Le voile jaune

Lors du congrès musulman du Bourget d’avril 2003, le ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy,

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dimanche 2 novembre 2003

Le voile jaune

À toutes les sœurs portant le voile dont les droits sont piétinés par les dinosaures moyenâgeux d’une post-religion égarée dans la modernité, en signe de solidarité et de profonde admiration.

Yahya Michot

mi-Sha’bân 1424

Lors du congrès musulman du Bourget d’avril 2003, le ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, évoqua l’obligation d’être tête nue sur les photos d’identité. Depuis, on parle en France d’une nouvelle guerre du foulard. En Belgique comme dans l’Hexagone, année après année, on continue à mettre dehors de jeunes Musulmanes souhaitant garder leur voile aux cours. « Non au prosélytisme et au fondamentalisme ! » « Halte à ce véritable étendard de l’islamisme politique ! » « Pas de signes ostentatoires à l’école ! » « Distinction de la sphère privée et de la sphère publique ! » « Séparation de l’Église et de l’État ! » « Respect inconditionnel de la laïcité ! » « Ce n’est pas la laïcité qui doit s’adapter à l’islam, c’est l’islam français qui doit s’adapter à la laïcité à la française, » écrit Claude Allègre dans l’Express du 8 mai 2003. « Ce n’est pas à la République de s’adapter à la religion, c’est la religion qui doit s’adapter à la République... » répètent sagement certains « musulmans laïcs » en manque de tapis rouge !

Comme s’il n’y avait pas de coiffes de nonnettes et de cols romains sur certains papiers d’identité, de crucifix dans les prétoires, d’églises au milieu des villages, de cathédrales au cœur des cités, de fêtes catholiques chômées dans le calendrier, de croix sur les drapeaux ou sur les armoiries, de noms de saints chrétiens dans la toponymie... Sous diverses formes, la religion reste omniprésente dans la vie de tous les jours, dans la culture, dans la politique, mais l’école publique doit en être décontaminée, aseptisée, et écoliers et écolières, collégiens et lycéennes doivent en être protégés à tout prix ! Tous les signes d’appartenance religieuse devraient donc être interdits dans le cadre scolaire. Idem, par ailleurs, pour la fonction publique !

Les deux voies de l’exclusion

Simple hasard ? C’est bien entendu l’Islam qui est surtout visé. Rien de neuf donc en quelque sorte. Autant dire que nous avons l’habitude, sinon que nous sommes blasés ! Et puis, ce n’est quand même pas la Palestine, l’Afghanistan, l’Iraq, le Cachemire, la Bosnie... (et j’en passe...) L’acharnement avec lequel le voile des Musulmanes est aujourd’hui attaqué dans divers pays européens ne manque cependant pas de surprendre. D’autant plus que l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme rend impossible toute interdiction de principe du port du foulard par des écolières1. En fait, divers politicards tonitruent aujourd’hui « Pas de foulard à l’école ! » comme les nazis et leurs sbires gueulèrent « Pas d’Untermensch juif ou tzigane dans le Reich  ! » Ou encore, comme les inquisiteurs espagnols, au XVIe siècle, répétèrent de concert « Pas de sang impur dans les royaumes de leurs Majestés Très-Catholiques 2 ! ».

J’entends déjà l’objection : l’infâme étoile jaune stigmatisait la différence dans un but de discrimination et de ségrégation ; interdire le voile viserait par contre à libérer les femmes, favoriser l’égalité entre les sexes, intégrer dans le milieu scolaire et assimiler dans la société d’accueil...

Quelles que soient la grandeur et la beauté des principes invoqués, force est pourtant de constater qu’en l’occurrence, le déni de la différence aboutit aux mêmes conséquences que sa stigmatisation, à savoir l’exclusion sociale, l’ostracisation de ceux et celles qui souhaitent tout au plus demeurer fidèles à leur idéal de vie, en une certaine altérité peut-être mais sereinement, sans commettre aucune infraction ni constituer aucune menace pour rien ni personne. Ainsi donc, qu’un pouvoir politique ou des autorités civiles, scolaires ou autres interviennent par la contrainte dans la vie de gens ou de communautés pour exacerber ou, au contraire, pour interdire ce qui, en tout bien tout honneur, les distingue quelque peu de la masse parce qu’ils ont la religion qu’ils ont - ou, tout simplement, parce qu’ils ont une religion ? -, c’est la même idéologie, aussi rétrograde et inhumaine qu’intégriste et absolutiste, qui poursuit son chemin criminel.

contraindre des musulmanes à enlever leur voile, à l’entrée de l’école ou ailleurs, équivaut à les affubler d’une étoile jaune.

Nul n’imaginerait réimposer aujourd’hui l’étoile jaune à qui que ce soit. L’horreur sans nom de la Shoah a en effet banni pour l’éternité l’arsenal immonde d’ « idéaux » de la civilisation aryenne, de « valeurs » national-socialistes et d’autres « grands principes » de la Raison hitlérienne naguère mis en avant pour la justifier. Qu’en est-il alors du dévoilement des Musulmanes ?

La Shoah andalouse

La situation, en ce qui concerne l’interdiction du voile, devrait en fait être semblable. Le révisionnisme des historiens est cependant si fréquent, l’amnésie européenne tellement générale, l’auto-amnistie de la Chrétienté si automatique, qu’à peu près personne ne se souvient - ou ne veut plus se rappeler - qu’au XVIe siècle, désislamiser l’habillement des Morisques, et notamment dévoiler leurs femmes 3, fut une constante de la politique de christianisation forcée qui aboutit à l’éradication totale des communautés musulmanes d’Espagne en 1609-1610, par leur massacre ou leur expulsion.

Le 29 juillet 1513, un édit de la reine Jeanne la Folle relatif à l’habillement des Morisques interdit aux femmes musulmanes de se « couvrir la face ». Des peines de plus en plus lourdes sont prévues en cas d’infraction et de récidive : « ... se visten a la morisca, en especial las mujeres, que todavía traen las dichas almalafas e andan cubiertas la caras, de que se siguen muchos inconvenientes para lo que cumple a nuestro servicio e al bien de los dichos nuevamente convertidos [...] Es mi merced y voluntad e mando que [...] ningunas personas de cualquier edad que sean de la mujeres de los dichos nuevamente convertidos no puedan traer ni traigan almalafas ni cubiertas las caras, pasados dos años primeros siguientes [...] E pasados los dichos dos años, traigan mantos de paño e descubiertas las caras, según que andan las cristianas viejas, so pena que si, pasado el dicho tiempo, alguna persona de las dichas mujeres truxeren las dichas almalafas e anduvieren cubierta la cara, pierda la primera vez las ropas que llevare e pague dos mil maravedís, e por la segunda vez la pena doblada e que le sean dados cien azotes, e por la tercera pierda sus bienes e quede la persona a la nuestra merced 4. »

En 1526, une junta présidée par Don Alonso Manrique, grand Inquisiteur, étudie à Madrid la meilleure manière de réformer les Morisques de Grenade. Il n’y est pas seulement décidé qu’ils devront « perdre leurs noms de famille, oublier leur langue, posséder l’idiome castillan, déchirer leurs habits pour les refaire sur le modèle espagnol » mais, aussi, «  découvrir le visage de leurs femmes 5  ».

En 1566, une loi imposant aux Morisques de Grenade de se vêtir comme les vieux-Chrétiens précise notamment que « les femmes devront désormais laisser leur visage découvert 6. »

En 1600, le secrétaire Pedro Franquesa adresse au roi Philippe III un mémoire recommandant de « statuer sur l’action à entreprendre pour éliminer les enterrements, la langue et les habits morisques, ainsi que leurs bouchers [...] et les derniers vestiges de leurs mosquées et de leurs bains 7. »

Un peu plus tard, le même secrétaire se plaint au Roi que les Morisques « ont résolu de ne participer à rien à moins d’y être forcés par des ordonnances ou des châtiments, et d’interdire à leurs femmes de changer de costume [ainsi qu’il leur était demandé de le faire par les autorités civiles et ecclésiastiques...] 8 »

À Valence, le père franciscain Antonio Sobrino écrit encore en 1600, dans un mémoire qui sera lu par Philippe III : « Ce serait une grande chose que de leur ôter tous les signes extérieurs des Musulmans [...] Ils doivent s’aligner en tout sur les vieux-Chrétiens : dans l’habit et le costume, dans le langage et l’écriture, dans les mets communs, et dans tout ce qui constitue de bonnes habitudes chrétiennes [...] Il faudra que les Seigneurs évêques exhortent leurs chefs [...] à se conformer en tout à ce qui est bon et licite pour les vieux-Chrétiens : habillement, langage, mets et viandes, consommation modérée de vin, etc 9. »

Toutes proportions gardées, les cent vingt ans de viol idéologique concerté, d’acculturation forcée et de répression systématique, de massacres répétés et de politique officielle génocidaire ayant fait un enfer de la vie des Musulmans d’Espagne, de la prise de Grenade en 1492 jusqu’à l’expulsion de quelque trois cent mille 10 des derniers d’entre eux en 1609-1610, furent d’une abomination et d’une monstruosité comparables aux douze ans d’atrocités, de racisme d’État, d’holocauste et d’autres crimes contre l’humanité perpétrés par les nazis de 1933 à 1945 11. De même que la Shoah fait à jamais un crime de toute idéologie prônant quelque étoile jaune que ce soit, l’anéantissement d’al-Andalus orchestré par l’État et l’Inquisition espagnols durant le XVIe siècle discrédite et invalide a priori toute doctrine encourageant quelque assimilation que ce soit, forcée ou seulement « assistée », d’une communauté musulmane d’Europe, entre autres par l’imposition d’une forme spécifique d’habillement, dont le retrait du voile.

Un avenir sans dinosaures

Ainsi ne suffit-il pas d’affirmer que la laïcité, l’intégration et les autres « idéaux » supposément cartésiens, libéraux ou républicains, féministes ou modernistes mis en avant pour imposer le dévoilement des Musulmanes en France, en Belgique ou ailleurs, ne sont ni des valeurs objectives, ni des principes universels, contrairement à ce que prétendent quelques esprits dits « éclairés » ou certaines propagandes étatiques. Il ne suffit pas de faire remarquer à cet égard que le port du voile n’est un problème ni en Italie, ni au Royaume-Uni, où les écolières et les caissières des grands magazins, les fonctionnaires, les policières et les parlementaires peuvent être voilées sans que cela dérange ni les autorités ni le bon peuple. Il faut aussi, et impérativement, prendre conscience et dire que ces soi-disant « idéaux » d’uniformisation sociétale sont les prolongements malsains d’une Croisade médiévale, les vestiges dangereux d’une politique inquisitoriale, les avatars infâmes d’un absolutisme vieux-chrétien que les flammes des bûchers, les flots de sang, les déportations de masse et les autres crimes contre l’humanité auxquels ils soumirent systématiquement les communautés musulmanes d’Espagne de 1492 à 1610 condamnent irrémédiablement. Il faut clamer haut et fort qu’un tel passé, à l’instar de la Shoah pour le nazisme, prive de tels « idéaux », pour l’éternité, de toute forme de légitimité et les vide à jamais de toute valeur éthique.

Lutter pour la liberté des Musulmanes de porter le foulard, ce n’est donc pas seulement être fidèle à l’Islam mais combattre les Jeanne la Folle, Manrique, Philippe III et autres fascistes de notre temps pour libérer l’Europe des anciens démons qui la hantent encore et préparer à nos enfants un avenir vraiment démocratique et pluraliste, sans dinosaures. Et parce que nos sœurs ne devraient pas être laissées seules sur ce front, je suggère que plus de frères portent la barbe ou le turban.

Édit d’expulsion des Morisques, Madrid, 10 juillet 1610

Notes :

Ce texte est une version augmentée d’un article publié dans al Balagh Magazine, n° 5, Bruxelles, octobre 2003.

1. Voir Mina Bouselmati, Le voile contre l’intégrisme. Le foulard dans les écoles, Bruxelles, Labor - Couleur livres, 2002, p. 90-91. Sur les débats récents concernant le foulard, voir aussi Fawzia Zouari, Le voile islamique. Histoire et actualité, du Coran à l’affaire du foulard, Lausanne, Éditions Favre SA, 2002 ; Jeanne-Hélène Kaltenbach - Michèle Tribalat, La république et l’Islam. Entre crainte et aveuglement, Paris, Gallimard, NRF, 2002, p. 189-233 ; Yolande Geadah, Femmes voilées, intégrismes démasqués, Montréal, Vlb éditeur, 1996.

2. Sur la politique de limpieza de sangre dans l’Espagne du XVIe siècle, voir Gerrit Willem Drost, De Moriscos in de publicaties van Staat en Kerk (1492-1609). Een bijdrage tot het historisch discriminatieonderzoek, Valkenburg, chez l’auteur, 1984, p. 194-213. Je remercie le Professeur P. Harvey de cette référence et de la suivante.

3. Les femmes morisques ne semblent pas avoir porté de foulard ou de voile du type de ceux aujourd’hui portés en Europe par les Musulmanes (hijâb, burqu’, etc.). À en juger par l’iconographie de l’époque, celles de Grenade se couvraient la tête d’une sorte de kouffié leur tombant sur les épaules ou d’un haïk, long voile blanc assez semblable à un tchador, encore fréquemment porté en Algérie par exemple, dont elles s’enveloppaient le corps (almalafa, // ar. milaff). Elles se masquaient le visage en rabattant sur lui un pan de leur haïk. Le Vénitien Andrea Navagiero décrit comme suit l’almalafa des Morisques de Grenade en 1526 : « un manto de tela blanca que cubre [las mujeres] hasta dar en el suela, en el cual se envuelven y tapan de modo que, si no quieren, no son conocidas » (cité in Antonio Gallego y Burín & Alfonso Gámir Sandoval, Los Moriscos del reino de Granada según el Sínodo de Guadix de 1554. Edición preparada por Fr. Darío Cabanelas Rodríguez, Grenade, Universidad de Granada, 1968, p. 60 ; sur les vêtements morisques, voir p. 57-62 et les illustrations IX-XXVIII).

4. Texte cité in A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 178.

Le même jour, Jeanne la Folle publie un autre édit vestimentaire, relatif celui-là aux vieilles-Chrétiennes de Grenade et d’ailleurs... qui s’habillent aussi à la Morisque et se couvrent le visage de leur almalafa ! « Algunas mujeres cristianas viejas que viven e moran en la dicha çibdad de Granada e en las otras çibdades e villas e lugares de ese reino, no mirando a lo que generalmente tenemos mandado e proveído que los nuevamente convertidos dexen los hábitos e vestidos moriscos y anden al traxe e manera de los cristianos, ellas se visten a la morisca e se cubren con almalafas y, demás del mal exemplo que dan a los nuevamente convertidos, resulta que con pensar que así van encubiertas e no conocidas hacen algunos excesos e malos recaudos de que Nuestro Señor es deservido e sus honras reciben detrimento e suceden muchos daños [...] Mando e defiendo firmemente que de aqui adelante ninguna cristiana vieja no pueda vestir ni vista a la morisca, so pena que, por la primera vez que contra esto fuere, pierda los vestidos que así se pusiere e le sean dados cien azotes, y por la segunda vez la misma pena e más que sea perpetuamente desterrada de todo el reino de Granada » (cité in A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 179).

5. Adolphe de Circourt, Histoire des Mores Mudejares et des Morisques ou des Arabes d’Espagne sous la domination des chrétiens, Paris, G.-A. Dentu, 1848 (réimpression anastatique : Farnborough, Hants, Gregg, 1972), 3 t. ; t. II, p. 231 sv. Sur « les interdits successifs concernant l’habillement morisque, surtout en ce qui concerne le voile porté par les femmes pour des raisons religieuses évidentes », voir aussi Rodrigo de Zayas, Les Morisques et le racisme d’État, Paris, La Différence, « Les Voies du Sud. Histoire », 1992, p. 198 ; A. Gallego y Burín & A. Gámir Sandoval, Moriscos, p. 175.

6. « Tenslotte is bepaald dat de vrouwen van nu af aan hun gezicht onbedekt moeten laten » (G. W. Drost, Moriscos, p. 30) ; voir aussi p. 356, n. 36 : « Ordenamos, y mandamos, que agora, y de aqui adelante, ningunos de los dichos nueuamente convertidos del dicho Reino de Granada, ni decendientes dellos, no puedan hazer, ni cortar de nueuo almalafas, ni marlotas, ni otras calças, ni vestidos, de las que vsauan, y traian en tiempo de Moros : y que los vestidos que de nueuo hizieren, sean coforme a los que traen las Christianas viejas, conuiene à saber, mantos, y sayas : y se conformen en todo en el dicho traje, y vestido, con las dichas Christianas viejas. »

7. R. de Zayas, Morisques, p. 426.

8. R. de Zayas, Morisques, p. 437.

9. R. de Zayas, Morisques, p. 536, 542. R. de Zayas attire l’attention sur ce qu’il appelle le caractère « franchement contradictoire » de certaines mesures prises durant la première moitié du XVIe siècle contre les Morisques. « Par exemple, au temps de Jeanne la Folle, les Morisques reçurent l’ordre d’abandonner leurs vêtements traditionnels pour ne pas se différencier des autres sujets de la couronne. Par contre, ces mêmes Morisques furent obligés de porter " des croissants de lune en tissu bleu sur leurs chapeaux, de la taille d’une demi-orange " » (Morisques, p. 682, n. 259). Une telle politique ne me semble au contraire nullement paradoxale. Elle illustre magnifiquement ma thèse que des politiques autoritaires de refus ou de stigmatisation de l’altérité d’une communauté religieuse se rejoignent en réalité.

10. Certains parlent d’un demi-million d’expulsés ; voir Antonio Domínguez Ortiz - Bernard Vincent, Historia de los Moriscos. Vida y tragedia de una minoría, Madrid, Alianza Editorial, 1993, p. 200. Les Morisques formaient 10 % de la population espagnole des années 1600.

11. Sur le long génocide des Musulmans d’Espagne, voir Louis Cardaillac, Morisques et Chrétiens. Un affrontement polémique (1492-1640), Paris, Klincksieck, 1977 ; Les Morisques et l’Inquisition, sous la direction de L. Cardaillac, Paris, Publisud, 1990 ; A. D. Ortiz - B. Vincent, Historia ; Ahmad Thomson - Muhammad Ata ur-Rahim, Historia del Genocidio de los Musulmanes, Cristianos Unitarios y Judíos en Espana, Salobrena (Grenade), Junta Islámica, 1993 ; José Miranda (éd.), La expulsión de los Moriscos (14 de Octubre de 1997 - 9 de Junio de 1998), Madrid, Fundación Bancaja, 1998.

Illustrations :

Illustration 1

Femme morisque de Grenade11

Illustration 2

Femme morisque de Grenade11

Illustration 3

Femme et fille morisques de Grenade11

Illustration 4

Morisque11

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Auteur : Yahya Michot

Professeur de pensée islamique et de relations islamo-chrétiennes au Macdonald Center, Hartford Seminary, Etats-Unis. 

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