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La faillite morale de la France
dimanche 8 février 2009 - par Fouad Bahri
Tout a été dit sur les massacres de Gaza. Presque tout. L’ignominie indéfectible des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité commis par Israël sur une population palestinienne faible économiquement et militairement (forte politiquement et spirituellement). L’acharnement barbare d’un état-major à bombarder, tuer, exterminer tout ce qui bouge (femmes, enfants, civils, médecins) sur le plus petit périmètre territorial au monde, en terme de concentration humaine (ce qui autorise la terminologie de camp de concentration). L’imagination cruelle dans l’emploi d’armes de destruction massive à effet de radiation irréversible (bombes à uranium appauvri, phosphore...). Le cynisme inégalé consistant à faire « chanter » la planète au son du martyrologue auschwitsien, sur fond de requiem palestinien. Presque tout a été dit. Mais il est une chose essentielle qu’il ne faudra jamais oublier. Ce massacre collectif a été rendu possible par la complicité directe de nombreux états, avec en première ligne les Etats-Unis et la France. Allié inconditionnel des israéliens, les Etats-Unis ont fait montre d’une remarquable continuité dans leur soutien aveugle au terrorisme d’état du gouvernement sioniste. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la France, dont on ne peut pas dire qu’elle ait illuminé, auparavant, la scène politique du Proche-Orient, par son courage et son sens du droit, mais qui conservait néanmoins une relative neutralité, teintée de nostalgie gaulliste, a connu une rupture, selon la désormais célèbre formule du locataire de l’Elysée. Une rupture caractérisée par un soutien direct à la politique sioniste, quelle qu’elle soit. A ce titre, la position de la France va plus loin que le soutien américain, puisqu’elle s’associe directement aux manoeuvres militaires israéliennes. Au soutien des services de renseignements militaires, s’ajoute un soutien logistique : la frégate porte-hélicoptère françaises Germinal a, en effet, été dépêchée au large de Gaza, pour quadriller la zone et favoriser le désarmement des factions palestiniennes armées. Frégate de surveillance maritime de 93,5 mètres de long servie par un équipage d’une centaine d’hommes, armée de missiles Exocet et d’un canon de 100 mm, ce navire dispose notamment d’un hélicoptère Panther et de radars pour détecter les évolutions des bateaux croisant à proximité. Ce soutien militaire n’est que l’aboutissement le plus visible d’une faillite morale de la France, désormais inévitable. Cette faillite morale est multiforme. Une faillite politique Tout d’abord, une faillite politique. Quatre semaines de massacres israéliens sur Gaza n’auront pas arraché la moindre protestation vigoureuse des partis politiques français. A l’image d’un Obama enchaîné au lobby israélien, les leaders de « l’opposition » ont pratiqué la politique de l’autruche. Se taire, se cacher le temps que le sale boulot soit accompli. Il sera toujours temps d’oublier et d’enterrer les morts. En France, à ce régime, les palestiniens sont morts deux fois. Cette absence de condamanation, consacre définitivement la mort idéologique de la gauche, de son éthique de l’anti-guerre et de l’anti-impérialisme. Le ralliement du PS, le silence du Modem et la frilosité de l’extrême-gauche ont globalement désavoué la classe politique française, dont il y avait peut à espérer, dont il n’y a plus rien à attendre. Les prochaines échéances électorales européennes sonneront l’heure de la revanche et le moment décisif d’une sanction citoyenne qui devra être à la hauteur du camouflet. Une faillite médiatique Jamais, journalisme de guerre ne rima tant avec propagande. Le parti pris pro-israélien des diverses lignes éditoriales de la presse française, de ses chaînes de télévision et de ses radios, a atteint un point de non retour. Petit rappel non exhaustif du petit dictionnaire de propagande sioniste qui pouvait circuler dans les rédactions. Une invasion territoriale, accompagnée d’un feu meurtrier sur des populations civiles, devient une vaste offensive, ou comment porter l’art de l’euphémisme à son suprême raffinement. Ce type de vocabulaire propagandiste a été analysé et définie comme LQR( Linguae Quintae Respublicae, Langue de la Cinquième République) par l’écrivain et journaliste Eric Hazan. « Titrer « Bavure » (Libération, 7 octobre 2004) un article évoquant le meurtre d’une écolière palestinienne par des soldats israéliens qui « avaient pris son cartable pour une charge explosive », c’est transformer un crime de guerre en une grosse bêtise méritant une bonne réprimande. Qualifier d’offensive – comme s’il s’agissait d’une manoeuvre de Rommel ou de Rokossovski – une réoccupation motorisée du nord de la bande de Gaza ou des raids américains sur les villes irakiennes (« Les forces américaines ont poursuivi leur offensive visant les bastions de la rébellion sunnite », Le Figaro, 7 octobre 2004), c’est occulter que ces actions menées avec des chars et des avions visent essentiellement des pupulations civiles1. » Autre manoeuvre linguistique du bataillon médiatique, l’accusation permanente du Hamas, présenté comme la source de tous les maux, la cause de la « riposte » israélienne et le responsable de la rupture de la trève. Une trève qui prévoyait la levée du blocus israélien infligé en permanence aux palestiniens, en vain. Une trève que les israéliens n’ont cessé de rompre en pratiquant une politique d’assassinat des leaders du mouvement politico-religieux. Un Hamas, qui n’en est pas un politiquement. Oui, et c’est là, l’axe le plus révélateur de la stratégie de délégitimation de la résistance palestinienne, la déformation la plus grossière et la plus réussie par les médias français. Présenter le Hamas comme parti et non comme gouvernement élu et représentant légitimement le peuple palestinien. Autant systématiquement présenter Sarkozy comme le leader de l’UMP et son gouvernement comme un parti (ce qu’il est évidemment, mais pas seulement) et jamais comme un chef d’Etat. Ces exemples illustrent le soutien des médias français, parti prenante du conflit, à la politique de communication de guerre, de l’armée sioniste. Un petit coup d’oeil sur la programmation des chaînes de télévision publiques, au cours des dix derniers jours de « l’offensive » israélienne, achèvera de nous en convaincre. On y retrouve pêle-mêle la diffusion de La liste de Schindler, un portrait d’Elie Wiesel (Prix Nobel), défenseur acharné de l’Etat juif, des documentaires sur la Whermacht et un film sur l’Occupation. L’anesthésie des esprits est une étape préalable et indispensable à la charcutation des corps. La faillite des droits de l’homme Mais, sans conteste, la plus grande faillite qu’aura connu la France demeure celle des droits de l’homme, qu’elle a contribué à ériger comme son oripeau universel. Au point d’en faire un secrétariat d’Etat, fauteuil d’une Rahmatoullah Yade, qui n’a jamais porté si mal son nom (Rahmatoullah, signifie étymologiquement, miséricorde de Dieu). Au-delà du silence et de l’invisibilité de ce porte-drapeau, caution ethnique d’une politique ultra-libérale et atlantiste, c’est la crédibilité même de cette réthorique qui se révèle sous son vrai jour, comme une belle tartufferie. Parler de droits de l’homme, lorsque des nations entières (palestine, irak, afghanistan, tchétchénie) ploient sous le joug meurtrier de pays aussi puissants qu’arrogants, des nations déchiquetées par les bombes, meurtries par la violence et le feu de leurs bourreaux, c’est ajouter à la cruauté de l’acte, le mépris de la conscience. En choisissant de soutenir la politique criminelle de l’Etat sioniste, en acceptant le prix de milliers de vies humaines sacrifiées sur l’autel de la déraison d’état israélienne, Nicolas Sarkozy prouve définitivement qu’il sait se montrer faible avec les forts et fort avec les faibles. Il enterre ainsi, pour le plus grand préjudice des européens, le peu d’aura diplomatique que la France avait su capitaliser après son refus de la guerre en Irak. Souvenons-nous que l’actuel chef de l’Etat était déjà, alors ministre de l’intérieur, le plus ardent détracteur des organisations des droits de l’homme qu’il qualifiait de « droit de l’hommiste ». Mais le plus significatif sur ce point, est le non-sens absolu, en terme politique, d’avoir créer un secrétariat des droits de l’homme. Peut-on imaginer la signification d’un tel poste gouvernemental ? Autan créer un ministère de la liberté, un secrétariat de la démocratie ou une commission parlementaire pour statuer sur le sens de la fraternité ? Bêtises républicaines. Les valeurs et les principes n’ont pas vocation à être formalisés dans un gouvernement mais à guider et à inspirer ses actes. Lorsqu’une valeur n’est plus une norme pratique, mais devient objet de discours politique, elle a cessé d’être. Ce que nous aura enseigné le drame sanglant de Gaza, et ce n’est pas la moindre des leçons, tient en une formule : la France n’est pas le pays des droits de l’homme, et sous le gouvernement Sarkozy, ne le sera jamais. 1- Éric Kazan, LQR, la propagande du quotidien, p 39, éditions Raisons d’agir Mots clésFouad BahriJournaliste et écrivain Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article12 février 2009
oumma.com-uk-fan a dit :
@ WAGLIONI. Quel est l’interet de se rejouir de la naissance d’un mouvement Anti-Sioniste en France SANS RESULTATS CONCRETS ?
11 février 2009
JC Talisker a dit :
Je partage une grande partie de ce point de vue en particulier sur le gouvernement français, la politique de Sakhozy, la presse (encore qu’il y ait eu sur certains médias un basculement à partir de la pénétration de l’armée israelienne dans Gaza), la débacle du Modem et du PS (à ceci près que c’était déjà la même chose pendant la guerre d’Algérie). Toutefois, pas plus que mes parents et grands parents ne trouvaient légitime le gouvernement de Vichy comme représentant de la France, je ne trouve Sarkozy ou le PS légitime en la circonstance. Si les états-majors se sont peu mobilisés, ce n’est pas le cas de la population, en particulier celle des quartiers. En témoigne les très nombreuses manifestations organisées dès fin décembre dans de nombreuses villes de province sans attendre un quelconque mot d’ordre national. Dès le 29 décembre à Caen, nous réunissions une manifestation de plus de 700 personnes. Que dire de l’acceuil réservé à la pétition universelle, plus 1300 signatures en 3 heures. Et d’autres indice le montre, dans les discussions au travail, majoritairement les français étaient, malgrè la propagande, au coté des palestiniens. C’est une preuve de plus de la rupture entre la population et les appareils politiques. La perte de popularité de Sarkozy dans les sondages n’est peut être pas seulement l’effet de la crise. 11 février 2009
Waglioni a dit :
@Sofyan, vous avez le mot juste : les partis, les politiciens sont des "suiveurs". C’est justement ce qui me rend relativement optimiste à l’expérience des manifestations comme je l’ai eue : celle, pour la première fois en France, d’un mouvement populaire contre l’état d’Israël et sa politique.
11 février 2009
Marianne a dit :
Je conseille à tous d’écrire aux chaînes de télévision pour leur reprocher de ne pas assez faire parler les familles palestiniennes de Gaza qui ont perdu des proches, qui n’ont plus de maison. Le biais pro-Israël des chaînes de télévision, sert à faire accepter ces massacres. Nous pouvons aussi téléphoner aux services commercial ou marketing de toutes les multinationales anglo-saxonnes ou ayant des intérêts n Israël, pour leur dire que leurs produits (Mac Do, Coca, Nestlé, Lu, Danone) ont une odeur de cadavre d’enfant arabe. Ces gens se donnent un mal de chien pour donner une bonne image à leur produit, ce point de vue, si nous sommes nombreux à l’exprimer finira par être pris en compte par ces entreprises qui devront prendre leurs distances avec les sionistes. 11 février 2009
Sakina a dit :
très bonne analyse ... Pas besoin de chercher bien loin sur les raisons de cette politique sioniste que mène Sarkozy quand lui-même avait déclaré (lorsqu’il était ministre de l’intérieur) qu’il se sentira toujours plus proche de par ses origines d’Israel que de la Palestine !! heureusement, les musulmans de France ne sont pas dupes...
11 février 2009
Sofyan a dit :
@Waglioni : Le peuple français proteste peut-être contre les exactions de Gaza, permettez-moi de douter de ce dernier qui est loin d’être parfait et éveillé. Le massacre de Gaza est juste un évenement bien trop extrème pour être un indicateur de pensée des français. Je n’oublie pas ces manipulations médiatiques qui ont eu bien du succès parmi le peuple "défenseur" des droits de l’Homme, comme l’ingérence dans l’affaire de Lille, ou pas mal de préjugés que je qualifierais simplement de RACISTES apparaissaient dans les forums de discussion (dont la menace de crimes d’honneur). Ensuite, les hommes politiques français ne sont ni plus ni moins que des suiveurs. Nous avons deux immenses partis qui par leur taille, n’évoquent plus rien, en particulier une gauche qui révolutionne le sens de ridicule. Quant aux extremes, ils précipiteraient la France à sa perte. 11 février 2009
karim a dit :
Tout est dis dans ce texte ! rien à rajouter, rien à en retirer non plus.
11 février 2009
fazou a dit :
excellente analyse , quelle décadence pour ce grand pays !! il y aura surement des conséquences négatives ; schisme politique,social !!! attendons et ne nous étonnons pas !!
10 février 2009
Waglioni a dit :
Je ne partage pas le pessimisme de cet article. Pour avoir participé à toutes les manifestations de cette dernière période, je puis dire qu’il y a eu au contraire, pour une part sans cesse plus importante de la population, une prise de conscience sensible et nettement hostile à la perpétration des massacres et à ses auteurs. C’est que la propagande n’a tout simplement pas fonctionné, et pour deux raisons. La première est que l’opinion n’est plus prisonnière de la seule "voix de son maître", il y a le Net et les télévisions "non embarquées". D’autre part, entre Gaza et le ghetto de Varsovie ou tout autre atrocité de la seconde guerre mondiale, le parallèle était si évident que cela n’attirait pas la moindre sympathie à ceux qui se réclament honteusement de cette histoire. Pour cette fois, pour la première fois dans l’histoire humaine, un massacre a eu lieu en direct, sous les yeux du monde horrifié, et cela ne peut se cacher.
10 février 2009
Reneabel a dit :
Article très bien fait. Et il est bien clair que la presse (et la télévision !) a fait preuve d’un suivisme et d’un conformisme choquant. Ce n’est pas la première fois, certes, mais cela est particulièrement honteux dans le cas des massacres de civils à Gaza. Israêl a évidemment le droit de vivre, mais les palestiniens aussi. La question est : où ? La Palestine serait-elle interdite aux palestiniens ? Aucune paix durable,jamais, n’a pu être fondée sur l’injustice.
10 février 2009
Marianne a dit :
@ oumma.com-uk-fan, Je pense qu’effectivement le lobby pro-Israël est moins écrasant en Grande-Bretagne qu’en France. Si vous avez des textes ou des pétitions de ce député à faire signer, ce serait bien de les diffuser. Amicalemet 10 février 2009
Ar a dit :
excellent article
10 février 2009
katja a dit :
j´invite tout le monde á zaper RENO apparament il ne lit pas les articles edités par oumma.com qui a le courage de denoncer le genocide du peuple palestinien. RENO n´est là que pour faire vehiculer la propagande sionniste. RENO vous êtes tout autant inhumain que la politique de ceux que vous defendez ! 10 février 2009
Reno a dit :
Ces massacres de Gaza ont été recherchés par le Hamas qui n’existe que grâce à la situation de tension au Moyen Orient. Les groupes terroristes donnent le prétexte rêvé aux faucons d’Israël pour rejeter tout progrès dans la paix. Il y a déjà eu des accords signés dans le passé : peut-être qu’avec moins d’attentats sur le sol israéliens, ceux-ci auraient-ils pu aboutir progressivement. Qui a failli moralement ? Le but recherché par le Hamas est de faire réagir Isrël pour se poser en défenseur. C’est la tactique classique de la guérilla : pousser le fort à l’erreur. Le Hamas ne peut vaincre militairement. Alors expliquez-moi pourquoi il est nécessaire de bombarder régulièrement Israel ? Y a-t-il une solution au bout ? Accuser le reste du monde de faillite morale évite d’avoir à se poser des questions. C’est sur place qu’il faut se montrer raisonnable et ceci est valable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens. Pousser des cris d’horreur chaque fois qu’une organisation criminelle ayant pris le pouvoir (juin 2007) se joue de la vie de ses semblables en sachant ce qui va se passer, ça, Monsieur, c’est de la faillite morale. La vôtre.
10 février 2009
Sofyan a dit :
Excellente phrase de conclusion. Qualifier un pays de "pays des Droits de l’Homme" est un non-sens absolu.
10 février 2009
oumma.com-uk-fan a dit :
MARIANNE. Votre engagement n’est pas en vain. Cette lettre peut servir de model. J’entretiens une correspondance avec mon depute britannique qui vient de s’engager pour un embargo militaire d’Israel ainsi que la remise en question de l’elargissement des relations de l’UE avec Israel. Vous avez raison de communiquer avec les instances politiques europeennes, c’est la seule maniere de faire changer le status-quo en faveur d’Israel pour l’instant.
10 février 2009
ecoeuré a dit :
magnifique texte.fermer les yeux sur ce qu’il se passe est un demi mensonge.effectivement ils les ferment mais surtout tout ce qui se passe est planifié au moins 1 an avant voir mm 2 minimum.donc non seulement ils ferment les yeux mais sont au courant des planifications et aident à leurs realisation.c’est ecoeurant mais le jour viendra ou ils devront rendre des comptes ils vont morfler.qu’on ne parle pas des droits de l’homme ou alors des droits de l’homme blanc occidental ca c’est sure.
10 février 2009
Marianne a dit :
Voici la lettre que j’ai envoyée au Président Sarkozy. Une lettre du même type a été envoyée à Angela Merkel et à Gordon Brown. Seul Gordon Brown m’a répondu, mon Président n’a pas daigné le faire. à Monsieur de Président de la République Française Palais de l’Elysée à Paris le 8 janvier 2009 Monsieur le Président de la République Française, La France doit cesser toutes relations commerciales, économiques et militaires avec l’état d’Israël, état colonial, structuré par le racisme, qui n’a jamais appliqué de nombreuses résolutions des Nations Unies, et état au comportement barbare. C’est la seule politique honorable dans la situation présente. L’Union Européenne doit accepter de se joindre à cette politique, si elle veut conserver un peu de son âme et le respect des citoyens européens. Vous ne pouvez pas aider à l’enfermement de la population de Gaza, ce serait une complicité avec les crimes de guerre qui viennent de se produire. C’est sur Israël, coupable de barbarie qu’il faut faire pression, et pas sur le Hamas dont les crimes sont dérisoires en regard des crimes d’Israël, et qui résiste à une politique coloniale illégale et brutale. Je suis effondrée, et profondément humiliée, que la France et l’Europe aient signé des accords avec Israël sur le plan économique et militaire, alors que cet état était en train d’assiéger la population de Gaza et en dépit de la structuration raciste de cet état d’Israël, de sa politique coloniale, et de son mépris de nombreuses résolutions des Nations Unies. J’ai été humiliée de vous voir, Monsieur de Président, serrer officiellement la main et recevoir la ministre de cet état d’Israël, qui était responsable déjà de l’assassinat de 3 à 400 personnes (dont des enfants) et de 2000 blessés à Gaza. Vos actes, Monsieur le Président me rendent un peu responsable de ces bombardements et tirs de chars sur des zones civiles et de l’ignoble politique israélienne coutumière de crimes de guerre (déjà au Liban, en 2006, Israël bombardait des immeubles d’habitation et disséminait des bombes à sous munitions). L’état d’Israël n’est pas fondé sur une conception universelle de l’homme, c’est pourquoi il a une politique coloniale expansionniste continue, et c’est pourquoi il commet des crimes. Le terrorisme ne se combat pas par des discriminations, des destructions de maisons et des bombes, mais par du respect et du développement économique. A cause de vos actes officiels Madame Livni s’est crue autorisée à parler de la France et à affirmer que nous avions les mêmes valeurs ! Je n’ai rien de commun avec l’état d’Israël et les amis juifs qui me sont proches n’ont rien de commun non plus avec cet état. L’état d’Israël ne peut pas utiliser le souvenir de l’extermination nazie pour justifier une politique coloniale et des crimes de guerre répétés. On peut bien sûr commercer et dialoguer avec des états dont on ne partage pas les valeurs, mais pas s’allier étroitement avec eux, ni économiquement, ni militairement. Et quand un état commet des actes barbares, il faut cesser les échanges économiques pour effectuer une pression efficace sur lui. Je ne pensais pas qu’en France et en Europe, ma génération serait de nouveau impliquée dans le colonialisme, les crimes de guerre, et la barbarie raciste par Israël interposé. Comment transmettre à mes enfants le respect de nos institutions si elles appliquent une politique cynique et bafouent le respect de la vie humaine, y compris celle des enfants ? Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République Française l’expression d’une immense inquiétude pour les populations de Gaza, et d’un désarroi très grand devant cet abandon des valeurs morales qui fondent nos institutions. 10 février 2009
Michel GOASDOUE a dit :
Globalement d’accord avec votre analyse.
Je pense cependant que vous êtes trop pessimiste sur la "gauche" en France.L’agression sioniste a ébranlé les rangs du P.S., des élus ont condamné Israël, des motions ont été votées par des conseils municipaux ; le P.C.F.s’est d’avantage engagé pour la Palestine, malgré sa vision laïcarde des luttes ;nombre d’associations humanistes de la mouvance chrétienne se sont engagées dans la protestation,au côté des associations de la mouvance musulmanne,...
Autant de nouveautés qui permettent d"être raisonnablement optimiste.Le combat pour la solidarité avec la résistance palestinienne multiforme et la dénonciation des fauteurs de guerres israéliens et de leurs complices dépasse d’ailleurs les clivages droite-gauche.Faisons donc fructifier ces germes de rassemblement.
10 février 2009
oumma.com-uk-fan a dit :
Il ne faut surtout pas penser que sarkozy exploite la France a des fins sionistes.
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