Des soupçons pèsent sur l’existence d’un Guantanamo israélien

A son tour sur la sellette, Israël est accusé par le Comité anti-torture (CAT) de l’ONU de recourir à la

mercredi 6 mai 2009

A son tour sur la sellette, Israël est accusé par le Comité anti-torture (CAT) de l’ONU de recourir à la torture dans un centre secret de détention, dont la localisation dans l’espace national demeure pour l’heure inconnue. Les experts indépendants de l’ONU, qui ont été saisis de nombreuses plaintes pour tortures, mauvais traitements et conditions de détention déficientes, ont le grand mérite de lever le voile sur les pratiques inhumaines infligées par des officiers israéliens à des prisonniers palestiniens.

Notifié dans un rapport officiel, l’éventail des sévices israéliens, qui constituent une violation flagrante de la Convention contre la torture, est tragiquement large. Dans un raffinement de cruauté, les militaires devenus bourreaux se livrent sans état d’âme au passage à tabac, à l’imposition de postures douloureuses et prolongées en passant des menottes serrées jusqu’au sang, à des secousses violentes ou encore à des torsions brutales de la tête.

Le Comité fait également éclater au grand jour la vaste supercherie gouvernementale qui pousse la manipulation jusqu’à qualifier "d’exceptionnel" le recours à la "détention administrative", alors qu’on recense "900 Palestiniens maintenus en détention administrative en 2007 et que certains, dont d’anciens ministres du Hamas, semblent avoir été retenus en vue de faire pression sur le mouvement palestinien pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit".

Dans la série des révélations plus scandaleuses les unes que les autres, les experts de l’ONU condamnent l’ordonnance militaire s’appliquant à la Cisjordanie, qui permet la détention durant huit jours d’enfants mineurs, "accusés ou non de délits contre la sécurité", sans être présentés à un juge militaire. Premières victimes, 700 mineurs palestiniens ont ainsi été placés en détention en 2006, dont 25 sont toujours privés de liberté.

Exigeant de connaître les réponses des autorités israéliennes sur les mesures prises pour « mettre fin immédiatement au blocus israélien de Gaza, qui prive par la force un million et demi de Palestiniens des droits de l’homme les plus élémentaires", le Comité rendra le 15 mai prochain son accablant, mais ô combien nécessaire rapport.

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