Kouchner, le médecin-affairiste sans frontières…

Grisé par sa fulgurante et large notoriété, ce dandy faussement altruiste dont le carriérisme a eu raison

dimanche 1 février 2009

Comment faire tomber de son piédestal une icône nationale qui figure depuis plusieurs années au box-office des personnalités préférées des français ?

Comment entacher la légendaire saga de celui qui a su si habilement initier la « nouvelle vague » de l’humanitaire, endossant la tenue mystificatrice du dynamique bienfaiteur occidental de l’humanité en souffrance, auréolée d’une abnégation forçant l’admiration ?

A travers un livre (1) tout simplement, oserait-on presque dire, dans lequel l’auteur Pierre Péan dévoile page après page une vérité explosive, révélant au grand jour la vile nature de l’emphatique et ultra médiatique pionnier de Médecins sans frontières.

Un réquisitoire très étayé (en vente mercredi dans toutes les bonnes librairies…) qui accuse sans ambages notre ministre des affaires étrangères d’avoir usé de ses actuelles prérogatives pour recouvrir de vieux impayés au Gabon.

Grisé par sa fulgurante et large notoriété, ce dandy faussement altruiste dont le carriérisme a eu raison de l’engagement à gauche - la politique d’ouverture de Nicolas Sarkozy lui offrant sur un plateau le maroquin tant convoité du Quai d’Orsay - peut se targuer d’avoir réinventé le droit d’ingérence à l’aune d’une conception de l’humanitaire et de la diplomatie des plus affairistes…

L’image adulée du « French doctor » dissimulait en fait un businessman sans foi ni loi, dénué de toute éthique, au point de réhabiliter le groupe Total, dans un rapport commandité et que l’on subodore très confortablement monnayé, fortement suspecté de travaux forcés en Birmanie lors de la construction d’un oléoduc.

Se terrant dans le silence, on apprend que celui qui est aujourd’hui sur la sellette, succombant aux sirènes de l’appât du gain, aurait dévier quelque peu de sa route caritative pour devenir le consultant privilégié de potentats africains en matière de santé, notamment pour le compte du ministère de la santé du Gabon dans le cadre d’un audit se montant à la somme faramineuse de plus de 2 millions d’Euros.

De quoi là remplir et convoyer plusieurs milliers de sacs de riz !! Soupçonné par Péan de « conflit d’intérêts », notre mythe vivant définitivement déchu de son aura, se souciait manifestement plus, après sa nomination par Nicolas Sarkozy à la tête de la diplomatie française, de rentrer dans ses fonds que de se faire l’ardent avocat des droits de l’homme !

Si Kouchner, épaulé par une épouse maîtrisant tous les rouages des médias, et pour cause, a su très finement les utiliser à son profit jusqu’à en être érigé au rang idéalisé d’idole, le ministre des affaires étrangères, quant à lui, a terni gravement et irrémédiablement le prestige de la France.

Alors qu’ailleurs une démission s’imposerait pour bien moins que cela, il y a fort à parier que non seulement le premier ambassadeur de France restera accroché à son maroquin telle une huître à son rocher, mais qu’en plus un contre-feu argumenté de l’Elysée démentira tout en bloc, trouvant des circonstances atténuantes à notre intouchable « porteur de riz » !

L’ouvrage de Pierre Péan est indéniablement un livre-événement à se procurer absolument, avant qu’un « autodafé » de contrevérités ne le condamne pour pure hérésie…

Note :

Le Monde selon K., Pierre Péan, Ed. Fayard

Publicité

commentaires