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Une première Obamanienne : le président américain dénonce l’islamophobie lors de sa première visite dans une mosquée

Mieux vaut tard que jamais, selon le vieil adage, même si, en l’occurrence, la locution « in extremis » serait plus appropriée pour qualifier la toute première visite dans une mosquée effectuée par un Barack Obama en fin de règne, au point que nombre de musulmans américains désespéraient de le voir accomplir un jour ce geste fort.

Précédé, voire poursuivi par la folle rumeur de son islamité fantasmée qui est devenue une véritable légende urbaine sans cesse alimentée par ses plus farouches détracteurs, le président américain a enfin sauté le pas et foulé les tapis d’un lieu de culte musulman, en s’exprimant devant un auditoire tout ouïe au sein du Centre islamique de Baltimore, dans l’Etat du Maryland.

Avant sa prise de parole très attendue, l’homme fort de Washington, encore pour quelques mois, a rencontré des aumôniers universitaires musulmans, ainsi que des activistes communautaires très en vue, évoquant avec eux la tolérance religieuse et la liberté, tout en félicitant chaudement la première athlète voilée qui défendra les couleurs des Etats-Unis aux Jeux Olympiques de Rio : la virtuose de l’escrime, aux nombreuses bottes secrètes, Ibtihaj Muhammad.

L’escrimeuse Ibtihaj Muhammad, tout sourire, au premier plan

Fustigeant la rhétorique islamophobe déversée à toutes les tribunes par l’outrancier Donald Trump, Barak Obama, désireux de corriger « la perception extrêmement déformée » de l’islam et des musulmans, a condamné avec virulence les actes anti-musulmans en recrudescence, se disant particulièrement indigné par les intimidations qui prennent pour cible les enfants, et les profanations de mosquées qui se sont multipliées en l’espace de quelque mois.

Pour sa première allocution prononcée dans une enceinte sacrée dont il n’avait jamais franchi le seuil depuis son accession au pouvoir,  le président du changement dans la continuité a soupesé chacun de ses mots qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd, en la personne du président de la mosquée de Baltimore, Muhammad Jameel.

« Nous ne pensions pas, lorsque nous avons tenu nos premières prières dans la petite salle il y a près d’un demi-siècle, qu’un jour le président des Etats-Unis nous ferait l’honneur de sa présence et viendrait s’y exprimer », a déclaré ce dernier, visiblement flatté et ému à la fois par cette visite officielle à marquer d’une pierre blanche, concluant par une métaphore pleine d’espoir : « Aujourd’hui,  je considère que c’est un nouveau point de départ, et le voyage continue. Un voyage chargé d’histoire et riche de ses traditions américaines ».

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