La fille « naïve » de Ben Ali « adore Disneyland » (Wikileaks)

Fantasia. Pour anticiper les points de chute de la famille Ben Ali, il suffisait de consulter les documents co

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lundi 17 janvier 2011

Fantasia. Pour anticiper les points de chute de la famille Ben Ali, il suffisait de consulter les documents confidentiels de l’ambassade américaine. Un mémo diplomatique de 2009, dévoilé par Wikileaks, fournit un portrait cruel de Nesrine Ben Ali, décrivant la fille du président déchu comme une héritière « naïve » qui « adore Disneyland ». Une passion secrètement vécue la semaine dernière, en région parisienne.

Au royaume de Mickey, elle n’aura finalement passé que deux nuits. Entre jeudi et samedi, des membres de la famille Ben Ali, et notamment sa fille Nesrine, ont séjourné en Seine-et-Marne, dans la section VIP du parc d’attractions Eurodisney. Un passage de courte durée, abrégé par le gouvernement français mais qui n’aura pas été vain pour la jeune femme de 24 ans qui a réalisé ainsi l’un de ses rêves, comme le laisse entendre un document classé secret par l’ambassade américaine de Tunisie.

Dans un portrait sans concessions, Robert Godec, représentant les Etats-Unis, y évoque le matérialisme arrogant du clan Ben Ali à travers un cas précis. Mis en ligne le 7 décembre par le site Wikileaks, ce télégramme diplomatique américain, passé inaperçu, décrit une soirée passée par l’ambassadeur des Etats-Unis avec le couple formé par Nesrine Ben Ali et Sakhr El Materi. A l’occasion d’un dîner organisé le 17 juillet 2009 dans leur villa de Hammamet, la fille du président déchu et son mari ont reçu avec faste l’ambassadeur. Gêné par « l’opulence » environnante, l’homme a relaté, à destination du Secrétariat d’Etat à Washington, les détails de son entrevue avec le jeune couple.

Après avoir évoqué la liberté d’information défectueuse en Tunisie, et mis en doute la parole du gendre au sujet de son combat revendiqué dans ce domaine, l’ambassadeur découvre, par l’intermédiaire de l’époux, que Nesrine considère la question écologique comme un enjeu essentiel, aussi bien pour l’Administration Obama que dans sa propre vie quotidienne. A la fin du repas, son sentiment est plutôt défavorable au couple : entre l’homme d’affaires, jugé « vain et avec peu de finesse », et la fille du président en place, qualifiée de « naïve et dans le brouillard », la sentence est sévère. Surtout à l’endroit d’une jeune femme « amicale » qui précise « adorer Disneyworld » mais devoir annuler un séjour là-bas en raison de la grippe H1N1, elle qui voyage toujours « avec une dose de Tamiflu ».

Lapidaire, lambassadeur conclut ainsi le récit d’une rencontre visiblement tape-à-l’œil : « L’opulence dans laquelle vivent El Materi et Nesrine ainsi que leur comportement expliquent pourquoi ils sont, comme les autres membres de la famille Ben Ali, rejetés, voire haïs par des Tunisiens. Les excès de la famille Ben Ali continuent ».

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