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Une responsable de l’Union européenne a promis d’être « souple » à propos des crimes de guerre d’Israël

Les crimes de guerre d’Israël, parfois, doivent être laissés de côté, selon une haute représentante de l’Union européenne.

Durant 2013, Israël a réagi avec colère à la publication par les dirigeants de Bruxelles d’un document politique déclarant que l’UE n’accorderait aucun financement aux entreprises et institutions basées dans les colonies réservées aux juifs en Cisjordanie occupée. Plutôt que de tenir tête à Benjamin Netanyahu et à son gouvernement, des personnalités de premier plan de l’UE ont tenté de minimiser l’importance des « lignes directrices » contenues dans ce document politique.

Une lettre – non publiée à ce jour – nous montre que certaines de ces tentatives relevaient de l’obséquiosité.

Signée par Máire Geoghegan-Quinn, commissaire en charge de la recherche scientifique à l’UE, en novembre de l’année dernière, cette lettre stipule que l’Union et Israël « sont conscients de la nécessité de trouver une façon souple d’appliquer les lignes directrices ». Une telle souplesse s’imposait, argue-t-elle, pour « assurer un total respect de la politique de l’Union relative aux territoires occupés par Israël, sans pour autant contrecarrer l’association d’Israël aux programmes communautaires ».

Ne pas se laisser abuser

Sa tentative pour paraître équilibrée et nuancée ne doit tromper personne.

La seule interprétation possible de sa lettre (publiée ci-dessous) est que, alors que l’UE considère la colonisation par Israël de la Cisjordanie comme illégale, elle est prête à faire des compromis sur cette position pour des raisons d’opportunité politique.

La construction des colonies israéliennes contrevient à la Quatrième Convention de Genève. Ces colonies impliquent le renforcement d’un contrôle d’Israël sur une terre qu’il a acquise par la force.

En d’autres termes, ce sont des crimes de guerre.

Máire Geoghegan-Quinn préconise une approche souple de ces crimes de guerre.

Sa lettre a été écrite en réponse à une plainte, concernant ces lignes directrices, de Jim Nicholson, membre pro-Israël du Parlement européen et un fidèle du Parti unioniste d’Ulster. Nicholson a prétendu que d’exclure les institutions israéliennes présentes en Cisjordanie de la recherche de l’UE « n’apporterait rien » aux « négociations sensibles » entre Israël et l’Autorité palestinienne, alors présidées par John Kerry, secrétaire d’État US.

Je me suis procuré ces lettres, en vertu des règles de la liberté de l’information, alors que je rédigeais un article sur la façon dont le lobby sioniste interagit avec l’Union européenne (mon article sera publié par l’organisation Spinwatch dans un proche avenir).

Le souci de plaire

Torpiller les lignes directrices de l’UE a relevé parfois de l’obsession pour Israël et ses alliés les plus inconditionnels.

La bureaucratie de Bruxelles s’est avérée soucieuse de plaire à Israël.

Geoghegan-Quinn s’est affichée elle-même pour une souplesse à l’égard des colonies israéliennes deux semaines juste avant que les « lignes directrices » soient publiées durant l’été 2013. La politicienne irlandaise a approuvé une subvention de 800 000 €, au titre de la recherche, à Ahava, fabricant israélien de cosmétique dont la principale usine se trouvait en Cisjordanie.

Les notes d’informations que lui avaient préparées des responsables de l’UE reconnaissaient qu’Ahava était localisée dans une colonie illégale, mais ces notes lui recommandaient de passer outre et d’accepter la subvention sans discuter.

Un document interne séparé, de l’organe exécutif de l’UE, la Commission européenne, suggère que ces responsables avaient été quelque peu impressionnés par les prouesses technologiques d’Israël. Israël et la Suisse, tous deux impliqués dans le programme scientifique pluriannuel de l’UE, comptaient « parmi les pays les plus actifs et les plus innovateurs en matière de recherche dans le monde », indique le document. « Les chercheurs et innovateurs européens ont beaucoup à gagner en coopérant (et en rivalisant) avec les meilleures équipes de ces pays ». Pour Israël, l’UE est l’une des principales sources de subventions en matière de recherche.

Entre 2007 et la fin de l’année dernière, les entreprises et institutions israéliennes ont signé près de 1500 accords de subventions avec l’Union européenne. La valeur totale de tous les projets de recherche de l’UE dans lesquels Israël est impliqué pour cette période est de 8,7 milliards €.

Une malhonnêteté

De nombreux bénéficiaires de ces subventions peuvent être liés à des activités en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Chaque fois qu’elle a été contestée sur de telles questions, Geoghegan-Quinn a tenté de défendre l’attribution des subventions européennes aux fabricants d’armes israéliens, Elbit et Israel Aerospace Industries.

De façon malhonnête, elle a insisté sur le fait que la recherche qui était financée est « civile par nature en tout temps ». N’empêche que ces entreprises ont fourni des équipements de surveillance pour le mur d’apartheid en Cisjordanie, et qu’elles ont équipé l’armée israélienne avec des avions de guerre qui ont été utilisés pour bombarder les enfants de Gaza.

Loin d’être « civils par nature en tout temps », certains des projets financés par l’UE impliquant des partenaires israéliens se rapportent au développement de drones, aéronefs qui sont de nature militaire.

Une tromperie

Plus tôt ce mois-ci, le service Politique étrangère de l’UE a publié une déclaration critiquant les récentes activités coloniales d’Israël, en des termes apparemment énergiques. Tout renforcement ultérieur des relations de l’UE avec Israël dépendra de « l’engagement d’Israël pour une paix durable », selon cette déclaration.

Pour partie, la déclaration venait en réaction à la façon dont le groupe de colons Elad avait volé 26 maisons aux Palestiniens dans le quartier Silwan à Jérusalem-Est occupée.

Ce vol d’Elad a été commis avec l’aide des soldats israéliens. Si les dirigeants de Bruxelles sont vraiment en colère à propos de ce crime, alors, ils doivent demander que des sanctions soient rapidement imposées à Israël. Or, non seulement l’Union a refusé d’envisager de punir Israël, mais elle a apporté un soutien important à ces responsables du nettoyage ethnique dans Jérusalem.

L’Autorité des antiquités d’Israël (IAA) a oeuvré en tandem avec Elad pour arracher les Palestiniens de Silwan sous le prétexte de construire un parc archéologique du nom de Cité de David.

L’IAA a son siège à Jérusalem-Est. Bien que l’UE n’ait jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est par Israël, elle a pourtant subventionné l’IAA.

Cette Autorité a participé à un projet de recherche financé par l’UE visant à protéger le patrimoine contre les tremblements de terre. Le projet a bénéficié d’un budget total de 3,5 millions € entre janvier 2010 et décembre 2012.

Un autre document interne de l’UE indique que l’IAA a donné une adresse de boîte postale à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui Israël pour sa demande de participation à ce projet. C’est une question très grave : cela implique un organe auquel l’État israélien a recours pour obtenir par la tromperie un financement européen.

Parce que cette tromperie frise la fraude, elle donne à l’UE toutes les raisons nécessaires pour cesser de subventionner Israël. Mais au lieu d’agir en ce sens, l’UE a signé un accord permettant à Israël de participer à Horizon 2020, le dernier programme de recherche de l’Union.

Un déshonneur

Geoghegan-Quinn va quitter sa fonction de commissaire de l’UE au cours des semaines à venir. Comme cadeau d’adieu, elle a été décorée de la Légion d’Honneur.

C’est la plus haute distinction en France, a appris The Irish Times à ses lecteurs. Geoghegan-Quinn a empoché la médaille pour son travail qui consistait à maintenir à un haut niveau le financement de la recherche dans une période économique difficile.

Sans aucun doute, quelques Irlandais ont dû ressentir un sentiment de fierté quand ils ont appris cet honneur. Je ne suis pas de ceux-là. En affichant une souplesse à l’égard des crimes de guerre d’Israël, Geoghegan-Quinn a déshonoré sa nation.

Source: The Electronic Intifada

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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