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Une femme et une adolescente voilées agressées à Toulouse

Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire un regain de violences anti-musulmans dans un Hexagone traumatisé par les attentats sanglants de Paris, la soif de représailles inassouvie de certains individus ou groupuscules forcenés les faisant à nouveau sortir du bois pour profaner les mosquées et brutaliser les femmes voilées, ces proies de prédilection de la sauvagerie et lâcheté caractérisées.

Après Marseille, c’est au tour de Toulouse d’avoir été le théâtre de deux agressions, successives et distinctes, commises sur la voie publique et en plein jour contre une adulte et une adolescente de 13 ans, la première victime ayant été attaquée avec une arme blanche, vraisemblablement un cutter, tandis que la deuxième a été « caillassée » et traitée de « terroriste », comme s’en est fait tristement l’écho le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

Si, fort heureusement, les blessures de ces deux citoyennes musulmanes ordinaires sont légères, leurs séquelles psychologiques sont en revanche profondes. Il leur faudra désormais surmonter l’angoisse paralysante qui les étreint pour sortir de chez elles.

Ces deux agressions intolérables ont été recensées par le Ministère de l'Intérieur et communiquées au Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).
Selon l'observatoire national contre l'islamophobie du CFCM25 actes anti-musulmans ont été recensés sur le territoire national depuis ce vendredi 13 novembre tragique, dont 7 agressions, incluant celles de Toulouse.

Pour Abdallah Zekri, président de l'observatoire et secrétaire général du CFCM, un sentiment de "peur" s'installe chez "beaucoup de parents qui demandent instamment à leurs filles d'enlever leur voile pour rester anonymes dans la foule".

"Nous musulmans sommes entièrement dans la communauté nationale, nous souffrons au même titre que chacun de nos concitoyens depuis vendredi", a souligné le responsable du CFCM. "Je condamne ces apprentis nazis qui profitent de ces attentats pour s'en prendre à des lieux de culte et à des femmes : c'est une autre lâcheté, certes pas aussi forte que celle de ceux qui ont commis un carnage le 13 novembre", a-t-il ajouté.

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