbe ou, pire encore, une femme ? Peut-on être en même temps orthodoxe du point de vue talibanesque et une… vieille barbe ?
27 novembre 2007
Djouza a dit :

Il existe une coupe de cheveux conforme à l’orthodoxie religieuse des talibans qui consiste à supprimer la frange du front. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce qu’une telle frange est… un nid à diable(s) ! Et si vous vous demandez par quel mystère, au nom de cette même orthodoxie, une barbe, ni coupée – mais seulement taillée -, ni peignée n’est pas aussi un nid à diable(s), sachez que toute chose a ses raisons que la raison ignore, des raisons qui, en psychiatrie, ont un nom : le délire psychotique !

La police des talibans procède régulièrement à des contrôles pour s’assurer que les franges sont bien coupées et que les barbes sont vraies. En même temps, les interpellés sont invités à réciter sur le champ la ou les sourates du coran dont on ne leur donne que le/les numéros : en fonction du délai de la réponse et du nombre d’erreurs et au terme de savants calculs, ils reçoivent sur le champ une punition appropriée, en l’occurrence un nombre x de coups de bâtons !

27 novembre 2007

Salamaleicum,

Prétendre que le Pakistan est une militarocratie depuis 1999, c’est vraiment mal connaitre le pays !

Lorsque j’ai commencé à y travailler en 1977, le pays était déjà dirigé par les militaires et des accords entre les tribus pour les distributions des prébendes....

Les talibans, quand à eux, sont une création des services secrets pakistanais (I.S.) pour empêcher les moudjahedin afghans d’arriver au pouvoir une fois qu’ils avaient vaincu l’Armée Rouge...... Dire que les tribus se seraient talibanisées, c’est ignorer gravement comment ces tribus fonctionnent depuis la nuit des temps.... !

En fait Swatt est simplement abandonnée aux tribus qui produisent tranquillement de l’héroïne dans leurs laboratoires clandestin comme 99% des territoires de la NWFP (North West Frontier Province) officiellement gérée par les chefs de tribus....

Quand à Ben Laden, il suffit qu’il arrose les chefs de tribus comme tous les recherchés d’interpol qui se cachent sur leurs territoires, pour qu’il bénéficie de l’hospitalité tribale....

Quoi de neuf docteur ?

Salamaleicum

27 novembre 2007
Kadour a dit :
Le régime pakistanais dans sa conception est comparable au régime militaire algérien. L’armée joue un rôle important, elle est présente dans tous les rouages de l’Etat et contrôle tout ce qui bouge. En décrivant les régimes algériens et pakistanais la formule idéale qui est reprise dans ce texte est en effet : Dans les autres pays, l’Etat a une armée. Au Pakistan,( et en Algérie) en revanche, c’est l’armée qui a un Etat »
27 novembre 2007
Amar a dit :
Les talibans ont été soutenus par le Pakistan et même les Etats-Unis. les n’onr rien à voir avec l’islam. Les talibans sont des despotes fanatique qui ont exécuté et mutilés hommes, femmes et enfants mutilés et torturés pour des « crimes » aussi dérisoires que d’avoir fait voler un cerf-volant, porté du maquillage ou regardé la télévision.
27 novembre 2007

Durant la guerre contre les Soviétiques, des millions de jeunes Afghans furent éduqués dans les madrassas — écoles religieuses — de la zone tribale pakistanaise. Dans ces madrassas ils furent fortement influencés par une école de pensée, l’école de Deobandi, qui prône le retour à « un islam pur », proche de celui existant au temps du Prophète selon leur guide spirituel.

Les chefs de guerre qui se déchirent pendant et après l’occupation de l’Afghanistan par les Russes, sont des islamistes, ayant des objectifs politiques : ils veulent d’abord établir un État islamiste, des lois et un état respectant selon eux la parole de Dieu, dans le but qu’ensuite la société et les mœurs deviennent islamiques.

Les Taliban, eux, sont des « fondamentalistes ». Au contraire des islamistes, ils veulent d’abord réislamiser les mœurs, la justice, les êtres humains. La forme de l’État n’a pas d’importance pour eux à la condition de respecter la loi divine. Et seuls ceux qui l’ont étudiée, c’est-à-dire bien sûr les Taliban, sont à même de l’expliquer et d’en assurer le respect.

27 novembre 2007
Saloua a dit :
Les talibans sont des obscurantistes dangereux qui exploitent la religion musulmane à des fins uniquement politiques. Les talibans veulent ramener le monde musulman au moyen-âge.
27 novembre 2007
Hajar a dit :

Voilà une histoire ironico-iconique. Ou plutôt tragi-comico-ironique-iconique - quel gâchis que tout ceci mes amis - sur le chemin des astres se lève l’heure d’un curieux désastre...

Paix et amitiés à tous nos et frères et sœurs bouddhistes du monde entier..

L’ironie en question a trait au fait que ce sont les Barmécides - البرامكة - (al barâmika)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Barm%C3%A9cides

qui, en introduisant des instruments de la logique de la tradition Bouddhiste, ont peut-être le plus contribué au développement de la théologie Islamique aux temps des Abassides.

Le concept de paradoxe, avec la possibilité inédite à l’époque pour les savants Musulmans de considérer Dieu aussi bien strictement détaché que partie intégrante de Sa création, est un exemple des nombreux apports scientifiques de ces Bouddhistes convertis à l’Islam..

Quand la lumière nous aveugle à défaut de nous guider, nous voici à courir dans les ténèbres !

Que Dieu nous inspire Amour et Sagesse -)

27 novembre 2007
bush a dit :
Le rammasser je ne peux pas, j’en ai assez je n’en peux plus. On a des gommes mais il y a personne !

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