Exclusion des femmes voilées de la préfecture de Bobigny. Que s’est-il vraiment passé ?

Le mardi 21 décembre 2004, cinq femmes voilées avaient été exclues d’une cérémonie de remise des décr

lundi 27 décembre 2004

Le mardi 21 décembre 2004, cinq femmes voilées avaient été exclues d’une cérémonie de remise des décrets de naturalisation à la préfecture de Seine-Saint-Denis pour avoir refusé d’ôter leur couvre-chef. On leur avait opposé des « instructions » du préfet de Bobigny selon lesquelles le voile était incompatible avec « une cérémonie symbolique de l’intégration dans la communauté française, où la Marseillaise est jouée ». Le lendemain, le Directeur de cabinet du préfet prétendait dans le journal Libération qu’elles étaient « venues en groupe constitué avec l’intention de troubler la cérémonie » avec à leur tête « un meneur visiblement très énervé ». Compte tenu de la gravité de l’instruction préfectorale en question, qui sous entend qu’on ne peut être français et porter le voile, et des accusations formulées à l’encontre des femmes voilées, nous avons tenu à recueillir les témoignages de ces femmes et des quelques personnes qui les ont soutenues.

LES FAITS

Voile ou nationalité française : il faut choisir

Ce mardi 21 décembre au matin, une cinquantaine de personnes attendent dans le hall de la Préfecture de Seine-Saint-Denis. Elles sont convoquées pour participer à la cérémonie de remise des décrets de naturalisation. Un fonctionnaire appelle tour à tour les convoqués, qui montent à l’étage pour rejoindre le salon d’honneur, où doit se tenir la cérémonie. A l’entrée de la salle une employée, invoquant des instructions du préfet, demande aux femmes voilées d’enlever leur couvre-chef. Mme Olfa Lamloum (1), politologue, chargée de cours à l’Université de Paris X - Nanterre, faisait partie des personnes convoquées pour recevoir leur décret. Enceinte et proche de l’accouchement, elle était, compte tenu de son état, montée avant les autres et se tenait assise devant le salon d’honneur. Elle raconte que cinq femmes voilées, s’étonnant de la requête de l’employée, demandent des explications. Parmi ces personnes, trois venaient retirer leur décret de naturalisation. Il s’agit de Mme Ramdani, jeune femme accompagnée de son mari  ; de Mme Cheikhi, « Hajja » d’une cinquantaine d’année, en France depuis 1970 et accompagnée de sa fille Amel, informaticienne, non voilée ; et de Mme El Marrakchi, venue avec son mari, couple d’origine marocaine arrivé en France en 1982. Les deux autres femmes étaient des accompagnatrices de personnes convoquées : une jeune femme avec un bébé venue accompagner une amie et une mère accompagnant sa fille, maîtrisant mal le français et qui s’est contentée de rester à l’extérieur de la salle pendant que sa fille - non voilée - était entrée. La mère ne protestait toutefois pas, car dit-elle, « on n’est pas chez nous ici ».

Le sous-préfet est appelé pour justifier la mesure. Mme Olfa Lamloum, raconte qu’il « l’a expliquée par des instructions formelles du préfet qui se fondaient sur des principes républicains : pour une cérémonie aussi symbolique de l’intégration dans la communauté française, où la Marseillaise est jouée, tout signe ostensible d’appartenance communautaire doit être banni »(2)

Ce témoignage est confirmé par celui d’Amel Cheikhi. Elle se rappelle que le sous-préfet a textuellement dit qu’il ne devait y avoir « aucun signe distinctif religieux pour représenter notre entrée dans la République française ». Ces propos sont d’une extrême gravité : un éminent représentant de l’Etat français y affirme en effet explicitement que le port du voile est incompatible avec la nationalité française, l’appartenance à la République et l’intégration !

Une instruction préfectorale découlant de la loi antivoile.

Ensuite Mme Amel Cheikhi fait remarquer au sous-préfet que l’instruction préfectorale n’a pas été notifiée sur la convocation et lui demande donc de lui fournir une attestation écrite. Celui-ci refuse. C’est alors qu’intervient Thomas Coutrot, économiste, témoin de la scène et venu accompagner son épouse, Olfa Lamloum. « J’ai demandé au sous-préfet, raconte t-il, sur quel texte législatif ou réglementaire le préfet se basait pour avoir pris cette décision. Il m’a dit : « il n’y a aucun texte, ce sont des instructions du préfet ». J’ai alors dit : « mais le préfet ne peut pas décider de choses d’une telle gravité indépendamment d’un fondement juridique ». Il m’a alors répondu : « mais monsieur qui êtes vous d’abord ? ». Donc là le ton est un petit peu monté, j’ai élevé la voix en disant : « je suis le mari de cette dame et je ne comprends pas qu’un fonctionnaire de la République qui devrait avoir des notions de droit puisse se permettre d’édicter des règles en l’absence de tout fondement juridique ».

Pris au dépourvu par la détermination du groupe, le jeune sous-préfet appelle à la rescousse Michel Theuil, Directeur de cabinet du préfet, qui arrive sur les lieux. Ce dernier, racontent unanimement les témoins, était « très arrogant », a refusé de donner son nom et de discuter, soutenant que le préfet est « maître dans la Maison de la République ». Il a simplement lancé, précise Thomas Coutrot : « Si vous n’êtes pas d’accord, vous n’avez pas à perturber la cérémonie, c’est absolument inadmissible ! Si vous n’êtes pas d’accord, vous portez plainte devant le tribunal administratif et on verra bien ce que cela donnera ! ». Monsieur Theuil confirmera ces propos à la presse, mais d’une manière plus "soft" : « A partir du moment où il s’agit d’une cérémonie officielle, qui se déroule dans le salon d’honneur de la préfecture, le préfet est en droit de demander qu’il n’y ait pas de signes ostensibles »(3). De quel mystérieux « droit » est-il donc ici question, qui placerait un préfet au dessus des lois en le pourvoyant du statut de « maître dans la Maison de la République » ? Et si le préfet est réellement dans « son droit », pourquoi a-t-on refusé aux femmes voilées de leur notifier par écrit sa décision ?

Le jeune sous-préfet a affirmé que les instructions du préfet étaient appliquées à Bobigny depuis 8 mois, sans qu’elles n’aient jamais, selon lui, provoqué d’incident. Les protestataires ont alors fait remarquer à plusieurs reprises, lors de la discussion, que la nouvelle loi du 15 mars 2004 interdisant les « signes religieux ostensibles » ne s’applique qu’à l’école. A cette objection, le sous-préfet et le Directeur de cabinet se sont contentés de dire que le préfet était dans son droit et qu’il n’avait pas à se justifier. A aucun moment ils n’ont cependant nié que cette décision ait un quelconque rapport avec cette loi. L’expression « signes ostensibles » utilisée par M. Theuil, ainsi que la date mentionnée pour le début de l’application de l’instruction du préfet (il y a huit mois), laisse donc clairement entendre que la présente exclusion des femmes voilées de la préfecture fait partie des dommages collatéraux illégaux de cette loi, au même titre que les mères voilées qui, depuis la rentrée, ont été exclues dans nombres d’écoles de participation aux sorties scolaires.

Peu convaincues par les explications du sous préfet et du Directeur de cabinet, les cinq femmes voilées, décidées à garder leur couvre-chef, renoncent à assister à la cérémonie. Mais Amel Cheikhi obtient du sous préfet l’engagement que les "récalcitrantes" se verront remettre leur attestation de naturalisation à la fin de la cérémonie.

Des témoins passifs face à cette discrimination. Le seul soutien dont ont bénéficié les femmes voilées de la part des autres personnes convoquées à la cérémonie fut celui d’Olfa Lamloum, qui, ne portant pas le voile, a toutefois refusé, par solidarité, d’assister à la cérémonie. Pourtant Driss El Marrakchi, mari de Mme El Marrakchi, et M. Thomas Coutrot, mari d’Olfa Lamloum et économiste, avaient pris à parti les autres invités. Avant que n’arrive le directeur de cabinet, M. Coutrot entre en effet dans le salon d’honneur où les personnes convoquées attendaient, assises, le début de la cérémonie. « J’ai pris la parole, je leur ai dit : « Ecoutez, je veux vous informer de quelque chose. Il y a trois dames voilées qui sont interdites d’entrée dans ce salon pour participer à cette cérémonie. Je tiens donc à vous informer que la République dans laquelle vous entrez aujourd’hui est aussi une République de discrimination et de racisme. Et puis je suis sorti, après avoir dit trois phrases comme ça ».

Mme El Marrakchi raconte quant à elle l’intervention de son mari, faite en arabe et face à une présence massive de personnes d’origine maghrébine. « Mon mari, est entré dans la salle et a crié en arabe : « voilà, Messieurs, dames, il y a des gens et votre confrère (M. Coutrot) qui sont dehors, ils sont en train de discuter avec le sous-préfet des femmes auxquelles on veut enlever le foulard. Nos femmes ne veulent pas enlever leur foulard. Est-ce que vous voulez être avec nous ? Il n’y a personne qui a bougé ! Le français (M. Coutrot) aussi est entré dans la salle, il a parlé avec eux. Mais personne, même parmi les musulmans qui étaient dans la salle, n’a bougé, ni même parlé. Quand ils sont sortis, ils nous ont regardés bizarrement ; il y avait un monsieur avec le qamis (tunique religieuse d’une pièce) et une grande barbe. Il nous a regardé comme ça et il est parti. Moi j’ai dit : c’est bizarre, est-ce que c’est ça le vrai islam ? ».

Amel Cheikhi tient aussi à insister sur cette absence de solidarité de la part des "hommes musulmans" : « parmi les invités, il y avait de nombreux hommes de religion musulmane. Or c’est un français de souche qui nous a défendu et aucun de ces hommes ne s’est levé pour dire : « nous non plus on ne participe pas » ; je ne trouve pas cela normal ! ».

Important déploiement des forces de l’ordre. Peu après cette interpellation, les portes du salon d’honneur se ferment. Les cinq femmes, ainsi que Mme Lamloum et son mari, restent à l’extérieur. C’est alors qu’un important dispositif de sécurité est déployé. Quatre policiers sont placés devant le salon d’honneur, deux à l’entrée, deux un peu en contrebas. A cela s’ajoute, précise Thomas Coutrot, « six ou sept autres policiers postés en bas de l’escalier et deux ou trois policiers en civil munis de talkies-walkies ». Tous les témoins confirment cette version alors que Michel Theuil n’avait mentionné, dans ses déclarations à la presse, que les quatre policiers devant le salon d’honneur. Mme El Marrakchi a été particulièrement choquée par ce déploiement qu’elle juge démesuré : « nous on était calme, on discutait, mais un certain moment, la police est venue, l’un après l’autre. Il y avait deux policiers à côté de la porte d’entrée de la cérémonie, deux à côté des escaliers, et tout en bas quatre autres. Et après est venu le patron de la police puis de hauts responsables de la police et de la préfecture... Ils étaient en train de téléphoner, chacun appelait l’autre... Pourquoi ça ? On ne demandait rien du tout, seulement notre papier ! ... On était choqué parce que nous, on ne se connaissait pas ! ».

MENSONGES MEDIATIQUES AUTOUR DE CETTE AFFAIRE : LE MYTHE DU COMPLOT ISLAMISTE.

L’imposture médiatique de la préfecture.

L’humiliation subie par ces femmes voilées, exclues symboliquement de la République au moment où elles y faisaient leur entrée, n’est pas la seule discrimination qu’elles ont subie dans cette affaire. Requise de s’expliquer par la presse, la préfecture a osé faire passer ces femmes et le couple qui les a soutenues comme des activistes islamistes venus intentionnellement pour perturber la cérémonie : « Ces personnes sont venues en groupe constitué avec l’intention de troubler la cérémonie. Elles étaient accompagnées d’un meneur visiblement très énervé. Du coup, nous avons mis deux policiers à l’entrée du salon d’honneur, et deux autres très en retrait au cas où la manifestation deviendrait virulente » (4). Le « meneur visiblement très énervé » n’avait pourtant rien d’un intégriste : il s’agit de Thomas Coutrot, mari de Mme Lamloum, économiste, blond, "français de souche", non musulman et dont nous avons relaté ci-dessus les propos ! Son seul crime est d’avoir demandé au sous-préfet des explications sur le fondement juridique de l’instruction préfectorale et d’avoir interpellé les autres personnes convoquées dans le salon d’honneur. Cette dernière intervention a conduit M. Theuil à un déploiement disproportionné de forces de l’ordre : car si celui-ci évoque quatre policiers devant le salon d’honneur, il omet de parler des six ou sept postés en bas de l’escalier et des policiers en civils. On voit difficilement comment concrètement les protestataires auraient pu se constituer en groupe venus intentionnellement en perturbateur, alors que les cinq femmes exclues ainsi que Mme Lamloum ne se connaissaient pas, avaient été convoquées par la préfecture ou accompagnaient un parent, que Mme Lamloum était enceinte, qu’une femme voilée avait un jeune bébé et que sur les quatre autres, deux étaient d’un certain âge et une autre s’était contentée de rester à l’extérieur du salon sans protester.

Le grotesque mensonge du Directeur de cabinet confirme les témoignages récoltés au sujet de son arrogance, de son refus de tout dialogue et de ses propos autoritaristes. A travers cette imposture médiatique, la préfecture de Seine-Saint-denis a scandaleusement voulu inverser le rapport "du bourreau à la victime", maquillant sa discrimination en se faisant passer pour une victime d’un énième épisode du soi-disant complot politico-religieux islamiste qui vise à tester et déstabiliser la République.

La déontologie journalistique à nouveau en question

Il convient par ailleurs de souligner le caractère partial et tronqué, avec lequel le journal Libération a, dès le lendemain, relaté cet incident. L’article de Catherine Coroller le fait passer pour un nouvel épisode du complot islamiste, même si la journaliste n’est pas elle-même à l’origine de ce mensonge (5).

Catherine Coroller n’a en effet pas pris le soin de recueillir le témoignage des femmes voilées pour leur demander de présenter leur version de l’histoire. Elle a en revanche contacté Michel Theuil, Directeur de cabinet du préfet, dont elles relate longuement les justifications. Ainsi en ne donnant pas la parole aux exclues, en ne fournissant que la version de la préfecture, elle donne au lecteur l’impression que cette version est la vérité, qu’il s’agit donc bien dans cette affaire d’un groupe d’activistes. C’est d’ailleurs ce qu’elle sous-entend elle-même lorsque, parlant du « coté des « victimes » », elle met le terme « victimes » entre guillemets, jetant ainsi un doute sur le caractère discriminatoire de cet incident.

Par ailleurs, Hamida Ben Sadia a tenu à faire une mise au point suite à la publication de cet article. Elles y est en effet présentée comme membre « du Collectif des féministes pour l’égalité, qui défend la liberté pour les femmes de porter le voile » et se voit imputer des propos relatant le déroulement de l’incident vu de ce « coté des « victimes » ». Or Mme Ben Sadia tient à préciser qu’elle n’a pas pu tenir ces propos car elle n’était pas présente sur les lieux. La journaliste a en fait attribué à Mme Ben Sadia les propos d’Olfa Lamloum, qui est également membre du collectif des féministes pour l’égalité mais qui était sur place en tant qu’elle-même avait été convoquée à la cérémonie pour recevoir son décret de naturalisation.

Huit mois de discriminations islamophobes dans le silence

Comment depuis huit mois la préfecture de Seine-Saint-Denis a-t-elle pu, de semaine en semaine et sans rencontrer de résistance, pratiquer en toute impunité une telle discrimination ?

Des témoignages confirment pourtant qu’il a bien été demandé à des femmes voilées, convoquées les semaines et les mois précédents, d’enlever leur voile à l’occasion de la remise des décrets de naturalisation. Il faut donc bien admettre la réalité : les femmes voilées ont jusqu’à présent toutes cédé à une instruction illégale, qui humilie leur identité religieuse et insulte la République française.

Mais peut-on leur en tenir gré ? Est-on en position, après avoir subi au minimum deux ans d’attente et de tracasseries administratives, de risquer de se voir refuser l’octroi du fameux papier d’attestation de la nationalité française, à quelques minutes de le recevoir ? Car la préfecture a beau se défendre qu’elle a tout de même remis leur décret aux femmes qui ont refuser de participer à la cérémonie ce mardi 21 décembre, c’est bien évidemment comme une menace de ne pas obtenir ce sésame que les femmes voilées vivent subjectivement la demande qui leur est faite, depuis huit mois, d’enlever leur couvre-chef au dernier moment, à l’entrée du salon d’honneur de la préfecture ! Le témoignage d’Amel Cheikhi est à ce sujet explicite : « Ma mère a été très stressée au début (de l’incident). Elle avait peur de ne pas avoir ses documents. Elle a été blessée, s’est sentie mise à l’écart ».

Pour certaines, le décret de naturalisation est vital : il met fin à des années de précarité, voire d’irrégularité, administrative, familiale et professionnelle. Sont-elles alors libres de tout faire capoter au non de leur dignité ? Ne peut-on pas plutôt raisonnablement supposer que la plupart ravalent leur fierté et cèdent, contraintes, à la pression et à l’intimidation de la préfecture ?

Il a donc fallu un concours de circonstances pour que certaines osent enfin dire NON ! Il a fallu que, parmi les femmes voilées convoquées et leurs accompagnateurs, figurent un beau jour plusieurs personnes, connaissant suffisamment les lois de la République et capables, par leur niveau d’instruction comme par leur maîtrise linguistique, de se défendre face à l’arbitraire d’un représentant de l’Etat ! Il a fallu que ce jour là, une des personnes convoquées soit une universitaire, politologue, avertie des risques de récupération politiciens de la loi républicaine, et a fortiori militante féministe sensibilisée aux discriminations faites aux femmes voilées sous prétexte de laïcité !

CONCLUSION : que se passera t-il désormais à la préfecture de Bobigny ?

Il est clair que cette discrimination du préfet doit cesser au plus tôt, et que la grotesque manipulation médiatique du Directeur de cabinet doit être dénoncée. Mais pour l’instant, le Ministère de l’intérieur semble couvrir la préfecture puisque que l’un de ses agents explique que "lorsque des personnes veulent porter atteinte au bon déroulement d’une cérémonie par un comportement contraire aux valeurs de la République", l’organisateur, le préfet, "peut en tirer les conséquences"(6).

On est donc en droit d’exiger une "condamnation" unanime des associations antiracistes, des partis politiques, et du Conseil Français du Culte Musulman afin qu’ils mettent en demeure le gouvernement de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

A l’heure actuelle, le MRAP et la Ligue des droitsde l’Homme ont dénoncé l’exclusion des femmes voilées de la préfecture. Le Conseil Régional du Culte Musulman d’Ile de France - Centre Est (7) a brièvement condamné, dans un communiqué, l’instruction du préfet de Seine-Saint-Denis. Mais compte tenu de la gravité de cette mesure, où le port du voile est présenté comme incompatible avec l’appartenance à la République, c’est une réaction au niveau national qu’on attend des représentants du culte musulman.

Pas d’autres réactions majeures pour l’instant. Gageons que cette affaire ne connaîtra pas le même destin que l’agression récente d’une femme voilée à Mulhouse, qui bien que présentant des similitudes frappantes avec la pseudo agression antisémite du RER D en juillet dernier, a été relayée par les médias et les responsables politiques dans un éloquent silence !

 

Notes :

(1) Son témoignage a été publié sur oumma.com le 22 décembre. Cf. Olfa Lamloum, « Le Préfet de Seine-Saint-Denis exclut les femmes voilées de la cérémonie de remise des décrets de naturalisation »

(2) Ibid.

(3) Cf. Catherine Coroller, « Pas de cérémonie pour les naturalisées voilées », Libération, 22/12/04.

(4) Ibid.

(5) Ibid.

(6) Cf. Philippe Bernard, « La préfecture de Seine-Saint-Denis interdit à des femmes voilées l’accès à son salon d’honneur », Le Monde, 23/12/04.

(7) Cf. www.uoif-online.com, « Exclusion de femmes portant le foulard de la cérémonie de remise des décrets de naturalisation à la préfecture de la Seine-Saint-Denis (93) »

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