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Articles
Le mariage misyar : entre parodie et libertinage (partie 1/2)
mardi 5 septembre 2006 - par Khalid Chraibi
Définition du mariage misyar Nikah al Misyar ("mariage du voyageur" en arabe) est un montage juridique qui permet à un couple musulman sunnite de s’unir par les liens du mariage, sur la base du contrat de mariage islamique usuel, sans que le mari ait à prendre d’engagements financiers vis-à-vis de sa femme. Cette dernière l’en dispense par une clause du contrat de mariage par laquelle elle renonce à certains de ses droits (tels que la cohabitation des époux, le partage égal des nuits entre toutes les épouses en cas de polygamie, le domicile, la subvention à l’entretien « nafaqa », etc...) (1). L’épouse continue de mener une vie séparée de celle de son mari, et de subvenir à ses besoins par ses propres moyens. Mais, son époux a le droit de se rendre chez elle (ou au domicile de ses parents, où elle est souvent supposée résider), à toute heure du jour ou de la nuit, quand il en a envie. Le couple peut alors assouvir de manière licite des « besoins sexuels légitimes » (auxquels l’épouse ne peut d’ailleurs pas se soustraire). Le mariage misyar constitue, d’après certains, une adaptation spontanée du régime du mariage aux besoins concrets de personnes qui n’arrivent plus à se marier de la manière traditionnelle dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, le Koweït ou les Emirats Arabes Unis, à cause de la cherté des loyers et de la vie en général ; des montants élevés des dot exigés ; et d’autres raisons économiques et financières similaires. (2) Il répond aussi aux besoins d’une société conservatrice qui sanctionne sévèrement le "zina" (la fornication) et autres relations sexuelles entretenues hors du cadre du mariage. Les théologiens expliquent qu’il convient aux jeunes aux moyens trop modestes pour fonder un foyer ; aux veuves aisées (nombreuses dans la région), ayant leur propre domicile et leurs propres ressources financières, et qui ne peuvent plus espérer se remarier selon la formule habituelle (ou ne le désirent pas), parce qu’elles ont par exemple des enfants à charge ; aux femmes divorcées (également nombreuses) ; ainsi qu’aux « vieilles filles » qui voient leur jeunesse se faner dans un célibat involontaire, sans avoir goûté aux joies du mariage, pour quelque raison que ce soit. Il y a ainsi un million et demi de femmes réduites au célibat forcé dans la seule Arabie Saoudite. (3) Le cheikh d’Al-Azhar Muhammad Sayyed Tantawi, et le professeur Yusuf Al-Qaradawi notent cependant dans leurs écrits et leurs conférences qu’une très forte proportion des hommes qui prennent une épouse dans le cadre du mariage misyar sont des hommes déjà mariés. (4) Certains traits de ce mariage évoquent le mariage mut’a, en vigueur en Arabie avant l’Islam, et pratiqué encore de nos jours par la communauté shiite, qui le considère comme une forme licite d’union, alors que les musulmans sunnites la considèrent comme illicite. (5) Mais, le mariage mut’a est basé sur un contrat à durée déterminée, alors que le contrat de mariage misyar est d’une durée indéterminée (même si le mari n’envisage cette union, le plus souvent, que comme un mariage temporaire, qui débouche sur un divorce dans 80 % des cas). La popularité du mariage misyar aujourd’hui résulte, probablement, d’une méconnaissance de sa véritable nature, et de ses implications légales au niveau du mari, de la femme et des enfants qui peuvent naître dans le cadre de ce mariage. La licité du mariage « misyar » Le mariage misyar soulève des questions importantes et complexes, tant sur le plan juridique que social : est-il licite ? Ne bafoue-t-il pas les droits légitimes de l’épouse ? Quelle est la valeur juridique de la renonciation de l’épouse à certains de ses droits ? Quelles sont les conséquences de cette situation sur le plan familial et social ? Contrairement à une croyance largement répandue, le mariage misyar relève, sur le plan juridique, du régime général du droit musulman, et non d’un régime spécial. Sa conformité à toutes les exigences de la charia est une condition sine qua none de sa validité. Par conséquent, quand les juristes musulmans affirment qu’il est parfaitement licite, ils signifient simplement, par là, que l’acte de mariage doit remplir toutes les conditions requises par la charia (accord des parties, présence d’un tuteur dans certains rites, versement par le mari à son épouse (ou au « tuteur ») d’une dot d’un montant convenu entre eux (qui peut être important ou modeste, à leur gré), présence de témoins, publicité du mariage...). (6) L’Académie Islamique du Fiqh (AIF), un organe spécialisé de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), vient de conforter ce point de vue dans une fatwa (7) du 12 avril 2006. (8) et (9) La clause par laquelle la femme renonce à certains de ses droits (la cohabitation des époux, le domicile, la subvention à l’entretien (nafaqa)...) soulève, quant à elle, des questions de droit plus subtiles. Appartient-elle à cette catégorie de clauses bien connues en droit musulman, qui sont contraires à l’essence du mariage, et qui vicient et rendent nulle l’union légale qui en est assortie ? Ou bien encore, à cette deuxième catégorie de clauses, qui sont frappées de nullité, alors que l’acte de mariage reste valable ? Le Cheikh d’Al-Azhar Muhammad Sayyed Tantawi rappelle, à cet égard, que le droit musulman confère aux époux le droit de convenir entre eux, dans le cadre du contrat de mariage, de certaines stipulations particulières relatives à leurs droits et obligations réciproques. Quand les époux conviennent, dans le cadre du mariage « misyar », que la femme renoncera à certains de ses droits d’épouse, cela est parfaitement légal, si telle est la volonté librement exprimée de l’épouse. (10) L’ancien grand mufti d’Egypte Nasr Fareed Wassel ajoute, dans ce contexte, que la femme peut légitimement renoncer à certains de ses droits au moment du mariage, si elle le souhaite, du fait qu’elle a des ressources personnelles, par exemple, ou que son père se propose de continuer à subvenir à ses besoins. Mais, en cas de changement de circonstances, elle peut revendiquer tous les droits que la loi lui confère en sa qualité d’épouse (comme la « nafaqa » par exemple), parce que ce sont des droits inaliénables dans le cadre du mariage. (11) Wassel souligne que la clause de renonciation ne constitue qu’une promesse de ne pas revendiquer certains droits. Elle a une portée morale certaine, mais est sans valeur sur le plan juridique. L’épouse peut donc la respecter tant qu’elle lui convient, et revenir dessus en cas de besoin. Il observe qu’une telle clause n’affecte en rien, par ailleurs, les droit des enfants qui naîtraient de cette union, qu’il s’agisse de la reconnaissance de paternité, des effets de la filiation, de la prise en charge financière des enfants par leur père, des droits de l’épouse et des enfants à leur part d’héritage, etc. (12) L’éminent théologien saoudien Abdullah bin Sulaiman bin Menie, membre du Conseil Supérieur des Ulémas d’Arabie Saoudite, corrobore ce point de vue. D’après lui, l’épouse peut revenir à tout moment sur sa renonciation et exiger de son époux de lui donner tous ses droits, y compris qu’il vive avec elle et qu’il prenne en charge sa « nafaqa ». Le mari est alors libre de lui donner satisfaction ou d’opter pour le divorce (comme tout mari en a le droit, de toutes les façons). (13) Le professeur Yusuf Al-Qaradawi, (qui dit ne pas apprécier ce type de mariage, mais est bien obligé de reconnaître sa licité (14)), préfère carrément que la clause de renonciation ne soit pas inscrite dans l’acte de mariage, mais fasse l’objet d’un simple accord verbal entre les parties. (15) Il souligne à cet égard que les musulmans sont tenus par leurs engagements, qu’ils soient écrits ou verbaux. Il conforte ainsi le point de vue de Wassel et de bin Menie sur cette question. Il ajoute que l’inclusion de cette clause dans l’acte n’invaliderait pas ce dernier, ce qui conforte le point de vue des deux autres juristes quand ils disent que la clause peut être contestée par la femme, et ne plus s’appliquer, sans que cela remette en cause la validité du mariage lui-même. Effets pervers du mariage « misyar » Bien que le mariage « misyar » soit parfaitement licite en droit, de l’avis des théologiens, et que l’épouse puisse à tout moment revendiquer les droits auxquels elle a renoncé lors de la conclusion de l’acte de mariage, de nombreux juristes comme Muhammad Ibn Othaymin ou Nassirouddine Al-Albany, (16) de même que de nombreux professeurs d’Al Azhar (17) s’opposent à lui du fait qu’il contredit l’esprit du droit du mariage islamique, et a des retombées négatives importantes sur la femme, sur la famille et sur la communauté. A suivre... Notes et Références (1) Al-Qaradawi, Yusuf : Misyar marriage (www.Islamonline.net) (2) Al-Qaradawi, Yusuf : Misyar marriage (www.answering-islam.org) (3) Al-Qaradawi, Yusuf : Zawaj al misyar, (1999), (en arabe), p 10 (4) Jobarti, Somayya : Misyar marriage – a marvel or misery ? (www.arabnews.com) (5) Al-Qaradawi, Yusuf : Mut’ah marriage (www.islamonline.net) (6) Al-Qaradawi, Yusuf : Misyar marriage (www.islamonline.net) et Zawaj al misyar, p 11 (7) Une fatwa, qu’elle émane du Cheikh d’Al Azhar, du Grand mufti d’Egypte, ou de l’Académie Islamique du Fiqh (AIF) par exemple, n’est pas un texte de loi ou une décision judiciaire dont l’application s’impose de manière impérative à qui que ce soit. Son objectif est de présenter un point de vue juridique compétent qui permet à toutes les parties intéressées de mieux saisir ce que la loi dit sur une question d’actualité, d’après l’auteur de la fatwa. Les conclusions de la fatwa ne s’imposent qu’à lui-seul. Ainsi, nul des 43 Etats-membres de l’AIF n’a la moindre obligation d’appliquer les dispositions de la fatwa de l’AIF, qui sont d’ailleurs incompatibles avec les législations nationales de certains d’entre eux en matière de droit de la famille. Voir à ce sujet la déclaration de Sheikh Abdul Mohsen Al-Obeikan, vice-ministre de la Justice d’Arabie Saoudite, au quotidien « Asharq alawsat », en date du 09/07/06, au sujet de la valeur juridique de la fatwa de l’AIF (www.asharqalawsat.com). En voici quelques extraits : « (Al-Awsat d’Asharq) De temps en temps, à l’occasion de ses réunions périodiques, l’Académie Islamique du Fiqh publie diverses fatwas ayant trait à des questions qui préoccupent les musulmans. Cependant, ces fatwas ne sont pas considérées comme s’imposant aux états islamiques. Quel est votre point de vue sur cette question ? (Obeikan) Naturellement, elles ne s’imposent pas aux états islamiques membres de l’Académie. (Al-Awsat d’Asharq) Mais, quel est l’intérêt de dégager un consensus au niveau de l’Académie Islamique du Fiqh sur des fatwas qui ne s’imposent pas aux Etats membres ? (Obeikan) Il y a une différence entre un juge et un mufti. Le juge rend une sentence qui s’impose aux personnes concernées. Le mufti, quant à lui, émet une fatwa qui explique un point de vue juridique, mais sa décision ne s’impose à personne. Les décisions de l’Académie Islamique du Fiqh sont des fatwas qui ne s’imposent pas aux autres. Elles expliquent seulement le point de vue juridique, comme c’est exposé dans les livres de fiqh. (Al-Awsat d’Asharq) Bien, que diriez-vous au sujet des fatwas de la Chambre d’Ifta [ organization saoudienne officielle de fatwa ] ? Ses fatwas ne s’imposent-elles pas aux autres ? (Obeikan) Je ne suis pas d’accord avec vous sur ce point. Même les décisions de la Chambre d’Ifta ne s’imposent à personne, que ce soit aux individus ou à l’Etat. » (8) Al-Marzuqi Saleh Secrétaire Général AIF, interviewé par TV Alarabiya.net le 12/04/06 au sujet des décisions de l’AIF (http://metransparent.com) (9) An-Najimi, Muhammad : membre de l’AIF, interviewé par TV Alarabiya.net le 28/04/06 au sujet des décisions de l’AIF (10) cité dans Hassouna addimashqi, Arfane : Nikah al misyar (2000), (en arabe), p. 14 ; voir également Al-Qaradawi, Yusuf : Zawaj al misyar, (1999), (en arabe), p. 12 (www.alarabiya.net) (11) cité dans Hassouna addimashqi, Arfane : Nikah al misyar (2000), (en arabe), p. 16 (12) cité dans Hassouna addimashqi, Arfane : Nikah al misyar (2000), (en arabe), p. 16 ; voir également Al-Qaradawi, Yusuf : Zawaj al misyar, p. 15 où il recommande que le contrat de mariage misyar soit enregistré pour préserver les droits des enfants en cas de contestation. (13) cité par Al-Hakeem, Mariam : Misyar marriage gaining prominence among Saudis (www.gulfnews.com) (14) Al-Qaradawi, Yusuf : Zawaj al misyar p. 8 (15) Al-Qaradawi, Yusuf : Zawaj al misyar , pp.13-14 (16) Bin Menie, Abdullah bin Sulaïman : fatwa concernant le mariage misyar (et opinions d’Ibn Othaymin, Muhammad Saleh et Al-Albany, Nassirouddine sur la même question) (en arabe) (www.bab-albahrain.net) (17) Yet another marriage with no strings (www.metimes.com) : comité de fatwa d’Al-Azhar contre misyar Mots clésKhalid ChraibiEconomiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays. Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article23 janvier 2010
Il ne faut pas citer que les points négatifs de ces mariages, ces mariages permettent aux veuves, ou femmes divorcées deux fois de se remarier et de vivre avec un mari, ce que le Coran n’autorise pas. De plus si le mariage orfi n’a pas été légalisé auprès d’une administration dans les quinze jours, il est nul et l’époux n’a plus aucun droit sur son épouse. Souvent utilisé ar de jeunes étudiants universitaires, cela leur permet de faire tomber dans leur filet de jeunes filles amoureuses derrière le dos des parents, dramatique pour ces jeunes filles, celle-ci ensuite ayant perdu leur virginité sont reconnues coupables. Souvent ces jeunes hommes sont déjà mariés et ont des enfants. Tristes réalités/
28 mai 2009
Correcteur a dit :
Le Cheikh AbdelMohssine Al Obeykane n’a jamais été vice-ministre de la justice...
4 novembre 2007
el-ya a dit :
wa salam halaykoum v’la voudrai savoir pkoi il est deffendu aux femmes de se marieé avc des hommes qui pratique une autres religions ?merci a vous ?
28 mai 2007
el habib et hanifa a dit :
salam aalicom a mon avis le mariage est une affaire serieuse ...a ne pas confondre avec la fornication (n ’approcher pas ...et eloigner vous le plus possible...) ...faire des epouses un personnel intermitants releve de l’autoproxenetisme
2 mars 2007
Mehdi & Mehdia a dit :
A l’aimable attention du Docteur CHRAIBI Je vous remercie de votre réponse du 06.02.2007 et permettez-moi de vous demander si le mariage (orfi ou misyar) se pratique en Egypte, et quels sont les documents à fournir et à qui s’adresser en Egypte, car au Maroc ce genre de mariage n’est pas autorisé. Je souhaite de tout coeur vivre dans la légalité dans le halal vis-à-vis de Dieu. La procédure est très longue au Maroc et épuisante et le temps compte nous voudrions vivre en paix avec nous mêmes et vis-à-vis de notre Seigneur le Tout Puissant. nous vous remercions de votre précieuse aide et vous remercions de tout coeur. Toute notre reconnaissance et nos remerciements. Mehdi & Mehdia 6 février 2007
Khalid Chraibi a dit :
En réponse au commentaire de Mehdia et Mehdi, 4 janvier 2007 : Le mariage misyar est un mariage musulman standard. Il faut donc faire les formalités habituelles associées au mariage musulman. La seule particularité du mariage misyar est que les époux notent, sur l’acte de mariage, leurs volontés concernant certaines choses qu’ils s’imposent d’observer d’un commun accord. Par exemple, ils peuvent dire que la femme et l’homme continueront à vivre séparément, chacun de son côté. Ils peuvent dire que la femme subviendra à ses propres besoins, sur le plan financier. De telles stipulations servent, cependant, uniquement à indiquer la volonté des parties sur ces questions. Mais, comme le montre l’article, elles ne sont pas valables devant un tribunal musulman. Donc, si la femme a besoin, pour une raison quelconque, d’obtenir une aide financière de son mari, elle peut la réclamer à n’importe quel moment. Si le mari s’y refuse, et si elle le poursuit en justice, les tribunaux musulmans donneront raison à la demande de la femme. Si le mari continue de s’y refuser, il devra divorcer. Voilà, dans les grandes lignes, ce que signifie le mariage misyar, et ce qu’il implique. L’observation du professeur al-Qaradawi semble avoir beaucoup de sens en la matière : si les époux sont d’accord entre eux sur ces questions, ils n’ont pas besoin de les noter dans un contrat de mariage. 4 janvier 2007
Mehdia et Mehdi a dit :
Bismilah wa salam aalaikoum - Nous voudrions mon époux et moi faire un mariage misyar - je suis musulmane et mon mari s’est converti à l’islam il est pratiquant - nous sommes mariés selon la loi française et souhaiterions faire un mariage dans le halal et cela est très difficile dans notre pays - nous avons appris que le mariage était possible en égypte - pourriez-vous nous éclairer sur ce sujet quels sont les documents à fournir - Que Dieu le Miséricordieux vous guide et vous éclaire ainsi que tous les musulmans et Chouyoukhs et oulémas - amen - (nous sommes retraités tous les deux et n’avons pas d’enfants) 19 novembre 2006
Saladin a dit :
Il est vrai, pour reprendre certains commentaires que le mariage est un acte sacré dans lequel l’homme et la femme s’engagent sur les plans personnel, financier, familial. Et donc mariage = joie bien sur mais aussi difficultés et problèmes à surmonter. Tel est la vie de couple ! Les compagnons utilisaient-ils ce genre de "montage juridique" ? Sans me prononcer sur la légalité, admise, de ce mariage, je trouve que le mariage Misyar revient à désacraliser le mariage et à faire de la femme un jouet sexuel (même si elle consent). Certains pensent que ce mariage est rendu nécessaire par le contexte actuel, mais n’est-ce pas justement aux gouvernements prétendument islamiques d’essayer d’apporter des solutions concrètes (logement par exemple) ? Dans la même ligne du "féminisme islamique", je constate, avec regret, qu’on assiste à une "occidentalisation" de l’Islam. 25 octobre 2006
noureddine benkedia a dit :
Assamoualaikoum
Bien que assez curieux je n’ai jamais entendu parler de ce mariage ni lu qoique ce soit sur lui,par contre le mariage mut’a oui
ce que je voudrais savoir est sur quelle base juridique s’appuie ce mariage je veux dire par là y a t’il un hadith de notre rassoul salla
allah aleihi oua sallam ?
18 octobre 2006
marawan a dit :
je pense que ce mariage n’a pas lieu d’etre, mais quelles solutions s’offrent aux jeunes aujourd’hui ?
Le probleme est certe socio-économique mais il ne faut pas s’égarer , rester le plus simple possible dans son raisonnement.
rien ne remplacera le mariage que tout le monde connait, il est le seul garant de couples unis et d’une déscendance forte.
2 octobre 2006
Sihem a dit :
Salam alaykoum, C’est clair, ce type d’engagement qui est appelé mariage me parait beaucoup trop amère, il permettra à certains hommes peu intelligents de placer la femme à un rang non honnérable, de ne pas la respecter comme il se doit. ça devient tout est n’importe quoi ! 13 septembre 2006
Ness a dit :
Désolée d’utiliser des termes aussi forts, mais c’est le sentiment que j’ai. surtout si on applique ce type de mariage à la société actuelle, quand on sait que de nombreux hommes font de nombreux déplacements, donc ce procédés leur permettrait d’avoir une femme aux quatres coin du monde. dont l’unique but est l’assouvissement sexuel. quelle éducation recevront les enfants qui naitront de ces relations, ou sont les repères dans tous ça. certains critiquent le concubinage, mais c pire ! je trouve que ce système essaie de copier la société occidentale tant critiqués, en des formes encore plus dégradantes pour la femme. on parle effectivement de consentement, pour facilité la légalité de cette union, qui à mon sens n’en n’est pas une. 9 septembre 2006
Malick depuis le Senegal. a dit :
Je voudrai repondre à crab qui pense que l’on voudrait légaliser le viol dans l’Islam ce qui est grotesque et calomnieux à la limite.Ce type de mariage a bel et bien un fondement religieux donc de ce point de vue je pense qu’on devrait préconiser une révision des textes visant à retaper les points qui fachent par rapport au contexte actuel du 21*siécle au lieu de s’attaquer aux oulémas qui n’ont pas un point de vue unanime sur ce sujet.
PAIX SUR VOUS.
8 septembre 2006
le sid a dit :
ce type de mariage est à mon sens une solution efficace susceptible d’aider certains jeunes par exemple souhaitant se marier mais n’étant pas apte financièrement.
Il me semble qu’ il est assez facile de juger ce type de mariage de "scandaleux"... en effet s’il est décidé c’est certainement que les deux parties en ont convenues et si les oulémas l’ont juger licite nous n’avons surement pas nous à revenir dessus..
8 septembre 2006
Hajar a dit :
assalamou alaykoum, Je suis une femme, et je déteste qu’on parle des droits de la femme, comme si on étaient des créatures faibles, vulnérables, des animaux qui ont besoin d’une législation particulière pour les protéger, pourquoi est ce qu’on tend toujours à accuser l’homme, Dans le mariage misyar, la femme n’est pas obligée elle est d’accord et elle l’est tout à fait, je suis persuadée qu’avec le temps elle changera d’avis car l’envie d’avoir le titre d’une mariée ne sera plus d’actualité et verra la grosse erreur qu’elle a commise elle avec ce soit disant mari, les oulamas n’ont pas pu dire non mais à mon avis je crois que le Coran était claire "antoum libassoun lahounna wa hounna libassoun lakoum" c’est à dire le mari est comme une tenue qui protège sa femme et la femme de même. Donc en ce qui me concerne, moi ce mariage n’est pas un mariage et à l’époque du prophète personne n’a assité à ce genre de mariage, et même si la femme,dispense son mari des droits de nafaqua est ce qu’elle va faire la même chose si elle a des enfants, et bien sûr elle n’a pas le droit de le dispenser d’un droit qui ne lui appartient pas le droit des enfants est un Droit qu’a donner le bon Dieu aux enfants et aucun n’a le droit d’empiéter sur une zone qui ne lui appartient pas, je peux cèder qui m’appertient mais pas ceux de mes enfants car j’en ai pas le droit, le mariage est une union, est toutes les religions l’ont dites, ce mariage misyar n’a rien à voir avec l’union, et la femme à mon avis doit cesser de se comporter tel un enfant, nous avons des cervelles cessons notre maladresse pour qu’enfin de compte on ne vient pas accuser les hommes 7 septembre 2006
Ben Slimane a dit :
Ce qui est dit dans cet article est que personne ne force personne. Par ailleurs, la femme peut renoncer à ce contrat , à tout moment. Donc elle n’acceptera ces conditions que si elle y trouve un intérêt, sinon elle n’est pas folle de s’adonner à un homme, sans que cela lui apporte quelque chose (qui est le plus souvent l’amour, qu’il soit physique ou sentimental). Enfin, si nous regardons autour de nous, on s’apercevrait rapidement que ce type de mariage, fort inconnu, résoudrait le problème à beaucoup de monde.
6 septembre 2006
ROMUALD a dit :
Vous réduisez la sexualité à un comportement uniforme. Or il y a des sexualités. Un individu ( fille ou garçon) peut vivre sereinement une abstinence sexuelle avant le mariage, si cette abstinence n’est pas subie, mais un choix dont les raisons peuvent être religieuses. Il faut se garder de porter des jugements hatifs sur tel ou tel choix. Par ailleurs la liberté sexuelle n’est pas le signe d’une supériorité civilisationelle.
5 septembre 2006
ni pour ni contre a dit :
Pas de polygamie ? pas de mriage misyar ?
Constat dans les pays musulmans (pauvreté ou pas) : beaucoup d’hommes et surtout trop de femmes vivent dans le célibat involontaire. Les veuves et les divorcés (jeunes ou pas) trouvent difficilement de nouveaux maris. Elles sont condamnées presque à vie au célibat.
Avant de condamner les savants, qu’est-ce que vous proposez comme solution convenable ? Est-ce que ces hommes et ces femmes n’ont pas le droit d’avoir du plaisir, des enfants...
5 septembre 2006
Nicole a dit :
Chers amis d’oumma.com, site que j’apprécie beacoup. Permettez-moi de vous donner mon humble avis sur la question du mariage dont la conception qui est la mienne est universelle, et plutôt éloignée du mariage misyar Le mariage se vit souvent dans la difficulté et la souffrance. Apprendre à aimer, c’est penser la relation amoureuse entre des hommes et des femmes conscients d’être des êtres libres, invités à transformer leur soif, impossible à étancher, en une plénitude qui les dépasse. Aimer, c’est vivre avec une personne tous les degrés d’une “échelle des états amoureux” : désir, passion, amitié, partage spirituel... C’est évoluer, ensemble et chacun de son côté, où l’autre peut enfin cesser d’être un objet pour devenir un véritable sujet. Voilà ma conception du mariage qui peut être vécue que l’on soit musulman, chrétien, juif ou athé. A nous de construire notre couple ! 5 septembre 2006
Mahfoud a dit :
L’homme que je suis condamne avec vigueur ce mariage. Qui accepterait de donner sa fille sous la forme de ce "mariage" ? Encore une fois le musulman que je suis ne se reconnait pas dans cette pratique scandaleuse !
5 septembre 2006
Nawal a dit :
Areski parle de mariage, qualification particulièrement grotesque. Le mariage est un engagement réciproque, où chaque époux regarde vers la même direction, avec un partage équitable des responsabilités, une vie commune, une complémentarité, en quoi le mariage misiar répond-il à ces critères ? Ce mariage est une véritable supercherie machiste.
5 septembre 2006
Amina a dit :
Merci pour ce texte qui fournit des élements d’informations sur le mariage misyar dont j’avais entendu parler. J’attends avec impatience la suite pour voir de quoi il retourne des effets pervers de ce mariage, ce qui évidement m’interesse le plus
5 septembre 2006
crab a dit :
.
Nikah al Misyar ("mariage du voyageur" en arabe) est un montage juridique qui permet à un couple musulman sunnite de s’unir par les liens du mariage, sur la base du contrat de mariage islamique usuel, sans que le mari ait à prendre d’engagements financiers vis-à-vis de sa femme. Cette dernière l’en dispense par une clause du contrat de mariage par laquelle elle renonce à certains de ses droits (tels que la cohabitation des époux, le partage égal des nuits entre toutes les épouses en cas de polygamie, le domicile, la subvention à l’entretien « nafaqa », etc...) (1).
L’épouse continue de mener une vie séparée de celle de son mari, et de subvenir à ses besoins par ses propres moyens. Mais, son époux a le droit de se rendre chez elle (ou au domicile de ses parents, où elle est souvent supposée résider), à toute heure du jour ou de la nuit, quand il en a envie. Le couple peut alors assouvir de manière licite des « besoins sexuels légitimes » (auxquels l’épouse ne peut d’ailleurs pas se soustraire).
Fin de citation.
…………………
« L’épouse ne peut se soustraire » ; n’est-ce pas, légitimer, instituer le viol dans le cadre conjugal ?
.
Crab.
5 septembre 2006
Arezki AÏT OUALI a dit :
assalamou aleïkoum, devant la clarté de l’écrit, sa précision et sa subtilité linguistique, je suis effaré de voir combien de lecteurs voient une volonté motivée des savants de légaliser ce mariage ; combien de lectrices y voient une origine manichéenne exclusivement masculine ; combien de lecteurs condamnent sans esprit de tolérance ni argumentation. Par respect ou par amour, faites un effort de relecture. En quoi les savants légalisent-ils ce mariage sinon en rien puisque la légalité est un état de fait ? On nous explique clairement que les conditions de légalité, ou plus exactement de licité islamique de ce mariage sont réunies. Mes soeurs qui accusez la gente masculine, pensez-vous sincèrement que l’homme a l’exclusivité du désir sexuel et que la femme ne se met au lit d’un homme que pour procréer ? Encore une fois, si ce mariage est juridiquement fondé c’est qu’il respecte les conditions de validité. Je vous rappelle que le mariage forcé est illicite en Islam. Il y a donc bien la volonté des deux parties. Mes soeurs, frères et amis lecteurs qui condamnez les yeux fermés, n’oubliez pas que les savants comme al-qaradawi ne font qu’éclaircir un point de droit en apportant un argumentaire fondé sur une méthodologie de réflexion codifiée depuis des siècles, afin de nous éviter des égarements. Non, ils n’avalisent pas en démontrant leur point de vue. Leur point de vue est la conclusion du raisonnement. Enfin, l’être humain étant ce qu’il est, les déviances et malhonnêtetés intellectuelles sont une réalités mais ne sombront pas dans les lieux communs : "tous pourris". Khalid Chraibi : barakAllahoufik. 5 septembre 2006
Zakia a dit :
D’accord avec toi Salama, ce mariage c’est du délire pur et simple qui vise à assouvir les désirs de certains hommes qui visiblement ont du mal avec leur libido.
5 septembre 2006
Salama a dit :
Salam aylikoum, C’est la porte ouverte à toute les dérives ce mariage, y a t-il une limite "d’épouse" pour Monsieur, où peut-il en prendre autant que bon lui semble ??? 5 septembre 2006
Tahar a dit :
Je me suis toujours méfié de ces titres pompeux comme celui de oulama que certains s’attribuent un peu rapidement. J’ai certes le plus grand respect pour les oulamas, mais il me semble que ce titre a été dévalorisé par l’incompétence de certains qui réduisent l’islam à du "haram et du halal" négligeant ainsi des questions fondamentales comme la bio-éthique, la mondialisation, l’écologie, la justice sociale, la liberté individuelle ect... Autant de sujets majeurs que ces oulamas préfèrent délaisser pour des sujets sans intérêt souvent axé sur la femme. Bref rien de nouveau Merci à Khalid Chraibi pour son ouverture et son esprit critique 5 septembre 2006
Habib a dit :
Bizarre, ces meme "Oulama" si rapide à sortir l’argument "bid’a" pour tout et n’importe quoi qui cherchent à rendre hallal ce que de simple pratiquants musulmans voient clairement comme etant hors de l’esprit de l’islam du coran et du message du prophete saw concernant le mariage.
Avec tout le respect qu’on doit avoir pour les savants qui doivent nous guider, un jour il faudra qu’ils nous expliquent comment ils foncionnent parceque là je trouve que c’est grave.
5 septembre 2006
Il est temps de reformer le droit musulman afin d’en finir avec ce bricolage qui tourne au ridicule. Un grand salut à M. Chraïbi pour la qualité de ces articles 5 septembre 2006
Malika a dit :
Il est temps qu’il y ait des femmes oulamas, d’ailleurs rien ne s y ’oppose. Et vous verrez qu’il n’ y aura point de mariage misyar.
5 septembre 2006
Roland a dit :
Article intéressant. La question de la frustration sexuelle n’est pas propre aux pays musulmans, en occident il y a également une grande misère sexuelle que l’on dissimule à travers la quasi intitutionalisation de la pornographie, alors que dans certains pays européens la prostitution est légalisée. La frustration sexuelle ne peut être résolue qu’en y apportant des valeurs éthiques débarassées de toutes actions commerciales. Il faut éduquer, encore éduquer en donnant des repères très forts aux jeunes livrés souvent à eux-mêmes et aux marchands en tout genre. 5 septembre 2006
Nabil a dit :
Le pb de la frustration sexuelle ne doit pas être résolus à coup d’interprétations fallacieuses du Coran. Ce pb est un pb avant tout socio-économique qui exige un effort de développement économique et plus de justice sociale. Comme dans beaucoup de pays arabes, les "docteurs" de la loi musulmanes sont des fonctionnaires au service de leur Etat. Permettez-moi alors, de douter de l’indépendance de ces oulamas. Comme souvent dans ces pays, on déplace le pb pour lui trouver une fausse solution en recourant à des religieux alors que la soluation est encore une fois du domaine économique.Du travail et du logement qui permettraient à tous ces jeunes de fonder un foyer selon l’esprit de l’islam. Un grand merci à Khalid Chraïbi dont j’apprécie les articles publiés sur oumma.com 5 septembre 2006
Kamel a dit :
Le mariage misyar est une forme de libertinage à laquelle certains "oulamas" veulent donner un label hallal, soyons sérieux et revenons à la source du Coran qui confère à la femme liberté et droits au même titre que les hommes.
5 septembre 2006
Sadjia a dit :
Merci Khalid Chraïbi de nous informer sur ces pratiques qui n’ont rien à voir avec l’islam, mais relèvent avnt tout de pratiques machistes.
5 septembre 2006
Leïla a dit :
En tant que femme, je m’oppose à ce mariage qui permet à un homme d’avoir une femme à sa diposition. Comme le mentionne le dernier paragraphe du texte, on peut en effet parler d’effet pervers. Le mariage est acte d’amour et de foi et non d’intérêt purement "animales" 5 septembre 2006
Naziha a dit :
Le plus étonnant est que des sommités, comme El Sheikh Qaradhawi, avalisent ce genre de pratiques qui sont contraires aux principes du mariage en Islam.
5 septembre 2006
Djawad a dit :
Très bonne analyse, et j’avoue que je découvre cette notion du mariage misyar. Merci M. Chraibi de nous avoit fait découvrir cette dimension "juridique" de ce mariage dont certains hommes ne manqueront pas d’abuser à d’autres fins !
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